‹ Le livre de Marco PoloChapitre 16 sur 357 · CHAPITRE CX · texte numérisé non relu

CHAPITRE CX

soie. Les genz sonl tuit idolastres'. Il y a chaçoison et ozeloison' assez de toutes maniérés.

Et quant l’en a clievauchie ces huit journées que je vous ai dit, adonc si treuve l’en ceste grant cité que je vous ai dit, de Quengianfu (i), qui est moult grant et belle; et est chief du royaume de Quengianfu, qui anciennement fut noble royaumes et riches et grans; qui jadis ot 1 pluseurs grans rovs riches et vaillans; mais orendroit 1 est roys un sires, le lilz au grant Kaan, qui Manglay (a)

c Ms. A. idres. Ms. C. ydres, — J Ms. B. oiselets ; la vers. ht. delà S. G. porte: et sunt ihi aucupationes (ozeloisons) et venntiones (chaçoisons).

CX. — 1 Eut. — * Maintenant ; au moment ou le livre était écrit.

“•-(■> M I fit Kül* tchao fou, aujourd'hui Si-ngdn-fou,

capitale de la province du Ckén-it , située à 2,650 lidt Pê-king. (Lat. 34* 16' 45"; long. E., 106” 37' 45".) Cette ville célèbre reçut pour la première fois le nom de King-tchào sous les Han. Elle devint la capitale de U grande dynastie des Thon g (à 18-905), avec le titre de Changtou, a résidence des souverains » ; et une autre partie de la ville se nommait Tchdng-gdn. Sous les Ain, en 1142, on y établit une grande circonscription administrative sous le nom de King tchao fou lois tchi. Dam les premiers temps de la dynastie mongole, cette ville se nommait Ktng tchao fou , dont (Quengianfu, de Marc Pol,

Kentchdnfou, dans Rachid-ed-din et autres écrivains musulmans, est la transcription assez exacte. En 1262, on en lit le chef-lieu du gouvernement des deux Sing ou grandes provinces du Chen-si et du Sie~lchouen, En 1273, ou changea son nom de King-tchao fou en celui de Ngan-si loti (grand circuit de Ngan-sf;, tout eu continuant à être le siège de l'administration générale de ces provinces. (Voir TW thsing i thoung tchi, k. 137, fol. 2; et Yuen-sse, k. 60, fol. I .) Selon la dernière autorité, il y avait, dans ce chef-lieu de toutes les divisions administratives de la province de Chen-si, un « tribunal des censeurs impériaux •* nommé Yu tse thaï. Os divisions comprenaient 4 lou, 5 fou (départements}, 27 tchcou (arrondissements); en dé-

pendaient aussi 12 tchèou et 88 bien (ou cantons). La population de la ville était de 33,935 portes ou familles et de 27 1,399 bouches.

(2) Ce nom est écrit en chinois Mang-ko-la, ainsi que nous l'avons déjà fait voir précédemment (p. 263*264) dans la note (3) sur les sept (ils de Khouhilaî-Khaàn élevés par lui à la dignité de Roi ( wdng ). C'est la transcription du terme sanskrit bouddhique mangala, qui signifie « félicité, bonheur». Ce prince Mangala reçut le titre de Roi de Ngàn-si en 1272, et il mourut dans le chef-lieu de sa vice-royauté en 1280. (Voir Li-tai-ki-sse, k. 97, fol. 22 v° ; et k. 98, fol. 1 v®. — - Yuen-sse, k. 108). C'est donc entre les années 1272 à 1280 que Marc Pol passa dans celte ville de Khing-tchao fou, puisque c’est à l’époque où Mangala ou àtonglay , comme il le nomme, en était roi. Nous avons beaucoup de raisons de croire que l’année en question fut celle de 1277 ; car nous lisons dans les Annales officielles de la dynastie mongole (Yuen-sse , k. 9, fol. 17) que, cette même année 1277, un Po-lo fut nommé « Commissaire ou agent en second du conseil privé » (*). Nous lisons aussi dans les Annales chinoises (Li tai ki sse, k. 97, fol. 52 v°) que, l’année 1277, le roi du royaume d’Aunara (le Tounquiu et une partie de la Cochiuchiue), nommé Tchin kouang ping, mourut, et que son héritier présomptif Ji-hoan (Nhùt huyen )

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Po-lo lit, KAm mm fou ut.

est appeliez; car il li * a donné ce royaume et l’en a couronné à roy. Elle est cité de grant marchandise et de grant ars. Il ont soie à inoult grant liabondance dont il labourent 3 draps de soie et à or de plusieurs maniérés ; et aussi y labeure l’en tout bernois qui à ost 4 appartient. 11 ont toutes choses qui a corps 1 d'homme besoingne pour vivre et grant marchie5. La ville est à ponent, et sont idolastres ' ; et dehors la ville est le palais du seigneur qui est Manglay appeliez, si comme je vous ai dit dessus, qui roys est couronnez, filz du grant Kaan. Il est si biaus (le palais) et est si grant comme je vous dirai. Il est en un grant plain là où il a Huns6 et lacs et fontaines assez. Il a tout entour un mur moult gros et moult haut qui dure environ cinq milles, tout marbres ‘et bien fait. F.t enmi ce mur est le palais du roy si grant et si biau 11 que nus1 ne le saurait miex 1 deviser " . Il y a maintes belles sales et grandes, et maintes belles chambres toutes pourtraites et paintes à or batu (3).

* Ms 9. B. C. lui. — f Ms. A. cors. — s Ms. B. marbre. Ms. C. mollet. Le texte français de la S. G. porte merles ; la vers. lat. merlatus (crénelé). — h Ms. B. beaux. — * Id. nuit. — j Ici. mieux.

3 Fabriquent. — * Armée. — 5 A bon marché. Le texte Pucciano porte : per grnn mer calo. Cette expression d’un texte italien qui remonte authentiquement au-delà de i3og, • è un gallicismo, • dit le comte fialdelli Boni ; ce texte italien était donc une l'erston du texte français. — 6 Fleuves. —7 Distribuer , ordonner.

lui succéda; que cette même année il envoya un ambassadeur à la cour mongole pour lui annoncer son avènement. Il est probable que Marc Pol fut du nombre de ceux qui furent choisis par Khoubilaï-Kbaàn pour accompagner à son retour l'ambassadeur du royaume d* A imam, d'autant plus qu’il décrit tous les pays qu’il eut occasion de visiter sur sa route. Eu outre, l'histoire chinoise nous apprend eucore (Joco Inudato) qu’en 1277, le roi du royaume de Mien (l’empire Birman actuel), n’ayant tenu aucun compte de la sommation que Khouhilaï-KhaAn lui avait faite quelques années auparavant, d'avoir A lui payer tribut, mais, au contraire, ayant envoyé de nombreuses troupes pour envahir la province limitrophe du Yûn-ndn, et s'étant emparé du territoire de la ville de Young-tchang, le commandant militaire de cette province expédia , cette même année. 1277, une armée pour combattre

les troupes de Mien et les repousser au-delà des frontières. On verra plus loin {ch. CXX cl suiv.) que Marc Pol fut témoin oculaire de la bataille, racontée par lui avec de tels détails, que l'on ne peut mettre en doute sa présence sur les lieux.

(3) l.a grande Géographie impériale décrit (k. 138, fol. 18-27) trente-six palais (koûng) de diverses natures, encore existants ou en ruines dans la ville et les environs de King-tchao , au jourd'hui Si-n gan fou. l’n volume entier ne suffirait pas pour reproduire ces descriptions. Ou peut consulter à ce sujet , et sur les opinions religicusrs qui étaient professées publiquement dans cette ville au huitième siècle de uotre ère , sous la grande dynastie des Thàng, notre ouvrage iutitulé : L' Inscription syro-chinoise de S.-ngan-fou, monument nestorien élevé en Chine r an 781 de notre ire , et découvert en 1625, etc. Paris, 1858.

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