‹ Le livre de Marco PoloChapitre 288 sur 357 · CHAPITRE CXCII · texte numérisé non relu

CHAPITRE CXCII

Me/ic, qui veut dire Ror (a). Et est sou/, le Soudan de Querman. Il ont pluseurs cite/ et chasteaux ; et sont Sarra/ins. Et si y a moult grant chaleur ; si que, pour ce, ont il ordené leur maisons avec ventieres’ pour recueillir le vent, car il metent la venterie1 de la partie dont le vent vient b ; et font descendre le vent en leurs maisons pour estre plus fres'; car autrement ne peussent durer, pour la grant chaleur qui y est (3).

Autre chose ne vous conterai, pour ce que arriérés le vous avons conté ordenéement, et de ceste cité meismes de Curinos et de Querman aussi (4). Mais pour ce que nous alasmes par autres voies, si nous convient encore de retourner ci ; mais dcsoresmais nous en départirons, et nous vous conterons de la grant Turquie, si comme vous pourrez ouïr. Mais avant vous dirai aucune chose4 que

b Celle phrase incidente manque dans le ma. B. — c Ms. B. frais.

1 Ventilateurs. — i L'appareil ventilateur. «— 4 Quelque chose.

(2) meitk . connue on l'a déjà tu ci-dessus, signifie eu effet « roi « rtt arabe et dans d'autres langues sémitiques; mais il se dit aussi de ceux qui possèdent uu petit gouverne* meut, comme c'est ici le cas; ceux qui avaient de grandes possessions, ou de grands États, prenaient alors le litre de sultan , s'ils professaient la religion mahométane. Les premiers étaient généralement vassaux des seconds.

(3) On lit dans Cbardiu {Premier Voyage à Bander- Abassi, t. VIII, p. 509, éd. Langlcs) : « Les maisons de Bander- Abassi (-• Port d’Àbbas », sur la mer d’Oman, au N. O. de l’ile d'Ormuz ou Hormuz) sont toutes en plateforme, avec des tours à vent, pour avoir de l'air. Ces tours, qui sont au milieu ou aux côtés de la plate-forme, sont carrées, hautes de dix à quinze pieds, selon la chaleur du pays, car les plus hautes font le plus d'air, et de six à huit pieds de diamètre, divisées par dedans en quatre, six ou huit espaces, comme des tuyaux de cheminée, afin que l'air qui entre par le haut, se trouvant plus resserré, se fasse mieux sentir. On le reçoit en une ou plusieurs chambres, comme ou le veut, en faisant que tous les tuyaux répondent

au milieu d'une chambre, ou qu'ils donnent dans les coins. Il faut observer que l'on s'en sert principalement pour les appartements des femmes, à cause qu'elles ne pourraient pas prendre le frais sur les plates-formes ou les terrasses , comme les hommes, sans les voir ou sauS eu être vues. Ou voit de ces tours à vent particulièrement aux maisons qui ne sont pas bâties sur le quai, comme if étant pas si ouvertes à l’air. •*

« Comme pendant le solstice d'été , dit Niebulir ( Voyage en Arabie, p. 6, éd. de Copenhague, U 76), le soleil «t presque perpendiculairement au-dessus de l'Arabie, il y fait en général si rhaud en juillet et eu août, que, sans un cas de nécessité pressante, personne ne se met en route depuis les onze heures du maliu jusqu’à trois heures de l’après-midi. Les Arabes travaillent rarement pendant ce temps-là ; pour l’ordinaire, ils l’emploient à dormir dans un souterrain où le vent vient J en haut par un tuyau pour faire circuler l’air; ce qui se pratique à Bagdad, dans l’ile de Charedsj, et peut-être en d’autres villes de ce pays. »

(4) Voir les chap. XXXIV, p. 72, et XXXTI, p. 84.

nous vous avons oublié à conter. Sachiez que quant l'en se part de la cité de Calatu, et l’en va entre ponent et maistre 5 .v. (cinq) cens milles, adonc treuve l’en la cité de Quis (5), de laquelle nous ne vous conterons pas ores6, pour ce que nous passerons briefnient outre, pour retourner à nostre matière de conter vous de la grant Turquie ; si comme vous pourrez entendre ci avant *,

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