‹ Le livre de MayChapitre 26 sur 96 · CHARITE · texte numérisé non relu

CHARITE

Prends ton âme dans tes mains; Ton âme est un grand trésor ; Jette-la vers les humains

Comme on Jjetterait de l'or.

Que ton cœur soit grand ouvert, Qu'il n’ait pas ses portes closes; Fais-y du feu tout l’hiver,

L'été remplis-le de roses.

Que les pauvres voyageurs S’asseoient à ta bonne table, Et pour consoler leurs cœurs, Sois un hôte secourable.

Quand tu monteras aux cieux, À ton âme qui s'envole Les regards des malheureux Tisseront une auréole.

Mai roro.

PAITELLEMENT BESOIN D’AIMER

Si j'avais un hôtel, ma mie, Je le laisserais grand ouvert Et les pauvres que je convie Y trouveraient gîte et couvert.

Je vous en prie, entrez, ma mie, Entrez vous tous qui passerez, Vous, les fatigués de la vie, Vous les miséreux qui pleurez.

Et comme un vin qui réconforte, Voici mon amour tout entier;

Voyez, j'ouvre pour vous ma porte :

J'ai tellement besoin d'aimer.

Hélas! ils entreront sans doute

Les voyageurs qui passeront,

Mais quand ils reprendront leur route Combien se le rappelleront ?

Lorsqu'on a fini le voyage, Se souvient-on de l’hôtelier Et de ce gîte de passage

Qui fut le vôtre un jour entier ?

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