DAVID (V
Lorsque David partit, raconte la légende, Pour provoquer Goliath en combat singuber, Il cueillit une rose au buisson du sentier
Et puis s’en alla, seul, au travers de la lande.
Les roses de Sâron ont un parfum léger,
Et capiteux pourtant, qui pénètre et qui grise;
Et David s'enivrait de cette odeur exquise….
Il orna de la fleur sa cape de berger.
Et quand il se trouva face au géant immonde,
« J'ai pour mot le Seigneur, mon Dieu, s’écrnia-t-1ll » Et la rose embaumait comme un encens subtil.
David tua Goliath d’un seul coup de sa fronde.
Mais voici que d’enfant Je deviens un soldat; Mon adversaire, à moi, c’est la Vie, invincible.
Je vais mourir bientôt dans ce duel terrible ;
Mais on n’est pas vaincu quand on meurt au combat.
Sur la routé en passant j’ai cueïlli cette rose
(V) Poésie inachevée, datée de 1911, contemporaine de la Chanson de la Dernière heure.