À PROPOS DE MAY DRAP S EL POESIES DIVERSES
I]. Extrait d’une lettre de Marie d'Hély d'Oissel :
(Ma femme avait communiqué un carnet contenant quelques vers de May à sa nièce Marie Hély d'Oissel, jeune fille intelhgente et cultivée, qui s’intéressait aux poésies de la petite cousine). Voici un fragment d’une lettre écrite à ce sujet :
2 janvier 1911.
« Ma chère Tante,
« Je vous renvoie par ce même courrier le petit cahier des vers de May. Mon oncle de Ségur, l’académicien, continue à les trouver extraordinaires, si beaux de forme et si forts d'idées pour une enfant de quatorze ans. Il admire surtout les A7gonautes, la Belle au Bois Dormant et la petite ballade sur les Cheveux. Mais les Argonautes surtout l’ont renversé..., etc. »
IT. La lettre en date du 23 octobre 1077 et les {rois sonnets de Pierre de Cossé-Brissac.
Tours, 23 octobre 1911.
« Cher Monsieur,
« Venant de recevoir le billet qui nous fait part de la perte particulièrement douloureuse que votre cœur paternel a éprouvée récemment, je prends la liberté de vous répondre sous une forme plus étendue qu’un simple mot sur une carte.
Je me sens sollicité à vous écrire par différents motifs : … tout d’abord j'ai beaucoup connu vos parents à Constantinople où J'étais attaché d’amboassade, auprès de votre père, alors Chargé d'Affaires de France. Je vous ai même vu tout entant et J'ai conservé de cette période de ma Jeunesse un excellent souvenir.
Puis je dois dire que je m’intéressais de loin à la délicieuse enfant que Dieu vient de rappeler à Lui. Le hasard” avait fait que je l’avais rencontrée, 1l y a deux ans, à une séance de patronage, rue de l’Umiversité, où l’on donnait une Jeanne d’Arc. Votre petite May se trouvait là, avec un groupe de jeunes amies dont Agnès de Mortemart. Je me trouvais à côté de ces petites filles et je liai conversation avec elles. Je fus vite frappé de l'intelligence et même de la précocité que déployait Way dans ses entretiens. J'appris ce jour-là qu’elle avait le goût de la poésie — et comme j’éprouve la même disposition, cette enfant ne m'intéressait que davantage.
M°° de Wéverlée aussi, qui appréciait singuhèrement les dons de votre chère enfant, voulut bien un Jour me communiquer deux courtes poses que je lus avec un charme très vif. C'était un sonnet : les Argonautes et quelques Strophes de la Belle au Bois Dormant.
. Mieux que tout les récits, cette simple lecture me ft connaître tout ce qu'il y avait de délicatesse, de charme et en même temps de savoir technique chez cette gracieuse petite poëtesse. C'était une âme entre toutes vibrante.
Aussi ma peine fut-elle très vive en apprenant que tous ces dons rares avaient été fauchés en leur fleur. Et ma compassion pour les pauvres parents, si douloureusement atteints dans leurs tendres espérances, fut-elle profonde.
Recevant à Tours, où nous sommes de passage, le funèbre billet, je fus frappé de l’antithèse navrante de ce joli nom printanier de May et du deuil qu’à présent il évoque. Et sans effort, mon impression prit une forme poétique. Trois sonnets furent jetés sur le papier. Ils sont dédiés à l’ange charmant que vous pleurez. Je vous prie, ainsi que M”*° de Montgascon, d’en accepter l’hommage. C’est un petit bouquet que je me permets de déposer sur une tombe mouillée de larmes mais d’où doit sortir une chrétienne espérance de revoir. »