‹ Le Livre de MormonChapitre 31 sur 135 · JACOB. CH. V. 4S · texte numérisé non relu

JACOB. CH. V. 4S

uo homme nommé Shérem parmi le peuple de Néphi. Il commença à prêcher au peuple, lui déclarant qu'il ne viendrait |K»nt de Christ. Il lui disait beaucoup de* choses flatteuses, 60 vue de pervertir la doctrine du Christ. Et il s'efforçait à égarer les cœurs, et il y réussit beaucoup. Comme il savait fflie moi, Jacob, j'avais une grande foi dans le Christ qui doit venir, il cherchait à arriver jusqu'à moi. Il était fort instruit, et maniait habilement la langue du peuple : c'est par ce moyen qu'il réussissait beaucoup à le persuader, faisant usage de nombreuses flatteries. Il ne désespérait pas de m'ébranler dans ma foi , malgré les révélations et la quantité de choses que Dieu m'avait montrées. Car^ en vérité , j'avais vu des anges, et ils m'avaient administré ; j'avais aussi entendu la voix du Seigneur, comme m'ayant , à plusieurs reprises, parlé de sa propre voix. Aussi je ne pouvais pas être ébranlé.

2 11 vint donc à moi , et il me parla de la sorte : Frère Jacob, j'ai ardemment cherché l'occasion de vous entretenir; car j'ai entendu dire et j'ai su que vous alliez çà et là, enseignant ce que vous appelez l'Evangile ou la doctrine du Christ, et qu'ainsi vous égarez un grand nombre de ce peuple, de sorte qu'il pervertit la vraie voie de Dieu, et n'observe point les lois de Moïse , qui sont la vraie voie. Ils substituent aux lois de Moïse, l'adoration d'un Etre qui, dites-vous , viendra dans quelques centaines d'années. Or, iDoi , Shérem , je vous déclare que cela est un blasphème ; personne ne connaît ces choses; et personne ne saurait annoncer les choses à venir? C'est ainsi que Shérem me contestait. Mais le Seigneur versa son esprit dans mon âme, et je pus le confondre dans toutes ses paroles. Et je lui dis : Niez-Yous le Christ qui doit venir? Et il répondit : S'il devait y avoir un Christ, je ne le nierais point ; mais je sais qu'il n'y a point de Christ^ qu'il n'a jamais été, et qu'il ne sera jamais. Après, je lui dis : Croyez-vous les Saintes-Ecritures? et il répondit : Oui. Et je lui dis : Or, vous ne les comprenez pas, car, en vérité, elles témoignent du Christ; et il n'est pas un prophète qui ait écrit ou prophétisé sans avoir fait mention du Christ. Et ce n'est pas là tout : il s'est manifesté à moi-même , et je Tai vu et entendu. Et il m'a encore été manifesté par le pouvoir du Saint-Esprit. Car, s'il ne devait pas y avoir d'expiation, le genre humain serait perdu.

3 Et il me disait : Montrez-moi un signe par ce pouvoir d'un Saint-Esprit, dont vous avez tant de connaissance. Et je lui répondis : Qui suis -je , pour demander à Dieu de vous montrer un signe pour une chose que vous savez être

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vraie ? Vous le nieriez, car vous êtes du diable. Toutefois, non pas que je le veuille, mais si Dieu veut vous frapper, que cela vous soit un signe qu'il a pouvoir dans le ciel comme sur la terre, et aussi que le Christ viendra. Mais que ta volonté soit faite, ô Seigneur, et non pas la mienne.

4 Et quand j'eus dit ces mots, le pouvoir de Dieu descendit sur lui, de sorte qu'il tomba par terre. Et il fut nourri pendant plusieurs jours ; après lesquels, il dit au peuple : Âssemblez-vous demain, car je vais mourir; et je souhaite parler au peuple avant de mourir.

5 Et le lendemain, le peuple se rassembla, il leur parla avec clarté ; et, niant tout ce qu'il leur avait enseigné, il confessa le Christ , le pouvoir du Saint-Esprit , et le ministère des anges. Et il leur dit ouvertement qu'il avait été trompé par le pouvoir du diable. 11 parla de l'enfer, de l'éternité, et de la punition éternelle. Il disait : Je crains d'avoir commis le péché irrémissible, car j'ai menti à Dieu; j'ai nié le Christ; et j'ai dit que je croyais les Saintes-Ecritures, et elles témoignent de lui en véi*ité. Et parce que j'ai menti à Dieu, je crains beaucoup que mon état ne soit désespéré. Mais je me confesse à Dieu.

6 Et après avoir dit ces choses, il ne put plus parler, et il rendit l'âme. Et la multitude, le voyant rendre l'âme en

6 renonçant ces paroles, en fut si frappée, que le pouvoir de >ieu descendit sur elle ; et en étant accablée , elle tomba à terre. Or, cet événement m'était fort agréabliB, â moi, Jacob; car je l'avais demandé à mou Père qui est dans le ciel; et il avait écouté mon cri, et exaucé ma prière. — Et la paix recommença à régner ; et l'amour de Dieu se rétablissant parmi le peuple , il rechercha les Ecritures-Saintes , et ne suivit plus les paroles de ce méchant homme.

7 Alors, nombre de projets turent formés pour restaurer les Lamanites, et les amener à la connaissance de la vérité. Mais ce fut en vain, car ils ne se plaisaient gue dans la guerre et dans l'effusion du sang ; ils conservaient contre nous, leurs frères, une haine implacable ; et ils ne cessaient de chercher à nous détruire par la force de leurs armes. Aussi, pour cela, le peuple de Néphi se fortifiait-il contre eux, à l'aide de ses armées et de toutes ses forces^ plaçant sa confiance dans le Dieu et le rocher de son salut : c'est pourquoi , jusqu'ici il a toujours vaincu ses ennemis.

8 Et moi, Jacob, je commençais à vieillir. Et les annales de ce peuple étant gardées sur les autres plaques de Néphi, je finis celles-ci, déclarant avoir écrit selon mes connaissances, et j'ajoute que pour nous, peuple isolé, grave, errant, rejeté de Jérusalem, né dans les tribulations, au milieu du

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