‹ Le livre de musiqueChapitre 93 sur 132 · LI. — RYTHME · texte numérisé non relu

LI. — RYTHME

Les trois éléments constitutifs de la musique sont mélodie et l'harmonie.

Le rythme ou cadence est l'effet obtenu par la succession régulière des temps forts et des temps faibles; il résulte en outre de la combinaison des sons musicaux au point de vue de la durée et de l'intensité.

C'est grâce au rythme que la musique est devenue capable d'exciter en nous les émotions les plus vives. Le plain-chant, qui en est presque dépourvu, reste, malgré ses grandes beautés, vague, monotone, et en quelque sorte impersonnel.

Pour comprendre ce que c'est que le rythme, il n'est pas besoin de grands efforts; la nature nous en fournil de nombreux exemples : le pas cadencé de l'homme, le galop du cheval, le tic tac d'une horloge, d'une montre, d'un moulin, les coups réguliers du marteau sur l'enclume, le bruit des fléaux des batteurs en grange, voilà autant de rythmes précis et saisissants. Le cri sec du grillon, celui de la cigale, donnent la sensation d'un rythme continu; il en est de même de celui de la chouette, qui procède par notes isolées, du coucou, qui marque deux temps égaux, etc.

La musique ne peut se passer du rythme, mais celui-ci est complètement indépendant de la musique. Pour s'en convaincre, on n'a qu'à figurer un air quelconque en frappant avec les doigts sur une vitre, ou à parler les phrases de cet air en se servant d'une syllabe unique pour nommer les notes : -il suffit d'observer la mesure pour que le rythme frappe l'oreille et que le morceau soit reconnaissable, quoique dépouillé de sa mélodie.

Le tambour, qui n'a qu'un son, marque le rythme des airs que le clairon joue, et, dès que celui-ci a cessé de sonner, I2 tambour, en battant seul, offre encore l'esquisse de ces mêmes airs.

Page 1