XIII. - En la dite année et le dix-huictième jour de
(1) Deux membres de cette famille portant le môme prénom furent reçu» chevaliers de Malte sur preuves de 1560 et 1521.
(2) Edît de Beaulieu qui accorda, le 27 avril, aux protestants le libre exercice de leur religion par tout le royaume et fut pubUé en Parlement de Paris, le 14 mai; Papon, t. iv, p. 207; de Thou, t. v, p. 311,
décembre, passa par cette ville Monsieur le Maréclial de^ Raiz, gouverneur de ce pays, faisant une chevauchée et
visite par iceluy (1).
XIV — 1577 et le 21 mars, ung jour de judi fut meurtry trahistreusement d'une estocade, au devant la petite porte de Notre Dame en cette ville, mon cousin (2) le capitame du Teil, au grand regret généralement de tous les gens de
bien. ..^
XV - Audit an et environ le susdit temps se renouvella la guerre civile en France, que par ung décret de pacifica tion s'assopit au mois de septembre ensuyvant. Dieu veuille qu'elle soit de durée (3).
XVI. - Audit an et sur le millieu du mois de novembre se vist au ciel une planette durant beaucoup de jours, de couleur pale, avec une longue queue (4) peu après la prise de Ménerbe, qui fut assiégée environ troys mois (5).
(1) Rentré à Aix le 10 octobre, le Maréchal de Retz ne tarda pas à se rendre à Gardanne pour essayer de dissiper la faction naissante des razats ;
Louvet, t. I, p. 298.
(2) Louis I«' du Teil, frère puîné de Mathurin, avait épousé le 11 novembre 1543, suivant contrat reçu par Beaudini, notaire à Saint-Michel, Spérite de Sébastianne, dont il laissa trois fils : 1» Louis II du Teil, qui, marié, le 29 juin 1579, à Marquise de Boniface, continua la descendance et mourut premier consul de Manosque en juillet 1591, victime du dévouement dont il fit preuve pendant une épidémie ;2Me capitaine Georges du Teil, dont il est ici question; 3° le capitaine Jean du Teil.
(3) Cet édit, connu sous le nom d'édit de Poitiers, fut enregistré au Parlement de Paris le 8 octobre et publié à Aix le 12 novembre.
(4) « Le jeudy septième de novembre commença à paroistre une comète vers le midi et fut vile quarante jours »; Journal de Henri III, t. i, p. 21. - Elle « trainoit une grande et fort longue quefte flambante et rouge, ressemblant a celle d'un pan »; Nostradamus, p. 814.
(5) Le 25 mai, Henri d'Angoulême, grand Prieur de France, f 1586, fils naturel de Henri II et de Flamine Levisthone, avait été nommé gouverneur provisoire de Provence ; le maréchal de Retz, revenu des bains de
XVll. — 1578 et le pénultième jour de juin, jour de saint Pierre et saint Pol, fuct faict et parachevé notre mariage entre demoyselle Louise Monier (1), fille de Monsieur du Gastellet, par cydevant lieutenant des submissions au siège d'Hières, à présent lieutenant des mêmes submissions au siège de BrignoUes, et moi, au lieu de Pignans, notaire Anthoine Berardi, notaire royal dudit lieu.
Le cinquième d'août ensuyvant madite femme arriva en cette ville.
Extrait du contrat de mariage passé le 30 juin 1578.
« Le dit sieur du Castellet, noble Gaspard Monier, père et légitime administrateur de la dite damoiselie Loyse de son bon gre a donne donne et constitue en doire a la dite damoiselie Loyse sa fille et pour elle audit maître Honore de Tillia... huit cent ccus d'or sol valeur soixante sols pièce et ce tant pour le droit paternel que maternel et outre lequel doire sera tenu le dit sieur du Castellet bailler et fournir a la dite damoiselie Loyse sa fille deux coffres munis de robes et meubles et bardes selon la qualité de la dite damoiselie.. (2). »
X\IU. — Le premier septembre en la dite année, s'esmut trouble en ce pays entre Razats et Garcistes qui
LucqiMS, mit, avec lui, le siège deyant Ménerbe le 5 septembre, mais dut se retirer à Arignoo, avant la fin du moig, à cause du mauvais état de sa santé, et partit pour la cour le 10 décembre, le lendemain de la prise de Ménerbe par le grand Prieur.
(1) Louise de Monier, 1554 f 161 7, fille de Gaspard, seigneur du Castellet et de Châteauvieux, au diocèse de Fréjus, ©t d'Isabeau de Bompar de Magnaa, ta première femme.
(2) Tiré du registre des insinuations de la sénéchaussée de Forcalquier, •nivant copie du 3 novembre 1817,
fuct appoincté par la Reyne y arrivant au moys de juing suivant (1).
XIX. — 1579 le lundy douzième jour d'octobre en l'année cy devant escrite 1579 entre midi et une heure après iceluy, estant la lune sur son dernier quadrant, il a plu a Dieu souverain Créateur de toutes choses nous donner a ma femme etmoy une fille.
Le vingt cinquième du moys ma dite fille a été baptisée au temple Sainct Sauveur de ceste ville de Manoasque. Son parrain a esté le cousin sire Honoré Laugier de Dauphin, sa marraine a esté damoyselle Lucrèce Monier. femme de Monsieur Hugues Allazard d'Aix, ma belle sœur, et a été appelée ma dite fille Lucrèce au nom de sa dite marraine.
Le 4« novembre ensuyvant je départis de cette ville pour m'en aller à Paris pour les affaires de Monsieur du Gastellet mon beau-père, où je fis séjour jusqu'au vingt septième may ensuyvant.
XX. — 1580 et le premier janvier furent faicts chevaliers de l'ordre du Sainct Esprit (2): Monsieur le marquis
(1) Ce fut, en effet, l'arrivée à Avignon, le 9 septembre, de François de la Baume, comte de Suze, f 1587, en faveur duquel le maréchal de Tavannes s'était démis du gouvernement de Provence le 1" juin 1578, qui détermina réclosion de ces troubles ; depuis deux ans, le comte de Garces faisait une opposition sourde au maréchal lui-même, dont le successeur ne fut pas reconnu par la noblesse provençale et dut quitter Aix, le 14 janvier 1579; l'on confia provisoirement l'administration de la province au cardinal d'Armagnac, le 7 mars 1579. La reine mère, qui, venant de Bcaucaire, arriva à Aix à la fin de juin, après avoir traversé Marseille, mit tout le monde d'accord en désignant,
pour le gouvernement le grand Prieur de France, dont les lettres de provision, datées du 10 mai, furent vérifiées en Parlement le 12 juin. Sa Majesté fut de retour à Lyon, où l'attendait le roi, le 6 juillet ; Nostradamus, pp. 827 et 828 ; Papon, t. IV, pp. 208 à 2U.
(2) C'était la seconde promotion de cet ordre établi le 31 décembre 1578 ; elle comprit sept ehevaliers. Cette note d'Honoré du Teil est particulièrement
Il !l
de Conty (1), cardinal de Bourbon (2), Monsieur de Guise, son frère (3), le cardinal de Birague (4) et plusieurs autres, et je vis faire la solemnité aux Augustins, à Paris.
XXI. — Le lendemain de Pasques fleuries furent faites les funérailles à Notre-Dame de Paris de deux Roy s de Portugal, Sébastien et Henry (5).
XXII. ~ Geste année fut calamiteuse au pays de Provence, pour la famine et la peste qui envahit les meilleures villes de la dite province, savoir : Arles, Marseille, Aix. sans y comprendre une infinité d'autres villes et villages qui furent atteints de la contagion (6).
XXIII. — Le vingt septiesme du moys de may en la susdite année 1580, je départis de Paris en poste, pour m'en revenir en compagnie du sieur de Vauclause (7) et
intéressante en ce qui concerne les trois cardinaux de Bourbon, de Guise et de Birague, car, comme on manque de preuves « de jour »> au sujet de leur nomination, le témoignage d'un témoin oculaire peut à la rigueur en tenir lieu ; P. Anselme, t. ix, p. 62.
(1) François de Bourbon, 1558 f 1614, fils du prince Louis I" de Condé.
(2) Charles de Bourbon, 1523 t 1590, cardinal, archevêque de Rouen.
(3) Henri I«' de Lorraine, duc de Guise, 1550 1 1588, et Louis son frère, 1552 1 1588, cardinal.
(4) René de Birague. 1507 t 1583 ; cardinal, 1578.
(5) Sébastien de Portugal, 1554 f 1578, monta sur le trône en 1557 et eut pour successeur son grand-oncle, Henri, 1512t 1580, cardinal, Î545, qui, en mourant, laissa ce royaume aux mains do Philippe II, 1527 t 1598, roi d'Espagne.
(6) Ce fléau, qui dura plus de dix ans, fit son apparition à Marseille en février et à Aix en juillet ; Nostradamus, pp. 827 à 832.
(7) L'an 1580, le sieur de Vauclause fut député par les Etats de Provence assemblés à Saint-Maximin pour porter à la cour le cahier intitulé : « Des plaintes et doléances causées par les fléaux de la guerre, peste et famine, et demander le soulagement des nouveaux impôts et subsides dont le pays était accablé; ce qui est expliqué dans 33 articles, à la marge desquels on voit ceux qui furent accordés ou refusés » ; Artefeuil, t. m, p. 520.
autres députés de ce pays de Provence, et arrivai en cette ville le seizième de juin, ayant passé par la Savoj^e et le Piémont.
XXIV. — Peu de temps après s'esmeurent encore en France troubles (1) pour la religion et Monsieur le Mareschai de Matignon (2), ayant assiégé La Fère en Picardie, se rendit à composition.
XXV. — 1580. Environ le moys d'aoust (3), trépassa Monsieur le duc de Savoye et prince de Piémont, comme on (lisoit de la pierre.
XXVI. — Au moys d'octobre et novembre ensuyvant Monsieur le duc du May ne (4), conduisant une armée en Dauphiné, assiégea la Mure et print la ville par force et le château par composition ; laquelle fut bien gardée.
XXVII. — Le huitième octobre, en la dite année, je fus surprint de la fièvre quarte laquelle me tourmenta beaucoup et me dura un an complet.
1581 et le septiesme janvier, je fus fait consul pour la seconde fois ayant pour compagnon en ladite charge le sieur Rosselet (5\
(1) C'est la septième guerre de religion, qui n'eut que peu de retentissement en Provence.
(2) Jacques de Goyon, 1525 t 1597, maréchal de France; la Fère, investie le 7 juillet, se rendit le 12 septembre; Jean-Louis do Nogaret de la Valette, 1554 1 164 2, depuis duc d'Epernon et gouverneur de Provence, se distingua à ce siège, où il commanda l'artillerie : De Thon, t. vi, pp. 18 et 1 ?.
(3) Le 30 août.
(4) Charles de Lorraine, duc de Mayenne, 1554 f 1611 ; son armée, forte de sept mille fantassins, mille chevaux et cinq cents pionniers, marcha au commencement de septembre du côté de la Mure ; De Thou, t. vi, p. 11.
(5) Gaspard Rosselet, avocat; « Incontin«)nt après cette élection, les sieurs consuls sont allés en l'église Saint-Sauveur, dudit Manoasque, où ils ont ouy messe à leur requeste dicte et cellebré à l'honneur du Saint-Esprit » ; — Extrait du Manuel des délibérations du conseil de la communauté de Manosqiie, suivant copie délivrée le 8 mars 1845.
JCXVni. — Au mois (favril en ladite année fut publiée en ce pays la paix (1) sur la pacification des troubles et au moys de may ensuyvant furent rendus et rasés les forts de Sairit-Yincent (2) et la tour de Bevons (3) et Pépin (4) rendu estant Monseigneur le grand Prieur en ceste ville moyennant la somme de vingt mille escus baillés au sieur de Gouvernet (5) et en même temps se tint en ceste ville une assemblée de commissaires (6).
XXIX. — 1582 et environ la fin du môys d'aoust, le Roy vint à Lyon où il ne fit long séjour, puis s'en retotii'na à Molins.
XXX. — 1583 et sur le moys...., fut faict un granld massacre de gentilsliommes et soldats français, en la ville d'Anvers (7), capitale de Bràbant, qui accompagnaient Monseigneur frère du Roy, duc d'Anjou (8) et du dit Bra-
{!) C'est redît de Fleix, ratifié par le roi en décembre 1580 et enregistré »u Parlement de Paris en janvier suivant.
(2) Saint-Vincent avait été envahi par quelques « meschans garnimens » m février 1580; en septembre suivant, le grand Prieur envoya contre cette place les Corses dont il débarrassa la ville d'Aix en payant leur solde arriérée, mais ils y échouèrent et passèrent en Dauphitié pour ravitailler Tallard ; Nostradamus, p. 829; Papon. t. iv, p. 231 ; E. Arnaud, t. i, p. 245.
(3) AujourdTiui Valbeîle.
(4) Ce château avait été pris par Go\ivernet, sorti de Saint-Vincent ; Gau-
fridy, p. 595.
(5) René de la Tour, seigneur de Gouvernet, 1543 1 1619, marquis de la
Charce.
(6) 11 s'agit sans doute de la tournée faite par lés commièsaires de la Cour, le président François d'Estienne de Saint-Jean, tl593, et le conseiller Louis du Chaîne, f 1603; Gaufridy,p.594.
(7) C'est la tentative infructueuse faite par te duc d'Anjou pour se rendre mattre d'Anvers le 17 Janvier. Les Français y perdirent douze cent» hommes; de Thou, t. vi, pp. 269 à 273.
(8) François-Hercule de Valois, duc d'Alençon, puis d'Anjou, 1554 f 1584, duc dt Brabant, 1582.
bant, soug prétexte quils tramaient quelque trahison dans la dite ville.
XXXI. — Audit an, au moys d'aoust et sur le commencement de septembre, le Roy s'en vint de rechef à Lyon où il ne fit un long séjour (1).
XXXII. — Le seizième dudit septembre, jour de vendredy, environ huict heures du matin, en ceste ville tomba une si forte grêle et si grosse qu'homme vivant n'en avait vu de pareille, mays ne dura que bien peu et fit beaucoup de mal aux vignes et oliviers.
XXXIIL — 1584 et environ le moys de.... (2) mourut
Monsieur frère du Roy, duc d'Anjou et de Brabant (3)
fit bruit à Ghateautierry au grand regret des Français pour doubte de quelque remuement que ceste mort menas-
sait.
XXXIV. — tîlnviron ce temps mourut M. Gui du Faur, sieur de Pibrac, président au Parlement de Paris, homme docte, éloquent et très versé en toutes sortes de bonnes lettres (4).
En la dite année et le troisième juillet, un matin mourut
(1) Le 21 août, Henri d'Angouléme remit le gouvernement de la Province à Messieurs de la Cour et se rendit à Lyon auprès du roi, qui lui promit « d'avoir pitié de lui et de sa nécessité on y pourvoyant par sa libéralité » ; nous verrons plus loin qu'Henri UI ne tint pas ses engagements et que le Grand Prieur, de retour à Arles, le 15 septembre, dut les lui rappeler à plusieurs reprises; Louvet, t. h pp. 352 et 353; Bibl. nat., f. fr., ms. n" 3400.
(2) Le 10 juin.
(3) Son empoisonnement, sans doute, dont il fut, en effet, question.
(4) Gui du Faur de Pibrac, né à Toulouse eu 1529, fut emporté le 27 mai, quelques jours avant le duc do Brabant, dont il était le chancelier : « C'était un des plus beaux esprits et des plus agréables de sou siècle » ; (De Thou, t. VI, p. 432). Il a laissé, comme œuvres poétiques, cinq sonnets, imprimés en 1572, dans l'entrée de Charles IX à Paris, une pièce de quatre cents vers sur la vie rustique et des quatrains moraux édités pour la première fois en 1574.
haut et puissant seigneur niessire Gaspard de Glaiidevès. seigneur de Faucon, avec regret de tous ses sujets et autres gens de bien.
Au dit an et le mercredi 26 septembre, mourut haut et puissant seigneur niessire Jehan-Louis-Nicolas de Bolliers. seigneur de Gental (1), qui fut fort regretté principalement
de ses sujets.
Extrait d'une lettre du grand Prieur de France à Monsieur de Villeroy ^^\
U y a dejia nsses de tenips que je ne vous ay escrit, dont la seulle cuise a este rincertitude du lieu ou vous estiez et le bruit de votre maladie. Toutesfoys ce pendant il n'est rien arrivé digne de vous estre mandé sinon que depuys quelque jours les fourriers de M. de Savoye (3)
(1) Jean-Lnuis-Ni.:ola8 de Bouliers était seigneur des viJlages de Cabrieres, PcypiD, la Motte d'Algue et de Saint-Martin de la Brasque qui furent pilleJ h 16 avril 154:,, lors de l'exécution do l'arrêt de contumace rendu contre les Vaudois; les coumiissaires délégués par le Parlement de Provence étaient François de Lafond, second président. Honoré de Tributiis et Bernard de Badet, conseillers, assistés par l'avocat général Guillaume Guérin. On sait que Tributiis, oncle d'Honoré du Teil, refusa de prendre i.art au conseil de guerre où les mesures do rigueur furent décidées; elles donnèrent lieu à un procès intenté par Françoise de Bouliers, baronne do la Tour-d'Aigues, mère et tutrice de Jean-Louis-Nicolas, et plaidé du 18 septembre 1551 au 2!) octobre 1552; E. Arnaud, t. i, pp. m et s.
(2) Nicolas de Neufville, seigneur de Villeroi, ].Vi2 -f 1617, secrétaire d'Etat 1567-1588.
(3) Charles-Emmanuel I•^duc de Savoie, 1562 7 1630, épousa le 1 1 mars 1585 Catherina d'Autriche, f 15II7, fille de Philippe II. roi d'Espagne. Ce lut eu mars 1585 que le duc passa par les mers de Provence et fut visité par l'archevêque d'Aix et les procureurs du pays; Bouche, t n, p. 686.
sont arrivés à Nice où ils ont pris logis pour 300 gentilshommes. Tout Millan est depesché pour ce mariage et tient on qu'il (le duc) arrivera le 20 de ce moys audict Nice pour de la sacheminer par mer en Espagne avec 40 gallères, ce ne sera pas sans passer par les villes de ceste cosle et principallemeut par Marseille d'où il fault qu'il face son parlement et peult estre sera il contraint d'y demeurer quelques jours pour y altendr.i le temps propre. Ge que je vous dis aflin qu'il vous plaise de remoustrer au Roy qu'il pourvoye de moyens pour le recevoir luy à l'aller et sa fenmie au retour, car mes finances sont bien creuses (?) et mesmes après ce voyage que j'ay fait à Lion ou chasqun a veu la despence que j'ay faitte, sans estre aide d'un seul denier du Roy, que si Sa Majesté ny pourvoit je serai contraint de men aller vers Cisteron pour éviter ce passaige comme celluy de l'impératrice (1). ce qui ne me sera gueres lionorable et moins eucores au Roy duquel on scait bien que je tiens tous mes moyens.... (2)
XXXV. — 1584 et le mardy seizième jour du moys d'octobre tomba en cette ville si grande quantité d'eau et au terroir d'icelle principallement du côte du cliateau, sive Collet de Saint-Martin, que les blés semés au plain en furent fort endommagés (3) et la rivière de Durance déborda
(1) Marie d'Autriche, f 1G03, fille de Charles-Quint, veuve de Maximilieu II,
(2) Datée du Salon, 16 octobre 1583, et conservée à la Bibl. Nat, fonds
fraudais, u^' 3400. fol. 43.
(.]) Dans une lettre datée d'Avignon, le 14 décembre 15S.'<, et adressée à Henri III, Henri d-Angoulôme insiste auprès de Sa Majesté " sur la nécessité où les compagnies d'infanterie qu'elle a mfindces en Provence sont tombées N'nyaat plus aulcuu moyen do vivres, ny le pais ne les voulant secourir de pre^^t comme il a faict cy oevîint rctci:u c^o craincte de stérilité <iui le menace on lannée prochaine. La plus part des bleds ayantz esté uoiez par l'orape des pluyes et desbordement...., qui est enise que plusieurs soldat x .losdictes compagnies se sont desbandés et se licentient journellement. »
estrangement si que on pensait voir un général cataclisme ou déluge n'ayant duré que par espace de une heure ou environ, qu'estait de huit à neuf heures, et la dite pluie redoubla sur la nuit avec de grands esclairs et tonnerres- Le vingt cinquiesme du dit uioys ensuyvant jour iU jeudi, plut encore bien fort par espace de vingt-quatre heures, savoir tout le jour et presque toute la nuit, mais non si impétueusement qu'avait fait le susdit mardi, et fit encore quelques maux aux semis.
Extrait d'une lettre du Grand Prieur de Franoe ^*^ à Henri III.
. J'ai différé jusqnes à maintenaiit de respondre aux lettres qu'il a plu a V. M. mescripre... pour l'incertitude des choses et principallement sur le faict des querelles qu'elle m'a souvent commandé de composer et mesmes dernièrement a Lyon a quoy jay mis ki main par plusieurs foys. Mais ce a este a ce coup que Dieu nous a donné la grâce den venyr a bout. Ce qui estoyl a la vérité assez mai ayse et qui passoit plus outtre que d'ung gentilhomme à lautre. C&r toute la noblesse de ceste province estoyt mespartie et divisée a ceste occasiou. En quoy son service et le repos publicque estoient beaucoup intéresse/. Les comtes de Sault (2), de Garces (3) et les
(1) De Salon, en novembre 1584, il dépécha ¥ors S. M. le sieur tle VaucUuse, tait pour lui rendre compte do l'îiccommodeinent de ces querelles que de tout «•} qui 8e passait en Provence. — Cette lettre, datée de Salon, lo 12 uoveuihre, ©liste à la Bibl. Nat., f. fr. 3400, fol. 47 et 48.
(2) François-Louis d'Agout de Montau ban, comte de Sault, f 1586, marié n Chrétienne d'Aguerre.
(3) GasiMu-d de Pontcvès, corato d« Carces, grand sénéchal 1583-1610, fils de Jean.
parties principalles sy sont disposées en façon que laccord sen est ensuyvi duquel je lui envoyé ung double et après leur avoir eâté publié et acepté. Je les ay a linstant faict embrasser en ma présence, ainsy que le sieur de Vauclause qui a esté présent à tout et y a de sa part faict l'office dung fidelle sugect et serviteur de V. M. et bon patriote lui fera particuUierément entendre si elle a plaisir de l'escouter comme je len supplie très humblement. Ne debvant sur ce propos faillir de luy tesmoigner comme les arbitres quils avoyent esluz le colonnel Alfonse (1) et le sieur de Sain cte Marie (2) que j'avoys choisis pour massister y ont rendu un si grand debvoir avecques tant de peyne et tant de travail quilz méritent qu'elle Iny en saiche gré. »
XXXVL — 1585 et sur la fin de mars par espace de dix à tiouze (3) furent de grandes pluies, mais non si impétueuses qu'auparavant.
Environ lequel temps se fit grand bruit de quelque guerre meue (4) a ce qu'on disait par Messieurs de Guise qui se disaient protecteurs de la foi catholique et par leurs adhérents, à quoi le Roy par ses lettres patentes s'opposa et fut crié le ve avril un arrest de la cour bien rigoureux contre ceux qui levaient les armes (5).
(1) Alphonse Omauo, t 1610, maréchal de France.
(2) Gentilhomme dauphinois, suivant Gaufridi, p. 645.
(3) Heures.
(4) La ville d'Aix fut alarmée par les rumeurs dès le mois de mars, mais ce ne fut que le 3 avril que de Vins manda au gouverneur son intentiwi de prendre les armes pour le soutien de la religion catholique; cette levée de boucliers ne dura pas longtemps, en dépit des efforts de Louis de Goezague, duc de Ne vers, qui, sous prétexte d'un voyage à Rome, s'était arrêté à Avignon pour organiser la ligue en Provence; Papon, t. iv, p. 246; Nostradamus, pp. 835 à 837 ; de Thou, t. vi, pp. 456 et 457, et E. Arnaud, t. i, p. n^.
(5) Le 17 avril ; E. Arnaud, 1. 1, p. 250.
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XXXVII. — Le cinqiiiesme jour d'avril 1585, frère Francoys de Moreton (1) dict Ghabrillan, sieur bailly de caste ville, fit son entrée, où la ville lui fit réception bien
honorable.
Le mercredi viiF jour du moys de may ensuyvant. mourut de gravelle ledit sieur bailly en ceste ville au grand regret de tous les gens de bien.
XXXVIII. - Sur la fin de juillet (2) fut publié en la cour de Parlement de ce pays l'édit de la paix qui amena une nouvelle guerre, d'autant que par iceluy l'exercice de la religion prétendue réformée fut interdit et qu'on eut a vider le royaume dans six moys (3) ou faire profession de la foy catholique romaine ; qui fut occasion que ceux de ladite religion prétendue réformée prindrent les armes et peu de temps après prindrent (4) Montlimard en Dauphiné et se saisirent d'Embrun.
XXXIX. - Audit an et sur la fin de novembre, le Roy abrégea le susdit délai de six moys en quinze jours et fut publié (5j au susdit parlement, à l'occasion de quoy plusieurs s'absentèrent.