‹ Le livre de tousChapitre 116 sur 196 · DS LA TENTATION · texte numérisé non relu

DS LA TENTATION

d'en asperger sa couche, avant d'aller prendre son repos. Un chrétien doit toujours porter sur soi quelque objet bénit, comme un scapulaire, une médaille et surtout un crucifix. La nuit, durant les insomnies, surtout si on est tenté, on tient à deux mains ces objets sacrés, on les colle avec amour sur ses lèvres, et on invoque les saints noms de Jésus et de Marie jusqu'à ce que le sommeil repose l'âme et le corps fatigués de la lutte.

Heureux ceux qui triomphent, ils seront couronnés. Si la vie est un combat, la palme nous attend au ciel.

Défions-nous du démon qui nous souffle à l'oreille de faire le mal, mais une seule fois. L'histoire rapporte qu'une reine d'Assyrie, Sémiramis, obtint de son mari de régner à sa place, seulement un jour. A quoi employa-t-elle ce jour de royauté? Elle ôte au monarque comjîlaisant son diadème, toutes les marques de la dignité royale ; et, comme il ne s'en défendait pas, pensant que la conduite de sa femme n'était qu'un jeu, il lui livre même son épée. La reine, alors, fait trancher la tête à son mari et lui enlève la vie en même temps que la couronne. C'est l'histoire d'une mauvaise passion, d'une habitude vicieuse à laquelle on se livre un jour, espérant s'en affranchir plus tard. Malheur à qui dit : Je ne retomberai qu'une fois.

Toutefois, l'homme est sujet à faillir : si nous tombons, point de découragement. Le maréchal Desaix disait à Marengo : « La bataille est perdue ; il reste du temps pour en gagner une autre à la fin du jour. » L'âme qui s'est laissé vaincre par le démon peut tenir le même langage. Relevonsnous aussitôt après une chute, et recommençons la lutte avec un courage plus grand encore.

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