‹ Le Livre des 400 auteursChapitre 3 sur 41 · UNE ÉTOILE EN PLEIN MIDI · texte numérisé non relu

UNE ÉTOILE EN PLEIN MIDI

Pendant les premiers jours du mois de juillet 1849 , on a pu observer à l'œil nu, grâce à la pureté de l'atmosphère, une étoile qui brillait en plein jour auprès du soleil. A l'aide d'un télescope, on l'apercevait pareille au petit croissant de la lune ; car elle se trouvait alors en quadrature. Cette étoile était la planète Vénus, qui, dans ses révolutions, passe sur le disque du soleil. Elle est visible, même au milieu du jour, 69 jours avant et après sa conjonction inférieure, pourvu que son élongation soit au moins de 39 degrés.

La distance moyenne de cette planète au soleil est de 24,88 1 ,885 lieues ; sa révolution périodique s'accomplit en 224 jours, 16 heures, 14 minutes , 24 secondes; son rayon est presque égal à celui de la terre. Ce fut Galilée qui, en 1611 , découvrit les phases de Vénus, et Cassini qui en observa la rotation. En 1761 et 1769, des savants français entreprirent un voyage en Amérique pour étudier le passage de Vénus sur le disque du soleil : leur but était de déterminer exactement la distance du soleil à la terre. Deux observateurs placés, l'un sous l'équateur, l'autre en Europe, à deux mille lieues l'un de l'autre, regardaient Vénus sur le soleil, et la voyaient par des rayons différents ou des directions différentes; par conséquent elle répondait, d'après leurs observations, cà des points différents du disque solaire. L'un la voyait sortir de dessus le soleil plus tôt que l'autre, et la différence était de plus d'un quart d'heure. Cette différence , étant bien observée , a fait connaître de quelle manière se croisent les rayons qui , des deux extrémités de la terre , vont se diriger au soleil , et par conséquent quelle est la distance du soleil ; car l'angle est d'autant plus ouvert que le sommet est plus près.

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