DE LA MALADIE
Car votre maladie , c'est quelque vague et poétique tourment de jeunesse :
un peu d'amour, un peu d'orgueil , un peu de générosité , un peu de fantaisie, un peu de rivalité, un peu de jalousie. Nous pourrions étendre la nomenclature de vos affections. — Oh! vous devez souffrir, beaucoup souffrir, heureux malades ! — Mais vous verrez , chaque jour, les symptômes diminuer d'énergie; les accès deviendront intermittents... cesseront. Ce ne sera pas encore la santé; le cœur s'apaisera... mais la tète?... Vous souffrirez alors : d'un peu d'ambition, d'un peu de concurrence, d'un peu de souvenir; puis la convalescence s'affermira d'une manière désolante. Toutefois, vous vous plaindrez de grandes ardeurs du côté de l'estomac; vous éprouverez de l'appétit, une grande soif, — il s'ensuivra un peu de somnolence, hélas !
enfin , vous ne serez bientôt plus sensible qu'aux choses suivantes : — de petites rentes , mie pension viagère , un poêle , une chaufièrette , un chien , un chat.
DE L'HOamE.
Dans tous les temps, les médecins, les philosophes, ont fait de grandes difficultés de se rendre à l'évidence et d'accepter toutes les parties, tous les éléments dont l'homme se compose. Ce pauvre homme, ils ont toujours voulu le mutiler.
Nous, nous laissons à l'homme trois organes importants, la tête, le cœur et l'estomac, c'esl^à-dire la faculté de devenir fou, d'avoir des anévrismes et des indigestions.