‹ Le livre des ballades allemandesChapitre 38 sur 71 · LE PETIT ROLAND · texte numérisé non relu

LE PETIT ROLAND

blanche statue de femme. — Soudain se ranime son ancienne colère, — il la regarde d'un air sombre.

Dame Berthe baisse aussitôt la tête, — elle n'ose dire une seule parole. — Le petit Roland lève ses yeux clairs — et salue son oncle à haute voix.

Le roi dit alors d'un ton plus doux : — « Lèvetoi, ma sœur; — à cause de ce cher enfant, — il te sera pardonné. »

Dame Berthe se lève pleine de joie : — « Eh bien! mon frère chéri, — le petit Roland te rendra

— le bien que tu m'as fait.

« Il sera, comme son roi, — un noble modèle de héros; — il portera les couleurs de maint royaume

— sur sa bannière et sur son écu ;

« Il se servira à mainte table de roi — d'une main hardie; — il rendra la force et l'honneur — à sa patrie éplorée. » Uhland.

Le poète a pris son sujet dans une traduction des Xoches de Inuierno de Antonio de Esclava, mais la légende même semble d'origine italienne : on la trouve dans les Reàli di Frauda. Milon, simple chevalier, n'a pu obtenir de Charlemagne la main de sa sœur Berthe, et celle-ci a tout quitté pour le suivre. Milon, réduit à la misère, s'est d'abord fait bûcheron ; bientôt, laissant Berthe et son fils Roland vivre d'aumônes à Sutri, il est allé chercher fortune au loin. Un jour, Charlemagne revenant de Rome s'arrêtera Sutri : c'est alors que Roland pénètre jusqu'à son oncle, comme le raconte la ballade.

Cette ballade ne s'appuie donc pas sur des traditions épiques : elle rajeunit agréablement un conte romanesque, soit d'imagination, soit fondé sur des traditions locales appliquées par la suite à Roland.

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