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MÉDAILLONS EN TERRE CUITE. — RENAUD

MÉDAILLONS EN BOIS DE POIRIER SCULPTÉ, SUR FOND NOIR. — BonzanIGO (1740 + 1820) et ses élèves. Les mêmes artistes ont exécuté aussi de petits médaillons mi-partie en bois, mi-partie en ivoire, et d’autres complètement en ivoire. Parmi les élèves de Bonzanigo nous citerons : ARTERO, CHARLES BOTTEN, GANAVERI COLOMBO, LECKMANN, MARCHINO D1 CAMPERTOGNO, MIGLIARA, SCHOULLER et TANEDEI.

TABATIÈRES EN IVOIRE. — Bamoxor, portraits, sous Louis XVI. — BLONDEL, portraits d’une grande finesse, sous

Louis XV. — JEAN-ANTOINE BELLETESTE ; son fils, LOUIS-CHARLES- VINCENT et CROQUELOIx, boîtes délicates, fins médaillons sur fond

de dentelles, dits mosaïques. — BoNzANIGO, petits sujets délicats en ivoire, ou en ivoire et bois de poirier sur .fond noir. — Daizzy, sujets de la Révolution. — G10VANNI-P0ZZ0. — SÉRON. — TanEepeï, jeunes femmes, enfants, arbres, bouquets et fines guirlandes de fleurs.

MÉDAILLONS EN PIERRES DURES GRAVÉES, CAMÉES ET INTAILLES. — BAER. — BARRIER. — Les COSTANZI. — GLACHANT. — JACQUES GuAY. — JEUFFROY. — JEAN PIKLER. — NATTER. — REISEN. — SMART.

SUJETS GRAVES SUR NACRE. — J.-B. BARCKHUYSEN, fable. — Duran», portraits d’une admirable exécution. — SCHAUBERG, fable.

PORTRAITS-MÉDAILLONS DE PROFIL, AU PHYSIONO- TRACE. — CuRÉTIEN (1754 + 1811), inventeur du procédé, en 1786. — Quéneney (1756 1830), associé de Chrétien dès 1788. Il se sépara au bout de peu de temps et exploita le procédé pour son compte, concurremment avec Chrétien. — BoucHaRDy, successeur de Chrétien, en 18114.

REPOUSSÉS EN GUIVRE DORÉ AU MAT. — P.-G. Liénann ; suite de personnages célèbres de la Révolution et de l'Empire, commencée en 4801. — BRANCHE. — DROZ. — GALLE. -— GARREAU. — GAYRARD. — HEURTHAUX. — LAFITTE. — LAMBERT. — MOREL. — PAROY. — PoISssON. — RIBOURT. — RENKIN. — SANIER. — SUSSE. — TuÉVENON.

BOITES EN PAILLE. — En 1769, CneRvAIN, rue Ticquetonne, était renommé « pour ses bijoux de toutes espèces en paille », assez jolis pour être offerts en étrennes.

BOITES DE POMPONNE. — Ces tabatières, à ornements soudés en plein, ciselés et polis, sont en général, soit en argent rehaussé de motifs rapportés en or, soit en cuivre doré. Elles ont été faites par un bijoutier de Paris qui demeurait à l'hôtel de Pomponne, depuis hôtel d’Aligre.

TABATIÈRES DE TOULA (Russie). — Elles remontent à la seconde moitié du XVIII siècle, et sont habituellement en argent niellé, avec un ou deux médaillons en vermeil.

TABATIÈRES EN MOSAÏQUE DE DRESDE. — Parmi les orfèvres auxquels on doit ces curieuses tabatières représentant des sujets de fleurs et de fruits, en mosaïque, de pierres dures en relief, le plus réputé est NeurerG, de Dresde.

TABATIÈRES EN FAÏENCE. — Au XVII siècle, plusieurs faïenceries, entre autres celles de Rouen, ont exécuté des tabatières sous la forme d’un volume in-18, décoré d'ornements plus ou moins riches. Ges curieux objets servaient parfois aussi de chauffe-mains, après avoir été remplis d’eau chaude.

TABATIÈRES dites TOUINES. — Diverses fabriques ont pro. duit des tabatières populaires ayant l'aspect de petites gourdes aplaties, comme il s'en fait encore aujourd’hui en Bretagne. Quelques industriels les façonnaient en bois ; on les appelait, en Normandie, des {ouines. « De petun, tabac, on à d’abord fait pétouine, puis, par aphérèse, touine. » (Louis Du Bois, Glossaire du patois normand.) Dans la Manche, à Saussemesnil, on a fabriqué des touines en grès, figurant des gourdes plates, des chats, des abbés, des portraits de Napoléon I”, des personnages accroupis dans des positions trop réalistes.

TABATIÈRES OPTIQUES. — Ce sont les fabatières à sujets changeants. En 1772, Roger, orfèvre-bijoutier, Pont-au-Change. faisait annoncer dans l'Almanach général des marchands. des « tabatières optiques, changeant jusqu'à quatre fois. »

AU PETIT DUNKERQUE. — Enseigne du fameux GRANCHEZ, bijoutier de la Reine, et qu'on trouve gravée sur la gorge de certaines boîtes. Sa boutique, placée à la descente du Pont-Neuf, fut pendant tout le règne de Louis XVI, le rendez-vous du monde élégant, De brillants équipages y défilaient sans cesse ; les belles désœuvrées venaient y passer une partie de leur après-dînée, touchant à tout et finissant par acheter le bijou à la mode. La célébrité du Petit Dunkerque a été telle, que tout ce qui provient de ce magasin fameux offre aux collectionneurs un puissant attrait. Pour ce qui concerne les tabatières, nous voyons, d’après les réclames de Granchez, qu'il débitait en 1775 :

Des tabatières, dites au Tableau parlant, ornées de portraits en tale, d'une ressemblance parfaite, tels que ceux de Louis XVI, de Marie-Antoinette, des princes, etc., «à divers prix, dont le meilleur marché est de 30 livres ».

Des tabatières en acier poli, ou ornées de perles d'acier.

Des tabatières en carton verni, galonnées d'argent, couvertes d’or amalgamé, à 30 Liv. et 24 liv.

Des tabatières, dites éternelles, rondes, en écaille, couvertes en requin rapé et poli, à 48 liv. et 24 Liv. la pièce.

Des tabatières en métal de Manheim, à quatre charnières.

Déjà, en 1772, l'Almanach général des Marchands mentionnait, du sieur Granchez, « des tabatières renfermant un jet d’eau à vent et d’autres tableaux mouvants, des pièces mécaniques, des tables de jeu qui jouent seules, des cadrans mystérieux, etc. »

TABATIÈRES A SECRET. — Sous Louis XVI et dès la fin du règne de Louis XV, les bijoux à secret faisaient fureur. Ces secrets, qui dissimulaient un sujet graveleux ou le portrait d’un être chéri, s’appliquaient non-seulement aux tabatières, mais encore sur les médaillons, les bracelets, les souvenirs, les bagues, les pommes de cannes et jusque sur les boutons d’habit. D'après l’'Almanach Dauphin, BELLANGER, CORBIN, COUTURIER, DÉLION, DE LA SALLE €t PORCHER, étaient les orfèvres de Paris les plus connus « pour tout ce qui concerne les bijoux de fantaisie et à secret ».

Les curieux de tabatières doivent être au courant de ces différents secrets. Ils sont au fond de la boîte ou sur le couvercle. Dans le premier cas, c'est la partie inférieure ou bien la gorge elle-mème quise dévisse. Quand c’est la gorge, on remet d’abord le couvercle sur la boite pour faciliter le dévissement. Si le secret se trouve dans le couvercle, c'est un tout autre travail qui ne concerne pas l’art du tourneur. Parfois, la miniature adhère simplement à l'aide d'un petit ressort à baïonnette et d'un emboîtement très juste, il suffit alors d’un coup d’ongle pour la détacher; mais habituellement le médaillon supérieur est maintenu par une petite charnière visible aux yeux de l’observateur prévenu ; On la fait jouer en appuyant avec une épingle sur un petit point dissimulé dans la bordure du couvercle. Ge point est facile à trouver, étant toujours placé en opposition immédiate avec la charnière et en bas du médaillon; celui-ci, poussé par un ressort, se relève rapidement et laisse voir le sujet caché.

En général, dans les boîtes des tourneurs-tabletiers, le secret réside dans le fond et consiste en un pas de vis, tandis que dans les tabatières des orfèvres, il est presque toujours au milieu du couvercle, avec les combinaisons dont nous venons de parler. A la simple inspection d’une boîte, un amateur verra de suite si

elle est à secret. L’épaisseur anormale du fond ou du couvercle le lui dira, ainsi que la charnière du médaillon, et le petit rond sur lequel il faut appuyer, avec la pointe d'une épingle, pour faire jouer le ressort.

Vente San Donato, 1880. Tabatière ovale, en pâte tendre de Sèvres, composée de deux plaques et d'une frise ovales, à fines peintures de bergers et de bergères. Monture en or, signée : Fossin et fils, joailliers du Roi, à Paris. 28,500 fr. — Boîte octogone en or, émaillé de pensées et de rubis. Elle est surmontée du portrait de Vitré, imprimeur de Louis XIV, signé des initiales de Bordier avec la date de 1651. A l'intérieur, la signature de Fossin qui a monté ce superbe émail. 11,500 fr. — Tabatière en or, émaillée en plein, composée de cartouches fond vert à coquilles d’or, montrant des fleurs et des fruits d’un riche émail, posés sur des tables. 141,000 fr. — Boîte en vernis Martin, doublée d’écaille et montée en or. Le sujet du couvercle représente la Demande en mariage, d'après Greuze. 2,350. — Tabatière russe, faite à Toula dans la seconde moitié du XVIII siècle. Elle est en argent niellé avec deux médaillons en vermeil, à l'effigie du comte de Bestouchef. 170 fr.

Vente L. Double, 1881.— Boîte Louis XVI, en or de couleur, au poinçon de Mathis de Beaulieu, surmontée du portrait de Turenne, par Petitot. 48,200 fr. — Boite ronde Louis XVI, en or guilloché, émaillé brun orangé, avec rang de perles et cordons ciselés et émaillés. Dessus, le portrait d'Anne d'Autriche, par Petitot. 10,800 fr. — Boîte oblongue, Louis XV, en or émaillé en plein, décorée de six médaillons à sujets champêtres, dans le goût de Boucher. 40,150 fr. — Boîte ronde en écaille, ornée d'une plaque ronde en pâte tendre de Sèvres, représentant la Peinture entourée par les Grâces. Signée : C.-N. Dodin, d’après Lagrenée, en 1792. 5,050 fr. — Boîte oblongue à angles coupés, en or guilloché, émaillé jaune d’or, avec cordons et pilastres ciselés, émaillés en relief. Dessus, un émail figurant deux amours allumant un cœur sur l'autel de l’Amitié. On lit sur la gorge : Au petit Dunkerque. 4,700 fr. — Grande boite en vernis Martin, à fond bleu incrusté d'or et à médaillons en émail, offrant un sujet champêtre, des fruits et des attributs de jardinage. 4,100 fr. — Vente A. Febvre, 1882. — Boîte d’or, émaillée, Louis XV, signée : Lesueur. 8,000 fr.

Pour d’autres prix de vente, se rattachant à notre sujet, consulter le chapitre sur les Peintres en miniature et en émail, aux mots : Augustin, Blarenberghe, de Boissieu, Carriera, Charlier,

Fragonard, Hall, Jacques, Klingstet, Lavreince, Mosnier, Savignac, Sicardi, Van Spaëndouck, etc.

MM. ED. ANDRÉ (Paris), riches tabatières en or de couleur, gravées, ciselées, émaillées, serties de diamants, ornées de miniatures de HALL, FRAGONARD, BLARENBERGHE et autres maîtres du XVIII s.— ARTAUD (Bourges). — DUC D'AUMALE (Chantilly), raretés diverses.

EUG. BATAILLE (Versailles), — Vsse BAUDOIN DE JONGHE

(Belg.). — Mme F. BISCHOFFSHEIM (Paris), — GÉNÉRAL DE BIRÉ (Paris), boîtes de luxe du XVIII s. en porcelaine, en or de couleur, en vernis Martin, en jaspe, enrichies d'émaux, de miniatures, de sujets en pierres dures. — DUC DE BISACCIA (Paris), tabatières ciselées, peintes, émaillées. — G. BRETON (Paris). — M“ BRUGMANN Belg.).

DE CARCY (Nancy), tabatières: drageoir avec le portrait de Millie de Gontaut-Biron. — Css ALB, DU CHASTEL DE LA HOWAR- DRIES (Belg.), boîtes et bonbonnières. — AUG. COSTER, boites diverses du XVIIIe s, — PRINCE L. CZARTORISKI (Paris), boîtes polonaises historiques. — DARDEAU (Issoudun).

DAVOUST (Orléans), tabatières Louis XV et Louis XVI. — DES- MOULINS (Reims — L'ABBÉ DESNOYERS (Orléans), drageoir en argent du XVIe s.; boîtes à mouches. — DEVINCK. — Mr: DANIEL DOLLFUS (Mulhouse), tabatières et bonbonnières en vermeil, en argent repoussé, gravé, ciselé, des XVII et XVIIIe s.; tabatière datée de 1669. — F. DREYFUS (Paris), très riche collection de tabatières du XVIIIe siècle. — J. DUBOST (Belg.). — AUG. DUFOUR (Belg.). — Mne DUPRÉ (Tours), boîtes émaillées. — EUG. DUTUIT (Rouen), boîtes de luxe, ornées d'émaux de PETITOT et de miniatures de prix. Raretés. — Csse DZIALINSKA (Paris).

PAUL EUDEL (Paris), râpes à tabac en buis et en ivoire. — Bon DE FAVEREAU DE JENNERET (Belg). — FEUILLET DE CONCHES (Paris), tabatière du Taïcoun, souverain du Japon. — Me DE FOUGÈRES (Orléans). — Mme FREMYN (Paris). — E. DE FRÉZALS (Compiègne). — ©. DE FRÉZALS (Compiègne), — DE FROBERVILLE (Chailles).

DE GENNES (Douai). — FE. GLUCK, père (Mulhouse), boîtes et bonbonnières en argent du XVIIIe s., dont quelques-unes ont été exécutées à Mulhouse. — GARNIER HILD:: WIER (Paris), riches tabatières du XVII s, — GOLSCHMIDT (Francfort), boîtes de luxe. — EDM. DE GONCOURT (Paris), tabatières et boîtes diverses, françaises, chinoises et japonaises. — Bon DE HIRSCH (Paris), superbes tabatières.

JOSSE (Paris), maguifique collection. — Mme JUBINAL DE SAINT- ALBIN (Paris), collection de tabatières ayant appartenu à M. Ph. de St-Albin. Dessus de boîtes, par BONZANIGO. Râpes à tabac en buis, en ivoire : Arlequin, sujet galant à deux personnages, en costume Louis XIV.

EUG. KELLER (Strasbourg).

B® H. HERVYN DE LETTENHOVE (Belg.), plus de cinquante

boîtes en cuivre ciselé, gravé, représentant des sujets religieux, des scèn,.

de mœurs, des épisodes galants, des chasses, des batailles, des personnages historiques, des vues de Delft et d'Amsterdam, etc. -—- AUG. LAN- GEVIN (Meulan), tabatières et bonbonnières. — DE LAUNAY DE VAUZELLES (Orléans), râpe en émail de Limoges, etc. — GAST. LE BRETON (Rouen), tabatière Louis XV, en jaspe et or superbement ciselé. Boîte ornée d’une miniature de VAN BLARENBERGHE. Tabatière d'écaille surmontée d’un rarissime émail de Hall, signé : HALL, SUÉDOIS, 1785. — FRED. LE CONTE (Paris), boîtes diverses, ornées de belles miniatures. — LE SECQ DES TOURNELLES (Paris), série de râpes à tabac en fer poli, gravé, ciselé, damasquiné d’or et d'argent, avec orne ments, sujets et inscriptions. — CH. LEVÉ (Orléans), tabatières Louis XVI. — LÉVY-CRÉMIEUX {Paris), tabatières ornées de miniatures de VAN BLARENBERGHE et autres maîtres. — DE LIESVILLE (Paris), collection considérable de tabatières historiques et politiques de la Révolution, offertes au musée Carnavalet. — GH. LIZÉ (Rouen), râpes : Apollon. Diane.

A.-M.-S. Collection pour servir à l'histoire des boîtes, bonbonnières et tabatières. Râpes à tabac en émail de Limoges, en fer, aux armes de France ou figurant un poisson, en cuivre, en faïence de Rouen, en ivoire, en bois sculpté. Boîtes de luxe. Tabatières historiques et politiques, comprenant les époques Louis XV, Louis XVI, la Révolution, le Directoire, le Consulat, l'Empire, la Restauration, les journées de Juillet et le règne de Louis- Philippe. — MASWIENS (Belg.). — RAOUL MELLIER (Abbeville). — MEURICE (Valenciennes), tabatières en émail et autres. — AUG. MICHEL, FILS (Mulhouse). — DE MONTGERMON (Paris), riches tabatières du XVII s., en or, gravées, ciselées, émaillées. Boîtes en vernis Martin. Tabatière ronde, de NEUBERG, de Dresde, au chiffre S. A. R., de Stanislas-Auguste, roi de Pologne. — DUC DE MOUCHY (Paris), boites de luxe. Sur une grande boîte carrée à ornements réservés sur fond d’émail vert, on lit: TIRON, DUCROLLAY, BUOUTIERS DU ROY, à Paris. Sur une autre ovale, en or guilloché, émaillée de jaune : ROUCEL, ORFÈVRE DU ROY, à Paris. — PRINCE MURAT (Paris) — NADAR (Paris), tabatières au ballon.

D: PATAY (Orléans). rûpe en bois sculpté en forme de galère ; boîtes et tabatières en ivoire et en nacre. — L'ABBÉ VICT. PELLETIER (Orléans), râpes en ivoire sculpté : l'Horticulture, le Baptème du Jourdain. — Vsse DE PEYRONNY (Paris). — Bon J. PICHON (Paris), tabatière d’or, à contours, signée : GOUERS. PARIS, La ciselure représente les Sciences et les Arts. Boite d'or, au poincon de RAVECHEZ. Boîte à tabac d'Espagne, c'est-à-dire plus plate que les autres. Quadrilles de rosaces en posé d'or, eur écaille blonde. Monture en argent, signée sur la gorge : GEORGE, PARIS. — Bon L. DE PITTEURS HIEGAERTS D’'ORDANGE (Belg.), tabatières en cuivre, en laiton, ciselées, gravées, représentant les cinq sens et les plaisirs de la vie; des chasses au cerf, au sanglier; des scènes de l’ancien Testament, etc. — A. PONGELET (Douai), tabatières, bonbonnières et boîtes à mouches du XVIIIe 8. — HENRI PORGÈS (Paris), boîtes de luxe.

DUC DE RICHELIEU (Paris) — Mis DE ROCHAMBEAU (Thoré). — Mis DE LA ROCHELAMBERT, tabatières Louis XV et Louis XVI, en ivoire, en écaille, en or, avec portraits en miniature. — L'ABBÉ ROCHER (Orléans), râpes à tabac en émail, en bois figurant une galère, en ivoire représentant Jupiter, un Magistrat, etc. Boîtes à mouches. Tabatières historiques et politiques rappelant les principaux

épisodes du règne de Louis XVI et de la Révolution. — Mis A. DE RODES (Belg.), boîtes et tabatières en vernis Martin, en argent, en or, avec montures en pierres fines. — B° AD. DE ROTSCHILD (Paris), magnifiques boîtes d'or, émäillées, serties de perles et de diamants, décorées de ravissantes peintures.

V'e DE St-PIERRE (Paris), boîtes de luxe. — SAPIA (Paris), très belle collection : boîtes de luxe et de grand prix. — PR5s° SOLTYKOFF (Paris), riches tabatières. — G‘° DE SPANGEN (Belg.), boîtes et bonbonnières. — SPETZ (Mulhouse), tabatières, boîtes à mouches. Râpe en fer damasquiné d'or et d'argent, XVIIe s. Tabatières Louis XV et Louis XVI. — STRAUSS (Paris), boîtes d'argent, de vermeil et autres.

Mis DE THUISY (Paris), importante série de tabatières, bonbonnières, boîtes à portrait, boîtes à mouches, etc., en or, en argent, en émail, en vernis Martin, en porcelaines diverses, en ivoire, en nacre, en écaille blonde piquée et brodée d’or, en laque de Chine et du Japon. La perle de la collection est une petite boîte ovale Louis XVI, en or guilloché, émaillée rouge, ayant appartenu à la grande Catherine. Le couvercle est décoré d'une miniature de BLARENBERGHE représentant le transport du rocher qui sert de base à la statue de Pierre le Grand. Une couronne impériale, en petites roses de Hollande, surmonte le médaillon. Ce bijou a été adjugé 411,500 fr. à la vente L. Double, en 1881.

VAN DEN BOGAERDEN (Hollande), boites et tabatières en cuivre gravé, des XVIIe et XVIIe s. — C'° FR. VAN DEN STEEN DE JEHAY (Belg.), boîte en porcelaine blanche doublée d'or, décorée en camaïeu rose, de scènes maritimes, par WOLFGANG TAKAN DE FREY- SINGEN, peintre émailleur du prince Jean-Théodose de Bavière. Donnée par ce prince à Lambert-Walthère, B* Van den Streen, grand official, écolâtre de Liège, en 1763. — JULES DE VICQ (Lille), râpes à tabac : le Jugement de Salomon, St-Louis, etc.

WASSET (Paris), drageoir en agate et argent ciselé à personnages et arabesques, XVIe s. Boîtes en vernis Martin et autres,

Les lois somptuaires défendaient à la bourgeoisie l'usage de certains vêtements de luxe, et l'emploi des vases d’or et d’argent, qu'on admirait sur les dressoirs des princes et des grands seigneurs. Le prix élevé de la matière, joint à celui de la main d'œuvre, ne contribua pas moins que les lois du moyen âge, au succès de la vaisselle d’étain, qui fut souvent traitée avec art et, par cela même, recherchée des gens de goût. On la qualifiait de vaisselle d’étain à facon d'argent, c'est-à-dire prenant les formes de l’argenterie. Elle se répandit dans toutes les classes. On cite les cent quarante-deux écuelles d’étain de la reine Clémence et la vaisselle qui servait dans l'hôtel de l’archevèque de Reims, au XIV: siècle. (De Laborde. otice des émaux du Louvre. Documents et glossaire.)

Certains maîtres acquéraient, dans la pratique de leur art, une grande renommée, ainsi qu'on peut le voir par cette note, due aux recherches de M. Laborde : « 1407. Devant le palais (à Paris), demeure un potier d’estain, ouvrier de merveilleux vaisseaux d’estain ». Jean Goupil, potier d'’étain à Tours, en 1423, était chargé d’approvisionner la maison de Marie d'Anjou, «et il n’est pas indifférent de faire remarquer que cette industrie savait se faire distinguer en Touraine, c’est-à-dire dans le pays qui a fourni à l'orfèvrerie tant d’habiles ouvriers. Diverses pièces d'étain figurent dans l'inventaire des meubles du duc de Bourbonnais, dressé sous le règne de Louis XII. Enfin il paraît que François [°° lui-même possédait de la vaisselle d’étain ». (J. Labarte. Histoire des arts industriels.) À l'appui de celte dernière assertion, nous dirons que l'inventaire du mobilier de Charles d'Anjou, C'* d'Angoulème, père de François I°, fait mention d’une vaisselle d'étain considérable (20 avril 4497).

Pour mieux spécifier les travaux des potiers d’étain, nous en ferons une rapide énumération. Aux écuelles, plats et assiettes, il faut ajouter des bassins, aiguières, brocs, canettes, gourdes, huiliers, salières, gobelets; des fontaines à sujets, parfois de grande dimension; des lustres, bénitiers, reliquaires, monstrances, crosses, figurines, épis de faitage, bas-reliefs, enseignes de pèlerinages, etc.

Vers la fin du XV: siècle, le goût de la forme et du beau était si général que les moules des pièces d’orfèvrerie servaient égale-

ment pour la fonte des vases d'étain. Le musée de Cluny possède une salière de couvent, en étain, décorée de sujets religieux en relief et d'inscriptions latines. Sur la panse, le Christ en croix, entre Marie et saint Jean; sur le couvercle, la Salutation évangélique et la signature : Bossetus me fecit.

De tous les artistes qui ont façonné l’étain, le plus célèbre est François Briot, qui florissait vers le milieu du XVI° siècle. Ce maitre n'a jamais été orfèvre, ainsi qu'on l'a cru longtemps; il était graveur en médailles à Besançon et chargé de faire l'essai du balancier.

Les amateurs connaissent l’aiguière et le bassin de François Briot. L'aiguière est couverte d’arabesques s'enroulant autour de trois médaillons : la Foi, l’'Espérance et la Charité. Un buste de femme, terminé en gaine, forme l’anse. Le bassin joint, à une grande pureté de lignes, une richesse de composition admirable. Sur l’ombilic, un médaillon symbolise la Tempérance; il est entouré de quatre cartouches ovales, figurant les quatre éléments. Huit médaillons couvrent le marly: Minerve, puis la Grammaire, la Dialectique, la Rhétorique, l’Arithmétique, la Géométrie, l'Astrologie et la Musique, représentées sous la figure de femmes, entourées d'attributs allégoriques. Au revers, se trouve le portrait de l’auteur avec l'inscription : Sculpebat Franciscus Briot. Il existe un autre bassin, non signé, offrant autour de l’ombilic l'histoire de Suzanne, et sur le marly, la vie de l'Enfant prodigue. L’aiguière de ce plat paraît être très rare. M. Bapst, qui la cite, n'en a vu que des fragments sur lesquels on retrouve Suzanne surprise au bain, le jugement et la lapidation des imposteurs. Ces pièces anonymes, du temps de Henri IT, sont bien inférieures aux deux premières, et M. Germain Bapst, dans un récent travail très étudié, sur l'Orfèvrerie d'étain, les regarde comme étrangères à l’œuvre de Briot. (Revue des Arts décoratifs, nov. et déc., 1883.) |

Tous les plats en étain, à sujets, ont été moulés, et aucun d'eux n’a subi de retouches; on peut s’en convaincre par la présence de certains reliefs et de bavures que le ciseleur eût commencé par faire disparaître. Les beaux ouvrages, comme ceux de Briot, dont la séduisante patine augmente considérablement le prix, ont été coulés dans des moules en métal ou de pierre, gravés en intailles; les pièces, au contraire un peu rugueuses, proviennent de moules en sable. Ce sont les plus répandues et les moins recherchées.

Un morceau qui, par exception, aurait été ciselé, serait facile à reconnaître. « A la ciselure, dit M. G. Bapst, l’étain prend un

gras tout particulier qui le fait ressembler beaucoup à de la cire modelée, »

Bernard Palissy a reproduit, en terre émaillée, l’aiguière et le bassin de François Briot. Ces faïences, très rares aujourd'hui, ont acquis une valeur considérable.

Les Allemands ne sont pas restés en arrière dans la fabrication de la poterie d’étain artistique, et leur industrie resta florissante jusqu'au milieu du XVII° siècle.

MARTIN HaARsCHER (1435 + 1523) est l’auteur de buires, plats et assiettes à reliefs historiques.

Meccuior Kocu, de Nuremberg {+ 1567), a laissé, suivant M. Demmin, des poteries d'étain doré, très recherchées des curieux. (Z'ncyclopédie des Arts plastiques.)

GASPARD ÉNDERLEIN, né à Bâle, mort à Nuremberg, en 1633, occupe le premier rang parmi les maitres potiers d’étain allemands, tout en restant inférieur à notre François Briot. Son chef-d'œuvre est un grand plat, représentant au centre Ja figure de Mars entourée de quatre médaillons ovales : la Guerre, l'Envie, la Paix et l’'Abondance, séparés par des mascarons et des arabesques. Les médaillons du marly sont: Ninus, Africa, Cyrus, America, Alexander Magnus, Europa et Julius Cæsar, reliés par des cartouches de grotesques et de trophées d’armes.

Le nouveau catalogue du musée de Cluny déerit ainsi un plat de 0,46 de diamètre, attribué au même maitre (N° 5193). « Le médaillon du milieu représente Adam et Eve et la Tentation. Autour, sont les figures des Sciences et la bordure se compose de douze médaillons de forme allongée, renfermant les portraits équestres des Empereurs. Ces médaillons sont séparés par des carialides et des vases à fleurs ». Il faut aussi reporter à Enderlein un plat assez médiocre, signé : G. E. 1615, sur lequel on voit saint Georges combattant le dragon.

Quelques exemplaires du plat de Briot, sur lequel on s’est contenté de changer l'ombilic, présentent au revers le portrait de Gaspard Enderlein. Les Allemands ont saisi cette occasion pour se demander quel était le véritable auteur du plat de la Tempérance. Le doute, à ce sujet, n’a jamais existé; d’ailleurs, un simple examen suffit pour reconnaitre que le médaillon a été rapporté après coup.

M. A. Desmottes possède un plat, de l’époque d'Enderlein, offrant l'image des douze Apôtres. Une assiette du même temps raconte l’histoire de la création du monde et de la chute de l'homme (diam. 0,18).

Un artiste allemand, de la première moitié du XVII: siècle, a

reproduit, sur une assiette ou plateau, les figures équestres des douze empereurs de la maison de Habsbourg; Ferdinand II (+ 1637) occupe le milieu. Les autres souverains, réunis sur la bordure, sont les suivants : Rodolphe [°r, Albert Ier, Frédéric Il, Albert Il, Frédéric IV, Maximilien It", Charles V, Ferdinand I£r, Maximilien Il, Rodolphe Il, Mathias Ier (diam. 0,20). Sous le règne de Ferdinand III (1637-1657), une assiette de travail analogue a été faite par un maître potier, qui signait W $; elle représente l'Empereur entouré des électeurs de l'empire. La grande Exposition nationale belge de 1880 nous a démontré que les Pays-Bas, dont les intelligentes corporations élevèrent l'industrie au niveau de l’art, avaient eu aussi des potiers d’étain de premier ordre.

Dans son traité de l'orfèvrerie, Benvenuto Cellini engage les orfèvres à tirer une épreuve en plomb de toutes les pièces qu'ils coulent en argent, et à réparer ces épreuves de manière à les conserver comme modèles. Les Allemands ont mis à profit cette bonne idée, en employant le plomb et l’étain, et ils doivent à cette prévoyance la conservation d'excellents types, dont les originaux ont été fondus à cause de leur valeur intrinsèque.

En France, GUILLAUME COuETAU (1674-1677), Tuomas DEs- BANS Où DESBANNES (1674-1688) et JEAN-BAPTISTE GBLLÉE (1688) étaient maitres potiers d’étain de la maison du Roi. D’après leurs statuts, révisés en 1613, les potiers d’étain de Paris étaient tenus d’avoir chacun deux poinçons, l’un grand et l’autre petit, pour marquer leurs ouvrages. Le grand contenait la première lettre du nom de baptème et le nom de famille tout entier; le petit résumait en deux lettres le prénom et le nom du fabricant. Ges marques devaient être empreintes sur les tables d’essai, pour y avoir recours en cas de fraude ; l’une de ces tables restait sous la surveillance directe du procureur du Roi au Châtelet. Les ouvrages d'étain sonnant, c'est-à-dire allié à un autre métal, se marquaient en dessous et ceux d'étain commun en dessus. Il était interdit aux maîtres d’enjoliver leurs œuvres avec l'or ou l’argent, à moins qu’elles ne fussent destinées « pour l'usage de l'Église. » (Æncyclopédie.)

Le patron des potiers d’étain est saint Fiacre. A Paris, ils ne pouvaient travailler avant cinq heures du matin, ni après huit heures du soir. L'apprentissage était de six ans et trois ans de compagnonnage. Le brevet coûtait 36 livres et la maîtrise 900, avec l'exécution du chef-d'œuvre. Voici, d’après les Tablettes de Renommée., les noms des maîtres les plus connus à Paris, en

Bary, rue de Buci, fabrique toutes espèces de moules de commande et tient magasin assorti de grandes fontaines, alambics, pots à oil, vaisselles plates, rondes, à contours, pièces de rapport pour l'office, la cuisine, etc.

BoILEAU, rue Saint-Honoré, potier d'étain du Roi.

DEGLAND, pont Marie, potier d’étain de la Faculté de Médecine, fournit la Maison du Roi.

Dussaussois, rue des Boucheries, un des plus renommés pour tout ce qui concerne la pharmacie, fait toutes sortes de vaisselles plates, rondes ou à contours etpièces de rapport, pour la cuisine et l'office.

GIRARD, pont N. D., pour les boucles et boutons de composition.

LANTERNIER, rue Grenéta, garnit la faïence et les bouteilles à tabac.

LomBARD, rue St-Denis, les cannelles et petits ménages d’enfants.

Moxier, cour St-Martin, les boucles et boutons de composition.

Rousseau, rue Montmartre, garnit la faïence et les bouteilles à tabac.

SAMAIN, rue Saint-Antoine, potier d’étain de l'hôtel des Invalides, renommé pour les grands flacons, jattes de traiteurs, vaisselles, moules à pâtissier.

TONNELIER, rue Grenéta, vaisselles rondes, boucles et boutons de composition.

Vente Pourtalès, 1865. — Aiguièreet son bassin, par Fr. Briot. Au revers du bassin, se trouve le portrait de l'artiste. 730 francs. Canette garnie d’une anse et d'un couvercle. Ouvrage français du XVI: siècle. 187 francs. — Petit plateau. Au centre, Guillaume Tell abat la pomme posée sur la tête de son fils. 55 francs.

Hôtel Drouot, 1883.— Vidrecome en étain, du XVIe siècle, avec figures allégoriques. 725 francs.

MM. GERM. BAPST (Paris), aiguière et son plateau de FR. BRIOT, XVIe 5, Canettes, bassins, assiettes d'un beau décor. Plats de Nuremberg, XVII s— BENVIGNAT (Lille), épi de faitage orné de feuilles de chardon

(1) A la vaisselle d’étain, nous avons cru devoir joindre certaines pièces intéressantes telles que bas-reliefs, figurines, épis de faitage, etc,

et de feuilles de vigne découpées, XV*s. — LOUIS BERTRAND (Paris) plats. — BRUGMANN (Belg.), broc cylindrique, posé sur trois boules. Sur le couvercle, deux lions soutiennent un écusson, aux insignes professionnels d'une corporation de charrons, 1687, travail allemand. — BUREL (Paris), chandelier, à tige cannelée, quadrangulaire, sur un pied carré, avec trophées et fleurs de lis.

DE CANNART D'HAMALE (Belg.), gobelet gravé représentant le marché aux poissons de Malines et une inscription de 83 vers flamands. Signée PIETER THYS. 1698. La gravure est de R. WHITEHAND.

A. DESMOTTES (Paris), aiguière de FR. BRIOT. Canette attribuée au mème, XVIe s. Plats allemands du XVI s., sur l’un: les douze Apôtres. Assiettes aux Electeurs et autres. — EUG. DUTUIT (Rouen), aiguière et son plateau de Fr. Briot. Autres types superbes du XVI s,

Mne FOUREAU (Paris), assiette godronnée ; sur la bordure, les armes des treizes cantons suisses, XVII s,

GUERNIER (Paris), écuelles et gobelets du XVILIe s. — Gte GUÉRIN, (Paris), plat représentant les Electeurs d'Allemagne, XVIIL s.

Me ERN.JORIAUX (Paris), écuelle rocaille et son plateau, ete. — Me A. JUBINAL DE St-ALBIN (Paris), aiguière et son plateau, de Fr. Briot. Canette du même temps. Fontaine de corporation, avec armoiries, travail allemand du XVIe s.; autre fontaine, datée de 1664,

L'ABBÉ KŒNIG (Paris) ; plat allemand, XVIe s. Ecuelle Louis XVI.

LE ROY (Belg.), grande gourde aplatie, portant les insignes d'une corporation de bouchers. 1681. Fontaine allemande, en cône tronqué, reposant sur trois lions et ornée d'écussons. 1695. — LÉZIAN-LESTOUR- NELLE (Ste-Foy), pièces diverses. — DE LIESVILLE (Paris), plat de Briot, etc. — CH. LIZÉ (Rouen), écuelle du XVII s., etc.

CASIMIR MANDAGOT (Lisieux), plat genre Briot, à médaillon central, figurant Pyrame et Thisbé. Autour, la Navigation, le Commerce et la Guerre. Sur le marly, des scènes de la Création. — DE MONTGER- MON (Paris), canette du XVI s., dans le genre de Fr. Briot.

NADAR (Paris), plats décorés d’'aérostats.

OSTERRICTH (Belg.), vases de corporation, XVIe s.

PÉRILLEUX (Paris), quinze bas-reliefs, carrés et ovales, représentant trois Éléments, trois parties du Monde, les sept arts de Rhétorique, Niaus, Alexandre. — AUG. PICARD (Paris), assiette aux armes des treize cantons suisses, XVIe s. Assiette au poinçon de Nuremberg, datée 161 ; au centre, Noë adressant à Dieu ses actions de grâce ; sur les bords, quatre scènes bibliques. Assiette du XVII s. portant le poinçcon de Nuremberg ; au centre, une scène de la Résurrection ; sur les bords, les douze Apôtres. Assiette offrant, au centre, la figure équestre de Ferdinand III, et sur les bords les Grands Electeurs à cheval, accompagnés d’armoiries. Poinçon de Nuremberg. — B°1 L. DE PITTEURS D'ORDANGE (Bels.), brocs, datés 1688 et 1721. Grand vase de corporation, 4714. — Mme POVIS DE TENBOSSCHE (Belg.), réchauds, huilier, veilleuse, lampe, bouilloire, plateau octogone, à bordure en relief formée de têtes d’anges, marquée au revers d’un X, d’un ange et d’un lion, XVIL &.

RENIER (Belg.), plat, armoirié au milieu; sur le marly, quatre têtes reliées par des rinceaux de fleurs et de feuillages, XVIIe s. — Mme RO- SEMBERG (Paris), cruches, assiettes... — Bon ED. DE ROTHSCHILD (Paris), grande fontaine en plomb, par FALCONET, composée d’une figure de nymphe debout, grandeur nature, entourée de roseaux, et ayant près d'elle un canard et un chien disposés pour lancer l’eau, Adjugée 25,500 fr.

à la vente Double, en 1880. Fontaine servant de pendant : Diane accompagnée d'un chien et d’un héron. 25,500 fr. Ces groupes décoraient deux niches de l'hôtel de Mme d’Etioles, la future Pompadour. — Mme ROUS- SEAU-GRANJEAN (Bels.), plat armorié, à bordure de bas-reliefs et marqué d'un coin représentant saint Lambert, évêque de Liége, 1774, D."0,33:

H. SCHÆFELS (Belg.), canette de corporation, ornée de deux écussons, avec l’image de saint Georges, en relief, 1655. — SPITZER (Paris), raretés du XVIe s.

G. VAN CASTER /Belg.), huiliers, etc. — VAN DEN BOGAER- DEN (Pays-Bas), plateaux du XVIIe s.: le Jugement de Salomon; la Mort d'Absalon. — CAM. VAN LANGENHOVE (Belg.), plat gravé, à sujet religieux, avec inscription au pointillé, 1650. (D. 0,30.) — GUST. VER- MEERSCH (Belg.), aiguière et son plateau de Fr. Briot. Aiguière et plateau de Gaspard Enderlein, XVI s.; beaux ouvrages en étain fondu et ciselé. Porte-lumière formé de statuettes d'hommes d'armes, placées sur un trépied. Cerf franchissant une branche d'arbre (D. 0,20). — Css DE VIL- LEGAS-SAINT-PIERRE (id.), plat décoré de grandes armoiries, 1785. — E. VIERSET-GODIN ({Bels.), plats: un avec armoiries, deux autres avec insignes de corporation, 1753-1711. Bourgeois et bons métiers de Huy. — Br DE VINCK DE DEUX-ORP (Bels.), crosse en étain doré, ornée de rinceaux et de trois figures, XV° s., la Fuite en Égypte, le Baptème de N.-S. dans les eaux du Jourdain, Curtius se jetant dans le gouffre, etc., en étain fondu et ciselé, XVIe s. Hercule, Léda, l'Automne, Diane chasseresse, Statuettes ayant fait partie d'une fontaine provenant d’un vieil hôtel de Malines. Plat, la Vierge et saint Jean aux pieds du Calvaire, XVIIIes. (D. 0,29). Autre, saint Sébastien, 1736, (D. 0,28). Autre plat daté 1731; au centre, Kaleb et Josué rapportant la grappe de raisin de la terre promise. Gobelet sur pied, offrant l'image de saint Léonard, XVII s. Monstrance ciselée, entourée d'anges adorateurs et surmontée d'une couronne fermée, etc.

WASSET (Paris), le Triomphe de Bacchus, bas-relief du XVIe s. La Tempérance. Charles-Quint exprimant une éponge devant un fou, plaquettes. Pot orné de sujets et de frises d'enfants, XVIIe s. Plat, en étain doré, genre Briot. Plat gravé, avec le portrait de l'auteur, G aspar Enderlein au revers. Série de petits plats du XVIFSs.

On appelle dinanderie les objets de cuivre œuvré, travaillé au marteau, exécutés par les chaudronniers. Ces ouvrages tirent leur nom de la ville de Dinant, en Belgique, depuis longtemps célèbre pour ces sortes de produits, dont elle alimentait une partie de l'Europe. Son commerce était considérable et l’on en reporte l’origine à la seconde moitié du XI° siècle. La dinanderie comprend les chaudrons, cuvettes, plats, bassins, buires, poëlons, casseroles, réchauds, passoires, écumoires, poissonnières chaufferettes, garde-feux, bassinoires, chandeliers, lanternes, fontaines, coquemars, etc. Le coquemar, dit l'Encyclopédie, est un vaisseau de cuivre à large ventre, étranglé et rétréci par le haut, avec couvercle à charnière. Il nous reste un assez grand nombre de ces pièces, dont la plupart sont enjolivées d’ornements, d'arabesques, de fleurs, de fruits, d'animaux, de personnages, d’écussons, repoussés en relief, au marteau. Autrefois, à l’époque des maïitrises, un certain sentiment de l'art semblait planer sur toutes les professions et ce sentiment, plus ou moins élevé, plus ou moins affaibli, se reflétait sur les objets les plus vulgaires.

Sur les plats et bassins d’offrande et de baptême, les sujets répétés au XV°' siècle sont: L’Annonciation, — Adam et Eve sous l'arbre ou entourés des animaux de la Création, — saint Christophe, — saint Marc,— saint Martin, — saint Georges, à cheval, combattant le dragon, — Jésus-Christ monté sur un âne, — la grappe de raisin de la terre promise. Au XVI° siècle, nous remarquons : La Vierge portant l'Enfant Jésus, — N.-D. des Sept-Douleurs, — Un Cep de vigne formé de quatre grappes de raisin et de quatre feuilles, — l’Adoration des Mages, — Saül se jetant sur son épée, — Josué et Galeb, — des sujets de la Fable, — les trois Grâces, ete. — Sur des plats du XVIT* siècle nous trouvons des armoiries, —une tête, — un médaillon avec accompagnement de feuillages, ete.

Les Dinantais n’ont pas été seulement d'habiles batteurs de cuivre, ils se sont également distingués comme fondeurs. La liste de leurs ouvrages, obtenus par le travail de la fonte, est variée; citons d’abord les aquamaniles, les mortiers, les encriers, heurtoirs, figurines, statuettes, etc. Cette industrie, qui a sa place marquée parmi les arts industriels, a produit, pour les

églises, divers instruments du culte, de grands chandeliers de cierge pascal, des candélabres, des tabernacles, des lutrins à pupitre d’aigle ou de pélican, des fonts de baptème, des grilles et même des tombeaux, décorés de toutes sortes d’ornements et de personnages en relief.

L'aquamanile est une espèce d'aiguière représentant un animal véritable ou chimérique, tel qu'un lion, un cheval, un chien, un chat, un coq, une sirène. D'un usage journalier, au moyen âge, ce vase recevait l’eau dont se servaient les grands seigneurs, pour se laver les mains, avant de se mettre à table. Les mortiers offrent un intérêt particulier; la plupart sont signés et datés. Au XVI° siècle, ils offrent des frises, ornées d’animaux fantastiques, de griffons, de dragons ailés, de têtes de bœuf ou de bélier, de fleurs, de satyres, de sirènes, de figures de saints, etc. Les flambeaux à usage domestique ont volontiers l'aspect d'un personnage en pied, aux bras étendus pour supporter le Iluminaire. La branche porte-lumière figure Adam, Eve, un lansquenet, un ribaud, une ribaude, un page ceint d’un baudrier, un faune, un satyre, etc.

La ville de Dinant, établie sur la rive droite de la Meuse, n'eut pas le monopole de l'industrie du cuivre œuvré. Bouvignes, située en face, sur la rive gauche du fleuve, lui fit, dès Le XITTE° siècle, une active concurrence, et bientôt une rivalité haineuse s'établit entre les deux cités. De sanglants conflits amenèrent la destruction de Dinant, par Philippe le Bon, contre l'autorité duquel elle s'était révoltée. La ville, bientôt reconstruite, eut à subir un nouveau sac, en 1554, de Jean, duc de Nevers. Malgré bien des vicissitudes, le commerce des Dinantais ne fut pas anéantüi; il se releva et redevint florissant.

Bouvignes connut à son tour l’inconstance de la Fortune et fut réduite en cendres par les armées de Henri Il, roi de France. Au XIV° siècle, des batteurs et fondeurs de cuivre, originaires de Dinant et de Bouvignes, appelés à Bruxelles, à Louvain, à Malines, à Tongres, fabriquaient des ouvrages remarquables. Ce commerce s’étendit à Huy, à Malines, à Middelbourg, à Namur.

Jean Josès, de Dinant, à fait pour l’église Notre-Dame de Tongres, en 1372, le lutrin et le chandelier pascal, qu'on y admire encore aujourd'hui. Nicolas-Joseph exécuta, de 1386 à 4392, pour le compte de Philippe le Hardi, un grand nombre d'objets destinés aux couvents de la Bourgogne et notamment à celui des Chartreux de Dijon. L'église de Saint-Ghislain possède un chandelier pascal en laiton sur lequel se trouve l'inscription : + Chest Estaphiel et l'image ensy qu'il est donna cheens demi-

selle Marie Follete vesve de feu Jehan Gervais en l'an MIIIJC XLII (1442) priez por leurs ames. La signature du maitre fondeur Le Fèvre se trouve sur le pied: + Che Lestaphiel fist Willaume Le Feure fondeur de laitton à Tournay. Un rafraichissoir en cuivre, orné de quatre médaillons d'empereurs romains, appartenant à la Société archéologique de Namur, est signé : à Dinant, par Dusart, 1633.

La France, l'Italie, l'Angleterre et l'Allemagne se distinguèrent aussi dans la fabrication de la chaudronnerie historiée. C’est dans le nord de la France, en Belgique, en Hollande et dans quelques parties de l'Allemagne, que se trouvent les plus belles collections de dinanderies.

Les statuts de la communauté des chaudronniers de Paris, sont antérieurs au règne de Charles VI; ils furent renouvelés par lettres patentes de Charles VIIT, du mois de septembre 1484 et par d’autres de Louis XII, datés de 1514. Patrons : Saint Fiacre et saint Maur.

D'après l’Al/manach Dauphin, voici quelques-uns des maîtres chaudronniers les plus réputés à Paris, en 1772.

BRESSAN, rue Grenéta, « très renommé pour les cafetières du Levant. »

DrouvauLr, rue d'Orléans, « fait, vend et tient magasin considérable de batterie de cuisine dont il fait envoi dans les pays étrangers, fournit le camp de Compiègne et Fêtes extraordinaires, de batterie de cuisine à loyer, soit par jour, soit par mois ou à la pièce. »

Gaucué, rue Sainte-Marguerite, chaudronnier des Menus- Plaisirs du Roi.

GUILBAUT, rue de Bourbon, « un des plus fameux, fait, vend et tient magasin de toutes sortes de batteries de cuisine qu'il loue pour noces et fêtes extraordinaires, au jour, au mois ou à la pièce. »

FATERNOT, rue des Blancs-Manteaux, « fait toutes sortes de batteries de cuisine, et est particulièrement renommé pour les moules de pâtisserie, tels que des bonnets à la Turque, tortues, cornichons, asperges, raisins, melons, etc. Il fait aussi des cuveltes à coquille, fonts baptismaux, lampes d'église et coqs de clocher. »

MM. ARTAUD (Bourges), — GEORGES BAL (Paris), coquemars, fontaines, bassins, plats du XIVe au XVIe s. Plats circulaires à godrons en

cuivre jaune repoussé, figurant au milieu l'Annonciation, Hercule étouffant le lion, etc. — J.-A. BAMEPS (Belsique), flambeaux, piats, mortiers, aiguières, figurines. — GERM. BAPST (Paris), plats, bassins, aiguières. — BASILE WSKI (Paris), collection hors ligne. — LOUIS BERTRAND (Paris), variétés, — E. BLIGNY (Paris), flambeaux du XIIes., David domptant le lion. Plats repoussés, Christ, saints et saintes. Mortier d'église, à encens,avec l'inscription : Santa Maria, ora pro nobis, XVe s. Sur un seau à eau bénite: Ave Maria gratia plena, XVes. Surun autre, du XVIes. Legevinus Hatileren me fecit anno Domini, 1518. Enseigne de charcutier : Tête de porc, en bronze de cloche. — EDM. BONNAFFÉ (Paris), Adam et Eve, statuettes . Plats, aiguières, brasero à bordure de feuillages, etc.

M. CHABRIÈRE-ARLES (Lyon), variétés. — Gte DU CHASTEL DE LA HOWARDRIES (Belg.), mortiers, divers. — CGOGLS (Belg.), plus de vingt-cinq plats en cuivre repoussé des XVe et XVIe s,.

A. DESMOTTES (Paris), plats de corporation, bassins d’offrande, sur l’un : l’'Annonciation. Série de flambeaux à personnages, du XIIe au XVF s., chandeliers, flambeaux, plaques. — EDM. DE DEYN (Belg.), mortiers, divers. — JULES DUBOST (Belg.). —JULES FRÉSART (Bele.),statuettes, chandeliers, lavabos d'église. Nombreuse collection de mortiers du XVIe au XVII s., la plupart signés et datés.

MAURICE GAUTIER (Paris), divers. — GOLDSCHMIDT (Paris), raretés. — Mise DE GRIMALDI (Paris), divers. Sur un grand plateau daté de 1607, Samson tuant le lion. — Vor GAY (Paris), mesures, seau aux armes de la Comté de Nevers. Série de chandeliers du XIe au XVI s.; porte-flambeau roulant, en forme de nef.

V. HERMANS (Belg.), plateau d'honneur de la ville de Ruhrrord, XVe s.; plats de la même époque représentant : l'Annonciation, le Paradis terrestre, etc. Plaques figurant la Vierge et l'Enfant Jésus; le Christ avec un ange qui tient une coupe pour recevoir le sang de N.-S.

L. JANSSENS [(Belg.), variétés. — Mr JUBINAL DE SAINT- ALBIN (Paris), aquamaniles en forme de lion du XIIIe au XVe s. Chandeliers à personnages, instruments de cuisine, cache-feu, plats repoussés, très coquet jeu-de-feu en cuivre, composé de sept pièces.

J.-A. LABET (Bordeaux), chandeliers, plats d'offrande repoussés, etc. LAFITTE (Paris), collection de mouchettes des XVITe et XVIIIe s. — LE BLONDEL (?.— LETELLIER (Paris), divers. — LOUVRIER DE LAJOLAIS (Paris), plats à ombilic, du XVe s.; marmite Henri IH, fleurdelisée ; plats; fontaine-applique.

MAILLET DU BOULLAY (Paris), plats du XVe s. à écussons émaillés. Vasque ronde à anse, aux armes des Doria, couverte d’arabesques et sujets divers, à personnages, — MAITRE (Paris), divers. — A.-M.-S., grande cuisine remplie de faiences populaires françaises et de dinanderies variées, du XVe au XVIII s. — DE MONTÉGUT (?), dinanderie du moyen âge el de la Renaissance.

NADAR (Paris), nombreux plats et bassins repoussés, des XVIe et XVII s. — AUG. OZENFANT (Lille), divers. Plaques repoussées dont upe, l'Adoration des Mages, signée : V. N. V., 1598.

AUG. PICARD (Paris). — H. PIERLOT (Belg.), plats, paniers de marché, cages, bassinoires, girandoles, rafraichissoirs, bouilloires, bénitiers, lanterne du «mayeur » de Dinant, au XVIIe s. — PIERLOT (Bels.). — JOHN PINSON (Belg.), mortiers. — Bo L. DE PITTEURS- HIEGAERTS D'ORDANGE (Belg.), collection hors ligne, offrant en uombre considérable des dinanderies de toutes sortes; parmi les grands

plats et bassins en laiton, nous remarquons les sujets suivants : Adam et Eve dans le paradis terrestre ; l'Adoration des Mages ; la Grappe d’abondance ; Jésus monté sur un âne ; les douze Apôtres ; l’Agneau portant une bannière ; l'Enfant Jésus, au centre d’un cœur rayonnant ; Samson, terrassant le lion ; la légende du sire de Rochefort ou de Gilles de Chin. — ED. POUVREAU (Bordeaux), bénitiers, lanternes, boîtes, mouchettes, plats, plaques, bassinoires. — Mne POVIS DE TENBOSSCHE (Belg.), mortiers, candélabres, chaufferettes, chauffe-manchon,

GUST. DE SAVOYE (Belg.),chasse-feu, landiers, jeu-de-feu, en cuivre, avec bouilloire, composé de sept pièces. Plats, rafraîchissoirs, chandeliers. — SPITZER (Paris), dinanderie moyen âge et Renaissance. Raretés, — TH. STROBANTS (Belg.), plats, réchaud, applique porte-lumière, chaufferette, panier de marché, plaques, rafraichissoirs.

VAN DEN CORPUT (Belg.), petit lutrin en cuivre fondu, XVI s.; mortiers, plats, réchauds, plateaux, bougeoirs, rafraîchissoirs. — VAN HEDDEGHEM (Paris). — VAN DER KELLEN (Pays-Bas), collection nombreuse et variée. — J., VAN DE VELDE (Bels.), divers. — GUST. VERMEERSCH (Belg.), aquamaniles, lavabo d'église ; chandeliers d’autel et autres porte-lumière, hraseros, lanternes, mortiers; plats et bassins d'offrande, du XVe au XVIIe s., représentant, au repoussé, l'Annonciation, la Grappe de raisin de la terre promise, Adam et Êve, saint Georges et autres sujets religieux. — JULES DE VICQ Lille), grands plats en laiton repoussé, figurant la Grappe d’abondance; le Sacrifice d'Abraham; Albert et Isabelle vénérant la sainte Vierge; etc.— Bou DE VINCK (Brux.), environ cinquante mortiers du XVIe au XVIIESs., le plus grand nombre daté et signé. — B DE VINCK DE DEUX-ORP (Belg.), collection considérable ; lampadaires, aquamaniles, plats, bassins, fontaines, figurines en fonte de cuivre, etc., du XVe au XVIIIe s.

WASSET (Paris), pièces diverses.

Csse D'Y VON (Paris), bassins, chandeliers, raretés diverses.

Bras d'applique ciselés par Gouthière.

Coil. de M. de Montgermon.

Depuis l'apogée du règne de Louis XIV jusqu’à la fin du règne de Napoléon [®r, le goût de la ciselure fut très répandu, surtout en France, et enfanta des merveilles. Get art s’éleva, sous Louis XVI, à son plus haut degré de perfection. Les vases de marbre, de jaspe, de granit, de porphyre; les porcelaines de Chine, du Japon, de Sèvres, de Saxe, furent garnis de bronze d'unriche travail. Les pendules, les cartels, les girandoles, les bras d’applique, les lustres et lampadaires, les trépieds, les feux, les garnitures de meubles, souvent traités avec une rare maestria, se transformèrent en œuvres d'art. Les collectionneurs se disputent chaudement ces précieux ouvrages, si dignes d’être recherchés ; nous passerons en revue leurs auteurs, dont les plus célèbres sont les Caffiéri, Gallien, Gobért, Martincourt, Forestier, Duplessis. Prieur et le fameux Gouthière, le plus illustre de

tous, Ge sont les ouvrages de ces maitres qui donnent aux meubles d'ébénisterie un si grand prix. Un meuble, fûüt-il signé Oeben ou Riesener, s’il est privé de ses bronzes primitifs, perdra presque toute sa valeur. Dans ces derniers temps, l’ardeur de certains curieux à fait monter les prix bien au-delà de ce qu’on avait vu jusqu'alors. Deux meubles superbement ciselés par Gouthière, viennent d'atteindre chacun, à la vente Hamilton, le chiffre de

245,700 fr.

AZE, « renommé pour les garnitures de porcelaines et autres vases précieux », florissait en 1777. (Almanach Dauphin.)

BerNaRp, « fondeur-ciseleur pour l'horlogerie », florissait en 4711, (#d.)

BERRURIER, « fondeur et acheveur », exerçait à Paris, dans le même temps.

Carriér, Philippe I#, appelé en France vers 1660, taillait au besoin la pierre et le marbre; il ciselait aussi le bronze avec talent, mais il était surtout sculpteur en bois.

CAFrIÉRI, Jacques, fils de Philippe [°° (1678-1755), était « fondeur-cizeleur des bâtiments du Roy. » Il fit pour Versailles, Marly, Choisy, La Muette et Compiègne, de beaux travaux de cuivre et de bronze doré. Ses ouvrages, de style Louis XV, tels que feux, bras, cartels, garnitures de meubles, etc., d’un faire gras et large, le placent parmi les plus éminents fondeurs-ciseleurs de son temps. Il a rarement employé la figure comme motif de décoration (Voir Jal et l'ouvrage de M. Jules Guiffrey : Les Caffiéri, sculpteurs et fondeurs-ciseleurs, Paris, 1877). Les plus beaux meubles de Cressent étaient enrichis de bronzes dorés et ciselés par Jacques Caffiéri.

En 1742, Louis XV offrit au sultan Mahmoud I°, deux magnifiques miroirs de 45 pieds de haut sur 8 de large et dont les bordures représentaient les attributs de l’empire ottoman, des trophées d'armes et les richesses de la mer. « Ces différentes glaces ont été fournies par la manufacture royale. Les bordures et les ornements en bronze doré d’or moulu, ont été fondues et exécutées par le sieur Caffiéri, sur les dessins et sous la direction de M. Gabriel, premier architecte du Roy, et montant ensemble à 24,982 liv. » (Arch. du Min. des Aff. Étr., 24e Registre des Présents du Roy.) Jacques Caffiéri avait alors 64 ans; son fils, Philippe IT, qui travaillait avec lui, en avait 28. On peut en induire que ces riches miroirs sont l'œuvre commune des deux arlistes.

CaArFIÉR, Philippe IT, fils de Jacques (1744 - 1774), fut encore supérieur à son père et obtint de son vivant une grande réputation. Les almanachs et les anciens catalogues n’ont qu'une voix pour vanter son talent. Il a collaboré aux beaux meubles des Crescent père et fils et d'Oeben, le maître et prédécesseur de Riesener. Bien que notre artiste soit mort la même année que Louis XV, bon nombre de ses derniers ouvrages sont du style qu’on nomme Louis XVI et qui commence en réalité vers 1760. Philippe II fit pour Notre-Dame six grands chandeliers, des croix, des torchères en bronze ciselé et en couleur. Il cisela aussi pour la cathédrale de Bayeux six chandeliers et une croix de bronze qui suffiraient à établir sa réputation. Derrière le pied de la croix,

on lit: /nventé et exécuté par Philippe Caffierr l'ainé, ATTA. Doré par moi, Pierre-François Carpentier, à Paris, en ATTA. (J. Guiffrey.)

Pendant longtemps, il a travaillé avec son père pour les châteaux royaux, les grands ébénistes et les riches amateurs, et jusqu’en 1755, les ouvrages du fils se confondent avec ceux du père. Les cuivres du magnifique bureau Louis XV placé dans la grande salle des dessins français, au Louvre, sont de Philippe I Caffiéri. Celui-ci est le frère du sculpteur Jean-Jacques Caffiéri, reçu à l’Académie en 1759, et auteur de jolis bustes qu’on admire au foyer de la Comédie-Francçaise. Quelques bons morceaux du second Philippe Caffiéri, sont signés en toutes lettres. Les marchands lui attribuent, sans preuve, un poinçon offrant un G couronné. Par malheur, cette marque se rencontre sur de vulgaires petites pièces, à peine ébarbées. Les signatures, qui donnent aux bons ouvrages un attrait de plus, cessent d’être intéressantes sur des œuvres sans valeur.

Vente Randon de Boisset, 1777. — Une paire de bras à trois branches, ornées de festons de guirlandes à feuilles de laurier dorées, et réunis par un nœud de rubans couleur de bronze. 2,600 liv.

Vente San Donato, 1880. — Magnifique cartel de Philippe IT Caffiéri, en bronze doré, formé d'un riche enlacement de branches de laurier avec de larges rinceaux, et couronné de fleurs. Cadran signé : J. Leroy, à Paris. 10,300 liv.

CHARITÉ, « ciseleur releveur » était réputé en 1777, pour les ornements et armoiries d’équipages, casques et plaques de gibernes.

CLopion (Micuez, Claude, dit), auteur de délicieuses terres cuites, a donné aux bronziers quelques beaux modèles.

Vente San Donato, 1880. — Une paire de candélabres ciselés par Gouthière et composés par Clodion. Chaque candélabre représente une bacchante en bronze, d’une très belle patine, avec draperie dorée et tenant un thyrse à trois lumières. 37,000 fr. Une paire de bras à deux Jumières, modelés par Clodion. Délicieuse figure de jeune femme, debout, les jambes croisées, appuyée contre un thyrse. 8,000 fr.

COLSON était cité en 1777 « pour les feux d'appartement et tout ce qui concerne l'orfèvrerie. »

Gusstr, Dominique, florissait en 1678. Il a fait, pour Louis XIV, de grands cabinets d’ébène enrichis de nombreux ornements en bronze doré, s’élevant à des sommes considérables; nous en parlons à l’Ameublement.

DAGUERRE florissait sous Louis XVI. Quelques beaux ouvrages de ee maître peu connu, figuraient dans le riche hôtel du comte de Vaudreuil, rue de la Chaise, à Paris, et dont Thiéry a déerit les splendeurs. Nous lui empruntons ce passage : « Deux magnifiques girandoles de bronze doré, d'or moulu, en forme de trépieds, avee arabesques et contenant chacune dix bobèches, sont posées sur de belles encoignures de Boulle; ces girandoles, ainsi que les superbes flambeaux que l'on voit dans ce salon, les bras, ete., ont été exécutés par Daguerre... » Plus loin Thiéry s'arrête à une commode de vieux laque. « Les belles girandoles qui sont sur cette commode, dit-il, sont aussi de Daguerre. » (Guide des amateurs et des étrangers voyageurs à Paris, 1787.)

DeBLois, « fondeur en argent », florissait à Paris, en 1777, Il demeurait rue de la Pelleterie.

Derarosse, habile dessinateur ornemaniste, donnait, sous Louis XVI, de beaux modèles pour bras, candélabres, feux, cartels, pendules, etc.

Vente San Donato, 1880. — Grand cartel Louis XVI, en bronze doré. Modèle de Delafosse. Le mouvement est signé : /, Robert et fils à la Chauxdefonds (sic). 5,000 fr. — Une paire de bras à trois lumières, en bronze ciselé et doré, du temps de Louis XVI, exécutés d'après les dessins de Delafosse, Ils offrent une volute, ornée de draperie, surmontée d’un vase à festons de lauriers et retenant trois branches composées de feuillages et de lauriers; la branche centrale est enrichie d’un mascaron, figurant une tête de femme. 5,000 fr. — Une paire de bras de même style, La tige est formée d’une gaîne surmontée d'un vase ovoïde à tôtes de satyres et ornée à la base de deux têtes de boucs; de oette base, partent trois larges branches décorées de feuillages, 3,900 fr.

Desrrez florissait en 1755, Cette même année, il fit pour Louis XV divers travaux de bronze et de ciselure.

DrarRe, « fondeur acheveur des Menus-Plaisirs du Roi », florissait en 1777.

Durcessis, « sculpteur fondeur-ciseleur et doreur du Roi», florissait sous les règnes de Louis XV et de Louis XVI. [1 s’est acquis une grande réputation par ses belles montures de vases, exécutées en argent ou en bronze doré et ciselées dans la perfection, Les riches seigneurs s’adressaient à lui pour garnir ces magnifiques vases d’agate, de porphyre ou de porcelaine, dont ils ornaient leurs hôtels. Lazare-Duvaux, fournisseur du Roi et de Mme de Pompadour, lui confiait ses plus délicats travaux pour cette reine de la main gauche. La marquise s'y connaissait et n'y

regardait pas avec l'argent que lui prodiguait son royal amant; elle voulait des pièces uniques ou tout au moins qu'on ne trouvât que chez elle, et le plus souvent elle faisait faire des modèles pour la moindre de ses fantaisies. Le Livre Journal de Lazare- Duvaux nous en offre divers exemples; nous en citerons deux : « 15 quin 1754, Mie de Pompadour. La garniture en bronze doré d’or moulu de deux urnes de porcelaine céladon, modèles faits exprès par Duplessis. 960 livres. — La garniture en bronze doré d’or moulu d’un vase en hauteur, porcelaine céladon, à tête de bélier, nouveau modèle de Duplessis. 320 livres, » D’autres livraisons de ce genre, sont suivies de ces mots: « dont on a fait les modèles exprès. »

Au mois de janvier 1780, Duplessis expose au Salon de la Correspondance deux vases avec des bouquets d'argent. « Les vases sont de cristal bleu d'Angleterre taillé à facettes, garnis en argent fin; savoir d'une gorge, d'un culot, de deux anses doubles, d’un piédouche et d’un socle. L'un de ces vases contient un bouquet composé d'une fleur de soleil, aussi grande que nature; d’une branche de rosier, portant deux roses et des feuilles; de marguerites avec leurs feuilles; d’une tige de boutons d'argent; d’une fleur de souci et d’anémones, L'autre vase contient une branche de fleurs appelées pelotes de neige, avec des feuilles; une tige de giroflée; une branche de rosier, une rose, un bouton et des feuilles ; des marguerites des champs; des jonquilles doubles; une fleur de narcisse. Ces bouquets ont paru travaillés avec un goût, une légèreté et un soin qui leur ferait toujours une place distinguée dans un appartement magnifiquement décoré. (Vouvelles de la République des Lettres et des Arts.)

Duplessis fut attaché à la manufacture de Sèvres comme modeleur et donna son nom à une forme de vases et d’assiettes. Les comptes de l'usine royale, pour l’année 1783, arrêtés le 4er juin 1785, mentionnent comme payée la somme suivante : « Au sieur Duplessis et à sa veuve, 5,596 L. 10 s. » (Arch. Nat. Sèvres, 0! 2061.)

Foncier, fondeur en argent pour la fourbisserie, florissait

FoREsTIER, Pierre-Auguste (1755 1838), connu avantageusement sous Louis XVI, devint un des plus célèbres bronziers du règne de Napoléon [*, Comme son émule Thomire, il travailla souvent d’après les dessins de Fontaine et de Percier, architectes de l'Empereur.

Les ouvrages exécutés par Forestier, sous le règne de

Louis XVI, ont une bien plus grande valeur que ceux qu'il fit plus tard, au XIX° siècle, Notre observation s'étend aux œuvres des artistes en tous genres, à cheval sur les deux siècles.

Vente San Donato, 1880. — Une paire de bras Louis XVI, à trois lumières, en bronze ciselé et doré. Très beau modèle composé de trois rameaux de pampres reliés par un nœud de ruban. Ils proviennent du palais de Versailles. 4,600 fr. — Deux paires de bras semblables aux précédents. 3,600 fr. et 4,600 fr. — Deux vases en granit oriental, feuilles mortes, de forme semiovoïde, avec monture mobile en bronze doré, de style Louis XVI, supérieurement ciselé par Forestier, composée d'enfants tenant des guirlandes de laurier. Au-dessous, une tête de Borée. Ces magnifiques vases faisaient partie du mobilier de Versailles. 66,000 fr.

Forry, habile dessinateur et ciseleur, composait des modèles qu'il exécutait « en tous genres de bronzes argentés pour l’orfèvrerie». En 1772, dit l'A/manach Dauphin, il demeurait Porte Saint-Denis, au Grand Turc.

GALLIEN, maître fondeur-ciseleur, florissait au milieu du règne de Louis XV. Cet habile artiste, dont le nom figure sur les comptes des Menus-Plaisirs, fit, pour diverses résidences royales, des travaux admirables. En 1755, et non en 1756, comme le dit le duc de Luynes dans ses Mémoires, il livra aux Menus la magnifique pendule du cabinet du Roï, à Versailles, pour laquelle il demanda 6,500 livres. Elle représentait « la France gouvernée par la Sagesse et couronnée par la Victoire, qui accorde sa protection aux Arts. » Gallien fut aussi chargé de fondre et de ciseler la pendule de cheminée de la chambre de S. M., à Fontainebleau. Nous la voyons facturée à 3,500 livres. Les deux pièces furent réglées à 9,000 Liv. (Arch. Nat. 01 2997.)

Le catalogue de la vente Blondel de Gagny mentionne plusieurs pièces ciselées par l'habile artiste : Un poële de cuivre avec mufles de lion et salamandre. Un vase de porphyre « sur un petit pied de vert antique, monté par Gallien, entre deux dauphins de porcelaine céladon montés de même. »

GIRARDOT, « fondeur acheveur pour toute sorte de boucles, chandeliers, breloques » florissait à Paris, en 1777. (Almanach Dauphin.)

GOBERT, « doreur argenteur et ciseleur sur tous métaux » a travaillé comme Gouthière au Pavillon de Luciennes, pour la Du Barry. Il fit aussi de beaux ouvrages pour Versailles, les Tuileries, la Muette et le Luxembourg. Ce maitre, qualifié a doreur » sur les comptes des Menus-Plaisirs, livra, en 1754.

deux pendules, au prix de 4,300 Liv. Deux autres pendules, fournies l’année suivante, sont cotées 5,000 Liv. (Arch. Nat. O1 2995 et 012997.)

GODILLE, « renommé pour ïes garnitures de porcelaine et autres vases précieux », florissait à Paris, en 1777.

GORLIER, « un des plus fameux, pour les ornements d'église et services de table », florissait à Paris, en 1777.

GouTHiÈRE, né vers 1740, ciseleur et doreur du Roi, occupe la première place parmi les plus fameux ciseleurs du XVIII: siècle. Ses travaux, aussi nombreux que variés, comprennent tout ce que l’art le plus raffiné peut demander à un maître de ce genre. La liste de ses diverses fournitures comprend non seulement des garnitures de cheminées, flambeaux, bras, pendules, montures de vases, des lustres, des trépieds, etc., mais encore une foule d'ornements pour meubles d'ébénisterie. C’est à lui que s’adressait Riesener pour obtenir les jolis bronzes dorés au mat, dont il décorait ses secrétaires, ses tables, ses bureaux, ses commodes etses bonheur-du-jour les mieux conditionnés. Gouthière a beaucoup travaillé pour M*° du Barry, à son hôtel de Versailles et surtout à son pavillon de Luciennes; ce fut la cause de sa ruine. En 1793, le montant de ses mémoires s'élevait à 756,000 livres dont il réclama en vain le payement, d'abord à la comtesse et plus tard au Directoire. Après avoir porté l’art de la ciselure à son plus haut degré de perfection, ce maitre par excellence mourut à l’hospice, dans une profonde misère. Presque tous ses ouvrages sont d'un fini précieux; quelques-uns, toutefois, signés de son nom, ne sont pas dignes de lui. On rencontre aussi dans le commerce des bronzes marqués au poinçon : Gouthière, et d’une médiocre exécution; ils seraient l’œuvre, dit-on, d'un parent du grand artiste, établi à Dijon.

Vente San Donato, 1880. Deux bras d'applique du temps de Louis XVI, en bronze ciselé, doré au mat, à trois lumières. Ce modèle, justement célèbre par son extrème élégance, est formé d’enroulements de pampres, rattachés par un nœud à un flambeau surmonté de deux colombes; la branche centrale se termine par une charmante cariatide d'Amour tenant.des deux mains un cœur enflammé. 8,500 fr. — Une paire de bras à trois lumières en bronze ciselé et doré. Modèle composé de fleurs et de rinceaux se reliant à un flambeau avec couronne de fleurs retenue par un nœud de ruban et unie aux trois bras*par de légères chainettes. 4,000 fr. — Une paire de superbes appliques à trois lumières, en bronze doré; à un nœud de rubans reliés à des festons de laurier, est suspendue une lyre sous laquelle se

voient une tête de satyre, un thyrse, un tambourin, des pipeaux, etc. Ces belles appliques proviennent du Grand Trianon. 44,800 fr. — Répétition du modèle précédent. 14,800 fr. — Candélabre à trois lumières en bronze ciselé, doré au mat, offrant un vase ovoïde, élevé sur un trépied à têtes de satvres. (H. 0,39.) 22,000 fr.

Vente Léopold Double, 1881. Une paire de bras en bronze ciselé et doré au mat, à trois lumières, semblable au modèle décrit plus haut, adjugé 8,500 fr. à la vente San Donato. 25,600 fr. Ges bras sont gravés dans l'ouvrage du B°n Ch. Davillier : Le Cabinet du duc d’'Aumont et les amateurs de son temps.

Le prix des ouvrages de Gouthière va dépasser tout ce qu'on a vu jusqu'ici.

Vente Hamilton, 1882. — Deux vases de Sèvres gros bleu superbement montés. 1600 guinées. — Cabinet d'ébène couvert de plaques de laque noir et or, enrichi de cuivres ciselés, par Gouthière; sur le devant, un grand médaillon encadré de guirlandes et ciselé en bas-relief : le sacrifice d'Abraham. 141,960 fr. — Secrétaire en ébène, Louis XVI, couvert de plaques de laque noir et or, enrichi de délicieuses ciselures et portant dans la frise le monogramme de Marie-Antoinette, M.-A., entouré de feuillages de bronze. 245,700 fr. — Commode de laque Louis XVI, ciselée de nœuds et de güirlandes, par le même, et offrant le chiffre de Marie-Antoinette, M. A. entrelacés. 245,700 fr.

GuyaRD, Jean-Baptiste, maître fondeur, ciseleur-doreur, florissait en 1782.

HÉBAN, « fondeur des Menus-Plaisirs du Roï, an des plus fameux pour l'horlogerie», exerçait en 1777.(A/manach Dauphin.)

HéBerT, « fondeur, ciseleur et modeleur pour ornements d'église et autres », florissait à Paris, en 1777. (/4.)

LaiTié, J.-F., sculpteur et ciseleur, exerçait vers la fin du règne de Louis XVI.

L'ÉveILLé, « très habile artiste », florissait en 1777. » (/d.)

Le Fvre florissait à Paris en 1777. Il demeurait rue de [a Ferronnerie. (/d.)

MAERET, graveur et ciseleur sur tous métaux, florissait à Paris en 4769.

MARTINCOURT, sculpteur et ciseleur, exerçait sous Louis XV. Il était membre de l'Académie de S'-Luc et fut le maître de Gouthière. — Notre artiste est l’auteur des deux magnifiques flambeaux de la collection Léopold Double, adjugés 43,300 fr. à la Vente de ce célèbre amateur, en 1881. Ils sont de style LouisX VI, en bronze ciselé, doré au mat, ornés de têtes d'enfants et de

guirlandes de fruits. La base, à ressauts, offre un flambeau accompagné de rinceaux se terminant par les doubles têtes d’aigle de la maison d’Autriche.— Ces flambeaux sont signés audessous : Marlincourt, et ont appartenu à Marie-Antoinette, à laquelle ils furent offerts à l’occasion de son mariage. Il convient de rappeler ici que le style qualifié « Louis XVI », était déjà en faveur environ quinze ans avant la mort du Bien-Aimé.

Massé, Meyer, Nicoz, PONSIGNON, graveurs et ciseleurs sur tous métaux, florissaient à Paris en 1769. (£ssai sur l'Almanach général d'indication d'adresse personnelle.)

Moreau fils, « fondeur et ciseleur pour l'horlogerie », ftorissait à Paris, en 1771.

Osmox», « fondeur racheveur », exerçait en 1772. Ses travaux étaient estimés et méritèrent de figurer dans les résidences royales.

Vente San Donato, 1880. — Belle pendule en bronze doré, par Osmond, dont elle porte la signature, avec cadran et mouvement signés Ch. Dutertre, à Paris; base en bleu turquin, aux armes de France, avec festons de fleurs et de fruits en bronze doré. Le cadran est aussi entouré de festons de fleurs et de fruits en haut relief et surmonté d'un amour couronnant une jeune fille. Gette pendule ornait, au palais de Versailles, l'appartement du comte de Provence, depuis Louis XVIIL. 3,500 lires.

Paire florissait à Paris, en 1777.

PouraIN, « fondeur et mouleur du Roi », florissait à Paris, en 1777. Il demeurait rue Montmartre.

Prieur, Louis, portait sous Louis XVI, le titre de sculpteur ciseleur et doreur du Roi. « Un de ses plus beaux ouvrages est la ciselure de la voiture du sacre. » (Alnanach historique, Paris, 1776.)

RABuT, « ciseleur-doreur » sous Louis XVI, n'était pas un artiste ordinaire. En 1779, il exposa, au Salon de la Correspondance, deux girandoles représentant chacune un groupe de deux bacchantes, aux pieds de deux ceps de vigne chargés de raisins. — « Ces girandoles ont paru très élégantes. Les piédestaux en marbre blane, sur lesquels elles sont posées, présentent des ornements et trophées qui les rendent encore plus riches. Elles se placent aux coins de la cheminée, et les branches des ceps de la vigne, servant à porter les binets, atteignent la hauteur ordinaire des girandoles. Le tout est également remarquable par la belle dorure. »

Raunay, REGNIER, ROUSSELET, STALIN, Roy, graveurs et ciseleurs sur tous métaux, florissaient en 1769.

TuiéBousT, ciseleur du duc de Penthièvre, exerçait en 1776. (Almanach historique.)

SAINT-GERMAIN, fondeur et acheveur, florissait à Paris sous Louis XV. (Almanach général des Marchands, 1772.) Son nom se trouve sur d'intéressantes pièces dont les unes sont à décor rocaille, et d’autres dans le pur style Louis XVI.

Vente San Donato, 1880. — Très belle pendule en bronze finement ciselé et doré, composée d'un groupe figurant l'Enlèvement d'Europe. Elle est signée sur la base, au revers : Saint- Germain. 3,400 lires.

TaomiRE, Pierre-Philippe (1751 + 1843), eut pour maitres Pajou et Houdon. Ce dernier lui confia la reproduction de son Voltaire assis, chef-d'œuvre dont la grande Catherine désirait une copie. Louis XVI employa son talent et lui commanda, entre autres, un service de table commémoratif à l'indépendance des Etats-Unis. — Thomire devint, sous l'Empire, le bronzier en vogue, et fut chargé d'exécuter le berceau du Roi de Rome, offert par la ville de Paris. La couchette, de forme elliptique, est en racine de fresne, et très ornée d’appliques en cuivre doré. Deux bas-reliefs sur les côtés, représentent la Seine et le Tibre, pour personnifier les villes de Paris et de Rome. Sur le dossier, s'élève une Victoire ailée. Ce beau meuble, dessiné par Prud'hon, est au Musée du Mobilier national, après avoir fait partie du Musée des Souverains. — Notre artiste a beaucoup travaillé pour les palais impériaux. Le Mobilier national compte parmi ses richesses de grandes torchères de plus de deux mètres de haut dont les sujets bien connus sont allusifs à la gloire napoléonienne ; ils figurent des génies ailés, ou la Victoire debout sur une sphère terrestre. Nombre de garnitures de cheminées, pendules et candélabres, ont été faites sur ces modèles.

Les bronzes ciselés par Thomire, sous Louis XVI, sont bien plus recherchés que ceux qu'il a faits depuis. Sous le roi martyr, il était déjà très réputé et fit pour la manufacture de Sèvres de superbes montures de vases. Au compte de l’année 1783, arrêté le 4° juin 1785 et présenté à S. M. le 12, nous trouvons cette mention : payé « au s' Thomire. 42,000 Liv. » (Arch. Nat. Sèvres. 012061.) On regrette chez ce maître l'abus des formes antiques ; sans cette persistance, dans un goût qui n’est plus de notre époque, les ouvrages de Thomire atteindraient de très hauts prix, parce que, sous le rapport du dessin et de la ciselure, ils sont irréprochables.

Vente San Donato, 1880. Deux grandes torchères à 18 lumières, en bronze ciselé et doré au mat. Elles sont composées chacune,

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