‹ Le livre des martyrs [microforme]Chapitre 15 sur 27 · marché d’une ville hollandaise · texte numérisé non relu

marché d’une ville hollandaise

On commanda à un ministre de l'église réformée d’être présent à | l'exécution de seize protestants par décapitation, Ce monsieur s'ae-

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quitta de ce triste office avec un grand décorum, les exkorta à la répentance, et leur donna des consolations s'appuyant sur les miséricordes de leur Rédempteur. Aussitôt qu’ils furent décapités le magistrat cria à l’exécuteur, ‘Il vous faut décapiter le ministre ; ilne peut jamais mieux mourir qu'avec de si excellents préceptes dans sa bouche et d'exemples aussi louables devant lui.” Il fut, en conséquence, décapité quoique plusieurs romains catholiques désapprouvèrent cet acte de barbarie.

George Scherter, un ministre à Saltzburg, fut envoyé en prison pour avoir instruit son troupeau dans la vérité de l’Evangile. Pendant qu'il était en prison il écrivit une confession de sa foi : bientôt après il fut décapité, et ensuite brûlé en cendres, Percival, un homme instruit de Louviana, fut assassiné en prison : et Justus Insparg fut décapité pour avoir eu en sa possession les sermons de Luther, Giles Tolleman, un coutelier de Bruxelles, fut arrêté comme protestant, et les moines essayèrent à maintes reprises de l'induire à se retracter. Une fois il eut une bonne chance de s’échapper de prison, mais il n’en profita pas. Quand on lui en demanda la raison, il répondit, “Je ne voudrais pas faire un tel tort à mes gardiens; puisqu'ils devraient répondre de mon absence.” Quand il fut condamné à être brûlé, il remercia Dieu avec ferveur de lui avoir permi:, par le martyre de glorifier son nom. Remarquant à la place de l'exécution une grande quantité de fagots, il désira que la plus grande partie fût donné aux pauvres, disant, ‘ Une petite quantité suffira à me consumer.” L’exécuteur offrit de l’étrangler avant que le feu ne fût allumé, mais il ne voulut point y consentir, lui disant qu'il défiait les flammes ; et, à la vérité, il mourut avec un tel calme qu’il semblait à peine en souffrir,

En Flandre, environ l’an 1543 et 1544 la persécution devint très violente et furieuse, Bon nombre furent condamnés à un emprisonnement perpétual ; mais la plupart furent mis à mort étant pendus, noyés, brûlés, par la torture ou brûlés vifs, Jean de Boscane fut arrêté dans la cité de Anvers. A son procès il déclara courageusement qu’il appartenait à la religion réformée et sur cela il fut immédiate. # ment condamné, Le magistrat, toutefois, avait peur d'exécuter la # sentence publiquement, parce qu'il était universellement respecté 1 pour sa vie inoffensive et sa piété exemplaire, On donna ordre, en ## conséquence, qu'il fût noyé dans la prison, L’exécuteur, le jeta

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dans une grande cuve, maïs Boscane se débattant et levant la tête au-dessus de l’eau, l’exécuteur le poignarda à différentes places jusqu’à ce qu’il mourût. Jean de Buisons fut, environ en même temps, arrêté secrètement. Dans cette ville le nombre de protestants étant grand, et le prisonnier bien respecté, les magistrats, craignant une insurrection, le firent décapiter en prison.

En 1568 on arrêta à Anvers Scoblant, Hues et Coomans. Scoblant fut le premier à subir son procès, persistant dans sa foi il reçut une sentence de mort. A som retour à la prison, il demanda au geôlier de ne permettre à aucun moine de l’approcher ; disant, ‘‘ Ils ne peuvent me faire aucun bien, mais peuvent me déranger beaucoup. J'espère que mon salut est déjà scellé au ciel et que le sang de Christ, auquel je me confie fermement, m'a lavé de mes iniquités. Je vais maintenant ôter ce manteau d'argile pour être revêtu d’une robe de gloire éternelle, J'espère que je serai le dernier martyr de la tyrannie papale, et que le sang déjà versé sera suffisant pour étancher sa soif de cruauté ; que l'église de Christ aura du repos ici, comme ses serviteurs en auront ci-après.”. Le jour de l’exécution il prit congé de ses compagnons prisonniers d’une manière touchante, Au bûcher il répéta avec ferveur la prière dominicale et chanta le 40ème psaume ; alors recommandant son âme à Dieu il termina bientôt son existence terrestre dans les flammes,

Peu de temps après, Hues mourut en prison ; et à cette occasion Cooman donna expression à ses sentiments devant ses amis ainsi : “Je suis maintenant privé de mes amis et de mes compagnons ; Scoblant est mort martyr, Hues est mort par le doigt de Dieu ; cependant je ne suis point seul, j'ai avec moi le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob ; il est ma consolation et il sera ma récompense.” Quand il passa son procès Hues confessa hardiment qu'il était de la religion réformée et il répondit avec une fermeté courageuse à toutes les accusations portées contre lui. “ Mais,” dit le juge, ‘‘ mourrezvous pour la foi que vous professez?” “Jeme suis pas seulement disposé à mourir,” répondit Coomans, “ mais aussi à souffrir ce que la cruauté la plus raffinée peut inventer : après quoi mon âme recevra sa confirmation de Déew lui-même dans l'éternelle gloire.” Etant condamné, il alla joyeusement au lieu de l'exécution et mourut avec une résignation et un courage chrétiens.

iR Histoërs des Martyrs, par Foæe.

Assossination du Prince d'Orange.

P-lthazar Gérard, un bigot catholique romain, pensant avancer si, propre fortune et la cause papale résolut d assassiner le prince d'Orange, S'étant pourvu d'arme 2 feu, il guetta le prince comme Îl passait dans le grand corridor de son palais à dîner et lui demanda un passeport, La princesse d'Orange, observant dans sa voix et sa manière quelque chose de confus et de singulier, demanda qui il était. Le princes lui dit qu il désirait avoir un passeport qu’il lui donnerait sur le fait. Aprés diner, au retour du prix :e et de la princesse dans le corridor, l'assassin, caché derriere l'un des piliers, tira sur le prince ; la balle entra par le cité gauche et passa à travers le droit, blessa l'estomac et les parties vitales. Le prince n'eut que le temps de dire, ‘ Mon Dien ayez pitié de mon âme et de ce pauvre peuple !” et il expira immédiatement.

La mort de ce prince vertueux créa un chagrin universel dans toutes les Provinces Unies. L'assassin fut immédiatement arrèté et condamné à mort : tel était, toutefois, son enthousiasme et son aveuglement qu'il dit froidement: ‘‘Si j'étais libre je ferais la chose de nouveau.”

Dans les différentes parties de Flandre des quantités tombéèrent victimes de la jalousie papiste et de sa cruauté, Dans la ville de Valence, en particulier, cinquante-sept des principaux habitants furent égorgés dans un seul jour, pour avoir refusé d'embrasser les superstitions romaines, outre ceux-là un grand nombre souffrirent dans les prisons jusqu'à ce qu’ils périssent,

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