IV. DE L'ABSOLUTION
T 'absolution est une sentence que le prêtre pro- -^nonce à la place de Dieu, pour remettre au pécheur les péchés qu'il a confessés. Il le fait de la manière que le ferait Jésus-Christ s'il était encore sur la terre; car le prêtre est envoyé par Jésus-Christ, le Fils de Dieu, avec le même pouvoir de remettre les péchés, dont Jésus-Christ luimême fut investi par son Père céleste.
Les prêtres cependant n'ont pas un pouvoir arbitraire pour accorder à leur gré l'absolution dans le sacrement de Pénitence ; mais ils doivent suivre en cela les lois de Dieu et de la Sainte-
SUR LA. PÉNITENCE
Église. Lorsque le prêtre absout un pécheur qui ne veut pas sincèrement se corriger et qui n'est pas disposé comme tout vrai pénitent doit l'être, alors Dieu ne ratifie point l'absolution qu'il donne,
Pourquoi donc quelques chrétiens pressent-ils tant le prêtre , de leur accorder l'absolution? Pourquoi le tourmentent-ils pour une absolution qui ne peut tourner qu'à leur préjudice? pourquoi se comportent-ils à son égard avec grossièreté et arrogance , cherchant ensuite à le décrier partout s'il leur diffère l'absolution ? Ces langues calomniatrices font assez connaître, à leur honte^ leurs mauvaises dispositions , mais le prêtre, ira-t-il pour leur plaire transgresser les règles que lui prescrivent Dieu et la sainte Eglise ? Devrait il se damner éternellement avec son pénitent? à quoi peut servir l'absolution, quand elle est désavouée de Dieu? Ces hommes se procurent donc une vaine et fausse sécurité plus à craindre mille fois que toute autre inquiétude.
Quels sont ceux qui sont indignes de recevoir l'absolution sacramentelle?
1 . Ceux qui vivent dans l'habitude d'un péché mortel, p. ex. de l'ivrognerie, de l'impureté, du blasphème, de la transgression du précepte du jeûne ou de la sanctification du Dimanche etc. — L'absolution est le prix du sang de Jésus-Christ ! La sainte Communion est ce que la religion a de plus grand et de plus sacré. Un homme donc qui vit depuis plusieurs années dans une mauvaise habitude, qui déjà a été averti plusieurs fois, est-il sincèrement disposé à se convertir, et le prêtre est-il obligé de lui ajouter foi sur le champ, lorsqu'il se présente au tribunal sacré par habitude
ou bien au temps de Pâques, pour apaiser faussement les remords de sa conscience , en faisant de belles promesses qui sortent plutôt de la bouche que du cœur ? En vérité , dans un cas p areil il faudrait des signes extraordinaires de repentir dans le pécheur, pour que le prêtre osât faire une exception.
2. Ceux qui ne veulent pas éviter l'occasion prochaine du péché, comme p. ex. ceux qui ont un commerce dangereux et criminel avec des personnes d'un autre sexe, ou demeurent avec elles dans la même maison au grand détriment de leur àme, ou ceux qui permettent à d'autres de pareilles occasions qu'ils pourraient cependant et devraient empêcher; ou ceux qui, malgré des remontrances réitérées, lisent des livres et des journaux pernicieux, mauvais, qui les procurent à d'autres par l'appât du gain ou par une fausse amitié ; en outre ceux qui ne veulent pas s'abstenir de fréquenter ou de permettre des réunions où l'on parle contre la religion et les bonnes mœurs ; il en est de même des femmes qui nonobstant toutes les représentations sont pour les autres une occasion de péché par leur mise immodeste, indécente ; et aussi des hôteliers qui au temps des offices divins et en les négligeant euxmêmes, tolèrent des réunions au-delà du temps permis, bien avant dans la nuit.
3. Ceux qui ne veulent pas réparer le tort qu'ils ont fait au prochain, soit dans son corps, soit dans son âme, soit dans ses biens, soit dans sa réputation , ainsi que ceux qui pouvant payer leurs dettes ne veulent pas les acquitter.