EXAMEN SUR LES DEVOIRS D'ÉTAT
Si vous êtes supérieur, demandez -vous à votesmême :
Ai-je pris soin des nécessités temporelles de mes subordonnés?
Ne leur ai-je point nui par méchanceté ou par négligence ?
Ai-je eu soin du salut de leur âme?
Ai-je veillé sur leurs mœurs et leur conduite?
Ai-je tâché d'éloigner d'eux ce qui pouvait donner lieu au désordre, à la dissolution; où à la séduction ?
Ai-je puni leurs fautes et récompensé leur vertu?
N'ai-je point blessé la justice ou la charité dans l'exercice de mon emploi?
Ai-je pris la défense des pauvres et des innocents ?
N'ai-je point opprimé les pauvres, les veuves et les orphelins?
N'ai-je point défendu et secondé les méchants?
2. Si vous êtes subordonné, interrogez vous ainsi: Ai-je été obéissant à mon supérieur?
Ne me suis-je point prêté à des services criminels?
Ai-je rendu à mes supérieurs l'honneur qui leur était dû?
N'ai-je point murmuré contre eux? ne les ai -je point jugés témérairement? ne les ai-je point diffamés ou n'ai-je point indisposé contre eux d'autres personnes?
Leur ai-je payé les rentes que je leur devais ou d'autres dettes légitimes?
3. Si vous êtes père et mère de famille demandez vous à vous-même:
Ai-je pris un soin convenable de la vie et de la santé de mes enfans?
Ne les ai-je point, dès avant leur naissance, exposés à quelque grand danger?
Ne les ai-je point conservés dans mon lit, tandis ! qu'ils étaient trop jeûnes ou trop âgés, avec danger de les étouffer, ou de leur donner du scandale?
N'ai-je point imprudemment laissé dormir en- ; semble mes enfans parvenus à un certain âge, ou sans qu'ils fussent suffisamment couverts?
SUR LA PÉNITENCE
Ai-je eu soin de leur entretien, de leur nourriture, de leur vêtement, de leur éducation et de leur sort à venir?
Leur ai-je fait apprendre un métier, un art, ou une science pour qu'ils pussent se procurer dans la suite une honnête existence?
N'ai-je point injustement préféré l'un à l'autre?
Ne les ai-je pas contraints d'embrasser un état, pour lequel ils ne se sentaient point de vocation?
Ne les ai-je point injustement empêchés de suivre leur vocation?
Ai-je aussi soigné le salut de leur âme en leur donnant une éducation chrétienne?
N'ai-je point négligé de leur faire conférer à temps le saint Baptême et les autres Sacremens?
Ai-je eu soin de les envoyer à l'école et à l'église?
Les ai-je portés à la piété selon mon pouvoir, et à la fréquentation des sacremens? leur ai-je montré en cela le bon exemple?
Les ai-je punis pour leur bien quand ils l'avaient j mérité?
Ne leur ai-je point donné de scandale par des paroles injurieuses, des emportements ou par d'autres mauvais exemples?
Ne les ai-je point laissé circuler çà et là, pendant toute la journée, sans faire la moindre attention à eux?
Ne leur ai-je point permis de mauvaises compagnies, des jeux pernicieux, des sorties nocturnes, des liaisons suspectes?
Ne les ai-je point maltraités brutalement dans la colère?
Ai-je songé à leur laisser quelque fortune?
4. Les devoirs des en fans envers leurs parens ' ont déjà été traités au quatrième commandement de Dieu,
b. Si vous êtes maître ou maîtresse de la maison, demandez-vous à vous-même:
Ai-je eu soin de me procurer des domestiques pieux ?
Ai-je pris à cœur le salut de leur âme?
Les ai-je fait prier chaque jour et assister aux offices les jours de précepte, entendre la parole de Dieu, fréquenter les Sacremens?
Ne leur ai-je point commandé ou du moins permis de faire le mal?
Ne les ai-je point surchargés d'ouvrage?
Ne leur ai-je point imposé des travaux défendus, les dimanches et les jours de fête?
Ne les ai-je point traités d'une manière dure et hautaine ?
Ne leur ai-je point permis des réunions dangereuses, des sorties nocturnes, des liaisons suspectes et des rendez-vous? N'ai-je point négligé d'avoir l'œil sur eux ou de fermer ma maison la nuit?
Leur ai-je toujours donné la nourriture nécessaire ?
Les ai-je traités charitablement dans leurs maladies?
Ne les ai-je pas renvoyés sans raison avant le temps convenu?
Ne les ai-je point retenus à mon service malgré leur conduite scandaleuse?
Leur ai-je ainsi, qu'aux ouvriers, payé sans retard et selon leurs beoins le salaire qui leur était dû?
N'ai-je point par faiblesse toléré dans ma maison des personnes ou des réunions scandaleuses?
6. Si vous êtes domestique, examinez - vous '• comme il suit :
Ai-je rendu à mes maîtres le respect et l'honneur qui leur étaient dûs?
N'ai-je point parlé mal d'eux?
N'ai-je point révélé leurs fautes?
SUR LA PÉNITENCE
N'ai-je point malicieusement semé la discorde dans leur maison?
Ai-je travaillé fidèlemeut et diligemment pour eux ?
Ne me suis-je point prêté à quelque service criminel, sachant bien qu'il fallait obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes?
Ne leur est-il arrivé aucun tort par ma faute?
N'ai-je rien détourné ou retenu de ce qui leur appartenait sous le faux prétexte de me dédommager de la trop grande modicité de mon salaire?
N'ai-je point souvent retenu pour moi quelque potite chose en faisant des achats pour mes maîtres?
N'ai-je point fait renvoyer sans raison les autres domestiques ?
N'ai-je point tû à mes maîtres les vols ou la mauvaise conduite de leurs autres serviteurs?
N'ai-je pas même fait cause commune avec eux ou pris part à leurs injustices?