‹ Le livre des missionsChapitre 231 sur 232 · AVANT LA STATION · texte numérisé non relu

AVANT LA STATION

'Vf. Nous vous adorons, ô Jésus, et nous vous bénissons.

T^. Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte croix.

APEÈS LA STATION Notre père, etc.

Je vous salue, Marie, etc.

Gloire au Père, etc.

^ Ayez pitié de nous, Seigneur.

Ej. Ayez pitié de nous.

^S". Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles trépassés reposent en paix, 1^. Ainsi soit -il.

Cli. & N. Benziger frères à Einsiedeln. Suisse.

CHEMIN DE LA CROIX

Considérons la soumission admirable de Jésus lorsqu'il reçoit cette injuste sentence, et tâchons de nous bien persuader que ce ne fut pas seulement Pilate qui le condamna, mais nous tous ici présents, et tous les pécheurs de l'univers, qui demandaient sa mort. Disons lui donc, pénétrés de la plus vive douleur: 0 adorable Jésus! puisque ce sont

nos crimes qui nous ont conduit au trépas, faites que nous les détestions de tout notre cœur, afin que notre repentir et notre pénitence nous obtiennent pardon et miséricorde.

Hélas ! sous cette croix pesante, Divin Agneau, vous portez nos péchés:

C'est sur votre chair innocente Que l'amour [bis) les tient attachés.,

S a ne ta mater istud a y as Crueifixi fige plagas Cordi meo valide.

CHEMIN DE LA CROIX

Considérons avec quelle douceur notre divin Maître reçoit sur ses épaules meurtries et ensanglantées le terrible instrument de son supplice. C'est ainsi qu'il veut nous enseigner à porter notre croix , en acceptant avec la plus grande résignation les maux qui nous sont envoyés du ciel, ou qui. nous viennent de la part des créatures.

0 doux Jésus , ce n'était point à vous de porter cette croix y puisque vous étiez innocent; mais à nous, misérables pécheurs , chargés de toutes sortes d'iniquités.

Donnez-nous donc la force de vous imiter, en supportant sans murmure les revers et les disgrâces de cette vie, qui, dans l'ordre de votre providence paternelle, doivent être pour nous l'occasion de satisfaire votre justice, et le moyen d'arriver à la céleste patrie.

0 ciel! le Dieu de la nature

Tombe affaibli sous son cruel fardeau ;

Et sa perfide créature,

Sans pitié (bis) devient son bourreau.

Scinda mater istud agas Crucifixi fige plagas Cordi meo valide.

CHEMIN DE LA CROIX

Considérons Jésus-Christ entré dans la route du Calvaire. Le sang qu'il avait répandu dans la flagellation et le couronnement d'épines Ta tellement affaibli, qu'il tombe sous son pesant fardeau , et ne se relève qu' après les outrages les plus sanglants , qu' il endure sans témoigner aucun sentiment d'indignation. Voi à comment il a voulu expier toutes nos chutes, et nous apprendre à nous relever par les austérités de la pénitence, quand nous avons eu le malheur de tomber dans l'abîme du péché.

0 bon Jésus, tendez-nous une main secourante, au milieu de tant de dangers auxquels nous sommes exposés. Daignez nous fortifier dans nos faiblesses, afin qu'après vous avoir suivi courageusement sur le Calvaire, nous puissions y goûter les fruits délicieux de l'arbre de vie, et devenir éternellement heureux avec vous.

Où allez-vous, divine Mère?

Où allez-vous, Marie? Ah! je frémis Bientôt, sur ce triste Calvaire, Va mourir (bïj) votre aimable Fils.

Sancta mater istud agas Crucifixi fige plagas Cordi meo valide.

CHEMIN DE LA CROIX

Considérons combien il fut douloureux pour ce divin Fils de voir cette mère chérie dans des circonstances si cruelles , et pour Marie de voir son aimable Fils traîné inhumainement par une troupe de scélérats , au milieu d'un peuple innombrable qui le charge d'injures. A cette vue son cœur maternel est percé de mille glaives et est livré à toutes les angoisses. Elle voudrait délivrer notre Sauveur et l'arracher des mains de ses bourreaux, mais elle sait qu'il faut que notre salut s'opère ainsi. Unissant donc le sacrifice de son amour à celui de son Fils, elle partage toutes ses souffrances, et s'attache à lui jusqu'au dernier soupir.

0 Marie, mère de douleur, obtenez -nous cet amour ardent avec lequel vous accompagnâtes Jésus -Christ sur la montagne sainte et cette fermeté que vous lîtes paraître au pied de la croix, afin que nous y demeurions constamment avec vous, et que rien ne puisse jamais nous en séparer.

Puisque c'est moi qui suis coupable, Retirez-vous, faible Cyrénéen; Je veux seul, ô croix adorable, Vous porter (bis) mais en vrai chrétien. Sancta mater istud agas Crucifixi fige plagas Cordi meo valide.

Ch. & N, Benzi^er frères à Einsietleln, Suisse.

CHEMIN DE LA CROIX

Considérons la grande bonté de Jésus-Christ envers nous. S'il permet qu' on l'aide à porter sa croix, ce n'est pas qu'il manque de force, étant celui qui soutient l'univers; mais il veut nous enseigner à unir nos souffrances aux siennes, et à partager avec lui son calice d'amertume.

0 Jésus notre maître vous en avez bu le plus amer, et vous ne nous en avez laissé que la plus petite partie. Ne permettez pas que nous soyons assez ennemis de nous-mêmes pour la refuser. Faites, au contraire, que nous l'acceptions volontier, afin de nous rendre dignes de participer aux torrents de délices dont vous enivrez vos élus dans la terre des vivants.

Seigneur , hélas ! qu'est devenue Votre beauté qui réjouit les Saints?

Faibles mortels à cette vue Serez-vous (bis') endurcis et vains?

Sancta mater istud agas Crucifixi fige plagas Cordi meo valide ■„

CHEMIN DE LA CROIX

Considérons Faction héroïque de cette sainte femme , qui s'avance à travers la foule des soldats pour voir son divin Maître. Elle l'aperçoit tout couvert de crachats, de poussière de sueur et de sang. Un tel spectacle attendrit son âme jusqu'aux larmes, et, son amour la mettant au dessus de toute crainte, elle s'approche de Jésus, essuie ce visage défiguré, cette auguste face qui ravit tous les saints, devant laquelle les anges se couvrent de leurs ailes, ne pouvant en soutenir l'éclat.

0 Jésus, le plus beau des enfants des hommes! en quel état vous a réduit votre amour pour nous! Non, jamais vous n'avez été plus digne de nos adorations et de nos hommages. Nous vous adorons donc; et, prosternés devant votre divine Majesté, nous vous supplions d'oublier toutes nos offenses, et de rendre à notre âme son ancienne beauté, qu'elle a perdue par le péché.

Sous les coups des bourreaux perfides Jésus -Christ tombe une seconde fois, Et ces infâmes déicides Le voudraient {bis") déjà sur la croix.

Sancta mate?" istud agas Crucifixi fige plagas Cordi meo valide.

CHEMIN DE LA CROIX

Considérons l'Homme-Dieu succombant derechef. Contemplons cette sainte victime étendue par terre sous le faix horrible du bois de son sacrifice , exposée de nouveau à la cruauté des soldats et de ses meurtriers. C'est encore pour nous donner des preuves de son amour infini , que Jésus-Christ permet cette seconde chute. 11 veut aussi nous montrer par là que, retombant si souvent dans le péché, nous ne devons néanmoins jamais perdre confiance, mais tout espérer de sa miséricorde, et qu'au milieu des plus grandes afflictions, il ne faut pas se laisser aller au découragement; que la voie du ciel est semée de ronces .et d'épines; que pour être glorifié, il faut auparavant passer parle creuset des souffrances.

0 Jésus , notre force ! préservez-nous de toute rechute, et ne permettez pas que nous ayons le malheur, de rendre inutiles tant de fatigues et de peines que vous avez endurées pour nous délivrer de la mort éternelle.

Ne pleurez point sur mes souffrances; Pleurez sur vous, ô filles d'Israël:

Afin que le Dieu des vengeances Ait pour vous (bis) un cœur paternel,

Sancta mater istvd agas

Crucifixi fige plagas

Cordi meo valide.

CHEMIN DE LA CROIX

Admirons ici la générosité incomparable de Jésus-Christ. 11 oublie, pour ainsi dire, ses propres souffrances, afin de ne s'occuper que de celles des saintes femmes et de leur procurer les consolations dont elles avaient besoin dans le grand abattement où son état déplorable les avait jetées. En leur recommandant de ne point pleurer sur lui, mais plutôt sur elles-mêmes et sur leur perfide patrie, il nous a fait sentir que son cœur serait peu sensible â notre compassion, si nous ne commencions par pleurer nos péchés, qui sont la seule cause de ses douleurs.

0 aimable Jésus, vrai consolateur des âmes affligées, daignez jeter sur nous des regards de tendresse et de miséricorde; faites-nous la grâce de vous accompagner constamment dans le chemin de la croix avec les filles de Jérusalem, afin d'y entendre comme elles des paroles de vie , et d'y jouir constamment de vos inef fables consolations.

Seigneur, vous tombez de faiblesses N'êtes-vous plus le Dieu puissant et fort C'est le péché qui vous oppresse Et conduit {bis) vos pas à la morL Sancta mater istud <<qas Crucifixi fige plagas Cordi meo valide.

CHEMIN DE LA CROIX

Considérons l'adorable Jésus arrivé au sommet du Calvaire, Il jette alors ses regards sur le lieu où il va bientôt être sacrifié à la fureur de ses ennemis. Ce qui l'occupe en ce moment ce sont nos chutes sans fin, et l'inutilité de son sang pour le grand nombre des pécheurs. Cette pensée cruelle le consterne et afflige son tendre cœur plus que tous les supplices qu'il doit encore souffrir. Elle jette son âme dans une profonde tristesse et dans un si cruel abattement, que ses forces venant à lui manquer dans son agonie il se laisse aller la face contre terre !

0 Jésus , victime d'amour , voici donc que vous allez être immolé pour le salut des hommes. Daignez - nous appliquer les mérites de votre sacrifice dans le temps , afin que nous puissions vous offrir celui de nos louanges pendant l'éternité.

Venez et déployez vos ailes, Anges du ciel, sur votre Créateur Voilà ses blessures cruelles Et ce corps {bis) navré de douleur.

Sancta mater ùtud agas Crucifixi fige plagas Çordi meo valide.

Ch. & X. Benziger frères à Einsiedeln. Stiisse.

CHEMIN DE LA CROIX

Considérons combien fat grande la douleur de Jésus-Christ lorsque les bourreaux lui arrachèrent tous ses habits. Toutes les plaies qu'il avait reçues , et qui avaient collé sa robe contre sa chair sacrée, se rouvrirent en ce moment pour lui faire souffrir à la fois tous les tourments de la flagellation. Mais ce qui lui fut encore plus sensible , c'était de se voir exposé tout na à la vue d'une foule immense de spectateurs.

0 Jésus , divin agneau vous voilà donc parvenu au lieu de votre supplice, sans que vous ayez ouvert la bouche pour vous plaindre. Ah ! que votre silence est éloquent et énergique! Avec quelle force ne nous prêche-t-il pas la nécessité de réprimer nos impatiences et nos murmures! Vous vous laissez encore dépouiller de vos vêtements pour expier le malheur que nous avons eu de perdre le don précieux de la grâce. Daignez donc nous le faire recouvrer et nous dépouiller entièrement du vieil homme } afin que nous ne vivions plus que selon les sentitiments de votre cœur adorable.

Que faites-vous , peuple barbare ?

Vous allez donc consommer vos forfaits Ce bois est le lit qu'on prépare A Jésus {bis) pour tant de bienfaits.

Sancta mater istud plagas Crucifixi fige plagas Cordi meo valide.

CHEMIN DE LA CROIX

Considérons Jésus-Christ s' offrant à ses bourreaux pour être crucifié^ et s'étendant lui-même sur l'arbre de la croix. Quel tourment ne dut-ii pas endurer dans le temps que les coups de marteau enfonçaient les clous dans ses pieds et dans ses mains adorables! Alors sa chair se déchire , ses os se froissent , ses nerfs se rompent > ses veines se brisent; le sang coulant à grands flots , épuise ses forces ; et ajoute à de si horribles supplices celui de la soif la plus ardente.

0 péché } maudit péché! c'est toi qui fus la cause de cette mer de douleurs dans laquelle nous contemplons la victime de notre salut! Ah ! chrétiens^ quel excès d'amour! quelle immense charité ! Qu'à cette vue nos cœurs se déchirent et s'embrasent ; qu'ils renoncent à tous les plaisirs de la terre.

Le soleil à ce crime horrible^

Voile l'éclat de son front radieux ,

Et la créature insensible

Ne peut voir (bis) ce spectacle affreux.

Sancta mater ùtud agas Crucifixi fige plagas Cordi meo valide.

CHEMIN DE LA CROIX

Considérons Jésus, le Dieu de toute sainteté, expirant entre deux scélérats , et admirons la douceur et la force de son amour. 11 demande à son Père le pardon de ses bourreaux, il promet sa gloire au bon larron; il recommande sa mère au disciple bien-aimé; il remet son âme entre les mains de son Père; il annonce que tout est consommé, et il expire pour nous. Dans le même instant toutes les créatures publient sa divinité. La nature entière s'attriste et semble vouloir s'anéantir, en voyant expirer son créateur,

Considérez votre Sauveur, voyez l'état où vous l'avez réduit. Il vous pardonne cependant, si votre repentir est sincère; il a ses pieds attachés pour vous attendre, ses bras étendus pour vous recevoir, soncôté ouvert et son cœur blessé pour répandre sur vous toutes ses grâces, sa tête penchée pour vous donner le baiser de paix et de reconciliaion. Accourons tous auprès de sa croix et mourons pour lui, puisqu'il est moi t pour EOûf

Le voilà donc, mère affligée, Ce tendre lils meurtri, sacrifié :

Notre victime est immolée, Votre amour (fo'.y) est crucifié,

Sancta mater istud agas Crucifixi fige pi agas Cordi meo valide.

CHEMIN DE LA CROIX

Considérons la douleur extrême de cette tendre Mère, après la mort de Jésus son divin fils. Elle reçoit ce précieux dépôt entre ses bras : elle contemple son visage pâle, sanglant, défiguré; elle voit ses yeux éteints, sa bouche fermée, son côté ouvert, ses mains et ses pieds percés. Cette vue est pour elle un martyr ineffable et dont Dieu seul peut connaître tout le prix.

0 Marie, c'est nous qui sommes la cause de votre affliction, et ce sont nos péchés qui ont transpercé votre âme en attachant Jésus - Christ à la croix. Daignez , ô Mère de miséricorde ! obtenir notre pardon, et nous permettre d'adorer dans vos bras notre amour crucifié. Imprimez tellement dans nos âmes les douleurs que vous ressentîtes au pied de la croix, que nous n'en perdions jamais le souvenir.

Près de cette tombe chérie,

Je veux mourir de douleur et d'amour.

Pour y puiser une autre vie

Et voler (bis) au divin séjour.

Saricta mater istud agas Crucifixi fige plaças Cor di meo valide.

CHEMIN DE LA CROIX

Voici donc, Jésus, notre rédempteur, voici donc où repose votre corps adorable, le précieux gage de notre salut. Faites que neutre plus grande consolation dans cette vallée de larmes, soit de nous occuper des supplices, de la mort ignominieuse que vous avez endurés pour nous racheter. Et parce que vous n'avez voulu être placé dans un sépulcre nouveau, que pour nous faire connaître que c'était avec un nouveau cœur que nous devons nous rapprocher de vous dans le sacrement de votre amour, daignez - nous purifier de toutes nos taches et nous rendre dignes de nous asseoir souvent à votre sacré banquet. Ensevelissez, dansce même tombeau toutes nos iniquités et nos convoitises , afin que, mourant à nos passions et à toutes les choses d'ici-bas, pour mener avec vous une Die cachée -en Dieu, nous méritions de faire une fin heureuse et de vous contempler à découvert dans la splendeur de votre gloire.

Seigneur dans mon âme attendrie, Gravez les maux qu'on vous a fait souffrir, Et vous, ô divine Marie!

Hâtez-vous {bis) de nous secourir.

Sancta mater istud agas Crucifixi fiye plaças Cordi meo valide.

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