‹ Le livre des peintres de Carel van Mander (volume 2)Chapitre 138 sur 213 · C'est-à-dire, Gérard, fils de Pierre : Gerardus Pétri · texte numérisé non relu

C'est-à-dire, Gérard, fils de Pierre : Gerardus Pétri

4. Jacques Lenartsz n'a point marqué dans l'histoire de l'art.

5. 11 n'est pas question de Gerrit Pietersz, ni de Gérard Sweling, dans les notes de M. A. vander Willigen.

6. Les registres de la gilde de Saint-Luc d'Anvers sont muets sur le séjour du peintre à Anvers. Par contre, M. De Busscher, dans ses Recherches sur les Peintres et les Sculpteurs à Gand, parle très longuement d'un Gérard Pieters, inscrit à la corporation gantoise en iSgo, et dont il n'est plus fait mention après 1600. Ce peintre était venu de Bruges où, effectivement, M. Weale signale sa présence dès l'année 082.

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et, actuellement, il demeure à Amsterdam, où plusieurs œuvres excellentes de son pinceau ont vu le Jour et où il s'est fait la réputation d'un maître. S'il pouvait être admis à se consacrer à quelque grande création qui fût à la hauteur de son génie, on verrait ce que peut enfanter son intelligence. Malheureusement il est obligé de s'en tenir au portrait et à de petites choses dont le mérite est facile à constater chez les particuliers et les amateurs de la ville d'Amsterdam'. Van Mander ajoute ä V Appendice :

« En la présente année 1604 il a livré à la Confrérie de Saint- Sébastien, à Amsterdam, une compagnie dont le capitaine est, je crois, Jean Janssen Carel, œuvre excellente sous le rapport de la ressemblance des physionomies, des ajustements et des accessoires, et qui est bien digne de la place qu'elle occupe dans ce milieu distingué^. Pourtant l'auteur ne se propose pas de s'arrêter en chemin, mais, toujours passionné pour son art, compte bien faire des choses qui le satisfassent mieux. C'est d'un sentiment pareil que tout artiste doit être animé. Trop facilement content de soi, l'on ne progresse plus, on rétrograde, ce qui n'arrive que trop souvent à ceux qui, après avoir fait preuve, dans leur jeunesse, de beaucoup d'ardeur, arrivés à l'âge mûr, tombent dans la présomption et se montrent incapables de faire ce qu'ils faisaient jadis ni de rien produire qui, puisse satisfaire les connaisseurs. »

Il a formé quelques bons élèves : un certain Govert, habile dans le paysage et les figures de petites dimensions-'; un Pierre Lastman, actuellement en Italie et qui promet *,

1. Certaines estampes de Corneille et Theodore Galle portent G. Petr. i>iv., et représentent : la Perversité des hommes avant le Déluge : sic erat in diebiis Noe ; Sainte Cécile, figure en pied ; un Concert champêtre, planche dédie'e à Henri Persyn, secrétaire du comte de Boussu. Le style de ces créations se rapproche de celui de Cornelisz. Nagler assurait d'abord que les planches en question reproduisaient des oeuvres de Pierre De Witte {Candidiis). Dans ses Monogrammistes, il n'hésite plus à les attribuer à Pietersz.

Un portrait d'Ad. Vorstius, professeur à Leyde, a été gravé par P. Pontius d'après Gérard Pétri.

2. Toutes nos recherches pour retrouver la trace de ce tableau ont été vaines, et ceux de nos amis de Hollande qui ont bien voulu nous prêter leur concours à cet effet n'ont pu arriver k un meilleur résultat. Il nous paraît à peine possible que la grande œuvre citée par van Mander ait pu se perdre. On la retrouvera certainement quelque jour.

3. Govert Jansz, qu'il ne faut pas confondre avec Abraham Govaerts, d'Anvers.

Nous voyons deux paysages de lui dans l'inventaire des tableaux appartenant à Rembrandt; ils sont indiqués comme, paysages avec figures.

4. Pierre Lastman, né à Harlem (?) vers i58o et mort vers 1649. (Voir à son sujet : C. Vosmaer,

Corneille Cornelisz a eu encore pour élèves un peintre de Delft surnommé Langen Jan (Jean le Long) ', qui débuta fort bien et mourut jeune; un autre peintre de Delft, Corneille Jacobs, qui est un bon maître-; puis un certain Corneille Engelsen, de Gouda, excellent portraitiste ^.

Il y a encore un Gerrit Nop, de Harlem, qui a été longtemps absent du pays, séjournant à Rome et ailleurs, et dont on annonce maintenant le retour. Il saura, je Tespère, se montrer à la hauteur de l'attente générale''. J'en dirai autant de Zacharie, d'Alkmaar^, et d'autres qui, sans doute, auront beaucoup progressé à l'étranger.

COMMENTAIRE

Corneille de Harlem, car c'est sous ce nom qu'il a passé à la postérité, est, quoi qu'on en dise, un maître intéressant. M. Henry Havard*, tout en le jugeant avec une sévérité légitime, avoue que, « malgré ses défauts, il est difficile de ne pas reconnaître la puissance de ce peintre si étrange, la correction absolue de son dessin, la tinesse de sa touche, que viennent malheureusement atténuer un manque de goût souvent fâcheux et une couleur lourde et parfois conventionnelle ».

Rembrandt, sa vie et ses œuvres, -i" édition, pages 68 et suiv. ; Riegel, Beiträge ^ur niederländischen Kunstgeschichte, tome II, pages 201 et suiv., Berlin, 188-2; Bode, Studien ^ur Geschichte der holländischen Malerei, page IÎ41, Brunswick, i883.) P. Lastman, peintre fort intéressant d'ailleurs, fut le maître de Rembrandt.

1. Il ne faut pas le confondre avec Jan van Bockhorst, que nous voyons franc-maître de Saint-Luc à Anvers, en i633. Van Bleijswijck lui-même, dans son histoire de Delft, se contente de reproduire sur le maître cité par van Mander les indications de celui-ci.

2. Corneille Jacobsz Delft', peintre de natures mortes, frère du célèbre graveur Willem Jacobsz DelfF. 11 naquit en i5-ji et mourut en i()45. (Voir Franken, l'Œuvre de Willem Jacobs^oon Delff, page 8. Amsterdam, 1872.)

3. Cornelis Engelszen Verspronck, élève de van Mander, entré en 1593 dans la gilde de Saint-Luc, à Harlem, mort après 1637. (Voyez vander "Willigen, les Artistes de Harlem, page 3o6.)

4. Il ne semble pas qu'il ait laissé des œuvres marquantes; M. Kramm allait jusqu'à supposer que Nop ne rentra point à Harlem. M. vander 'Willigen [loc. cit., page 202) a trouvé son nom sur les contrôles de la garde civique en 1609, preuve qu'il s'était établi dans sa ville natale.

5. Zacharias Paulusz peignit, en 1620 et en 1627, des portraits de notables pour la ville d'Alkniaai. (Houbraken, Groote Schoitburgh, etc., tome 11, page 56. Amsterdam, 1719.) En lôqS et 1644, il reçut plusieurs élèves : Adrien Jansz. Dekker, Théod. Barentsz, J. J. Regtop . Pieter Jansz. lObreen, Archicf. tome II, page 56.) D'où il faut conclure que Zacharie d'.\lkmaar fut, de son temps, un peintre estimé. Ses peintures sont encore au musée d'Alkmaar. {Nederlandsche Kunstbode, page ()0, article de C. W. Bruinvis, Harlem, 1880; et Riegel, Beiträge :;ur niederländischen Kunstgeschichte, tome l" , page 127.)

h. Histoire de la Peinture liollandaise, page 'io. Paris, 1882.

CORNEILLE CORNELISZ -^bq

De fait, on ne saurait approuver en aucune façon le système de Cornelisz, mais nous tenons ses défauts comme inhérents à son époque et ses violentes exagérations musculaires pour affaire de mode.

Van Mander contribua, pour une bonne part, à fausser les vues du peintre de Harlem et rien, certainement, ne faisait prévoir en i583, à l'époque où Cornelisz peignit son Festin des arquebusiers ' , qu'il arriverait, en cinq ou six ans, et sans môme quitter sa ville natale, aux aberrations du Massacre des Innocents- et des autres pages où il s'inspire de Spranger.

On sait que van Mander arriva à Harlem en i583. « Peu de temps après, dit le biographe de notre auteur, il fit la connaissance de Goltzius et de maître Cornelisz, et ils formèrent à eux trois une académie, dans le but de dessiner d'après nature. Carel les initia à la manière italienne ainsi qu'on le constate par l'Ovide de Golt:iius. » Ce que Ton entendait alors par la « manière italienne », c'était l'exagération musculaire, commencée dès longtemps sous l'influence de Michel-Ange et arrivée à son paroxysme avec Salviati et Spranger.

Goltzius avait donné un joli échantillon de cette manière dans sa grande figure d'Hercule, dite « l'homme musculeux », dont l'anatomie semble étudiée sur un sac de noix. Aussi fut-il très heureux que le peintre se mît en route pour l'Italie précisément à l'époque où cette création venait de voir le jour. La Galathée, de Raphaël, et V Hercule Farnèse, sans être, sous son burin, des modèles de correction, n'en constituent pas moins dans la manière du maître une évolution importante et décisive.

Corneille Cornelisz n'alla jamais en Italie et rien ne vint entraver sa fantaisie outrée, si ce n'est l'âge, car toutes ses créations ne sont pas entachées, dans une égale mesure, de l'exagération qui distingue les œuvres de sa trentième année.

Mort à Harlem, le i i novembre i638, Cornelisz atteignit, par conséquent, sa soixante-seizième année ^. Le musée de Harlem possède de lui un tableau datéde i633, un Christ bénissant les petits enfants [\\° 29) ; nous ignorons s'il existe des œuvres revêtues de dates postérieures, mais le maître travailla fort probablement jusqu'à son dernier jour, car il restait chez lui à l'époque de sa mort un grand nombre de tableaux '. Un point qui ne saurait être douteux, c'est que sa carrière fut des mieux remplies, si tant est que, dans le domaine artistique, la fécondité compte à l'actif des maîtres.

Un fait très digne d'être noté est la position spéciale occupée par Corneille de Harlem dans l'histoire de la peinture aux Pays-Bas. Il est l'unique représentant de l'école qui comptait en Italie et en Allemagne des peintres en vue, peintres que bientôt Rubens devait éclipser. Cornelisz demeure à côté de ce grand maître, comme à côté de Frans Hals et de Rembrandt, — tous plus jeunes que lui, — le continuateur d'un

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