Il naquit à Anvers en 1569 et mourut à Paris en
Sa veuve, Anne Blondeel, vécut Jusqu'en i588 et touchait une pension de la ville de Bruges.
Pierre Fourbus était aussi ingénieur, comme le dit van Mander. Il fut chargé, en 15-8, de dresser un plan de défense de la ville de Bruges et présenta, à ce sujet, un fort savant mémoire dans lequel il tirait parti des ressources de la contrée '.
De même que son père, François Fourbus Taîné se distingua surtout comme portraitiste. Ses pages religieuses ne sont pas communes et se trouvent surtout à Gand. Le triptyque du Christ parmi les docteurs, à l'église de Saint-Bavon, est une œuvre fort curieuse où le peintre a introduit un nombre considérable de portraits d'hommes, d'hommes fameux du xvi-^ siècle : Charles-Quint, Fhilippe II, le duc d'Albe, Viglius, des artistes, entre autres Frans Floris, et entin son père et lui-même-'.
Nous faisons observer, toutefois, que c'est à tort que l'on prête à plusieurs des personnages du tableau les traits de certaines notabilités contemporaines du peintre. Le cardinal Granvelle v manque certainement.
Quelques pages religieuses, parmi lesquelles un retable de vingt panneaux au musée de Gand (n» 95), annoncent peu l'extraordinaire talent de portraitiste de leur auteur. UEvangé liste Saint Mathieu, au musée de Bruxelles [n° 388', est cependant une œuvre vigoureuse et correcte.
Mais aucun éloge n'est au-dessus du mérite déployé par François Fourbus dans ses portraits. D'admirables spécimens le classent au rang des plus grands peintres du genre. Un portrait d'homme à barbe rousse, avec les armoiries de la famille De Smidt, au musée de Bruxelles in" 387), son pendant, attribué à Morone, à l'Académie de Venise lU" i38), les mêmes personnages à l'Académie des Beaux-Arts de Vienne, attribués à Pierre Fourbus (n"* 358 et 36ii'\ les deux merveilleux portraits d'homme et de femme in"* 161 et 162) de la Galerie Liechtenstein, le petit portrait de prélat de la collection Czernin, à Vienne, enhn le portrait dit de Maurice de Nassau, au musée de Festh isalle IX, n" o'i, sont de véritables chefs-d'(ï;uvre.
M. Max Rooses '' a fait observer avec raison que le portrait de la Galerie de Florence, daté de i5qi, et qui figure dans la galerie des portraits d'artistes comme représentant François Fourbus le jeune, peint par lui-même, ne peut être accepté comme tel, par la simple raison que le peintre avait alors vingt-deux ans et que le portrait porte œtatis suce 4g.
Comme François Fourbus l'aîné mourut âgé de trente-cinq ans, et que le portrait est signé Francesco Fourbus, l'artiste représenté ne peut être accepté davantage comme
1. Voir Gilliodts van Severen, Pièces inédites de la Réforme à Briif^es, dans la revue la Flandre, tome III, page 252.
2. \"uir les gravures de l'ensemble dans Kervyn de \'<)lkaersbeke, les Fourbus, et du panneau central dans Taurel, l'Art chrétien, planche XXX'III.
!■>. Il faut remarquer que les superbes effigies d'A. T. Key du musée d'Anvers, date'es de iSyS (n"' 228 et 22g), représentent les portraits de Gilles de Smidt, sa femme et ses enfants; qu'entin le Portrait de femme (n» 233), muse'e de Rotterdam, attribué à Pierre Fourbus, reproduit à son tour les traits de l'épouse de Gilles de Smidt.
4. Geschichte der Malerschule Antwerpens, trad. Reber, page 374. Munich, 1S81.
une effigie du père, peinte parle fils. Ce dernier lui-même n'avait que vingt ans en i5tQ.
Marié deux fois, comme on Ta vu, François Pourhus l'aîné mourut au sein du protestantisme, à ce que nous apprend M. vanden Branden '.
M. Kervyn de Volkaersbeke a cru à tort que Suzanne Floris survécut à son mari. Ce fut la seconde femme du peintre qui devint l'épouse de Hans Jordaens.
Les œuvres de ce dernier sont peu communes et, d'ailleurs, difficiles à déterminer, l'histoire de l'art comptant jusqu'à trois peintres du nom de Hans iJean' Jordaens. Nous signalons, toutefois, comme infiniment remarquable un cabinet à treize compartiments, existant au musée de Dunkerque (n" 217^ et illustrant la Genèse. Le caractère de l'œuvre et la nature des sujets nous ramènent vers l'école hollandaise de la fin du xv!** siècle. On lit à la droite du bas : H. Jordakns. C'est évidemment du même maître que procède le bel Intérieur du Belvédère, à Vienne [n° 941), attribué à Jean Jordaens, d'Anvers, né en iScjS.
François Fourbus le jeune, devenu franc-maître de la gilde de Saint-Luc en iSqi, passa loin du pays la majeure partie de son existence. M. Armand Baschet - a reconstitué d'une façon magistrale la brillante carrière que parcourut Tartiste à dater de la fin du xvi'' siècle''.
Après avoir exécuté des travaux pour les archiducs Albert et Isabelle, travaux dont la trace se retrouve probablement dans le curieux tableau du musée de La Hâve : un Bal à la cour des archiducs m" 207 , et le Portrait de V Infante, à Hampton Court (n" 343, catal. Ernest Law), il devint peintre de la cour de Mantoue et fut chargé successivement de travaux et de missions pour Vincent de Gonzague, et peintre de Marie de Médicis à dater de 161 i ; il a laissé de nombreuses effigies de la reine et de Henri IV, qu'il peignit même après sa mort '. Il mourut à Paris le 19 février 1622 ■\
En parlant de François Pourbus le jeune, M. Kervvn de Volkaersbeke a pu dire que « les princes et les princesses, les grands seigneurs et les intrigants, les maîtresses des rois et les favoris de l'aveugle Fortune, se trouvent parmi ses modèles ». Enumérer tous ses portraits serait une tâche impossible, rectifier toutes les erreurs d'attribution en ce qui concerne ses peintures un travail des plus considérables. On voit de ses portraits attribués à tous les maîtres : allemands, espagnols, italiens surtout.
Un Portrait d'homme, au musée de Parme m" 337), attribué à Alessandro Allori, est certainement de son pinceau. Ses portraits de Marie de Médicis sont nombreux et particulièrement remarquables. Celui du Louvre est d'une célébrité universelle. Celui du musée Pitti dit de Pulsone\ n» 192 du catalogue, n'est pas moins beau, et celui d'Éléonore de Mantoue, attribué au même Pulsone (^Pitti, n" 187), est encore une de ses œuvres.
Peignant tour à tour en petit et en grand, il a laissé de délicieuses effigies de très