I. Tableau perdu
■1. « Les différents tableaux provenant des tirs de la garde civique reposent à l'hôtel de ville ti'.\nisterdam. Quoique ayant étudié avec soin ces tableaux, nous n'en avons rencontré aucun sur lequel se trouve un ketelaer (tambour), ni des personnes ayant une corne à boire en argent. » (De \'ries, apud Taurel, n" i3-i5.)
Nous devons faire observer que dans la Description Iiistoriqiic des œuvres existant à l'hôtel de \ille d'Amsterdam, par le docteur P. Scheltema (Historische Bcschrijiniii:; der Schilderijen van het Stadhuis te Amsterdam, 1879), les n'" 11, 12 et i3 sont des peintures attribuées à Théodore Barentsen. M. De Vries ne tenait pour authentique que le n" 11.
!■!. Sur le tableau de l'hôtel de ville d'Amsterdam, coté 12 de la notice de M. Scheltema, dix-neuf personnages sont réunis. Ils font un repas de poisson. L'œuvre est datée de i5(jü; M. De Vries admettait son authenticité.
4. On a vu, par une note précédente, que ce tableau n'existe pas à l'hôtel de ville d'Amsterdam.
.T. (Euvre perdue. \'an Mander donne la biographie de Pierre Isaacs, qui fut un élève de Corneille Ketel, il la suite de la notice qu'il consacre à .lean van Achen. \"oir ci-aprés, chapitre xxxu.
THÉODORE BARENTSEN 45
Il aimait les champs et ragriculture, bien qu'il ne s'y adonnât point, mais la mer lui plaisait peu, sans quoi il eût volontiers visité Harlem et d'autres villes. Il était, d'autre part, trop corpulent pour aller en carrosse '.
Il y avait encore de lui, à Amsterdam, un Jugement dernier, avec les sept œuvres de miséricorde, resté inachevé, et que l'on voit à l'hôpital '^. Le peintre s'occupait de cette création lorsqu'il mourut en 1592, vers la Pentecôte, âgé de cinquante-huit ans \
La consciencieuse étude consacrée à Théodore Bernards iBarentsenl par M. De Vries a complété, dans la mesure du possible, la notice de van Mander. On ne peut nier que le triptyque de la Nativité de Gouda ne soit une œuvre de mérite, inspirée de fort bons maîtres, sans rappeler en aucune sorte, pourtant, le stvle du Titien. Quant aux portraits de l'hôtel de ville d'Amsterdam, l'ensemble en est curieux et fort intéressant, mais la peinture a souffert et ne peut servir à caractériser un maître. Le musée d'Amsterdam possède un Portrait du duc d'AIbe '' atlribuj également à Théodore Barents, mais c'est une iL'uvre de peu de stvle, alors surtout que Ton songe que S(jn auteur présumé était un élève du Titien, le plus grandiose des portraitistes. Nous en dirons autant du portrait de Vienne.
En somme, le caractère du maître d'Amsterdam ne peut être étudié avec une certitude absolue que dans les estampes nombreuses où ses contemporains retracent des compositions peut-être peintes, mais plus probablement dessinées, car il serait étrange qu'aucun des tableaux reproduits par le burin ne se fût retrouvé jusqu'à ce jour. Il nous suffira de citer le Bal vénitien de Goltzius '■' pour évoquer le souvenir .d'une œuvre remarquable et très sufHsante à donner la mesure du talent de son auteur, alors même que le mérite supérieur d'un Goltzius ne lui viendrait pas en aide.
Pour ce qui concerne les compositions religieuses de Théodore Barents, la prédilection marquée de certains graveurs, tels que les Sadeler, le classe d'emblée à la tête du cortège des maniéristes.
Peintre habile et onctueux, coloriste assez effacé, Théodore Barents est, en somme, une individualité de médiocre relief dans l'école illustrée par Jean Schoorel et qui
1. Ce qui n'est pas continnc par le portrait du maître, comme le fait observer M. De Vries. u. Ce tableau n'existe plus à Amsterdam.
3. Les registres aux inhumations de l'Eglise Neuve d'Amsterdam, compulsés par M. De \'ries, ont fait connaitre que les funérailles de Barents eurent lieu le 26 mai.
4. N" i5. Cette peinture provient du musée national de La Ha}-e.