HANS BOL, DE MALINES
D'après la gravure de Henri Goltzius.
il en était de même du vieux château, qui semblait naître du rocher lui-même. C'était extrêmement joli'.
Le lointain n'était pas moins bien rendu, de même que Teau où venait se réfléchir le rocher, et Ton voyait jusqu'aux plumes détachées des ailes d'Icare par la fonte de la cire, poussées par le vent, aller se poser d'une manière absolument naturelle sur l'eau. Il y avait aussi de beaux avant-plans où un berger gardait son troupeau, et, un peu plus loin, un laboureur à sa charrue, considérant avec stupéfaction ce prodigieux spectacle, comme le porte le récit".
Hans Bol fit beaucoup d'autres paysages de divers genres; j'en ai vu quelques-uns. Les marchands recherchaient ses œuvres et les payaient bien.
Quand la ville de Malines fut lamentablement surprise et pillée par la soldatesque en 1572, il vint à Anvers complètement dépouillé et nu, et y trouva asile chez un ami des arts, originaire de Belle, en Flandre : Antoine Couvreur, qui le rhabilla magnifiquement. Donc, il ne lui manqua rien, grâce à son art, et c'est le cas de dire, comme du sage Bias, qu'il portait sur lui tout son avoirs
Parmi les choses qu'il fit à Anvers, était un livre de toutes sortes de quadrupèdes, d'oiseaux, de poissons, exécutés d'après nature. Cela méritait d'être vu.
Ce fut pendant son séjour à Anvers que Hans Bol, voyant que l'on achetait ses œuvres pour les copier et vendre les copies sous son nom, renonça pour jamais à la peinture sur toile. Il s'adonna dès lors, d'une manière exclusive, à l'exécution des paysages et des petites compositions en miniature, disant : « Qu'ils sifflent dans leurs doigts ceux qui désormais pourront me contrefaire. »
En 1584, il partit d'Anvers par suite des discordes et des fureurs
I. Une gravure in-4" en largeur, par Egide Sadeler, nous redonne ce sujet.
•2. M. De Bruyne, antiquaire à Malines, possède une miniature de Bol répondant complètement à cette description. Elle est date'e de i58o.
3. Inscrit parmi les membres de la gilde de Saint-Luc d'Anvers en 1574, il obtint le droit de bourgeoisie le iß septembre iSyS. Une estampe date'e de iSyy nous donne un échantillon de sa manière de travailler à cette époque. C'est un in-folio représentant la citadelle d'Anvers avec le titre en flamand : Waerachtige contcrfeytinghe, etc., et en français : la vraye pourtraiiure de l'admirable forteresse et citadelle d'Anvers.... par le très expert paintre maître Hans Bol, laquelle.... a esté fidèlement rendue aux estais le i" d'Agoitst, if'/J.
HANS BOL
de Mars, et .s'en alla à Bergen-op-Zoom ; de là, à Dordrecht où il résida une couple d\années ; puis, à Delft; enfin, dans la riche et floris-
ROELANT »JAVERY
A r'te'un v/tinir/- r<1faûrjinau-f Jes atumawc,^ autrn oyfeaui<;e/-hf paulààrs- %s auelfesH Üi(rt,pn( hitrn estim/e^ de tf^ amateuK de la f^ni il iiTnatifJrftLinJris.tf a eftf peintre du l'Empereur Rudolphe feco'id
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ROLAND SAVERY.
Kac-similc de la gravure de J. Meysseiis. d'après A. Willaert.
santé ville d'Amsterdam ' où il fit nombre de belles miniatures, entre autres des vues de la ville, prises du côté de Teau avec les navires, et
I. Le droit de bourgeoisie lui fut conféré k Amsterdam le 4 novembre iSgi. Il ne peut y avoir aucun doute sur l'identité du maître, bien que les registres lui donnent le prénom de Jacques. (Obreen,
du côté de la terre d'une manière très animée, ainsi que des vues de villages. Il gagna ainsi beaucoup d'argent.
On voit encore de lui à Amsterdam, chez M. Jacques Razet, de belles miniatures : un Crucifiement de moyenne grandeur, œuvre approfondie, avec des figures nues et drapées, des chevaux, des fabriques, des lointains; en un mot, un vaste ensemble distribué avec art et fort bien traité.
Il a été fait beaucoup d'estampes d'après ses dessins'.
Hans Bol est mort à Amsterdam le 20 novembre iSgS^.
Il ne contracta qu'un seul mariage et eut pour femme une veuve qui ne lui donna pas d'enfants, mais qui avait un fils de son premier mariage, nommé François Boels, lequel fut élève de Bol et fit de jolis paysages en miniature^. Il mourut peu d'années après son beau-père.
Un autre élève de Bol fut Jacques Savery, de Courtray, qui mourut de la peste à Amsterdam, en 1602^. Ce fut son meilleur élève; il était appliqué au travail et signait ses œuvres comme le fait son frère et élève, Roland Savery, qui n'est point inférieur à son maître^.
Le portrait de Bol a été exécuté en gravure par Goltzius en manière d'épitaphe. Il est très ressemblant et remarquablement bien exécuté®.
Archicf, tome II, page 2~4.) D'autre part, la supposition de M. le docteur Scheltema, l'auteur de la communication à VArchicf, qu'il s'agirait d'un tils de Hans Bol, ne peut tenir, attendu que Bol ne laissa pas d'enfants.
I. Hans Bol compte, en eflet, parmi les peintres Hainands qui ont fourni aux graveurs le plus grand nombre de compositions; il est, de plus, un des maîtres les plus curieux à e'tudier, k cause de la variété très grande de ses compositions. Il parait avoir traité tous les genres avec une égale facilité : figures, paysages, animaux et ornements. Comme représentant de ce dernier genre, M. D. Guilmard l'admet dans son grand ouvrage sur les Maîtres ornemanistes. (Page 485. Paris, 1880.) Graveur k l'eauforte, il a laissé un ensemble remarquable et recherché de planches dont plusieurs retracent les mœurs de son pays avec une finesse et une verve charmantes. M. Philippe vander Kellen les décrit dans son Peintre-Graveur hollandais et ßamand. (Page 85. Utrecht, 1866.)
Les Galle, les Collaert, Goltzius, Crispin de Passe, les Sadeler, Pierre \aiider Hcyden [à Merica), Nicolas De Bruyn, Jérôme Cock ont vulgarisé ses compositions par des planches très intéressantes. Une suite des Quatre Saisons, composée par P. Breughel et Hans Bol (V Automne cl VHiver), est gravée par Pierre k Merica.
■2. Nous hésitons k admettre cette date, par la raison qu'il nous est passé par les mains une magnifique Adoration des bergers, peinte k l'huile sur vélin, signée. en lettres d'or : Hans Bol F. i.^q?. (>ette peinture et une autre sans date, la Résurrection de Jésus-Christ, signée H. Bol F., mesuraient 2(jo millimètres de haut sur 225 de large. Les deux œuvres appartenaient, en juin i883, k M. Meder (.\msler et Ruthardt), de Berlin. Nous n'avons aucune raison de douter de leur authenticité.