‹ Le livre des peintres et graveurs (volume 2)Chapitre 23 sur 41 · I. [tures · texte numérisé non relu

I. [tures

'hostel des Gobelins, pour les manufac- Est conduit par les soins de ce peintre fa-

[meux, Le Brun, dont tous les traits du pinceau

[sont heureux, Et qui prescrit la loy dans les belles peintures.

Pour tous les grands talents le roy l'affectionne. De ce lieu merveilleux il est le conducteur , 11 en est l'économe et le seul directeur, Digne d'estre chéri de l'auguste couronne.

Ne voit-il pas sous luy la main de Vandermeule , Ce peintre si sçavant qui fait voler les darts, Serrer les escadrons sous les grands etendars, Et qui presse les bleds par le fer et la meule ?

Il dépeint les combats et les prises des villes. Bruxelles Ta fait naistre, admirant ses travaux, Et craint en mesme temps de luy voir des rivaux ; Elle en est étonnée, entre tous ses asiles.

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Là, se voit de Moulins , le jeune peintre Sève, Qui le porte si loin avecque le pinceau, Secondant de Gilbert, son frère, le cerveau, D'une manière artiste et qui souvent enlève.

Ouasse, de Paris, est un grand peintre encore, Qui pour les grands desseins se doit faire admirer, Sans que dans sa jeunesse on puisse désirer Chose aucune au sujet de ce qui se colore.

Yvart est jeune aussi; la ville de Boulongne Aura de sa peinture un aussi grand honneur Que pour luy-mesme un jour il croistra son bonheur, Tandis que de son art l'ignorance s'éloigne.

Que Henri Tetelin est un bon peintre encore, Aussi bien que Verdier, tous les deux de Paris ! Bonnemer de Falaize y vaut ainsi son pris ; Par de si bons pinceaux la peinture s'honore.

Anguier a de son nom beaucoup de connoissance, Dans son architecture il donne un agrément Qui porte à son ouvrage un parfait ornement ; De Melun, qui le suit , tempère sa science.

Les graveurs sont ceux-cy, de qui la renommée Ne dit rien au dessus de ce qui leur est dû : L'œuvre de Rousselet est partout entendu , Et l'unique au burin d'une force estimée*

Ce Rousselet, si sage, a d'une vertueuse Une fille et six fils, l'aîné religieux , Les autres, comme luy qui sont ingénieux, Ont une discipline à profiter heureuse.

Audran, Le Clerc de Metz, travaillent a l'eau-forte, Leur poinçon est exquis, l'on en fait de Testât, Le Brun mesme leur donne aussi de son éclat, Et dans ses beaux desseins chacun d'eux se comporte.

Le Fèvre, tappissier, excelle en haute lice; Jean Jans excelle aussi dans un pareil employ, Suivant les grands dessins qu'on a faits pour le roy, Tout le monde admirant un si grand artifice.

Quant à la basse lice, où la règle est plus seure, Deux artistes flaments, de La Croix et Mozin , Qui seuls pourroient fournir un royal magazin , N'y mettroient pas un fil dans sa juste mesure.

Jean-Baptiste Tubi, Cosuau, pour la sculpture, De Rome et de Lyon , excellent en cet art ; Les portraits du dernier ne sont point du hazard, En son œuvre égalant la plus docte peinture.

De Vilers et ses fils sont dans l'orfèvrerie Des hommes achevez ; Alexis Loir, comme eux, De Paris , tous les quatre ont des dessins heureux Meslant à ce qu'ils font une rare industrie.

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Horace et Ferdinand, deux frères de Florence, Lapidaires tous deux, nommez Megliorini, Et leur compatriote, l'ingénieux Branchi, Pour pièces de raport sont merveilleux en France.

Pour la sculpture en bois là sont venus de Rome , D'entre les bons sculpteurs, Philippe Cassieri, Et du mesme pais Dominique Cassi ; Que partout en leur art justement on renomme.

Prou, menuisier du Roy, doit y tenir sa place ; Que la sienne y conserve aussi Bellan, brodeur, Et la sienne Fayette, autre excellent La Fleur. On ne dira jamais que ce soit par audace.

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