‹ Le livre des permutations; petits exercices d'orthographe en texte suiviChapitre 105 sur 174 · LULLI · texte numérisé non relu

LULLI

Lulli avait acquis de grands biens dans sa profession, à laquelle il consacrait tout son temps. Il formait lui-môme ses acteurs et ses musiciens. Son oreille était si flne que, d'un bout à l'autre du théâtre, il distinguait le violon qui jouait faux. Dans la colère que cela lui causait, il brisait l'instrument sur le dos du musicien. La répétition faite, il l'appelait, lui payait

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son instrument plus qu*îl ne valait et remmenait dtner avec lui. 11 était si passionné pour sa mudiqûe, qu*il lui arriva plus d^une fois de dire qu'il aurait fait un mauvais parti à celui qui ne l'aurait pas trouvée bonne. Un jour, il fit jouer pour lui seul un de ses opéras, que le public n'avait pas goûté. Cette singularité fut rapportée au roi, qui jugea que, puisque LuUi trouvait son opéra bon, il devait nécessairement Tétre. L'opéra fut donc exécuté de nouveau, et la cour et la ville changèrent de sentiment : c'était Armide, le chefd'œuvre de Lulli.

Les élèves traduiront cette dictée à la Jiremière personne, en prenant pour titre :

LULLI RACONTE BRlâVEHBNT SA VIE

J'avais acquis de grands biens dans ma profession, à laquelle je consacrais tout mon temps. Je formais moi-même mes acteurs et mes musiciens. Mon oreille était si fine que, d'un bout à l'autre du théâtre je distinguais le violon qui jouait faux. Dans la colère que cela me causait, je brisflis l'instrument sur le dos du musicien. La répétition faite, je l'appelais, )ui payais son instrument plus qu*il ne valait, et l'emmenais dtner avec moi. J'étais si passionné pour ma musique, qu'il m'arriva plus d'une fois de dire que j^aurais fait un mauvais parti à celui qui ne l'aurait pas trouvée bonne. Un jour, je fis jouer pour moi seul un de mes opéras, que le public n'avait pas goûté. Cette singularité fut rapportée au roi, qui jugea que, puisque je trouvais mon opéra bon, il devait nécessairement l'être. L'opéra fut donc exécuté de nouveau, et la cour et la ville changèrent de sentiment : c'était Armide^ mon chefd'^

3d'b7GôogIe

Soizante-diz-neuTième Exercice

GOMMENT L*HOMME A PU ÉTUDIER l'histoire NATURELLE

Gomme la mémoire de Thomme n'est, pour ainsi dire, qu'une méthode, il n*a pu décrire les individus si nombreux que porte le globe à sa surface et dans son sein que par le procédé suivant : il a rapproché ces individus, il en a formé des masses^ et i\ a établi des classifications. Quand il comparait plusieurs individus ensemble, ceux qui lui ont offert les différences les plus sensibles ont été mis à part, et il les a fait servir de types ou de caractères à autant de classes, qu*il ne manquait pas de distinguer par des dénominations particulières ; puis il a entouré chacun de ces individus de tous les êtres qui offraient à ses yeux les plus grands rapports de forme, d'organisation ou d'habitudes. On conçoit que son œil, souvent inhabile à saisir les admirables combinaisons d'une nature immense, lui a fait commettre d'abord bien des erreurs ; mais il a observé de nouveau, il s'est corrigé peu à peu, et il est parvenu à connaître assez la nature pour faire servir la plupart de ses productions à la satisfaction de ses besoins.

Les élèves traduiront cette dictée à la première personne du pluriel, en prenant pour titre :

GOMMENT NOUS AVONS PU CONNAITRE l'histoire NATURELLE

Gomme notre mémoire n'est, pour ainsi dire, qu'une méthode, nous n'avons pu décrire les individus si nombreux que porte le globe à sa surface et dans son sein que par le procédé suivant : nous avons rapproché ces individus, nous en avons formé des masses, et nous

avons établi des classifications. Quand nous comparions plusieurs individus ensemble, ceux qui nous ont offert les dififérences les plus sensibles ont été mis à part, et nous les avons fait servir de types ou de caractères à autant de classes que nous ne manquions point de distinguer par des dénominations particulières; puis nous avons entouré chacun de ces individus de tous les êtres qui offraient à nos yeux les plus grands rapports de forme, d'organisation ou d'habitudes. On conçoit que notre œil, souvent inhabile à saisir les admirables combinaisons d'une nature immense, nous a fait commettre d'abord bien des erreurs ; mais nous avons observé de nouveau, nous nous sommes corHgés peu à peu, et nous sommes parvenus à connaître assez la nature pour faire servir la plupart de ses productions à la satisfaction do nos besoins.

Quatre-vingtième Exercice

AVEUX d'un coupable

J'ai été élevé dans une famille honnête, où je n'ai reçu que de bons conseils et de bons exemples. Malheureusement, j'ai toujours eu peu de goût pour le travail, et ma paresse, que mes parents cherchèrent vainement à corriger, leur causa, dans mon enfance même, de vifs chagrins. Quand j'eus perdu mon père et qu'il fallut gagner ma vie, je ne savais mon état que d'une manière très imparfaite, et je trouvai bien rude l'obligation de subvenir moi-même à tous mes besoins. Des camarades aussi paresseux que moi m'entraînèrent à des dépenses qui dépassaient de beaucoup mes9ioyens; Tattrait du plaisir me fit fermer les yeux, je contractai des dettes, et, quand je me vis forcé de satisfaire aux

réclamations pressantes de mes créanciers, j'eus recours à des moyens déshonnêtes pour me procurer l'argent que mon travail ne pouvait me fournir. J'étouffai les remords de ma conscience, et je me laissai aller sur la pente rapide du vice.

Les élèves traduiront cette dictée à la deuxième personne du pluriel, tout en laissant au singulier les adjectif: ci participes^ en prenant pour titre :

REPROCilES A UN COUPABLE

Vous avez été élevé dans une famille honnête, où vous n'avez reçu que de bons conseils et de bons exemples. Malheureusement, vous avez toujours eu peu de goût pour le travail, et votre paresse, que vos parents cherchèrent vainement à corriger, leur causa, dans votre enfance même, de vifs chagrins. Quand vous eûtes perdu votre père et qu'il fallut gagner votre vie, vous ne saviez votre état que d'une manière très imparfaite, et vous trouvâtes bien rude l'obligation de subvenir vous-mêmes à tous vos besoins. Des camarades aussi paresseux que vous vous entraînèrent à des dépenses qui dépassaient de beaucoup vos moyens; l'attrait du plaisir vous fit fermer les yeux, vous contractâtes des dettes, et quand vous vous vîtes forcé de satisfaire aux réclamations pressantes de voâ créanciers, vous eûtes recours à des moyens déshonnêtes pour vous procurer l'argent que votre travail ne pouvait vous fournir. Vous étouffâtes les remords de votre conscience, et vous vous laissâtes aller sur la pente rapide du vice.

Quatre-vingt-unième Exercice

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