LE BAPTÊME DE DEUX PETITS GARÇONS
M. de Chevérus, cardinal et archevêque de Bordeaux, baptisait un petit garçon tout frais et tout rosé, qui appartenait à une riche famille ; il aperçoit en môme temps dans Téglise un autre petit garçon , mais celuici pauvre, caché sous d'humbles langes, et qu'on tenait timidement à l'écart. U s'avance vers lui : « Approchez, dit-il à ses parents, je veux faire aussi le baptême de l'enfant que Dieu vous envoie. »> Quand cette double cérémonie fut terminée : « Ces deux petits garçons, dit le prélat à ceux qui l'entouraient, sont également grands devant Dieu, destinés à la même gloire éternelle ; mais ils doivent y être conduits par des voies différentes. Celui-ci, favorisé de la fortune, y arrivera par la charité; celui-là, déjà chétif et souffreteux, y arrivera par le travail : le ciel sera ouvert à celui qui souffre parce qu'il aura été patient et laborieux ; à celui qui soulage, parce qu'il aura été bon et compatissant. La vertu de l'un sera d'être généreux, la vertu de l'autre sera d'être reconnaissant; et il faut, ajouta-t-il, qu'ils commencent dès aujourd'hui tous deux à remplir leur destinée. Le petit indigent ne peut pas demander, et son cœur ne connaît pas encore la reconnaissance ; c'est moi qui demanderai et qui serai reconnaissant pour lui. L'opulent ne peut pas donner, et il ne connaît pas encore la générosité; c'est vous qui serez charitables et généreux pour lui. »
M. de Chevérus se mit aussitôt à quêter au nom du second enfant, et la quête fut abondante.
Les élèves traduiront cette dictée au féminiiii sous ce titre :