‹ Le livre des professes [microforme] (volume 3)Chapitre 6 sur 49 · RS · texte numérisé non relu

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er 18 bord qui est si opposé à la gloire de Dieu et

à sa volonté, — séparée au moins par une vo- ,

lonté ferme et expresse de ne commettre aucune faute de propos délibéré, de ne jamais agir contre sa conscience, de ne jamais dire : C'est peu de chose, Dieu me pardonnera bien cette petite faute. Et cependant, malgré cette volonté, elle pourra commettre encore des fautes l'âme religieuse et même hélas! des fautes graves: mais elle éprouvera subitement plus de regrets qu’une autre âme; elle s'humiliera plus profondément, elle se relèvera plus promptement ; et ses fautes qui deviendront de plus en plus rares, la rendront plus précautionnée, plus fidèles à ses devoirs, plus bienveillante pour les autres (1).

(1) Une religieuse peut être dans la perfection nécessaïire pour son salut alors même qu'elle a des défauts de caractère : vivacilé, impalience, mélancolie naturelle, raideur dans les procédés, rudesse dans les manières… ou autres imperfections qui quelquefois la font tomber dans des péchés véniels, pourvu qu’elle travaille habituellement à les corriger, lui sembleraitelle qu’elle n’en vient jamais à bout. ‘“ Ne nous troublons point de nos imperfections, dit saint François de Sales, car notre perfection consiste à les combattre. Ce n’est pas être faible que tomber quelquefois en des péchés véniels, pourvu que nous nous en relevions tout incontinent par un retour de notre âme en Dieu, nous humiliant tout doucement. ?’—Une faute*vénielle de surprise, dit Benoît XIV, n'empêche pas la sainteté. — Les saints peuvent pécher quelquefois; n'est-il pas écrit que le juste lombera sept fois ? mais ils réparent si bien leur faute, qu'il leur a été en quelque sorte pu avantageux de l'avoir commise que d'en avoir

té préservés.

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‘Séparée des occasions du péché. — Quoique appelée par Dieu, la religieuse a gardé toutes les faiblesses de la nature, tous les penchants de son cœur, toutes les habitudes de sa vie passée, et elle sent plus vivement qu’autrefois, avec quelle facilité elle tomberait si elle ne prenait pas garde ; aussi, veille-t-elle, avec paix sans doute, mais avec une minutieuse attention sur ses sens et sur son cœur, Elle s'enferme dans sa règle comme dans une maison qui l'empêche de voir et d'entendre; elle se revêt de sa règle comme d’un vétement qui la met à l'abri de l'influence des exemples ; et la parole puissante qui la retient quand elle se sent entraînée est celle-ci: Dieu ne le veut pas. — Ce n'est pas ma règle.

Séparée du monde, c'est-à-dire des honneurs, des richesses, des jouissances qui lui feraient oublier Dieu. Pour elle, tout honneur sera vraiment une charge qu'elle acceptera sans doute avec soumission, mais qu'elle envisagera seulement comme un moyen nouveau de prouver son dévouement à Dieu.

Séparée des affaires matérielles qui l’éloigneraïent de la pensée habituelle de Dieu.

Elle entend sous le nom d’affaires matérielles, tout travail qui ne lui étant pas imposé par lobéissance n'aurait pour but que de lui procurer à elle ou à sa famille un bien-

‘étre auquei elle a renoncé par son vœu de

pauvreté. Elle entend encore tous ces soins exagérés que demandent la mollesse, la sensuaiité, l'amour des aises, n’accordant à son

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