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doit dire: Je ne puis pas.
. c’est la qualité que donne à tous les chrétiens
le prince des apôtres.
r un pèlerin use des choses en passant : il ne s'attache point à son hôtellerie, —il ne fait pui de dépenses pour l'ameubler et pour
enrichir, sachant bien qu’il la doit quitter dans quelques jours.
Un pèlerin marche toujours et avec activité, alors surtout que les jours sont courts et que les chemins sont mauvais : Mes frères, dit saint Paul, avancez à grands pas dans la perfection, car le temps est court, la mort approche, le soleil se couche et les chemins sont dangereux.
Deuxième degré : être comme un crucifié.
Ur religieux doit être plus qu’un pélerin sur la terre, il doit être un crucifié: ceux qui sont
à Jésus-Christ, dit saint Paul, ont crucifié leur à
chair avec leur vices et leurs méchantes inclinations.
Or, être crucifié, dit saint Bernard, c’est estimer délices ce que le mo:ide appelle croix, c’est estimer croix Ce que le monde appelle délices.
Etre crucifié c'est faire de nécessité vertu et de vertu nécessité.—C'est être attaché si fortement à la volonté de Dieu par les clous de la crainte, de l'espérance et de l'amour, que rien ne puisse jamais nous détacher de son service. A toute proposition qui le détournerait même légèrement de son devoir, le crucifié
| n’acco:
vivre, qui n’a
ns Un pèlerin peut aller où il veut, il peut. avancer ou reculer quand il lui plaît ; un ‘il crucifié est privé de l’usage de ses membres,
fait. il doit rester là où Dieu l’a mis et il doit y our rester avec amour.
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Troisième degré : être comme un mort.
rité, e | que Un religieux doit être plus qu un crucifié;
dit celui qui est en croix voit encore ce qui est | Der- devant lui, il entend ce qu'on dit, il a l'usage oche, À de ses sens.—Un religieux, pour être parfait, reux. À doit être mort à la vie sensuelle.
Or, un mort ne voit plus, n’entend plus, ne savoure plus, ne craint plus, ne désire plus. Si on le frappe, si on l’injurie, si on le meten n sur À pièces, il ne sent point le mal qu’on lui fait, j sont À \ ne s’en offense point.
Certes, il n’est pas possible sur la terre | d’être ainsi insensible, mais il est possible, avec le secours de la grâce et par l'effet de habitude constante, de se mortifier, de lut- | ter contre ses passions, de les réprimer, de n’accorder à ses sens que le nécessaire, de vivre, sous la main de Dieu, comme un mort qui n’a d'autre mouvement que celui qu’on lui donne.
Quatrième degré : être comme enseveli.
Un religieux doit être plus qu'un mort; il doit être comme ensevcli.
Un mort se voit encore; on luiren des
honneurs, on le porte en terre avec pompe:et appareil ; mais une fois enseveli son souvenir s'efface peu à peu, et bientôt il est totalement oublié.
Le religieux, lui aussi, doit en venir au point d’être comme enseveli, c’est-à-dire incon:nu, méprisé, oublié, abandonné. Il doit aimer à vivre sans honneur, sans gloire, sans plaisirs ; non qu'il cherche précisément et directement le mépris et le déshonneur, maïs qu'il l’'accepte avec paix, avec courage, avec constance, avec action de grâces, quand Dieu permet que cette épreuve lui soit réservée.
Cinquième degré : être comme un condamné aux ténèbres.
C’est le dernier degré de la perfection. C’est celui qui nous fait dépendre totalement de Dieu ; celui qui nous fait vivre dans le dénuement complet de toutes choses spirituelles, par un effet spécial de la volonté divine sur nous : point de lumières, point de consolations, point d'appui ;—c'est la privation de la présence sensible de Dieu, c’est l'exil du cœur, c’est quelquefois l'abandon aux puissances de l'enfer.
Nous vous le dirons dans les pages suivantes, chère âme éprouvée, demeurez dans la paix fortement attachée à Dieu qui n’abandonne jamais réellement ses créatures aimées
comme vous l’êtes,— vivez sans défiance, sans
murmure, attendez quelques jours; votra
Sauy du te surre cette celle
PRINCI
et Sauveur est resté trois jours dans les ténèbres nir du tombeau, après est venue pour lui la réent surrection glorieuse : elle viendra pour vous
cette résurrection et elle sera éternelle comme au celle de Jésus-Christ.
onner VIIL je PRINCIPAUX ARTIFICES DU DÉMON POUR DÉTOUR wil NER DE LA PERFECTION.
pns- Les principaux artifices dont se sert le déper- D mon pour nous détourner de la perfection son :
ce 1. Les pieuses indiscrétions dans la conduite. u
Le démon porte les âmes religieuses, avides d'être parfaites, à se livrer aux mortifications ‘est À extraordinaires : ce sont des disciplines ou des cilices en dehors de ce qu’indique ou tolère la règle, —c'est la privation du sommeil pour multiplier ses prières,—c'est un lit qu’on a rendu plus dur ou même raboteux,—c'est /a diminution de la nourriture. Il leur fait éprouver dans ces actes de l'attrait et de la douceur, et empêche qu’elles en parlent à leur directeur sous prétexte qu’elles n’osent pas et, qu'après tout, ce n’est pas nécessaire.
Or, l’empressement et le plaisir qu’elles mettent à ces mortifications en dehors de la règle, les détournent des mortifications plus importantes, résultat de l’accomplissement de leur devoir,--del’attentionàse corriger deleurs défauts, à être douces dans Jeurs paroles, sim-
ples dans leurs actions, obéissantes aux ordres des supérieurs, libres de toute attache à leur Res
i la religieuse ainsi exagérée est d’un tempérament ardent, si elle est po:tée à l’orgueil, cette tentation du démon devient très dangereuse. Elle ne soutiendra pas longtemps ce genre de vie qui n’est réglé ni par la prudence, ni par l'humilité, nisurtout par l’obéissance, et de ce trop qu’elle fait, elle en viendra bientôt au pas assez ; et de cet échafaudage de mortifications organiques ou orgueilleuses, il ne restera qu'un amour-propre irrité ou une paresse qui trouvera fatigant tout genre de travail, ou une faiblesse de santé qui em- : pêchera d'agir.
Prenez garde, méfiez-vous de tout ce qui est fait en dehors de la règle et de tout ce que le démon vous dit de cacher à votre confesseur ou à votre supérieure, quelles que soient les raisons qu’il vous donne !