‹ Le livre des professes [microforme]Chapitre 116 sur 222 · Dieu · texte numérisé non relu

Dieu

Dieu humilie une âme en permettant qu’elle fasse par oubli, par étourderie de caractère,

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par manque de mémoire, par erreur tout à fait involontaire, des fautes extérieures qui tantôt troubleront l’ordre de la communauté, tantôt la mettront en retard, tantôt lui occasionne. ront de réelles désobéissances et cela au vu et au su de tout le monde ; de là nécessairement des reproches eû particulier et en public; de là une réputation de légèreté, de dissipation qui est extérieurement fondée ; de là, petit à petit, le peu de cas qu’on fait de ce qu'elle dit; de là, petit à petit, l'oubli ou même le mépris dans lequel on la laisse.

2 Les supérieurs.

Les supérieurs voyant une religieuse tom.

ber fréquemment dans des fautes extérieures, finiront peu à peu par concevoir d'elle une opinion défavorable. Sans doute les fautes commises par ces religieuses que le bon Dieu veut faire vivre dans l’humiliation sont plus apparentes que réelles ; c’est la volonté seule qui constitue la malice du péché et, chez elles, la volonté est plus attachée à Dieu que jamais, mais les supérieurs ne peuvent juger

que d’après ce qui paraît au-dehors : Dieuk

seul pénètre dans le secret du cœur. De

vient, qu'avec la meilleure intention duk

monde, par une permission toute particulière de Dieu, ils tourmentent cette pauvre âme de toutes les manières, l’accusant tantôt d’illusions, tantôt de mauvaise volonté. Comme ils la croient aveuglée sur ses défauts, ils la

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corrigent âprement, espérant ainsi lui ouvrir

| les yeux; puis voyant que par la rigueur ils

n’aboutissent à rien, ils désespèrent, en quelque sorte, de la guérison d’une personne sur laquelle ils avaient compté autrefois et la traitent comme un étre désormais inutile.

Certes, les supérieurs, qui ont toujours quelque chose de paternel dans le cœur, ne prennent point une résolution aussi extrême sans en éprouver une vive peine ; et c’est pour l'âme éprouvée un surcroît de torture. Elle aime ses supérieurs ; il n’y a pas de sacrifice qu’elle ne fit volontiers pour leur plaire et voilà, elle le sent, qu’elle devient pour eux un sujet de tourment.

Que faire dans une peine si cruelle ? Quand le cœur ne peut plus porter tout seul le poids de ses chagrins, il est naturel d'aller chercher quelque soulagement auprès de ses amis.

Hélas ! par une permission encore toute divine, au lieu de trouver des consolations, on ne rencontre qu'amertume et déception.(1)

(1) Les esprits étroits et orgueilleux surtout, —ils’en trouve quelquefois dans les communautés, — pourraient facilement abuser de ce qui est dit dans ce cha-

à pitre et se croire dans un élal de perfeclion unique-

ment parce qu'ils sont punis par leurs supérieurs ; —

L qu'ils remarquent bien :

1. Que les âmes éprouvées ainsi par Dieu ne voient as dans les gunitions et dans les rebuls, une simple preuve, mais une punition réelle qui leur est due soît

qe leurs fautes actuelles, soit pour leurs fautes pas-

CA 2. Que les supérieurs, en agissant avec rigueur,

Les amis, toujours par une permission divine, se retirent de la pauvre âme que Dieu veut humilier pour l’attirer uniquement à lui. Quelle est la cause de cet abandon? Elle est toute divine; c’est petit à petit qu'il a lieu; elle reste aimante et dévouée la pauvre âme, mais elle devient involontairement un peu pus timide, un peu plus réservée; peut-être

ieu permet quelques légères inconséquences et l'amitié qu’on lui portait se refroidit ; vient l'indifférence, puis l'oubli: quelquefois le soupçon.

‘“ Cette même âme, dit le P. Grou, qui peu de temps auparavant passait pour une sainte, dans toute une communauté, se voit tout à coup mise en suspicion, on perd la bonne opinion qu'on avait d'elle ; on la regarde comme une hypocrite ; ses paroles innocentes sont interprétées en mauvaise part; ses actions les plus saintes sont jugées criminelles; on l’abandonne, on la fuit; ses amis

voient toujours une faute à punir, un caractère à plier, une désobéissance à expier. Dieu peut permettre qu’ils se trompent, qu’ils exagèrent ; Dieu même peut permettre qu'ils agissent par un sentiment d’antipathie, mais l’âme qui subit les conséquences de leur erreur, de leur exagération ou de leur Caractère, si elle esi réellement sainte, souffre en silence, ne se regarde jamais ni comme une viclime, ni comme une de ces dmes d’élile que Dieu fait passer par les épreuves, mais elle s’humilie toujours davantage devant ceux qui la dirigent —Le murmure détruit ordinairement tout le bon effet d’une épreuve.envoyée par Dieu.

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ission & même et ses plus intimes confidents se e Dieu à tournent contre elle.” t à lui. ‘ Ce au est le plus sensible à l’âme priville est E légiée, dit sainte Thérèse, c’est que ses amis \ lieu; E s’éloignent d'elle et sont précisément ceux qui e âme, E tiennent sur son compte les propos les plus im peu à mordants..” Jut-être ‘ Je connaïs une personne, écrit la même juences sainte, et c'est d'elle-même qu'elle parle, qui t; vient Rse vit réduite à appréhender de ne trouver fois le Raucun confesseur qui voulût l’entendre, tant on avait dit de choses contre elle.” | Nous qui serions si heureux de vivre avec qui peu une sainte Thérèse, une sainte Angèle de > sainte, EFoligno, avec un saint Pierre d’Alcantara ou & tout à Eun saint Jean de la Croix, nous ne pouvons a bonne Enous figurer que difficilement l'isolement et regarde Elabandon dans lesquels le bon Dieu a permis ocenties Squ'ils vécussent pendant un certain temps. rt; SeS Oh! si nous avons à souffrir la même peine, s Cr1mM1- Esachons comme eux, nous unir à Jésus abanes amIS Eonné, à Jésus trahi; supporter en paix et répandre silencieusement nos larmes devant 41 e tabernacle, ë

6 à plier, permettre 1ème peut d’antipaïs de leur bre, stelle e regarde je de ces épreuves,

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