‹ Le livre des professes [microforme]Chapitre 126 sur 222 · La nature du scrupule ; 2. Les effets du scrupule · texte numérisé non relu

La nature du scrupule ; 2. Les effets du scrupule

3. Les diverses classes de scrupules ; 4. Les remèdes conire les scrupules.

Nature du scrupule.

Le scrupule est, en matière de morale, un doute qui n’est pas fondé ou qui l’est très léèrement, quoiqu'il aille quelquefois jusqu’à a persuasion et qu’il remplisse la conscience de troubles et de perplexités. ù

Quelques personnes regardent le scrupule presque comme une vertu et le confondent avec la délicatesse de conscience; c'est une erreur; le scrupule est un défaut des plus dangereux et le pieux et savant, Gerson. a dit

qu'une conscience scrupuleuse nuit plus à l'âme qu'une conscience reldchée.

Sans vouloir faire ici un portrait de l’âme scrupuleuse, portrait qui serait plus attrayant qu'utile, nous dirons qu’elle se reconnaît en ce qu’elle charge facilement d'avis, et sans raison sérieuse, sur {a même action qu'elle juge tantôi comme licite et tantôt comme illicite ;:——en ce qu’elle s'attache aux circonstances Îles plus minutieuses, s'ingéniant à en découvrir toujours quelques nouvelles ;—en ce qu’elie agit toujours avec une grande inquiétude et un grand trouble ;—-en ce qu’elle est fort tenace dans ses opinions et enfin en ce qu’elle consulte beaucoup de directeurs, mais sans se laisser tranquilliser par zucune raison et sans adopter jamais aucun avis.

Effets du scrupule.

Le scrupule fausse le jugement,--trouble la paix de l’âme,—engendre la défiance envers out le monde et surtout envers Dieu, qui n’est plus qu'un tyran à ses yeux,—éloigne des sacrements,—rend ridicule, — empêche l’activité dans le travail,—altère enfin la santé du corps et de l'esprit Combien de malheureux ont commencé par le scrupule et ont fini par la démence! Combien de plus malheureux encore, ont commencé par le scrupule et ont fini par une vie de péché.

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âme ’âme ‘isa Diverses classes de scrupules.

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w’elle B 1. Les uns sont envoyés par Dieu, non pas mme 5 comme cause positive, car Dieu ne peut être çcons- & l'auteur d'opinions fausses ni d'aucune erreur, . à en Æ mais comme cause négative en ce sens que :—en Dieu, en retirant sa lumière, produit dans de in- B l'âme une épouvantable nuit.

u’elle BR, Dieu agit ainsi pour conserver l’âme dans n en Blhumilité, lui faire pratiquer la patience, teurs, Rlabnégation de son propre jugement et surucune Btout l'obéissance; c’est une terrible épreuve. is. Saint Bonaventure, S, Ignace de Loyola, Ste [Thérèse et une foule d’autres saints l'ont subie de longues années.

Un directeur expérimenté voit vite lorsque des scrupules viennent de Dieu; l'âme est tourmentée, mais elle vit toujours dans la pes sûre que Dieu ne l’abandonnera pas ; ‘âme souffre de vioientes ADD AERSIONE, mais elle est toujours patiente, elle se plaint, mais jelle ne murmure pas; elle expose ses doutes, mais elle se soumet toujours; elle sent une violente répugnance à obéir, mais sa volonté domine toujours cette répugnance et elle:

obéit toujours. | | Aussi lorsque Dieu a obtenue la fin qu'il roposait, c’est-à-dire de purifier cette âme 'enraciner en elle les vertus solides, il lui

rouble envers , qui loigne npèche An là ien de |, ule et e plus |® ar 18

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montre son amour et fait jouir celte âme | éprouvée de la plus douce sérénité.

Les autres viennent du caractère de la per.

sonne et ce sont les plus difficiles à déraciner,

Ces scrupuleux sont des nalures timides, sombres, mélancoliques qui à la mcindre appa- Æ rence de péché se remplissent de terreur,— des natures tenaces, entétées qui ne veulent jamais démordre d’une idée qu'elles ont conçue.—des esprits faibles sur qui tout fait impression et qui s’agitent pour un rien,—des esprits peu étendus qui ne voient les choses que par un seul côté et, d'ordinaire, par le. côté le plus effrayant,—des esprits confus qui ne démêlent rien avec précision,—des esprits Æ ignorants qui n’ont étudié que superficielle-ư ment ets’imaginent tout savoir, —des esprits nt faux surtout qui voient ce qui n’est pas,—dush, imaginations déréglees toujours portées à l’exa- bé 4 gération. Lrécise

Ces pauvres âmes sont bien dignes de com-Beur es passion et c’est parce qu’elles portent avechasse v eiles la source de leurs craintes, de leurs plus scrupules et de leurs extravagances que leur Mais guérison est si difficile—Un médecin leur estBssez 1 souvent nécessaire, et devant le bon Dieu ellesMne es ne sont pas toujours responsables de tous lesRéel ce actes qui nous paraissent quelquefois si dérai-e lar sonnables, ällusic

Les autres enfin viennent du démon,—celsprit « sont les scrupules les plus préjudiciables, etBrouble si les scrupules de tempérament peuvent con Bortanc

duire à la folie, ceux-là peuvent conduire

quelques âmes au vice.

1 per. & Le démon tend à resserrer la conscience de per, - AG: :

ciner, Hâme délicate en lui montrant ses péchés

passés comme mal confesséset par conséquent

, âme!

mides, En pardonnés, en lui inspirant une crainte APP8- excessive de la justice divine et lui persuadant AE wil y a un péché dans toutes les actions “dr æ qu’elle entreprend.—Son but est de rendre la . fait prière pénible, l’usage des sacrements odieux, k à, e joug de Dieu insupportable, de jeter dans HE ‘Be désespoir et de faire abandonner la vertu. : te Il y parvient quelquefois quand ces pauvres pal € Emes ainsi tentées s'effraient, se concentrent us QUE, r'osent pas parler de leurs peines ; mais si Te elles sont Éunbles et tant soit peu confiantes,

Bi timidement et même incomplètement elles disent ce qu’elles éprouvent, résolues de faire e qu'on leur dira, et si réellement elles pbéissent malgré tout à la parole claire et précise de leur confesseur, cette fentation ne eur est pas nuisible ; Dieu permet qu'elle passe vite ctelles en deviennent plus humbles t plus précautionnées.

Mais quand ces âmes ont vécu pendant un ssez long temps dans une certaine lâcheté et ne espèce de mépris, sinon formulé mais el cependant, pour les petites observances je la règle, le démon qui les a laissées dans Billusion, profitant de l'étroitesse de leur sprit et de leur tendance à l’orgueil, jette le rouble sur tout ce passé dont il grossit l’imjortance ; il les tente d’orgueil, de sensualité.

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et comme ces âmes sont habituées à se conkose, fesser à la légère, elles ne savent plus comBsseu ment dire ; elles disent 1nal, elles s’embrouilË Opé lent, elles prennent mal surtout les rs jour 1 tions qui leur sont faites ; elles discutent /Semps elles se piaignent qu'on ne les comprend pas ai elles son. entêtées, elles ne parlent que à passé sans se précautionner pour le présent elles continuent leur vie lâche, irrégulière, ns prenant aucune précaution pour éviter les pé chés contre la charité et l’obéiss:nce.--Eila s'inqu'ètent d'un péché matériel ou des di tractions qui surviennent pendant la mes du dimanche, ou de lobligation qu'on le impose de faire gras le vendredi ; et elles meîtent peu en peine de i 1urmure:, de médi de manquer au silence, Voilà bien les scrilh; puleux les plus à plaindre, hélas ! et les plu nombreux.—Dieu peut encore tirer sa gloironfesse des scrupuleux de tempérament : ceux @vres ç offensent souvent le son Dieu. es qu’ es acte IV. putes panière Remèdes contre les scrupules. Obéäis:

rovidei 1. Le seul remède, nous ne disons pas pouMous di guérir l’'dme scrupuleuse, mais pour la sauveñlar méc c’est l’abéissance à son confesseur. Agemer Dieu ne peut se contredire. Dès lors quint de. Dieu a dit en parlant de ses ministres : UBtunot vous écoute m'écoute, si l'âme scrupuleuse pe Ne 80: lui répondre, au dernier jour : J'ai fait iciusez:

se Conkhose, j'ai omis telle autre parce que mon con: 8 Combsseur me l'a dit, Dieu ne la condamnera pas.

brouil£ Obéissez donc, et âme si malheureuse, bservalbour le nombre de prières à faire.—pour le cutent/Semps à y mettre,—pour la manière de les ad pas Maire,—pour l'attention à y apporter,—pour que dia défense de les répéter ou de les recommenrésentBer,—pour celles que vous devez absolument ière, netrancher.

r les pl Obéissez pour ne jamais revenir sur le ——Elleassé —pour l'accusation de vos péchés de des dielle ou telle manière,—pour la défense d’exa mes@liquer davantage un péché accusé une preon leuhière fois, même quand il vous semble que elles ous l'avez mal accusé,—pour les péchés que médi@ous dites avoir oubliés,—pour l'examen à

aire avant voire confession.

Obéissez pour les communions que votre onfesseur vous ordonne de faire,—pour les vres qu’il vous défend de lire et les persones qu'il vous défend de fréquenter,—pour s actes de vertu qu'il vous impose.—pour putes choses, pour le- temps, le lieu, la Bannière d'agir. | Obéissez à votre confesseur, à celui que la rovidence ou que l'autorité a désigné pour ous diriger; ne le quittez pas par caprice, ar mécontentement, par dépit ou par découigement. Ne cherchez, en général, tant ‘et nt de conseils: la multiplicité de décisions t un obstacle à la paix plutôt qu'une lumière, Ne soyez pas exagérée sans doute ; ne vous Bfusos pas une bonne parole quand'le bon

es sCri les plu a gloi ceux:

Dieu vous la ménage, mais, en principe, tenez fortement à l'unité de direction.

dans perf 20

IL Un second remède, qui vient en aide iB nous

l’obéissance, est un travail actif, constant, presque surchargeant. On n’a guère le tem de pécher quand on a à peine le temps respirer.

HL. Comme c'est surtout la confession qui

jette le trouble dans l’âme des scrupuleuxr nous allons ici transcrire une page des avi spirituels, bien propre à les rassurer.

Sur quelques dificultés touchant la confession,

“ Remarquez que la confession est une ir

vention toute d'amour du cœur de N.Sh

Comme rien n’est meilleur pour les âmes, | démon fait tout ce qu’il peut pour empoi sonner cette source de vie. Il se sert pour ce de nous-mêmes, puis il vient après.

IL se sert de nous-mêmes en cherchan 1. à nous convaincre que c’est une chod difficile de se bien confesser. Rien n’est pl faux. Quand on ne le veut pas, oh! oui, t n’est pas seulement difficile, mais c’est mêm impossible. Supposez la bonne volonté 0 dinaire, je dis qu’il n'est rien de plus facil La bonne volonté, nous l’avons quand no voulons. Quand vous allez au confessionn:

c'est avec la bonne volonté ; il n’y a donc ri de difficile pour vous dans la confession. :! . 21% Le démon se sert encore de nous po . «mous: éloigner de la confession:en entreten:

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règle requis bien, c perflu est l'e fessior dont il

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dans nos esprits des idées dominantes d’une perfection telle à apporter à la confession, que nous ne pouvons jamais la réaliser. Ici la règle est de faire moralement ce qui est requis. Ne cherchez pas à vous confesser érès bien, contentez-vous du bien ; le bien sera le superflu pour vous. C’est le cas de dire : le mieux est l'ennemi du bien. La difficulté de la confession et sa perfection, deux obstacles réels dont il faudra triompher.

L'âme ainsi troublée par des vues exagérées, le démon survient... le trouble lui plaît trop pour qu’il ne l’augmente pas. Il a ant de moyens !

Les ténèbres viennent après : à la faveur lu nuage qui dérobe le ciel des vérités et du trouble qui agite l'âme jusque d°ns ses profoadeurs, que ne va:t-il pas faire ? C’est le moment favorable pour lui. Qu'il en saura ien profiter:—Je ne puis me confesser auurd’hui, pense-t-on, les confessions passées Je sont pas meilleures que celle que j'allais ire. Pourquoi donc me confesser ? Il audrait une confession générale, beaucoup le temps: c’est impossible... On m'a dit, je ois (tandis que c’est positif), qu’il ne fallait lus faire de confession générale, et je ne oudrais pas désobéir.—Mais pourquoi n'avoir as aiusi pensé tout d'abord ? Une heure est écoulée en pure perte, en tourments u'on s'est attirés par son peu de foi, de géérosité et de c ce en Dieu. Pourtant

3 ET Lun: ds. À»

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= 864 ES on se résout à se confesser. La bonne volont: Æ Qu est réelle, quoique le trouble empêche dc là Bvénie

sentir. Tout à l'heure, par scrupule, on nos: Æ Je: confessait pas; on se confesse par raison, Emoin: mais on prend son inspiration pour une fausse Müiffici lumière. Le démon revient encore, il ramène Mbesoir le trouble et les ténèbres.—J’ai fait, dit-on, bient( une mauvaise “confession; c’est très sûrment Après, comment communier ? On le veut, jelbonne le voudrais. —Nouvelles inquiétudes! On else qu” veut, mais je ne puis. Si je ne le fais, je défBuis | sobéis.—On'communie dans le trouble, lale tâc communion ne laisse pas d’être profitable it pu l'âme ; mais l’est-elle au point où elle le seraïelles si. en toute générosité, on se riait de sauantk vaines craintes ? Si tout d’un coup par coudue le: fiance et par amour, guidé par l’obéissan Melle qui ne trompe jamais, on passait à traverl n’y { tous les pièges et les périls que le démoïlBvec d sème sur nos, voies ?—On dit encore: Si oil Nou me connaissait ? On vous connaît mieux qu'luelqu vous ne vous connaissez vous-même, Et puise dire que vous importe le défaut de connaissane@B'une :

ans le prêtre ? La volonté de vous faire coïrés ut naître suffit, Dieu suppléera à la connaïissan(ules ; qui manque à son ministre. N'est-ce pas assule e qu'il puisse vous juger suffisamment pouuelle, vous absoudre ?. Or, celte science ne l'our 8 manquera jamais C’est ainsi que lorsqu'ofanièr se laisse emporter et ballotter par ses propri et fausses idées tout. s’enchaîne malheuret sement dans la conduite. On n’a plus ni pai ni repos, ni suayités au.service db Dieu,

olonti R Que faut-il faire pour éviter tous ces incon- 3 dc là Bvénients ? Le voici :

\ nos: R Je vous rappelle qu'il doit être doux, qu’au raison, moins il n’est pas difficile, encore moins très fausse Miifficile de se bien confesser. Ceci n’a pas amène besoin de preuves. Vous l’expérimenterez dit-on,

D. … montée mp. Am mt are Pr ; 4 s 2.

- Se. mer — PS - —é— — : =» + e 2 ms æ — E à —

Den, si vous vous confessez tout bonne-

s sûr ment de cœur, sans tant d’esprit, comme les hs veut, jbonnes femmes qui ne cherchent pas à définir [ On lelice qu'elles ignorent ; maïs qui se disent : Si je \ , je défipuis et me vois coupable, je m'accuse.….. 4 le. 11e tâche de me repentir de ce que j'ai accusé, 4

table it puis je suis en repos.—Que j'ai connu de

le serailibelles dames bien spirituelles et bien pide sajuantes qui ne se confessaient pas aussi bien 4 ar COuUe leurs fermières ! D'où vient cela ? C’est "

>issan'é traveri démo ) ai ol eux Qué Et pui

qu’elles portaient leur esprit au confessionnal ; 1 n’y faut qu’un pou de sens, de la simplicité vec de l’humilité et de l'oubli de soi.”

Nous donnerons à la fin de ce volume uelques pages qui complèteront les conseils e direction que nous n'avons pu qu'indiquer aissani'une manière générale.—Ces pages seront ire coïrès utiles aux âmes éprouvées par les scruaissantules ; utiles encore à celles pour qui le scruas asstiule est une punition de leur lâcheté habint pouMuelle, s’il leur reste encore un peu d’humilité

ne lour se reconnaître et pour soumettre leur rsqu'oMhanière de voir. | propre neuret ni pal

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