Sur l’état dans lequel le péché a mis notre nature
Dieu avaii créé l'homme droit, et grâce à cette rectitude, son entendement, n'étant obs- | curci par aucune erreur, connaissait tout ce qu’il avait besoin de connaître, — sa valonté, n'étant corrompue par aucun mauvais désir, È aimait ce qu’elle devait aimer et suivait sans peine et sans répugnances les lumières de la
vérité ; — ses sens, n'ayant aucun mouvement qui ne dépendit absolument de sa volonté, n’éprouvaient aucune révolte et n'étaient sollicités par aucune passion. Dans cet état, l’homme eût naturellement aimé Dieu et, en union avec Dieu et selon l’ordre voulu par Dieu, il eût aimé toutes les créatures ; il eût
u sans doute être sollicité au mal, comme le furent Eve et Adam, mais un simple effort de la volonté eût suffi pour éloigner la tentation.
Le péché est venu renverser cet ordre; et depuis, Pentendement de l’homme obscurci, et privé de la plupart des lumières qu'il avait, doit lutter pour connaître la vérité. — Su voloñté, engagée dans l'amour déréglé des créatures ei devenue l’esclave de la concupiscence qui la pousse au mal presque malgré elle, doit lutter pour se garder soumise aux: lois de Dieu. — Ses sens, surexcités par l’imagination et Lar les passions révoltées contre la raison doivent lutter pour se conserver dignes et
urs.
Ê Le baptême sans doute a fait disparaître la nalédiction que le péché avait attirée sur nous, mais Dieu, soit pour abattre notre orgueil, soit pour exercer notre vertu, soit pour nous tenir dans une continuelle Gépendance de la grâce, a voulu qu'il restât en nous une racine de corruption, une pente au péché, un | ennemi avec lequel nous fussions dans une lutte incussante, ennemi redoutable et cruel qui forçait S. Paul à dire ‘avéc un profond
sentiment d’humiliatioi: : Oh! qui me délivrera de ce corps de mort? (Ron. vis, 24.) Qui me dégagera de cette honteuse servitude pour me rendre la liberté après laquelle je soupire ! Je ne fais pas le bien que je veux, et le mal que je ne veux pas, je le fais! (Rom. vu, 19.)
Ge que $S. Paul éprouvait tous l’éprouvent lus ou moins; tous comme lui ont à :omattre contre cette révolteintérieure si humi-
liante. — Les hommes baptisés, dit le Concile de Trente, renferment encore en eux un foyer de concupiscence contre laquelle ils doivent lutter sans cesse et qui est pour eux une source de faveurs s'ils résistent courageusement par la grâce de Jésus-Christ. Car on ne sera couronné grapres avoir généreusement combattu. (SES. v.
an. ÿ.
Cette nécessité de combattre est fondée :