‹ Le livre des professes [microforme]Chapitre 60 sur 222 · Prétextes pour justifier le pécule · texte numérisé non relu

Prétextes pour justifier le pécule

Ils sont nombreux, ils n’ont qu’une apparence de raison. À

1. Je conserve cet argent pour subvenir à une foule de petits besoins imprévus.—Ces besoins sont ordinairement des fantaisies. La communauté ne vous donne-t-elle pas tout ce qui est réellement nécessaire ? Si vous étiez réellement pauvre, comment feriez-vous ?

2. Je conserve cet argent pour témoigner ma reconnaissance par quelques dons.—Et par là, vous attachez votre cœur. La reconnaissance d’une religieuse se témoigne par la prière. On sait, au dehors, que vous n'avez rien st c’est

c per à la communauté à remercier quand il le faut.

1ission 3. Je conserve cet argent pour faire dire des

urner. messes.—C'est la seule raison sérieusement

ur des À bonne et encore faudrait-il que ce fût votre supérieure qui donnât ces messes et non pas vous.

4. Je conserve cet argent parce que toutes les autres en conservent.—Mauvaise raison ; cet igieux. À argent ne les rend ni plus pieuses, ni plus antage £ humbles, ni plus détachées. Imitez-les dans eté ; il À leurs vertus et inspirez-vous de l'esprit de la énacité À règle.

ine et LE Voici sur cette question les réflexions de e sœur LE Pinstruction des Novices à l'usage des Frères a supé- À Précheurs : ‘‘ Bien que l’usage des pensions et des dépôts ne soit point par lui-même illicite ni contraire au vœu de pauvreté, 2, puisque la religion en a le domaine’et que le supérieur en règle l’usage, il devient cepenappa- & dant pour beaucoup de religieux, l’occasion ° A de transgresser le vœu de pauvreté et de se à une Æ damner. Il n’est en effet que trop facile à besoins £ ceux qui ont de ces pensions, de s’en regarder ommu- } comme les maîtres, de croire du moins y avoir qui est £ plus de droit que les autres, de se fâcher si le réelle- | produit en est employé pour d’autres que pour [eux seuls ; et dans ce cas de se plaindre amèrement, montrant par là trop évidemment l'attachement qu’ils ont à l'argent et aux avantages qu’il peut leur procurer. Il est d’ailleurs à craindre qu’ils ne s’habituent à dépenser eux-mêmes ces sommes pour acquérir des

er ma par là, issance re. On ot c'est

choses vaines et superflues, afin de satisfaire leur curiosité ou leur sensualité. Dans tous les cas cet argent leur cause beaucoup de soucis et de distractions. Ils s'occupent ms à réfléchir sur ce qu’ils pourront acheter pour subvenir à leurs nécessités souvent illusoires, qu’à s'acquitter des devoirs de leur état, à plaire à Dieu et à faire leur salut, ce qui est pourtant la seule chose pour laquelle Dieu les a mis en ce monde et les a appelés à la vie religieuse.

‘“ L'usage des pensions et des dépôts est dangereux non seulement pour les particuliers, mais encore pour les communautés. Souvent il en bannit la régularité en y introduisant l'égoïisme, la dissipation et le désordre. C'est un objet de grande surveillance pour les supérieurs et les visiteurs.

SIXIÈME ILLUSION

J'ai la permission.

Sans doute cette parole est faite pour calmer les inquiétudes de la conscience, mais encore faut-il que la permission ait pu.étre donnée et ait été sérieusement obtenue.

1. Une supérieure ne peut donner que des permissions utiles au bien général de la communauté et au bien particulier de la religieuse; elle ne peut par exemple accorder la possession et l’usage des choses superflues : Que la permission que donne le supérieur pour les

isfaire s tous up de plus à r pour isoires, à plaire ourtant mis en zieuse.

jôts est culiers, Souvent duisant C'est un es supé-

calmer encore onnée el

que des la comgieuse;

posses- Que la our les

usages des religieux soit telle que les choses permises conviennent à leur état de pauvreté et qu'il n'y ait rien de superflu. (Conc. de Trente, 8. XXV. 2).—Elle ne peut non plus donner des permissions vagues ; permettre par exemple à une religieuse de prendre ou de donner tout ce qu’elle voudra, ni d'employer à son gré l'argent de sa pension.

2. Le silence d’une supérieure qui voit et qui ne dit rien ne doit pas toujours être regardé comme une permission, parce que quelquefois la crainte de plus grands inconvénients l’oblige à dissimuler ce qu’elle ne pourrait corriger qu’en excitant des murmures et compromettant son autorité. Nous en avons parlé à propos de l’obéissance.

3. Une permission expresse est nécessaire quand il s’agit d’une chose considérable et qu’il n’y a pas une grave raison qui empêche de recourir à la supérieure.

4, Quelques théologiens condamnent, dans la pratique, toute permission présumée; à cause des abus que pourrait entraîner une interprétation trop favorable des intentions de la supérieure.— Une permission présumée est cependant admise pour les choses de peu d’importance, quand la supérieure n’est pas là; mais à condition qu'on lui dira après ce qu'on a fait, et qu’on peut simplement penser qu'elle ne refuserait pas son assentiment.

5. La prose doit être volontaire de la part de la supérieure, obtenue sans fraude, sans erreur ; de telle sorte que si l’inférieure

J’arrache par des prières importunes, par des “plaintes amères, par des larmes, c’est une tolérance plutôt qu’une permission ;— s1 clle est obtenue, en supposant un besoin qui n'existe

as cu en taisant une raison qui probablement

a ferait refuser, cette fraude dans l'exposé rend ia permission nulle.

6. Quelques religieuses s’abusent en croyant E Couv pouvoir se passer de permissions expresses | il ne sous prétexte 1. que c’est la coutnme dans } ‘er q d’autres communautés,— 2. que certaines de à ©! leurs sœurs pieuses et insiruites agissent Ÿ {65 la ainsi,— 3. que la supérieure étant facile et £ indulgente accorde aisément tout ce qu’on lui demande,—4, que d’ailleurs elle est bien obligée d’avoir égard au mérite et aux services de celle qui prend ainsi la permission,—5.

enfin que ce que l’on veut faire est avantageux pour la maison.

‘ On se trompe facilement en raisonnani ain-} Nou si, dit le P. Cormier,car toutes les décisions peu-f'é'ical vent changer avec les temps, les lieuxetles per-E !. ZL sonnes.-—De fait, ce qui est permis dans une re-Et®u de ligion, ne l’est pas toujours dans une autre dont} 2. Le les lois sont plus étroites pour ce qui regarde 3. Le la pauvreté.— 1,2 yratique d’un religieux ver- 4. Le tueux ne peut davantage servir d’excuse à un autre. Le premier a peut être des raisons particulières pour agir comme il le fait. S'il n’en Fe

a pas, il fait mal ; et quels que soient ses antécédents, il n’est en cela ni vertueux, ni digne d’imitation.— Que si un supérieur est cundescendant par caräctèré ou veutse mon-À

des toléest iste nent posé

yant esse£ dans es de issent

ile et L

on lui

bien rvices | n,—9.

ageux

ÿ ainnS peues peline l'€-

e dont

trer reconnaissant des services que l’on rend à la communauté, il ne peut cependant aller jusqu’à tout permettre ; et l’on n’a pas grâce pour juger s’il accorderait réellement cette permission dans le cas présent. — Enfin, quoique le supérieur recherche les avantages du couvent et considère les hommes de mérite, il ne doit pas pourtant tout accorder ni dispenser qui que ce soit de se montrer bon religieux en demandant les permissions prescrites par les lois de l'Ordre.”

Page 1