‹ Le livre des professes [microforme]Chapitre 75 sur 222 · LI · texte numérisé non relu

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plies que peu de temps et dont la violation ne forme, pour chacune d'elles, qu'un manque:ment de peu d'importance.

Ces petites choses se rencontrent dans l'ordre de la journée : le lever au premier son de la cloche,—la fidélité à se rendre là où ia tloche appelle,—la ponctualité à quitter le travail commencé. dès que l’obéissance commande, —la marche lente plutôt que précipitée en montant ou en descendant un escalier,—le nombre de prières à faire à telle heure.

Elles se rencontrent dans la tenue qui demande qu'on marche habituellement les yeux baissés,— qui indique la manière de s'asseoir, de tenir les jambes, les mains, —de rester à genoux ou debout, de réciter la prière,—de tenir le livre d'office, —de faire les différentes cérémonies prescrites pour le chœur, pour le chapitre, pour la coulpe.-—de porter tel ou tel vêtement,—de s'habiller de telle façon.

Elles se rencontrent dans la cellule à propos de l’ordre qui doit y régner, des objets qui doivent y rester,—dans le réfectoire à propos du moment où il faut déplier sa serviette, de ia manière dont il faut tenir ou placer les objets dont on se sert.

Iles se rencontrent dans les rapports mutuels de charité ou de politesse: formules à employer quand on se parle, quand on s'écrit,

uand on fait une demande à la supérieure...

l'est des communautés dans lesquelles on ne parle aux sœurs qu’en les appelant ma chère

on ne nque-

l'ordre de la cloche travail rande, tée en er,—ie jui dent les ère de ns, —de iter la aire les nie e e tan-de

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sœur, à la supérieure qu’en lui donnant les titres de: RévérendeMère…

Elles se rencontrent dans les rapports d'amilié, défendant de se toucher même la main par affection; de rester deux ensemble pendant la récréation,—fixant les heures pour aller au parloir, le temps pour y rester, la manière de s’y tenir.

IT. Toutes ces observances sont petites, ce ne sont que des liens imperceptibles, mais ils unissent entr’elles les perles d’un collier : ce ne sont que des fils, mais ils attachent entr’eux plusieurs morceaux d’étoffe qui réunis forment un tout... En couper un c’est peu, mais c’est préparer une désorganisation qui peut devenir générale si elle n’est arrêtée.

La négligence dans les petites choses devient entre les mains du démon un moyen de séduction. Il se garde bien de proposer à la religieuse qu’il veut détourner de son devoir des fautes graves à commettre, des désobéissances formelles, des manquements sérieux à «a pauvreté ; il lui dira seulement en la poussant à quelques légères infractions à sa règle, à quelques légères satisfactions pour alléger un peu sa vie dure et pénible: c’est si peu de chose, et il l’accoutumera au désordre, à la paresse, au murmure. C’est que le démon comprend mieux que nous la portée de cet oracle des livres saints : Celui qui néglige les petites choses tombera dans les grandes fautes, (Eccl. xrx, r.) et cette parole de J.-C. : Celui qui

pêche dans les petites choses péchera aussi dans les grandes. (Tiuc xvr, 10).

La négligence dans les petites choses, qui conduit nécessairement aux peliles fautes, ne porterait-elle pas une religieuse aux fautes graves,refroidit dans son âme l’amour de Duu, qui seul lui fait sentir les joies de la vie qu’elle a embrassée,—elle lui fait perdre cette délicatesse de conscience qui environnait son âme comme d’une double enceinte et la préservait d’une foule de chutes.—Elle fortifie les penchants opposés à la loi de Dieu que chacun de nous sent au fond de son âme, et ces pen- Chants finissent par l’entraîner sans qu'elle s'en doute.—Elle la porte à calculer pour ainsi dire avec Dieu en s’attachant à ce qu’on appelle l'essentiel; et Dieu à son tour use de réserve. Vous mesurez vos hommages, votre obéissance, votre fidélité, pauvre âme illusionnée, Dieu mesure sa bienveillance, sa protection, son amour... Vous refusez à Dieu ce que, dites-vous, vous ne lui devez pas absolument et Dieu vous refusera les secours privilégiés nécessaires à votre faiblesse, dans les jours de tentation, et les grâces de choix réservées à ses amis.—La négligence dans les

etites choses occasionne de petites blessures à votre cœur, à votre esprit, à vos sens, blessures légères sans doute, mais qui, se multipliant, altèrent le principe de la vie spirituelle et risquent de l’éteindre.—Remarquez cette gradation : le juste se néglige et S'affaiblit; la

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grâce diminue ; l’homme de péché se fortifie ; le religieux dépérit ; le chrétien disparait.

IIL Secouez-vous donc, âme négligente; oh ! si vous saviez ce que vous pourriez gagner en étant fidèle dans ces détails de tous les jours qui semblent passer inaperçus!

1. Vous glorifiez Dieu qui voit en vous une servante fidèle et dévouée accomplissant sa volonté jusque dans ses moindres détails, et l’accomplissant avec amour.

Ah! c’est que il faut bien aimer Dieu pour être exacte et ponctuelle en toutes choses, pour sacrifier à un désir exprimé par Dieu une satisfaction légitime ou un travail commencé, laissant, dès que la cloche sonne, un ouvrage qui nous plait, une sœur dont la conversation nous charme, un livre qui nous attache, même une lettre commencée ou une phrase à demi-formée.

I] faut bien aimer Dieu pour lui donner à chaque instant du jour et pendant toute une vie, sa volonté, ses membres, ses forces, ses goûts particuliers, car tout cela suppose une éme héroïque—Cette fidélité constante aux petites choses ne peut être que le résultat de l'esprit de zèle qui ne laisse échapper aucune occasion de plaire à Dieu et de l’honorer,— de l'esprit dé renoncement qui se prête à ce détail obscur où les sacrifices multipliés demandent beaucoup à la natureet ne laissent rien à la vanité,—de l'esprit de reconnaissance qui,ému de la libéralité de Dieu à son égard, veut lui donner toujours davantage,—de l'es

prit d'humilité qui voyant la disproportion infinie entre ce que peut la créature et ce que Dieu mérite, cherche à suppléer par l'intensité de l'amour et par la fidélité de toutes les minutes à la faiblesse de ses actions.—de l’esos de force enfin et de générosité qui, dans ‘attention constante aux petites choses, veut faire de tous les jours, de toutes les heures, de toutes les minutes, autant de sacrifices à Dieu à qui il s’est donné.

2. Vous vous sanctifiez et de la manière la plus sûre et la plus inébranlable, par cela même que vous faites tout, poussée par Famour que vous portez à Dieu.—Non certes, ce n’est pas la vanité, ce n’est pas l’amour de soi qui peuvent porter à la fidélité aux petites choses, c’est l'amour de Dieu seul, parce que lui seul voit et apprécie ce que vous faites et la peine que vous coûte ce que vous faites.

Vous savez bien du reste qu’une action n'est pas réellement grande et surtout sanctifiante par l'éclat qu’elle produit, mais par Pintention avec laquelle on la fait,—par le mouvement de la grâce qui l’inspire,—par lapprobation qgne Dieu lui donne et par le prix qu'il veut bien lui attacher.

Soyez donc fidèle, bonne servante de Dieu, et un jour, Dieu, votre maître, vous dira:

J'ai tout compté et je vais tout récompenser. Vos sacrifices étaient légers mais vous les avez multipliés ; vos actions n'offraient aux yeux des hommes que de faibles apparences, mais votre amour et votre constance les on

tion rendues dignes de moi : Entrez dans la joie de que votre Seigneur. . nl à asité le ; les 3. La tiédeur. (14 l'es- \ dans 4. La tiédeur, résultat presque inévitable veut de la négligence des petites choses, est un qui ures manque de courage, de force, de zèle, de bonne “a ces volonté suriout dans l’accomplissement de nos gen | devoirs. HE re la C'est l’état d’une religieuse qui veut sans (d

+ cela doute être une bonne religieuse, qui serait e par | même étonnée si on lui disait qu’elle n’est pas “ertes, À une bonne religieuse, mais qui ne prend aucun pur de moyen pour le devenir. Elle est comme ; petites D atteinte d’une maladie de langueur ou plutôt ‘14 e que d'une espèce de léthargie spirituelle qui la ! tes et À laisse insensible aux instructions, aux exem- a tes. ples, aux reproches. 4 action Elle s'ennuie à la prière qui la fatigue par

sanc- D sa longueur et par sa monotonie; elle se

s par À traine au travail qu’elle ne fait que par force;

nar le Belle se surprend, pendant de longs moments,

r lap- le regard vague et l’ensemble du corps affaissé ; elle assiste à tous les exercices mais sans se rendre compte de ce qui s’y passe.

Son âme est ce camp du paresseux tout en désordre et tout couvert de ronces et d’épines, : —ce figuier stérile qui ne produit que des feuilles.—ce chemin sur lequel les mauvaises herbes étouffent les inspirations de la grâce,les remords de la conscience, les bons exemples des autres,—cette s{atue enfin qui a des oreilles

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mais qui n’entend pas, des yeux mais qui ne voit pas, une bouche mais qui ne prie pas, un cœur mais qui ne bat pas pour Dieu.

Ecoutez le portrait que fait Cassien du religieux tombé dans la tiédeur.

[1 redoute et haït la retraite : il s'ennuie dans sa cellule ; il méprise ses frères, travaille avec lâcheté n’a ni crainte ni inquiétude sur sa négligence dans les devoirs de la religion ; il est esclave de la sensualité, se répand au dehors, s'occupe des affaires du monde, aime les conversations oiseuses, reçoit avec peine les avis charitables qu’on lui donne et cherche des prétextes pour ne pas les suivre ; il supporte difficilement le joug de la discipline, il conserve une affection désordonnée pour sa maison, ses biens, ses parents ; il se permet de dangereuses familiarités. ”

De temps en temps. la religieuse tiède éprouve des secousses qui semblent la ramener à Dieu : c'est pendant une retraite, c’est en présence de la mort d’une compagne, c’est quand la maison est menacée d une épidémie.

Mais cette secousse vers le bien n’est que passagère, elle revient vite à son premier état.— Après tout, dit-elle, je ne commets pas de graves fautes, et de fait, elle trouve à peine, quand elle se confesse, une faute bien précise à accuser : ce sont des distractions dans la prière, un peu de lächeté dans le travail, quelques légers marques de charité. elle ne voit plus rien:

elle n’est pas tentée. elle n’est pas inquiétée. Et certes, rien d'étonnant ; le démon n’a pas

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e pastat.— qraves quand ise à 4 rière, légers rien :

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besoin de la pousser dans l’abîme, elle y va toute seule.

IL Il est triste, bien triste cet état, plus triste que l’état du péché mortel. Plut à Dieu, dit le Saint-Esprit à l'âme tiède, Plüt à Dieu que vous fussiez tout à fait froide! Un péché mortel qui vous humilierait profondément et vous montrerait l’enfer ouvert sous vos pas vous épouvanterait et vous ramènerait, par la crainte au moins, à ce Dieu dont vous vous êtes éloignée ; mais votre tiédeur vous laisse indifférente devant la pensée de la damnation éternelle, insensible aux exhortations qui troublent vos compagnes plus pieuses ; elle vous dit, et vous acceptez ces paroles sans émotion : Ce n’est pas pour toi cela ! — Votre tiédeur a fait dire à Dieu une de ces paroles qu'une bouche humaine oserait à peine prononcer : Je vais vous vomir. Oh ! il faut que cet état soit bien répugnant, puisque Dieu qui cherche les pécheurs avec sollicitude, qui les reçoit avec tendresse, qui s’assied comme un ami à leur table, qui les embrasse même comme il embrassa Judas, Dieu éprouve pour vous, âme tiède, un tel dégoût que malgré son amour,il ne peut plus vous supporter, il est | prêt à vous vomir comme on vomit une nourriture qui pèse sur l'estomac.

Etudiez rapidement les effets de la tiédeur.

4. Elle est le principe d’une infirmité spirituelle presque incurable ; pour guérir une maladie, il est nécessaire d’en connaître la nature et la gravité, de la sentir au moins ; or l’âme

tiède ne se croit pas Ziède ; elle s’irrite si o! lui fait entendre qu’elle pourrait l’être ; auss S. Bernard était persuadé que à conversio d'un homme du monde, quelque pervers qu't fât, offrait moins de difficulté que celle d'un rek; gieux tiède. :

2. Elle expose au danger prochain de pécu mortel et, ce qui est plus terrible, à vivre péché mortel ; — comme l’âme tiède comm facilement et à peu près sans remords une foule de péchés véniels, elle sent diminuer per à petit la crainte de l’offense de Dieu Ile arrive au point d’'amuser son imagination: de pensées sensuelles qui deviennent facile

ment impures ; de donner à ses sens des libertés qui deviennent facilement coupables :

d'hésiter témérairement entre la résistance e: le consentement à la tentation: ceci est bie permis, celà n'est pas défendu... et quant vient le doute si elle a pris plaisir ou non, ellc

se fait à elle-même des principes faciles où:

plutôt elle se crée des raisons évasives pou: excuser ses faute: Ah! n'oublions pa:

l’oracle qui ne trompe pas ! celui qui aime | danger périt; celui qui méprise les peiile fautes tombera dans les grandes.

3. Elle expose à une mort peu chrétienne. Lu mort, disent tous les saints,est écho de la vie; etce serait un prodige de mourir dans la ferveur quand on a passé sa vie dans 1a tiédeur. Aux approches de la mort, la religieuse tiède n’a aucun désir du ciel ; la terre lu retient par mille liens, elle n’a qu’une préoc.

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cupation ; guérir.—EÆEt quand vient l'heure des derniers sacrements, quand elle a compris qu'il n’y avait plus d'espoir de vivre, oh ! sans doute elle prie, elle se recommande à Dieu, à la sainte Vierge, à son bon ange, elle s’humilie, elle demande pardon ; elle supplie ses sœurs de prier pour elle ; elle fait généreusement le sacrifice de sa vie, mais comme le souvenir de sa tiédeur et de son peu de dévouement doit affaiblir sa confiance ! — Et devant Dieu ! devant votre Dieu que vous avez si mal servi, qui vous aime cependant puisqu'il vous a permis de reconnaître et de déplorer votre erreur, Ô pauvre sœur, quelle confusion ! quels regrets | et quelle dure expiation dans les flammes du purgatoire !

IIT. Secouez-vous donc, vous dirons-nous vour la troisième fois, âme qui avez laissé la tiédeur vous envahir. — C’est par la négligence aux petites choses que ce mal a commencé en vous, soyez fidèle, fidèle jusqu’à la minutie à tous les petits points de la règle ; — c’est par la lâcheté dans votre travail et la nonchalance à remplir vos devoirs de tous les jours ; c’est par linsoumission, le manque de respect pour vos supérieurs que ce mal est venu, redevenez laborieuse, soumise, respectueuse ; demandez toutes vos permissions, ne vous permettez pas le moindre manquement, faudrait-il pendant quelque temps vous faire une réelle violence.

Priez surtout. Priez beaucoup, sans cela vous ne parviendrez à rien ; soyez franche et

sincère dans vos rapports avec votre supérieure et votre confesseur, à qui vous ferez part de votre résolution, que vous supplierez de vous aider avec fermeté et à qui vous devez rendre compte üe vos efforts, de vos chutes, de votre courage, de votre lâcheté..

Punissez-vous à la moindre infraction ; agissez avec vous Comme avec une enfant rebelle, capricieuse, volontaire qu’on vous a donnée à régir.

[V. Mais peut-être est-il nécessaire de bien préciser les marques de la tiédeur. Quelques âmes timides s’effraient facilement parce que elles se sentent affaissées et sans goût, et elles se croient tièdes, et elles ont peur du hon Dieu. Voici quelques détails précis qui les éelaireront :

1. Etre distraite dans ses prières ; mais s’aflliger de ces distractions et prendre des moyens pôur les prévenir et ies diminuer, ce nest pas être tiède.

Eprovuver beaucoup-e dégoût pour la prière, beaucoup de sécheresse à la communion, beaucoup d’ennui pendant l’oraison, mais ne laisser ni sa prière, ni sa communion, ni son oreison ; les faire à l’heure voulue, tout le temps voulu, et ne pas se dépiter de son peu de succès, ce n’est pas étre tiède.

Faire des fautes, même peu de temps après sa confession, mais s’en repen*ir tout de suite ; À se laisser aller à des parôles vives, à des impatiences, mais s’humilier sincèrement et se punir ; se sentir égoïste, vaniteuse, paresseuse,

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ferez Li À ierez Tout cela c'est la lutte, c'est la vie, c'est Foi levez l'acheminement vers le ciel. D utes, 2. Faire mal ses pri ur) a mL lon ; 0 ement de tiédeur it:

nfant éciures non dans les livres les us a Plus capables d'instruire, d'écle:

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68 Qumiliations Œui les suivent que l'offanse de Dieu, —ne tenis à

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ni des inspirations de la grâce ni des avertis- SU sements des supérieurs ; ce sont des preuves de 107 l'état de tiédeur. qui

Après la lecture de ces pages ne comprenez- L vous pas avec plus de force ces paroles que val nous vous disions au commencement de cet dit article : Ne soyez donc jamais sans cette GrOI crainte filiale, don du St-Esprit, qui vous ay rendra vigilante, timide, délicate,—fdèle à la ent prière,--humble pour recevoir un reproche,— veu forte pour résister à tous les entrainements. AM prudente pour distinguer toutes les illusions et 88 € discerner tous les dangers. rar

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