‹ Le livre du colonChapitre 3 sur 99 · ET DE SES DEPENDANCES · texte numérisé non relu

ET DE SES DEPENDANCES

L'habitation

La première préoccupation du colon en arrivant sur la terre qu'il se propose d'exploiter doit être de songer à son installation.

Avant de rien entreprendre, il s'établira dans les conditions d'aisance etde confort les meilleures possibles, s'il veut mener à bien son œuvre de colonisation et de prospérité personnelle.

Il lui faudra, sans trop s'écouter toutefois, se souvenir que la réussite de son entreprise dépend de lui seul et que s'il compromet sa santé par des imprudences inutiles ou par un manque absolu de précautions, du même coup sera compromise la tâche qu'il se sera imposée et de laquelle il attend une juste et légitime rémunération.

Son habitation remplira donc toutes les conditions désirables — autant du moins que le lui permettront ses ressources — pour qu'il y puisse

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trouver un abri sûr, un bien-être relatif, une tranquillité et une sécurité qui lui assureront le repos.

Et avant d'aller plus loin, disons tout de suite que si quelques personnes sont parties de France sans ressources et se sont enrichies dans nos possessions d'outre-mer, on ne doit voir là que des exceptions, honorables pour ceux qui en sont l'objet, mais qu'on ne saurait citer comme exemples pour encourager qui que ce soit à s'expatrier dans des conditions semblables. Ce sont tous ceux-là qui, sans moyens d'existence assurés à leur arrivée dans nos jeunes colonies, sans argent pour mettre en valeur les concessions qu'ils avaient sollicitées, sans avances pour attendre deux ou trois ans le fruit de leurs premiers travaux, obligés à vivre de privations, à se livrer eux-mêmes aux plus durs labeurs, la plupart du temps mal logés, mal soignés, mal nourris, ce sont tous ceux-là qui sont revenus malades, usés, rapportant en France leur désillusion profonde et jetant, à tort, le discrédit sur des pays souvent fertiles mais qu'ils n'étaient point outillés pour exploiter.

S'il faut pour réussir dans les pays neufs beaucoup de bonne volonté et d'énergie, il ne s'ensuit pas que l'énergie et la bonne volonté seules y soient suffisantes. Il faut aussi pouvoir attendre, et l'on ne saurait trop mettre en garde contre les déceptions futures les éblouis qui songeraient à s'embarquer sans avoir leur pain et leur repos garantis dans la colonie où ils vont chercher la fortune.

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