EMBAUCHAGE
Dans la Société des Compagnons du Devoir de Liberté, le Rouleur conduit, soit un Compagnon, soit un Affilié chez le maître, et lui dit : Voici un ouvrier que je viens vous embaucher. Le maître met cinq francs dans la main du Routeur, qui, se tournant vers l'ouvrier, lui dit : Voilà ce que le maître vous avance; j'espère que vous le gagnerez. L'ouvrier répond affirmativement. Le maître doit ignorer si l'ouvrier est Affilié ou Compagnon ; quand un Rouleur a embauché plusieurs hommes, il leur rend l'argent que le maître leur 3 avancé, puis ils déjeunent on dînent ensemble^ et ceux-ci, entre tous, lui paient son écot. Cependant il pourrait exiger de chacun à part un léger repas.
Dans la Société des Compagnons du Devoir, te Rouleur mène également ses hommes chez les maîtres, qui avancent cinq francs si c'est un Compagnon , trois francs si c'est un Aspirant. La journée d'un Aspirant est payée cinq sous de moins que celle d'un Compagnon; cependant, comme dans ces derniers temps presque tous les ouvriers sont aux pièces, cette distinction est de peu d'effet. Le Rouleur rend un franc à l'Aspirant, et en garde deux pour lui. Dans les villes de Devoir, il doit verser un franc dans la caisse des Compagnons, caisse qui n'a rien de commun avec celle des Aspirants.
Les Compagnons bourreliers, maréchaux, etc., font payer à l'Aspirant, la première fois qu'ils l'embauchent dans une ville, la somme de six francs. Celui qui a payé cette somme peut se faire réembaucher dans la même ville, sans qu'il lui en coûte rien; les Aspirants de ces Sociétés ne paient point de frais de mois, mais ils reçoivent aussi des secours proportionnés à l'argent qu'ils versent.
Ce n'est que dans l'embauchage que le Routeur reçoit une sorte de dédommagement, toutes ses autres courses sont gratuites.