CHANSON SATIRIQUE DES DEVORANTS
Chers Compagnons honnêtes, Le printemps vient de naître ; Le Rouleur nous a dit Qu'il nous fallait partir.
J'entends le bruit des cannes, Le Rouleur marche à grands pas; La conduite générale Ne l'entendez-vous pas? (bis,)
Que la terre est charmante !
L'on rit, Ton boit, Ton chante ; Que les arbres sont beaux, Portant des fruits nouveaux I Les rivières sont calmes, Les prairies sont tout vert ; Il y a bien de la différence Du printemps à l'hiver, {bis.)
Que diront ces fillettes Là-haut dans leurs chambrettes, Qui pleurent leurs amants, Qui s'en vont battre aux champs, Descendant sur le Rhône, Sur ce coulant ruisseau , S'en vont droit à Marseille Enchaîner les Gavots? {bis.) Gavot abominable, Mille fois détestable, Pour toi quelle pitié De te voir enchaîné î Il vaudrait mieux te rendre Chez notre mère à Lyon; Là on saurait t'apprendre Le devoir d'un Compagnon, {bis.) .
Chère Compagnons honnêtes, Votre loi est parfaite :
Vous irez dans les ci eux Comme des bienheureux ; Et les Gavots infâmes Iront dans les enfers Brûler dedans les flammes Comme des Luctfers. (bis.)
On dit que je suis fière, Je ne dis pas le contraire; Je n'ai que trois amants, Je les rends tous contents.
Au Gavot la grimace, A l'Aspirant les yeux doux , Au Dévorant je déclare Qu'il sera mon époux, (bis.)