CHANSON DE GUERRE DES «AVOTS
Pays, sur le champ de conduite, Malgré des guet-apens marchons, Honorons d'une grande suite De vrais et digues compagnons, {bis.) Ils quittent la ville d'Auxerre, Ils vont dans la grande cité ; Chers Compagnons de Liberté, Formons une marche guerrière, Du grand roi Salomon intrépides enfants, Faisons, faisons un noLle effort, Nous serons triomphants.
Oui , le danger nous environne, Serrons nos rangs, mes chers pays, Auprès des rives de l'Yonne, Voyez nos cruels ennemis : (bis.) Ils sont en nombre, ils sont en armes, Marchent sur nous pi ins de fureur; Les satellites de Terreur Pourraient-ils nous causer d'alarmes?
Du grand , etc.
Non loin de la ville de Nantes, Sur la route qui mène à Tours, Plusieurs cliques Impertinentes Voulaient mettre un terme à nos jours, {ois.} Dans cette crisemeurtrière, Sougez-y bien, chers Compagnons, Un grand nombre de forgerons Rougit de son sang la poussière.
Du grand, etc.
Des charpentiers, dans leur colère, Voulant de Blois nous expulser, Entrent un jour chez notre mère, Osent enfin la terrasser, (bis.) Et quoi ! terrasser une femme !...« Ohl nos frères sont courroucés,
Et tombe sous leurs coups pressés De Soubise une bande infâme.
Du grand, etc.
Nos frères, aux bords delà Loire, Furent bien braves et bien grands En arrachant mainte victoire A des rivaux trop arrogants, (bis.) Chers Compagnons, à leur exemple, Frappons ! que nos bras réunis Ecrasent tous nos ennemis :
Des cieux Salomon nous contemple.
Du grand, etc.
Elançons-nous, pleins d'assurance, Exerçons nos bras vigoureux :
Us ont lassé notre prudence, Eh bien ! nous voici devant eux. (dis.) Enfant d'un roi brillant de gloire, C'est aujourd'hui que, sans pâlir, Il faut savoir vaincre ou mourir.
La mort ! la mort 1 ou la victoire ! Du grand roi Salomon, intrépides enfants, Faisons, faisons un noble effort, Nous serons triomphants!
J'ai reproduit des couplets bien rudes, mais il ne faut pas juger de toutes les productions des Compagnons par ce que l'on a vu ; on trouvera plus loin des chansons plus humaines. i f Je termine ici cette notice sur le Compagnonage. Mon seul désir était de faire connaître, d'après la tradition, son origine commune, ses catégories diverses, les Sociétés qui les composent, l'organisation, les systèmes de ces Sociétés, et quelques particularités qui ne touchent point aux initiations et aux mystères. J'ai exposé le bon et le mauvais avec impar-
tialtté, en m'abs tenant, tant que possible, de
I'uçer. J'ai usé de ménagement autant que je 'ai pu. Je présume que cette notice fera plaisir à beaucoup de personnes et en blessera peu. D'ailleurs, s'il en était autrement, elle ne répondrait pas à mon intention.