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Si des maîtres, en se coalisant, conspirent contre Us salaires des ouvriers, etc. [voy. p. 94, lig. 31).
Les maîtres qui veulent diminuer les salaires des
ouvriers n'entendent pas leurs véritables, intérêts. Je vois que si les ouvriers , en travaillant beaucoup, ne gagnent plus leur misérable vie, les maîtres euxmêmes (excepté ceux qui sont riehes et qui spéculent sur la misère des autres) ne font plus leurs affaires, et le temps des banqueroutes est arrivé. On se fait concurrence d'ouvrier à ouvrier, de maître à maître, de peuple à peuple ; on travaille le jour» on4ravaille la nuit, et plus on travaille, plus le&gajns dinuV nuent. J'examine si ceux qui estiment , qui proclament la concurrence acharnée de nos jours commet un signe de prospérité publique, se font concurrent;» entre eux; je vois que non (je veux dire au moins
ri leur concurrence est pins fine, plus adroite que nôtre); car les* employas, les fonctionnaire» qui? touchaient, il y a huit ou neuf ans, des traitement» de vingt, trente, quarante, cinquante mille francs et plus,' touchent aujourd'hui les mêmes traite* ments: aucun rabais. Au contraire. Si cependant nous donnons en ce temps notre travail la moitié moinscher, ils dépensent la moitié moins pour se loi procurer, et entassent par conséquent la moitié plus d'or. N'est-ce pas vrai? Je ferai d'autres remarques: les productions de la main des homme» perdent du prix; les productions de la nature gardent le leur. Oui , les bois , les fers , etc., se vendent ce qu'ils se vendaient autrefois, et ces mêmes objets façonnés se vendent moins qu'ils ne se sont jamais vendus. Pourquoi cela? c'est facile à deviner. La façon est la propriété d'un1 classe. Les matières premières sont ta propriété d'une autre classe ; l'une subit la loi sans la connaître , l'autre la fait et 1-ap*pOqne. en connaissance de cause. Il arrive de- là-que les intérêts des uns sont méconnus, et que les intérêts des autres sont défendus de toute manière outre mesure. Aussi , chacun peut le voir, l'un des deux cotés se dégarnit, il n'y reste plus rien; l'autre eôté attire tout a lui, il absorbe, tout. Il ne faut pas s'en, étonner. Il ne peut en être autrement. Qu'est-ce qui protège les ouvriers? Bien» La loi même» en, bien
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4es circonstances, n'est-elle pas plus, rigoureuse* pour eux que pour les maîtres ? À qui profite cette inégalité? aux maîtres. Non ; car moins gagnent les ouvriers, moins gagnent les maîtres. A qui profitent donc toutes les injustices tendant à abaisser et abaissant réellement les salaires des ouvriers? à qui? Je l*ai déjà fait comprendre , à ceux qui coa~ somment sans produire, à ceux-là seulement. Je* dirai donc qu'à cause d'une organisation singulière, les choses descendent (Telles-mêmes , et Von ne peut pas les faire remonter. Il n'est pas perm's aux ouvriers de s'entendre pour soulever le fardeau qui les. écrase. Les maîtres** pèsent immédiatement sur eux,, les marchands sur les maîtres, les bourgeois sur le* marchands. On s'empile, on s'entasse les uns sur les autres , et tout le monde enfin , dans cette position forcée, manque d'air et se sent oppressé. Si le» ouvriers pouvaient résister aux maîtres, les maîtres». à leur tour, pourraient résister aux marchands., les
* Autule 414 dn Code pénal : Toute coalition entre cens qui font travailler des ouvruwte, tendant a forcer injustement et abusivement l'abaissemennles salaires, suivie d'une tentative ou, d'un commencement d'exreution, sera punie d'un emprisonnement de tii jours à un mois, et d'une amende de deux eenu francs à trois miUe francs.
Art. 416 duCode pénal : Toute eualitiovde la part de* ou* vriers pour faire cesser eu même temps de. travailler, interdire le travail dans un atelier, empêcher de s'y rendre et «t'y rester avant on après, de certaines heures, et en général pour suspendre, empêcher, enchérir les travaux, s'il y a eu tentative ou; commencement d'exécution, sera punk d'un emprisonnemtnl d'un* mois an moins et de trois mois an plus.
Le* chefs ou moteurs seront punk d'un emprisonnement de* deux à cinq ans, et \b pourront, après l'eipiraiion de leur peine, être mis sous la surveillance 4e la hante police pendant deux ans au moins et cinq ans an plus,
** J'appelle maîtres ceux qui occupent lesioosriera eu faisant fabriquer; marchands, ceux qui achètent au*, mafirt-s et tien» nent magasin soit de meubles, soit d'autres chose* pour les. revendre; bourgeois, les rentiers ou. antres qui achètent pourleur usage et pour leur consommation»
marchands aux bourgeois, ce qui donnerait plus d'aise , plus de mouvement dans les rangs de la société , et principalement dans les rang."» inférieurs , 3ui sont les plus forts , mais dont les charges aussi eviennent par trop lourdes. Si les choses étaient mieux organisées , si le travail dos hommes qui fatiguent le plus était mieux rétribué , l'argent enfoui, l'argent que Ton ne voit plus, descendrait forcément un peu plus bas ; le commerce en serait alimenté, et tous y trouveraient leur compte; car ce long croupisse ment d'une partie delà société répand une odeur fétide qui n'annonce rien de bon. 11 est temps d'y porter remède. Depuis quelques années les travailleurs gagnent à peine leur nourriture, et naturellement ils ont besoin de vêtement , ils ont besoin de linge, ils ont besoin de meubles, ils ont enfin besoin de tout ; car leurs ménages sont nus et délabrés. Que Ton fasse en sorte que la main-d'œuvre soit payée à sa juste valeur, et chaque travailleur avec ses économies fera travailler d'autres travailleurs. Les besoins pouvant être satisfaits , la consommation deviendra plus grande et plus générale ; les marchandises accumulées qui moisissent, et dépérissent dans les magasins seront agitées ; elles prendront un cours par toutes les voies pour se répandre dans toutes les localités , chez tous les individus. Ce marasme sans fin , qu'on s'obtine à nommer une crise commerciale disparaîtra, et le peupb, après bien des souffrances, aura retrouvé ce temps meilleur, objet de ses désirs. Mais peut-on résoudre avec bonheur ce qu'on étudie sans intérêt et sans aptitude ? Cherche-t-on sérieusement à porter un remède efficace à un mal déjà bien grand , et qui s'accroît et s'aggrave toujours? Non, on fait des discours où les paroles sont artistement arrangées; on parle, voilà tout. Ce n'est pas avec des paroles que l'on peut guérir de graves maladies ; il faut plus que cela. O vous qui gouvernez les peuples , pensez aux travailleurs, ne les réduisez pas à l'alternative ou de mourir de faim ou de se soulever. S'ils mouraient
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4e fcmn, <ftïl vous Munirait f S'ils se sauteraient, si leur courroux Venait à éclater, qu'en résulterait-il t Dans les deux cas vous ne pouvez que perdre. Donc penser aux travailleurs ; ils souffrent beaucoup, et dans leurs douleurs ils se disent : « Il n'y a pas de guerres ruineuses , il n'y a pas d'épidémies destructives; les productions de la terre n'ont pas été ravagées par les orages et les tempêtes ; les récoltes en niés , en vins , ont été abondantes depuis Nombre d'années; nous sommes laborieux, nous sommes économes, et nous manquons de tout! Pourquoi cela , d'où provient tant de misère, ou est ta cause du mal qui nous ronge et nous tue? » Ainsi je plaignent les travailleurs. On! pensez à eux, ils souffrent beaucoup r