‹ Le livre du compagnonage (volume 2)Chapitre 41 sur 67 · UX COMPAGNONS · texte numérisé non relu

UX COMPAGNONS

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Jusqu'à présent, nos chers pays, on «'avait jamais songé à foire imprimer les chansons et autres poésies composées par nos confrères en l'honneur de notre Société. Nous tentons aujourd'hui d'introduire l'usage de l'imprestioft parmi nous, nous croyons que tous nous approuverez, et que l'exempte ne sera pas perdu* Nous désirerions voir notre Société charger un. Compagnon du travail de recueillir toutes nos meilleures chansons , et d'en former un recueil que l'on devrait faire imprimer à un grand ■om&re d'exemplaires»

U faudrait aussi que celui dont vous aurie* fait choix } tout en réunissant nos chansons, prit le soin de les corriger, pour les rendre telles qu'elles ont dû sortir de la plume do leurs auteurs. Marseillais, Bon Accord; Nantais Prêt à Bien Faire; Bourguignon .La Fidélité; Lyonnais l'Union, et tant d'autres qun nous pourrions vous citer, ont donné à notre Société leurs chansons en manuscrit; elles ont passé de mains en mains; elles ont été copiées, recopiées, et se sont popularisées parmi nous. Nms noua savons loua que ces chansons sont

pleines de fautes qui ne viennent pas de nos poètes; on sent comment ces .fautes ont pu s'y introduire : ce sont ces fautes qu'il faudrait faire disparaître, autant que la chose serait possible.

Nous croyons devoir inviter nos poètes actuels à faire attention que nous sommes au dix-neuvième siècle; nous les invitons aussi à examiner avec nous beaucoup de nos vieilles chansons trop à la mode encore. Eh bien , qu'y trouvons-nous ? Injures, grossièretés, barbarie, prévention! Nous y sommes portés aux. deux, et nos rivaux jetés dans les enfers ou aux galères de Rochefort et de Toulon. De telles œuvres, avouons-le, ne nous font pas honneur, et sont certes plus nuisibles à ceux Qu'elles louent qu'à ceux qu'elles dénigrent, out homme sensé ne les entend point chanter . sans hausser les épaules et sans sourire de pitié. N'imitons donc plus ce qui est dégoûtant, repoussant même. Si le fanatisme se glisse par-' tout,. c'est un malheur que nous ne pouvons' parer; mais faisons du moins nos efforts pour' empêcher ce monstre de s'introduire chez noùs^ pour troubler et égarer notre belle Société.- Puissiez- vous, nos chers Pays, être satisfaits de ce recueil, et nous pourrons un jour vous en offrir un second. Nous espérons pouvoir suivre le progrès de notre époque et marcher' avec la civilisation.

Vtft PATS ET AMIS.

Paris. 1834.

(Suivaient trente-trois signatures).

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