LE COMBAT D'ESPRIT
Aib : Que l'union est agréable, ou un soldat qu'une trêve.
Destin à mes voeux si contraire, Pourquoi viens-tu donc m'affliger?
Pourquoi , par un ordre sévère, A partir viens-tu m'obliger?
Il faut quitter ma tendre amie; 0 Dieu, pour moi quel triste jour!
Il faut quitter mon Emilie, le cher objet de mon amour.
Puisqu'enrln le Devoir l'ordonne, Je ne consulte que l'honneur.
O passion que Vénus donne, Eteins ta flamme dans mon coeur; Comptez sur mon obéissance.
Chers Compagnons de Liberté ; Tout soumis a votre puissance, Je fuis mon aimable beauté.
Quoi donc J est-ce là la promesse Que je faisais tous les moments, A mon idole, à ma maîtresse, Moi, le plus heureux des amants!
O belle, 6 touchante Emilie, Comment de toi me séparer P Je veux, je veux toute ma vie Te voir, te chérir, t'adocer.
Hélas! e$t-ee moi qui soupire, Esclave d'une passion?
Digitaedby G00gle
Ouelle faiblesse, quel délire Troublent mon esprit, ma-raisoirt 0b! non, je n'ai plus de courage; Mes forces m'ont abandonné, lies yeux sont couverts d'un nuage, JBt mon corps est tout enchaîné.
Grand Salomon, vois ma faiblesse; Vois mes transports irrésous, Vois mon cœur balancer «ans cesse Et pencher même vers Vénus.
Roi bon, exauce ma prière, Daigne soulager ma douleur ; Rends ton enfant dans la carrière De la sagesse , et de l'honneur.
Je sens renaître mon courage, Je sens triompher ma raison ; Je sors d'un pénible esclavage, Et je suis tout à Salemeu.
Voyageons dans la belle France, Accompagnés de l'équité, En y célébrant la puissance Du beau Devoir de Liberté.