‹ Le livre du compagnonage (volume 2)Chapitre 45 sur 67 · LES PROMESSES DU NOUVEAU DIGNITAIRE A LA SOCIÉTÉ · texte numérisé non relu

LES PROMESSES DU NOUVEAU DIGNITAIRE A LA SOCIÉTÉ

CHAIVSOIf-IHPflOHPTU *

Air : De ton baiser la douceur passagère.

Puisqu'en ce jour votre choix me préfère, Puisqu'au pouvoir vous me faites monter, Ce grand honneur, je veux le mériter; * Je veux agir, vous servir et vous plaire, (bis.)

Si dans mon temps, par un destin prospère \ De mes désirs je peux suivre l'ardeur, Vous connaîtrez le penchant de mon cœur; Je vous chéris, mais je saurai vous plaire, (dis.)

De Salomon, notre ami, notre père,

Du souverain l'exemple des bons rois,

Je maintiendrai les équitables lois,

Et je saurai yous chérir et vous plaire, (bisj

* r«Tcrti$ aoe Ns pour toittrs que le plus soofcnt chaque chanson aura ses notes qui la suifroal iaundUaleaieal.

• * Honneur et gloire à l'ancien dignitaire • Oui sut remplir sa haute fonction; Faisons un ban pour le vrai compagnon » Qui m'a montré le chemin de vous plaire, (bis.)

i Si dans mon temps. Ce mot temps n'est pas clair; mais, comme nous remployons ordinairement pour désigner le règne de six mois du premier Compagnon ou dignitaire élu par la Société , je m'en suis seryi dans le même sens.

» Plusieurs anciens Compagnons, étant réunis à la même table dans un grand café, parlaient de leur jeunesse et de lear tour de France; ils étaient joyeux : c'était pour eux le bonheur dans le passé et dans le présent; chacun d'eux exposait ses titres avec un certain orgueil. Celui-ci disait : Je suis premier Compagnon de Nîmes ; celui-là : Je suis premier Compagnon de Chartres ; l'un disait qu'il était dignitaire de Lyon; enfin d'autres disaient qu'ils relaient soit de Marseille , soit de Montpellier, soit de Bordeaux, soit de Nantes, lis se glorifiaient surtout d'avoir été élevés à la première place de la Société par le libre suffrage de leurs éçaux. Un beau Monsieur décoré était à une table voisine , et écoutait leur conversation avec un sourire moqueur sur les lèvres ; un des compagnons s'en aperçut, et lâcha aussitôt les paroles suivantes : — Oui , nous portons des titres dans notre Société, et l'on trouve cela étrange! Mais des individus d'un rang plus élevé en

Sortent aussi : ce sont des comtes de Cagliostro, des ucs de Talasque , des marquis de Cabrieres , etc., et ces titres sont héréditaires dans leur famille. Quand un comte, un duc, un marquis, ont des droits sur le pays dont ils portent le nom , passe 1 Mais porter le nom de duc d'un pays parce qu'on l'a arrosé de sang, c'est drôle 1 Mais porter le nom de marquis d'un pays parce que votre père Ta ensanglanté et dépeuplé» et surtout en porter le nom sans y avoir

mis le pied, et sans f être connu «Ton ssftf do ses habitants, c'est encore pins drôle! c'est même ridicule. — Ces paroles furent entendues du beau Monsieur décoré qui ne sourit plus.

• Faisons un ban. Ce mot ban n'est , je crois , pas français ; maïs . comme il désigne Chez nous un appmudisseinent général et mesuré, j'ai cru pouvoir et même devoir m'en servir.

LE DÉFART.

Air 4b As ParifiewM.

Oui , du départ l'heure est soimée, Mes chers pays \ éloignons-nous De cette ville fortunée, Séjour des plaisirs les plus doux.

Fuyons dlci la jouissance, Pour trouver aureurs la science.

Amis, voyageons En vrais Compagnons Bu glorieux, du grand roi Salomou, Sur le oeau tour de France, (bts.)

Voyez dans ces belles campagnes Ces bosquets, ces gaeons, ces fleurs.

Ces oiseau* près de leurs compagnes^ Chanter l'amour et ses faveurs.

Ira printemps quelle est la puissance!

Tout se ranime à sa présence.

Amis, etc.

Iles chars pays, au digaftaire Ofeé1ssons-a*ee *tàmr.

Déployons ranttqoe bannftre De notte saj© fondateur; Qu'a* gré des ait* iatee ayante, «blteORtit elle se tenante.

,ttc.

Digitaedby G00gle

- SIparMs^ansndta* voyages. • v

Hon, non, envers ce personnage If'agissons pas brutalement ; Laissons l'affreuse intolérance A la fanatique ignorance.

Amis, ete.

Mais si , bouffis de fanatisme,

• Des insensés osaient enfin, Croyant faire acte d'héroïsme, Ifous attaquer dans le chemin; Sous le poids de notre vaillance,

* Accablons leur sotte arrogance.

Amis, etc.

Adieu , loyaux sociétaires , Il faut se quitter désormais.

Embrassons-nous , adieu , nos frères , Vivez heureux , vivez en paix ; Et nous, sur cette route immense.

Partons, et faisons diligence*

Amis, voyageons

En vrais compagnons Du glorieux . du grand roi Saîomon ,

Sur le beau tour de France*

i Bans les Sociétés de Compagnonage te mot mon» sieurs n'est point d'usage : dans les unes on se nomme Coterie; dans le plus grand nombre on se nomme Pays. Les Français , les Espagnols , les Italiens , les Suisses , les Allemands , misant leur tour de France et se trouvant ainsi réunis , se nomment réciproquement Pays espagnol , Pays italien , Pays suisse, etc. Us sont éloignés de leur famille : ils se déplacent fréquemment pour habiter un endroit, pots* un autre endroit; ils vivent cordialement entre eux et sans prévention nattante. D'ailleurs ils habitent sous la même voûte, ils matthent sur le même globe , ils sont , ils se nomment Pays , car le monde pour eux n'est qu'un grand pflpvf Beaveoup deper*

rient de cette appellation; qu'elles réfléchissent, et qu'elles rient encore après si elles le jugent à propos!

Page 1