‹ Le livre du compagnonage (volume 2)Chapitre 48 sur 67 · CHOEUR D'AFFILIÉS · texte numérisé non relu

CHOEUR D'AFFILIÉS

flous conserverons la mémoire De votre dernière leçon ; Nous ne ternirons point la gloire Du beau Devoir de Salomon.

RÉFLEXIOIfS.

Ceux qui partent d'une ville à la dérobée , et sans payer leurs dettes , sont appelés des brûleurs; leur nom, leur signalement sont répandus sur le tour de France, et les brûleurs ne sont accueillis nulle part.

11 s'en trouve, parmi ceux qui partent ainsi, qui laissent des dettes bien légères : quelquefois ils ont terni leur réfutation, ils ont sali leurs noms pour la somme de vingt ou trente francs! Certainement ils> ne calculent pas, en agissant de la sorte, les con~

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séquences de leur vilssse action; c'est te phi* Souvent quand ils sont rétines, ou quand uu peu plus d'âge a mûri leur raison , qu'ils sont niches d'avoir si mal agi.

Si nous ne voulons point avoir de reproches & nous faire , ayons de la franchise et de la probité I car, si nous avions trompé quelqu'un, pourrions-* nous dire du mal de celui qui nous tromperait sans dire du mal de nous-mêmes? Si , ayant trompé, nous appelions fripon celui qui nous tromperait, ne pour* rait-on pas nous appeler du même nom? Et que ré* pondrions-nous alors? Rien. Donc, tâchons d'avoir toujours pour nous notre conscience; c'est la plus soude de toutes les défenses.

L'on voit des Compagnons . des Affiliés , qui , pour avoir subi l'injustice de quelques chefs , se retirent promptement de la Société. Quand une Société est bien organisée , 'quand elle a des principes vrais et de sages lois, on ne doit pas la quitter si vite et pour si peu. Il faut avoir de la patience , et faire toujours tout ce que le devoir et l'honnêteté commandent : c'est le seul moyen de s'attacher le plus grand nombre , et de rendre honteux ceux qui vous auraient fait des injustices. En agissant autrement, vous donneriez raison à ceux qui ont tort : c'est ce qu'ils demandent , c'est ce que vous ne devez pas faire.

Nous sommes dans un temps où Ton se moque des gens trop mystérieux et trop séparés des autres, 'fous devons dire tout ce qui peut se dire raisonnablement , et vivre avec tous ceux qui savent vivre. Sans être ennemis d'auoune Société , nous devons nous attacher à la nôtre, et la servir avec zèle et amour. Si, après avoir fait tout notre devoir, notre Société pouvait se tromper et nous en mal récompenser, il nous serait permis de mire entendre des plaintes modérées : ceux qui se trompent reviennent quelquefois d'une erreur; mais ne nous yen-»

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geons Jamais aux dépens de nos engagements et de notre honneur : nous serions exécrés et flétris des noms de lâches , de traîtres et de scélérats ; de toute part la défiance nous observerait, et nous vivrions, quoique au milieu du monde, dans un isolement complet. Ainsi nous aurions voulu faire du mal; nous nous en serions fait à nous-mêmes.

Soyons toujours probes et honnêtes; ne faisons Jamais retomber sur la Société entière 1 s fautes de quelques-uns de ses membres; soyons fidèles à nos serments et à nos engagements. Tout cela n'est que notre avantage ; nous agirions contre nous en agissant différemment.

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