‹ Le livre du compagnonage (volume 2)Chapitre 61 sur 67 · LE DEVOIR · texte numérisé non relu

LE DEVOIR

Sur le Devoir chacun raisonne, v Mais sans pouvoir le définir ; S'il se trouvait quelque personne gui tâcherait d'y parreiij^ ed byGoogIc

Il faut qu'il montre son ouvrage, Qu'il plaise à tous nos Compagnons, Et plus qu'il mène une conduite sage; Avec honneur il portera son nom.

Sans ces qualités, je vous le jure, Vous ne réussirez en rien ; Oui , sans cela, je vous l'assure, Aucun mortel n y parvient.

Il faut donc suivre les manières De nos Compagnons sur les champs; Pour découvrir ce grand mystère, Il faut jurer d'être toujours constant

Sur les lois du Compagnonage Nous sacrifions sur les champs La plus belle fleur de notre âge; Oui, tout se passe en voyageant.

Nous sommes tous amis et frères; Toujours les mêmes sentiments :

Jusqu'à la fin de notre carrière, Nous soutiendrons ce beau serment. ,

Quand maître Jacques nous commande».

Promptement nous lui obéissons; Mais, sans aucune réprimande, Jamais nous ne le contredisons.

Son autorité est si grande Sur tous les cœurs des Compagnons, Qu'il n'en est aucun qui ne tremble Lorsqu'il entend prononcer son nom.

Maître Jacques nous estime, Nous dit : Courage, mes enfants !

L'on a vu fléchir des empires, Renverser des gouvernements ; Notre Devoir est admirable Par ses vertus, par sa grandeur, Mais il sera impérissable, Puisque j'en suis le protecteur.

Dans ce saint jour, pleins d'allégresse; Portant nos brillantes couleurs,

Digitaedby G00gle

Nous assistons {ou** la nrase, Tout en f Invoquant le Seigneur. Les règles de ce grand mystère, Jusqu'à la fin du mondé entier; Nous finirons notre carrière En laissant de bons héritiers.

Bacchus, l'amour et la folie Ont pour l'auteur quelques attraks, Et la belle union qui nous lie Chez nous tonne un bonheur parfait* Je vais vous le faire connaître:' ▼a Sans Crainte, voilà son nom!

Oui, c'est Bordeaux qui la vu naître, Vitrier est sa profession. ' * '

Par Bokdslai» Va Sam Cbainti.

LJES SERMENTS ViNO^

A peine avais-je atteint V4&e de quinze ans,

Que je fis choix d'une maltresse ;

Nous n'étions encore que des enfants,

Que nous nous prodiguions nos tendresses;

Mais les serments que je fis en ce jour

N'étaient eocpr que des serments d'amour, {(tfs.)

Quand on voulut me faire apprendre un métier, De choisir j^eus la préférence i ' " '

Je choisis celui de menuisier, Dans l'intention de faire mon tour de France,; Mais les serments que je fis en ce jour N'étaient encor que des sermçpM amour.

Quand mon apprentissage fut achevé, Je fis choix d'un Compagnonage : ' Ce fut celui du Devoir de Liberté, Fondé par Salomon' le Sage i Mais les sermeqts que je fis en ce iour N'étalent 'encor q ue 4es serments aampiu*.

Çuand on me mit w rQag^.^tawpagmm*,

Oh ! pour moi quel jouMe<elaire

D'être enfant du grand roi Saiomon,

Et d'être enfin l'ami de la. Yietawe ;

Mais les serments que j& ils en ce jeter

Ce n'étaient phisr comme 4*e wifttBte d'amour.

Le lendemain dema réception ,

Je partis toujours avec courage

Pour Toulouse, ville «te,riuinon

Des Compagnons de Salemon le Sage;

Mais les serments que je fis en ce jour

Etaient encor cocaïne des serments d'amour. •

Dedans Toulouse étant tous réunis, Je ne tardai pas à faire la demande D'être au rafle 4bs Compagnons finis, Et Je le fus, oh ! quelle jouissance ; Mais les serments que. jeffisencejow Ce n'était plus comme des serments d'amour. Qui est l'auteur de ces simples couplets, Mes chers pays, ce n'est pas un poète; C'est un Compagnon menuisier Qui les chanta le jour de notre fête.

Bordelais La Prudence est son nom ; Buvons un coup à la fin de sa chanson. (Bis.)

Par Boubulais La. Pjuuhvncb.

yALOtlETÏJE.

L'alouette a chanté l'aurore, Et mon amant va battre aux champs.

Me Uendra~t~ilite«ts<ses$efta6nts?

JKauMl , hélas! que je l'ignore?

(Hier* encore il m'assura^ De son amour» de sa consUnoe ; Mais bientôt sur le Tour de ftanoa 11 m'oubliera. .

Printemps , saison enchanteresse , En lui promettant de beaux jours , Des miens tn abrèges le cours En me plongeant dans la tristesse.

Si tes attraits sont séduisants , Ton retour fait couler mes larmes , Et pour moi tu n'as plus de charaes.

Cruel printemps!

Quel bruit déjà se fait entendre !

De son départ l'heure a sonné , Et le signal en est donné ; A le revoir dois-je prétendre?

Mais c'est en vain! pourquoi gémir, Pourquoi cette douleur mortelle ?

Sur les champs son devoir l'appelle , Il doit partir.

Ainsi parlait la jeune Adèle , S'abandonnant a la douleur, Quand celui qui avait son coeur À^ec regret s'éloignait d'elle !

Mais le destin combla leurs vœux , Réalisa leur espérance , Et leur fit oublier l'absence :

lis sont heureux.

Un menuisier à la constance Consacre ces quelques couplets. Amants, s'ils ne sont pas bien faits, Ayez pour lui de l'indulgence; Jacques Le Chambéry est son nom, Et sur l'aimable tour de France 11 se dira en assurance Vrai Compagnon.

Jacques le Chambéry passe pour s'être attribué une chanson qu'il n'aurait point faite. Vendôme la Clef des Coeurs a réclamé à ce sujet par une lettre qui est insérée dans le commencement de la seconde partie de cet ouvrage. J'y renvoie le lecteur désireux de connaître la vérité.

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