ORIGINE DES SOBRIQUETS
Il est probable que dans les premiers temps du Gompagnonage, en crainte des docteurs en théologie i, les cérémonies avaient lieu dans les profondeurs des bois. Il est probable aussi que tous les Compagnons hurlaient. Leurs bunements étaient plus ou moins graves , plus ou moins aigus, selon les Sociétés; de là sont venus sans doute ces sobriquets : Loups, LoupS" GarouXy Chiens, etc., etc.
D^autres prétendent que le nom de Chien, attribué à tous les Compagnons du Devoir, vient de ce ({ue ce fut un chien qui découvrit lé lieu où gisait sous des gravats le cadavre d'Hiram, architecte du Temple, et que, diaprés
1 L^histoire oe uoas instrait pas de toutes les persëcaliont qae le Compagnonage a ea à subir. Diaprés le père Hélyot, Toici ce qui se serait passé en 1645 :
I 11 y avait parmi les CompagDons artisans de cbaqae in&*
< lier , dit-il . certaines maximes exécrables et sacrilèges qo^on c appelait Ynlgairement le CompctenoncLge , d^antant i>liit c dangereases qoVlles étaient cachées sons le Yoile d^one piété « apparente, et qu'on pouvait les embrasser avec une entière c assurance d'impunité , parce qu'elles étaient ignorées de» c juges ecclésiastiques : mais en ayant été avertis par le ter-
< viteur de Dieu qui n avait pu les détruire par ses cbari' « tables remontrances, ils les condamnèrent à sa soliicltac tion , et défendirent . sous peine d'excommunication , les c assemblées pernicieuses de ces Compagnons. Ils les avaient
< transportées an Temple au Marais, comme dans un liea c exempt de la juridiction de i*archévéque; mais ils en furent f chassés par sentence du bailli du Temple, à la requête du € bon Henri , qui obtint aussi une sentence d'excommunica- « tion de Tarchevèque de Toulouse contre ceux de son diocèse
cela, tous les Compagnons qui se séparèrent de ceux qui avaient tue Hiram furent appelés de ce nom de Chien»
Sur le sobriquet Dévorant je dirai : le De* Toir est un Code; c^est l'ensemble des lois et des règlements qui dirigent une société, ceux qui possédaient un Devoir furent nommés Devoirants, puis Dévorants,
Sur le sobriquet Gavot, voici ce que Tondît : quand les Compagnons du Devoir de Liberté , arrivant de la Judée, débarquèrent en Provence , ils se réunirent sur les hauteurs de la Sainte-Baume; de là ils descendirent dans les vallées et dans les plaines pour se répandre ensuite dans les villes. Ceux qui les virent des* cendre de la montagne dirent : ce sont des Gavots, et ce nom leur fut conservé. Je ferai observer qu'en Provence^ on appelle Gavots les habitants de Barcelonnette et tous les autres habitants des montagnes.
« qai se laissaient aller dans ces excès de liberlinage, et il eot « enfin la consolation de Toir le Compagponage entiëreoient c aboli , malgré tontes les oppositions quMl troava dans cette « sainte entreprise. »
Voir aux bibiiolhèqnes royales et antres Thistoire désordres monastiques, par le père Helyot, tome viif , page 179.
Le bon Henri on Michel Buch était un âévol ; il Toalait que les Compagnons véenssent dans le célibat , et snivissent les pratiques religieuses en usage chez les moines : n^ayant pa réussir dans son projet , il dut natorellement les dénoncer et les calomnier : c^était très-naturel et surtout selon Tordre da temps.
Les auteurs du dictionnaire de Trévoux ont reproduit, à Tarticle Compagnonage , le passage ci -dessus sans ajouter on mot de réflexion ; ils ont cru le Compagnonage mort quand it ^it seulement forcé de se cacher. Le Compagnonage est eomme le chiendent; on a beau couper sa tige, il traTaïUe et croit iODs terre, puis U reparait à sa surface toi^ours plot terré*