‹ Le Livre du CompagnonageChapitre 72 sur 79 · DROIT · texte numérisé non relu

DROIT

Idcp ont

Tondeurs en drap et Toumenrs.

— Les Tondeurs passent avant les Tourneurs.

Vitriers n^l

Selliers

Poêliers

Doleurs n° 1

Couteliers n** 2

Ferblantiers n° 2

Bourtliers, enfants des Selliers

Charrons n° 3

Clout!er.<^. — Se disent enfants des Chapeliers. Approuvés par les quatre Corps '.

Couvreurs n° 4

Plâtriers n** 4. — Ces deux drniers Corps doivent passer avant l(*s quatre Corpa , vu qu'ils ont été fondés en 1703 par les Charpentiers, qui en ont donné connaissance en 1559.

Approuvé par tous les Compagnons Passants du Devoir, le 18 mai 1807, et corrigé par les principaux Corps, qui sont les Tailleurs.de pierre. Charpentiers de hautes futaies. Menuisiers et Serruriers, et signé de tous à Lyon.

1 Les quatre Corps sont les Fdndenrs. les Goaleliers, lesFerhlaotiers et les Poéllers oa Chandroimiers.

'VtWKyAnTjdft Bordelais sans Façon, Compagnon bondrille;

Balagon, dft Tourangeau le Juge des Renards, Compagnon bondrille.

pou A z AN, dtt Parisien la Musique, Compagnon bondrille.

Levau, la Pnidence de Bordeaux, Compagnon Passant , Tailleur de pierre.

LiBoiRB, la Prudence de Marmande, Compagnon Passant , Tailitur de pierre.

Besccrk, la Fleur de Condom. Compagnon Passant, Tailitur de pierre.

Toiliers, approuves par qi^elques Corps,

non reconnus par leurs pères qui sont

les Menuisiers.

Maréchaux ferrants, approuvés par Irs

Corps, non reconnus par leurs pères qni

sont les Forgerons.

Les Compagnons du Devoir, comme «n Je ' Toît par cette liste, ont avancé à travers les âges, en recrutant de nombreux adeptes dans chaque corps d^état. Si on examine les premières lignes du tableau, on verra ({ue les tailleurs de pierre placent leur fondation ôôS ans avant Jésus-Christ , tes charpentiers en 560 de notre ère; les menuisiers viennent après. On ne dit nullement comment et à (juelle occasion tout cela eut lieu. Il se trouve dans le haut de la co'onne du milieu , à propos des tailleurs de pierre, cette intéressante réflexion : que ce corps nit oublié pendant que' que temps, et qr*-^ prit ses premiers droits du temps de J

Holay, etc. On sait, par liiistoire, qoe Jmmpks Molay yî?ait en 1265; c^est donc à peu près irers cette époque qu^il fonda une asaociatîon de Compagnons (à Orléans, dit-on). On ne dit ri» du père Soubise ' ; ses enfants marchent en rang arec ceux de mattre Jacques, et les uns comme les autres se nomment Compagnons do Devoir. Le nom 4e Passant, qu'on donjoe plus particulièrement aux tailleurs de pierre , signine : qui séjourne peu dans une localité, qui Toyage, qui passe. D'autres prétendent qu'il Tient de faife la pâque. Si c'est faire la pâque à la manière des Juife, c'est-à-dire fêter le passage de la mer Rouge, on sort tout~à-faît du christianisme; si c'est faire ses pâques , c'est-àdire communier, on n'était alors pas plus Passant que tant de chrétiens qui, sans être compagnons, communiaient également. Ainsi je ne puis , en aucune façon , admettre cette ctymologie.

« J*ai veprodaU dam la notlee sar le Gompa^genage, noe {légeodevPar-laqueUe on Toibnailre Jacqaet et le père Sonblie venir débarquer, aprè« avoir Ira5iailté.en8eœble.aa Temple de Salomoh, Tmi à Marseille, Pautre à Bordeaux; mais si n^os peniarquoos qoe le Temple a élé bàli initie ans avant Jém- Obrist, et qne Marseille, la. pinsaueieane deees'deaxvîllit, ne fui fjndée,qae qaalr«.ceDt8 ao» après le Temple, on vcria bien que dfs travailleurs du Temple oe pouvaient y débarqaer, vu qu'elle citait loin d*exisler ; dans la ville de Bordeaux encore iDoiiis, «TU qu'elle ett>ieocare phis moderne. Cependant il fait le croire, maUre Jaeqieiet le pèr^^Swbis&oDtcoMa la eapitale de la .lud^e ; mais seulement dans le treizième siècle, tf comme moines français. Etudiez l^bisloire de France an-ddi 4&I Groisfties, et vous verrez combien peu, dans cette France li brillante aiûonrd'bni, les arts et l*indastriftéUientdévelop^ Cber«bez-y les traces du Compagnonage, et si vous les troQvfZ, mais bien marquées, ayez la complaisance de me les montrer, Je ne cberck; qn'i m'iustmire.

JNotts trouvons quelques erreurs et quelques explications forcées à readroit des enfants des charpentiers; immédiatement au-dessus et en remontant jusqu^aux: tanneurs , Tannée de la fondation ou de Padjonction d'un corps d'état au coinpagnonage ne nous parait point suspecte. Si nous remontons encore plus haut, c'est autre chose ; car si on s'élance bien au-delà 4e Jacques Mola^, c'est que ces premiers corps, ayant eu ie prWil^e d'inscrire les adjonctions €t d'arrangper le tableau , se sont servis selon leur goût^ en reculant leurs fondations le plus -haut possible* On aura remarqué pourtant que •les menuisiers et les serruriers, quoiqu'il en soit question comme ayant concouru à la rédaction du tableau, ne l'ont point si^é; ils auront été blessés de ce qu'on ne.les faisait naître qu'en 570 de notre èi*e, pendant que les charpentiers se plaçaient dix. ans plus naut qu'eux, et les tailleurs de pierre ÔÔ8 ans ayant Jésus- Christ. Voilà comment les hommes se divisent ! toujours pour des enfantillages! toujours pour 4es: futilités

Comme l'usage des chapeaux ne fut introduit tn France que du temps de Charles Yl, vers 1400, les chapeliers ne.pou valent être les doyens des associations; cependant un duc d'Orléans, qu'ils initièrent à leurs mystères , leur fît ac* corder le privilège de marcher à la tête du . Coinpagnonage,et ils y marchèrent long-temps; .mais, maintenant que le respect qu^n portait aux princes s'est presque évanoui , on leur conteste ce privilège; on veut les 'placer à leur rang d'ancienneté, et cela occasionne entre les cha- .fidîers et les tailleurs de pierre des discusn

mi ieltCDt le troaUe parmi les enfiints de deux nodateurs. On recoonatt encore là la foîUesae des hommes, mais passons.

Les loi-icrs et les maréchaux étaient , sam doote à dessein, portés derrière la liste; je les ai placés au-dessous des signatures de ceux qoi Pont rédigée. Il est d'autres corps d*état qui, IkM'més en compagnonage, ont touIu se ranger, mais en Tain, parmi les enfiints de maître Jacaues: ce sont les cordonniers, fondés en 1808; les boulangers, fondés en 1817, et les ferrandiniers, les plus jeunes de tous, fondés en 1832. Les saboliers, dont le centre est TOrléanais, n'ont point place non plus sur le tableau.

Les i>remiers corps de maître Jacques ont donc fait naître chaque siècle, comme on dit, un ou plusieurs enrants. Le corps unique da père Soubise a fini par se reproduire; ceux de Salomon se font une grande gloire d'être restés dans leur état primitif, c'est-à-dire sans enfants, sans alliance nouTeUe; mais l'union des travailleurs est une chose si utile et si belleque e verrais de nouveaux corps d'états embrasser e compagnonage sans en ressentir la moindre honte, le moindre chagrin; au contraire. Un corps de charpentiers s'approche cependant des enfants de Salomon et tend à s'en faire reconnaître.

Les enfants de Salomon sont seuls d'un côté; les enfants de maître Jacques et ceux du père Soubise sont de l'autre; d'où vient l'isolement des premiers et l'union des seconds? De ce que les uns se drapèrent dans de certaines prétentions de pères mécontents^ tandis que les autres.

fondés dans les mêmes temps, marchèrent c6te à côte comme des frères.

Pourtant les premiers temps durent être calmes ; on devait trayailler aux mêmes con-» structions sans qu'il en résultât rien de mau-* Tais : on se bornait à la rivalité de talent, et les états garaient en perfection , car ces associations étaient éminemment industrielles, artistiques et philanthropiques. Les membres d'une même catégorie étaient frères, sans être pour cela les ennemis des catégories qui marchaient à côté d'eux. Mais quand les enfants de maître Jacques eurent initié tant de corps d'états au compagnonage. les enfants deSalomon durent en manifester au dédain et du mépris; on se bouda d'abord , une occaslan fortuite pro* duisit une rixe, et la paix fut rompue à jamais.. On se battit, on se tua; la haine s'envenima toujours, et la guerre se perpétua furieuse et sanglante.

Les Compagnons du Devoir finirent par se diviser même eottreeux; ils se jalousèrent, en vinrent aux voies de fait, et le désordre fut partout; et les jeunes Compagnons qui commençaient leur carrière, héritant de l'animosité des anciens qui la finissaient^ continuèrent la guerre sans savoir bien précisément pourquoi*

Compagnons , écoutez-moi : si vous vous battez ainsi pour un peu moins ou un peu plus d'ancienneté, vous avez tort; car, voyez^vous, dans le temps où nous sommes, les titres et les parchemins ne valent pas la noblesse di^ et de l'âme.

Si vous iioiM'battez pacee 4iue kou» n*èle8|Ms issus du même fondateur, vous ai^ez eaoore Aort, car ceux qui vous ont fcu^més «n société étaient également des homflies de bien, et voulaient,, en vous unissant, vous rendre plus -forts €t plus heureux.

Si vous vous battez pairoe^iue vous n'êtes^ 4ous du même état, votre tort est encore piûs inconcevable, car tous les états, sont utiles ,«t tous les hommes qui les exercent ont également 4roit à vos sympathies. Trêve donc à ces luttes /Cruelles qui n^ont que trop duré; ne faisons plus rien de ridicule, de bas et de brutal; dm Dociétés ont prot^é le salaire, la liberté, la vie .des ouvriers; elles ont fait un bien immense, et Testime et la considération (publique leur étaient acquises, e$tim2 et considération qui rejaillissaient sur chacun de leurs membres.

Mais elles n^ont point voulu adopter les moDurs qu^adoptait un grand peuple, elles ont voulu continuer, au milieu des lumières , du calme et de la paix, <fuelque chose de barbare et de ténébreux ; elles se sont déconsidérées. Les elasses élevées et les classes intermédiaires leur ont |)eu à peu retiré leur amour, et par .suite les jeunes gens les plus instruits, ceux qui, par leur savoir et leurs boAnes dispositions, auraient pu leur être d^un puissant secours, s'en sont éloignés; ils n'osent plus se -mettre dans des Sociétés où Ton s'affiche de la ^sopte,.et dans lesquelles, au lieu de s'instruire, on. ne pense trop souvent qu'à se quereller et à ^se battre. Il esMemps, mes. amis, 4e revenir ta d'autres sentiments.

Que le Compagnon, dont l'humeur^t

liqBeiMe, se fasse soldat : au «oUdat , s^îl se fait remarquer par sa bravoure ^ s'il tue beaucoup .■4'efifiefl»is, ou décerne la croix: d'bonoeur ; s'il ^reçoit une blessure de quelque gravité, une pension viagère; et, s'il est estropié de quelque membre^ les Invalides, c'est-rà-dire qu'il est ]<^é dans un ;bel hùtel, où il est bien nourri, ibien couché, bien vêtu sa vie durant, ayant ainsi ten partage tout à Ja fois honneur, jrepos, .gloire et profit.

Le Compagnon qui se bftt èien., qui bl^se !<m tue son ennemi, peut être conduit dans s<m pays la chaîne au cou, misenprison ou aux ga-

relHige^t sa .seule récontpense ■tropié, la mendicité ou une triste ilin, provoquée par la misère et le désespoir, l'attendent, a moins que ses parents ne soient assez riches et assez bons pour le reouetllir «t l'entretenir, «e qui ne l'empêcherait pas de gémir sur ses .coupables ^aremcmts.

Ainsi, que les jeunes gens , amoureux, de comtMtts sans but, se fassent militaires. La vie du '€ompag>D(m doit être une vie de paix, de tra- "vail et d'étude; il faut que cela >soit compris. Surtout dans le temps où nous^sommes^ nous devons nous unir, nous rapprocher plus que jamais; ne .sommes-nous pas les enfants de la •même famille? n'avons-^nous pas la Qième origine, la même existence, la mèmeànoomme :bommes et comme travailleurs ? Qu'est-*ee donc que la vie pour la si mal dépenser? Nous. ne sommes sur cette terre qu'un moment, et, .èî<u de iious. donner lat main ^pour nous soi

nir réciproquement, et marcher tous ensemble d^un commun accord à travers le monde, nom ne pensons qu'à nous repousser, qu'à nous avilir, qu'à nous tyranniser, qu'à nous détruire les uns les autres. D'où nous vient cette folie, cette rage inconcevable? Dans ce mosient l'industrie est aux abois ; chaque jour nos gains diminuent ; chaque jour notre subsistance augmente ae prix, notre misère devient toujours plus grande, et notre avenir plus sombre et plus menaçant. Et nous, pour remédier aux maux qui nous touchent et à ceux que nous devons craindre ^ que faisons-nous? noiu nous disputons, nous nous battons. Mais, en agissant ainsi, nous ne méritons vraiment pas le nom d'hommes; nous sommes même quelque chose au-dessous de la brute, et nous nous attirons forcément tout le mépris, toute la haine Sue l'on nous porte Mais non ; nous revienrons à des sentiments plus doux Nous fe.

rons oublier nos tristes précédents: tout va changer; nos cerveaux chassent insensiblement les ténèbres, les erreurs^ les préjugés qui les obstruaient , pour recevoir la lumière et la vérité : tout se débrouille. L'on comprend oa l'on s'apprête à comprendre bientôt que le morcellement et le tiraillement doivent nécessairement disparaître devant une association bien entendue. Comprenez tous, mes amis, qu'étant divisés nous sommes faibles et méprisés, et qu'en nous unissant nous serons forts et respectés, et que la misère n'osera plus approcher de nous. Hnissons-nous donc.

Les Compagnons menuisiers « par exentple, ^ent deux Sociétés jalouses Tune de l'autrt,

et M nuisent réciproquement. On le sait, les maîtres qui occupent des Dévorants leur disent parfois: Si vous ne faites pas les travaux <]ueje TOUS propose de telle sorte et à telle comlilion , je vais vous renvoyer de mon atelier et prendre de vos rivaux. Et ceux-là, effrayés des menaces des maîtres, se rcg^ardent en frissonnant et cèdent à leurs coupables exigences. Les maîtres qui occupent des Gavots usent des mêmes procédés et obtiennent les mêmes concessions. On les met ainsi en concurrence les uns avec les autres, et Ton obtient par ce moyen la baisse certaine de leur salaire. Qui ne le voit! plus nous avançons^ plus les ouvriers perdent de liberté et de puissance. Leur situation s'aggrave toujours, et, s'ils ne parviennent à s'entendre, ils manqueront bientôt d'un morceau de pain et d'un vêtement pour se couvrir. Les maîtres honnêtes devraient aussi ouvrir les yeux, et voir que l'antagonisme, que la lutte désespérée dans laquelle ils se plongent, les rend tous malheureux; que, loin de diviser les ouvriers, ils doivent les unir et s'appuyer sur eux avec fermeté. Si leur base venait à manquer, ils ne pourraient rester debout: une force aveugle, irrésistible, les renverserait à leur tour sur la poussière. Il faudrait de deux Sociétés de menuisiers n'en former plus qu'une. — Cela n'est pas possible, dira-t-on. — £hl pour({iioi? est-ce que les Compagnons des deux Sociétés ne sont pas des hommes les uns comme les au4resP J'ai beau les regarder de près comme de loin , je ne vois point de différence. Est-ce qu'ils n'ont pas tous les mêmes besoins et les mêmes intérêts? Est-^'' qu'ils ne souffrent pas des mêmes peines et d

même» mrsèresP -^ Si, mais comtneBt faire?

îaquelle des deux Soeiétés dmt-elie sacrifier S€S principes, son devoir à Pautre?— Aucune, — Mais alors comment les réonir? -^ Voici un ravyen. 11 faudrait dire aux Compagnans da Devoir : Choisissez dans toutes les Tilles de Fronce,- parmi tous tos frères, dix ou quinze hommes sages et capables» Il faudrait dire aux- Gompag^nons du Deroir de Liberté ; Cherchez aussi parmi les Y6tres un nombre égal d'hom* mes intelligents et bien intentionnés; et puis s^adressant aux deux partis : Les hommes oont TOUS avez fait choix de part et d'autre sont tos députés; qu'ils partent, qu'ils se réoDissent dans une même ville, et là qu'ils se fessent législateurs, qu'ils joignent, qu'ils forment un faisceau de toutes leurs connaissimces; qu'une constitution, que des lois, que des r^lements, déterminant le sens des fêtes, des cérémonies, et les rapports des Compagnons entre eux^ soient pnoduits. 11 y a déjà dans une Société une or* ganisation très-aTancée; il y a dans l'autre des choses qui sont loin d^étre mauvaises. Rapprochez le bon des deux côtés, ajoutez en commun pour faire un tout parfait, s'il est possible, et si TOUS avez pu réussir à vous entendre, si Totre œuvre collective est terminée à la satisfaction de tous, adoptez, jurez ce nouveau Devoir, et que les deux Sociétés n'en soient plus qu'une, TOUS aurez fait une belle journée.

Le mélange que le propose est difficile ; mais il n'est pas impossible à des hommes à la hau^ teur de leur siècle^ qui comprennent Thumani té et leur destination sur la terre. Ombres que nous sommes! pourquoi tant d'ambition? Cette

terre n'est qu'un court passage; bomons^nou»

à le rendre le plus dow&, le pltis agréable po^ sîblef'semons-le de fleurs!

11 y a, outre les Compagnons, les Sociétaires de rUnion ou Révoltés *; je serais d'ayis qu'on les appelât à s'unir à la masse pour ne former qu'un tout compacte et solide.

€e que j'ai ait aux menuisiers, je le dirai égralement au*K tailleurs de pierre, aux charpentiers, aux serruriers, car ils ont, chacuB chez soi, un trayait semblable à faire.

Si l'on était parvemi à liguer les hommes d'nne même profession en un seul corps , oi^ aurait beaucoup fait , mais il ne faudrait pa» encore s'arrêter là ; il faudrait alors s'entendre entre tous les corps d'état, et former une alliance intime et durable. A ce mot d'alliance , des membres de plusieurs Sociétés se récrieront^ ils diront qu'ils ne yenlent pas s'unir à dea corps d'états où l'on peut se passer de connais-* sances profondes en architecture et en géométrie. Et pourquoi cette répugnance? tous les états ont leur genre de mérite , tous sont utiles;

Si les tailleurs de pierre unis aux charpen*tiers, aux couyreurs, aux plâtriers, aux me* nuisiers , aux serruriers , aux peintres-yitriers, élèvent les temples, les palais et les modestes logements du peuple, en confectionnant, qui les murs, qui les combles^ qui la toiture, qui les plafonds, qui les boiseries et les fermetures, qui les ferrures sur lesquelles elles se meuvent,

1 Je me sers do mot révoltés comme de cenx de Gavot et de DéYorant. Ce soDt tous de« sobriqaels qui ne dolyent ce peQdanl formaliser personne.

qui les peintures et les vitrages? D'autres étal apportent à la Société un tribut non moii puissant. N'est-ce pas le tanneur qui polit cuir, le corroyeur qui le pare et radoucit , bourrelier, le sellier, le cordonnier qui le fa çonnent en colliers, en brides, en selles, ei souliers et en bottes ? Que ferions-nous de na chevaux si nous n^avions pas des harnais poui les vêtir et les atteler? Comment pourrions nous marcher sur les pierres aiguës, sur h épines et les ronces , sur les neiges et k glaces des hivers , si nous n'avions point del chaussures à nos pieds? N'est-ce pas le charronl qui fait la charrette qui roule sur le chemin, la charrue qui laboure nos champjs, et tant d'instruments de travail dont l'agriculteur se sert pour le bien de tous? Ne sont-ce pas les Ibrgerons et les maréchaux qui font l'essieu de| la voiture^ attachent un cercle de fer autour de sa roue, ferrent et soignent le cheval, font ou appointent la fourche et la bêche du paysan ? £t les tisserands, et les tisseurs de tout genre qu'on a tant dédaignés I mais rien n'est plus utile. Il faudrait, sans eux^ aller encore tout nu ou se couvrir d'une simple peau de bétej ce qui n'attesterait pas une bien hautei civilisation.... Et le boulanger! lui aui passe laj nuit à remuer la pâte et à cuire le pain qui, chaque jour nous nourrit! ah! ne le maltrai-'

tons plus

Que ceux qui construisent, meublent, déco--| rent les habitations des riches et des pauvres; que ceux qui, par leurs travaux secondent l'agriculture, rindustrie, les arts et le commerce; que ceux qui, par ce qui sort de leurs mains.

aou$ couyrent, nous parent le corps , les membres, les pieds et la télé; et ceux, eoHn, qui tra-* vaillent aux substances alimentaires ou produisent les ustensiles propres à les recevoir, soient tous regardés comme des hommes utiles et comme des frères.

Que le titre de Compagnon ne nous divise plus ; si , dans le vocabulaire de quelques Associations on voit dériver ce mot de compas, cette étvmologie, quoique assez ingénieuse, n^est point admise par d^autres Associations qui s^en rapportent là-dessus au dictionnaire de T Académie; ainsi, pour elles, le mot Compagnon vient de Compain, et veut dire manger, partager son pain avec un autre, veut dire Camarade, et à ce point de vue personne au monde ne peut leur contester le droit de s'appeler Compagnon.

Loin d'être les enaemis des Sociétés de Compagnons qui se sont formées et de celles qui se forment , aidons-les plutôt de nos conseils.

Que les mécaniciens, que les typographes, que les taiUeurs, uue tous les hommes qui travaillent pour satisfaire aux besoins de la grande

jtout le monde* S'ils s^iment à se parer du nom idu Devoir, qu'ils s'en parent encore; il n'y a ^ue ceux, .qui comprennent bien leur Devoir qui soient vraiment dignes d'exercer leur droit. Ainsi , que Von se pare du nom de Liberté ou de celui au Devoir,, accumulons peux qui se présentent s^us de si beaux noms,s'ilss<Hit surtout dignes de les poirter. Que le Comp?' «litige se gro^issey s'^teod^ et se rctade puii|

lorn/k.

qu'il soit Pécole de la jeunesse et Tespoir des travailleurs : cela se peut, si nous le Toulons bien.

Cessons , sans retard , d^appeler cliques m \ race infernale, les membres de tel ou tel corps i d'état; celte antipathie avait-elle pénétré en nous avant que nous eussions quitte le sol natal ? Est-ce que dans nos villes, est-ce que dam DOS campagnes nous n^ayons pas une égale estime pour notre cordonnier^ pour notre roaré-j| chai, pour notre boulanger, pour notre tiss^^ rand, etc.? N'aimons-nous pas tous nos voisins, : quels que soient d'ailleurs leurs états P Comme nous serions absurdes si nous les traitions de cliques, de race infernale à cause de la profession qu'ils exercent honnêtement. Ce n'est que sur le tour de France que cette triste manie nous prend; il faut nous en dépouiller, car elle nous nuit à tous et nous rend méprisables au plus haut point.

Ayant réuni les hommes d'un même état en un seul faisceau , il faut , je le répète , faire alliance entre tous les corps d'états; on pourrait, à des époques fixes , et au moins trois ou quatre fois par an, avoir, dans chaque ville, une assemblée e^énéralc, une espèce de congrès, dans lequel , chaque Société d'état différent , se ferait •représenter par un ou deux députés pris dans son sein. Ces représentants de l'industrie et da •travail réunis de la sorte, connaîtraient parfaitement les crises de tous les états et les misères de tous les individus qui les exercent, et porteraient à bien de maux des remèdes efficaces. Si un corps de métier souffre plus qu'aucuQ autre, le congrès s'en occupera, et saura, sans

iriolence aucune, équilibrer son gain avec sa peine.

Dans un temps comme celui ou nous sommes, temps où les ouvriers de la France, de l'Angleterre et de bien d'autres pays, sont également au bord d'un précipice, l'association que je demande est nécessaire, indispensable ici comme plus loin; les gouvernements eux-mêmes doivent la désirer, elle mettra un frein à la concurrence impitoyable qui détruit tant d'existences; elle sera la digue contre laquelle viendront se briser tant d'exploiteurs sans entraille et sans cœur qui, pour un-peu d'or, sacrifient la vie de tant de leurs semblables. L'urgence d'une pareille association n'atteste pas, je le sais, la perfection des institutions pronées outre mesure qui régissent la grande société. Mais qu'importe I elle peut empêcher beaucoup de mal et être d'un puissant secours, en attendant qu'on nous donne mieux.

Les ouvriers ainsi associés , ayant remplacé le désordre par l'ordre , la guerre par la paix , la haine par l'amour, pourront cultiver leur intelligence et donner un libre essort à leurs plus hautes facultés; ils compr<;ndront alors combien l'union est douce et puissante et influe sur le bien-être de chacun.

Tous voudront s'instruire, se perfectionner sur leur état et sur tout ce qui s'y rapporte; si l'on veut des concours on en aura , mais il ne s'agira

Elus de mettre aux prises le Compagnon d'une ociété contre le Compagnon d'une Société ri- Taie, car cela avait des conséquences que je vais signaler : quand deux Sociétés s'étaient déHées au , travail, elles choisissaient aussitôt leurs concur

vents. Gomme on est homme de part et diantre, comme les têles sont également oi^bî- ^s, comme les écoles 4ans lesquelies on apprend rarchitecture et le trait sont ouvertes pour tous sans distinction, on ne pouvait savoir d'avance de quel côté siérait le vainqueur, et c^ pendant, avant même que les concurrents fussent aux prises, on chantait victoire de toutes fwrls; chacun se croyait certain de conquérir a ville, et à défaut de la ville, une forte somme d'argent.

£h ! pourquoi cette confiance en vous-mêmes, A ennemis? Le fanatisme est ici sans eflPet, car il ne s'agit pas d'une bataille physique et violente, mais d'une bataille intellectu^le où le calme et la patience peuvent boaucaup. Pourquoi dope celte prévention et cet orgueil ? Pourquoi ce mépris pour vos adversaires qui sont Pourtant des hommes comme vous ? Qu'une ociélé ait vraiment la certitude de posséder, de son cèté, l'homme le plus capable, le plus .profond,eUe peut encore ne pas gagner la partie. Les juges du concours peuvent être aveugles, «orruplibles ou méchants, et mal juger : cela é'est vu bien des fois.— -En 1773, l' Aoadénaie francise proposa «pour -sujets dans un concours de Eoésie : le génie aux prises oitec la fortune. >aharpe et Gilbert concoururent ; le premier •remporta le prix, sa pièce fut jugée supérieure et 'Couronnée, et pourtant cette ptèee, si bien traitée alors, est aujourd'hui tombée dans l'oubli, "tandis que celle du second est estimée conme -un excellent ffiorceau de poésie. Laharpe> est rejeté du rasg 4es poètes, et • aon <étteinrique rival ▼ occupe une plaee disttiq^uée. VàxMémk ,

▼M»9 rayez tu, donna gain de cause au pacha,, au tyran de la liUérature; il était paMabienient rielie^ il était haut placé dans la faveur : G il* bert était pauvre, il mourut dans un hôpital âgé de 29 ans, abandonné de tout le monde et méconnu ; on lira , je crois , avec inlérét , ses^ adieux: à la vie: :

- /arrive, Nul né viendra verser des pleurs.

Adieu , champs qite j'aimais , adieu > douce verdure,.

Adieu riant OT^il des bois!

Gel, pavillon de rhomme , admirable nature ,

Adieu pour la dernière fois !

Ah! puissent voir lonfl^temps votre beauté sacrée

Tant d'amis sourds à mes adieux !

QnMls meureot pleins de jours, qae leur mort soit pleoréeî

2u'un ami leur ferme les yeux.

Pauvre Gilbert ! qui ne s'attristerait sur son 8«rt et sur Faveuglement ou Tinjustice dont il fat victime*

Akisi, TAcadémie, malgré tant de savants dont elle est composée, jugea mal. Ceux qui jugent les travaux des Compagnons peuvent mal juger aussi, et voilà pourquoi il ne faut, dans aucun cas^ chanter victoire d'avance*

Ce qui m'indispose vraiment contre ces con-»

cours de société à société, c'est que le vain-> qneur est vanté sans mesure, élevé jusqu'au ciel, comparé à Dieu, pendant quesonmaibeu-»

reux rivai, malgré son tatent bien reconnu, est flétri, traîné dans la boue, deshomiré à jamais. Ydyanft tant do honte échoir aux vaÎDcus, per-

sonne ne yeut s'ayouer tel; malgré les experts, malgré leur jugement procl^ijné bien haut^ partout on chante victoire, partout on apostrophe le parti adverse qui est traité on ne peut plus durement et plus salement. ï>es insultes, on passe aux yoies de faits, on se bat, on se tue, non-seulement dans la ville où le concours a en lieu , mais dans la France entière, et puis les gendarmes , et puis les magistrats interyiennent et tout finit mal : de ces concours là, quoique ami de rémulation et de la gloire, je u*en veux plus.

CVstau sein de chai|ue Société quMl faut ouyrir des écoles, organiser des concours; alors, si celui qui aura le mieux fait a son nom gravé sur une plaque d^acier, celui qui en approchera le plus aura le sien gravé sur une plaque de fier: encourageons ceux qui font bien, encourageons ceux aussi qui font tous leurs efforts pour bien faire.

N^ayant plus de guerres à soutenir, notre activité se portera naturellement sur Tétude, n'ayant plus de frais de procédures et autres à supporter, nous pourrons fonder dans chaque ville des écoles en bon ordre , décorées de modèles et de plans proprement encadrés. Outre les dessins relatifs a notre état, ayons quelques beaux sujets d'histoire, les portraits des hommes illustres que tous les temps doivent révérer, et des vues de villes et de paysages qui rappellent sans cesse à uqs yeux et à notre esprit les beautés de l'art et celles delà nature. On pourra posséder aussi une petite bibliothèque dans laquelle figureront, chez les tailleurs de pierre, les charpentiers et les menuisiers, de bons traités d'architecture , de géométrie et de trait oà

les Compagnons les plus intelligents et les plus avancés puiseront des connaissances quMls de- Tront communiquer à tous leurs confrères. Il faudra aux ébénistes des modèles de meubles, aux serruriers des traités dVnements, aux tanneurs, aux corroyeurs, aux chamoiseurs, aux cordonniers, aux peintres^ aux teinturiers des traités de chimie et autres livres où ils trouveront des procédés avantageux; les maréchaux ont à se verser dans les études du vétérinaire; enfin , chaque corps d^état prendra les ouvrages spéciaux qui lui conviendront plus particulièrement.

Il ne faudrait pas encore s^arréter là^ Pintelligence ne serait pas satisfaite de si peu : une fois qu^elle s^ouvre elle veut tout connaître. Il nous faudra d^autres. livres et je crois pouvoir vous les indiquer : le Discours sur l'Histoire Universelle, par Bossuet, où nous pourrons voir comment les grands empires de l'antiauité se sont renversés les uns sur les autres; v histoire de notre pars , car elle nous touche de près; une géographie de quelque étendue qui nous fera comprendre la grandeur du ^lobe, ses variétés et ses transformations physiques , politiques et morales; un dictionnaire géo'graphique et un dictionnaire dé la langue française : le premier nous dira où sont situées telles et telles villes, quelles sont leurs beautés, leurs produits, leurs revenus^ leurs administrations et combien leur population est forte ; le second nous donnera l étymologie des mots de notre langue et leur véritable signification. Une bonne encyclopédie est une œuvre qui coûte cher, mais une association de jeunes gti

éoanoiiMs et laborieux pourrait facilement selaprocurer; on trouverait là des notions concises sur les mathématiques, Pastronomie, la physique, la chimie, la ^ologie, la botanique. TagricuUtire, les machines, les arts et métiers, la phi'osophie, la littérature, etc., etc. On rai* sonne, dans un tel ouvrage, sur toutes choses, et chaque Compagnon pourrait y étudier ce qui couviendrait plus particulièrement à ses goûts où à ses intérêts. On connaît plusieurs encyclopédies, celles que dirigent MM. Pierre Leroux et Jean Revnaud, est un monument incomparable; on n'^apprécie nulle part avec autant de savoir et de sagesse les hommes et les choses; mais les parties abstraites et métaphy* siques de ce bel ouvrage, ont un développement immense, et ce qui nous intéresse le plus en a souvent trop peu. Cette encyclopédie, si digne d'être recherchée des penseurs et des pfailoso^

Î^hes, est trop savante pour nous. Celle que 'éditeur Conrtin a publiée, nous coDTiendrait^ je crois, beaucoup mieux.

Ajoutons aux livres déjà cités quelques ouvrages littéraires, ceux qui frappent l'imagi-

livrée du Tasse, le Paradis perdu de Milton, le Téléma^ue de Fénélon, les Chefs^dPcsuvre dramaliques de Corneille, de Racine, de Molière, de Voltaire, de Ducis; quelques morceaux de Boileau et de Lafbntaine, de Jean-Jacques Rousseau et de Bernardin de Saint-Pierre.

11 est bon de connaître les grands éc^iyains qui ne sont plus, mais il ne fout pas ignorer

(les ▼i?atit»; on pourrait Irourer^am TuniAeces I ouvrages que Tod nomme leçons de littérature I des morceaux de prose et de vers, extraits des I œn?res de Chateaubriand , de Béranger, de La-* \ martine, de Casimir Detavigne, de Victor Hugo, de George Sand, etc. Comme il n'est pas bon de rester tout-à-fait étranger au mouvement de notre époque, arez quelques écrits politiques sor* lis des plumes les plus puissantes : les Paroles dTtai Croyant et le Lii^re du Peuple de M. Lamennais, les Dialogues de maître Pierre de M. Cormenin, le Dictionnaire politique de Garnier Pages, V Inauguration de la statue de Guttemherg de M; Àug. Lucbet. Ajoutons à tout cela , pour terminer , un ouvrage mo« rai , sarant , mais simple ^ mais varié et orné de dessins et vendu au {>rix le plus modique, dont le nom est : Mag<isin Pittoresque. Vous aurez formé une bonne bibliothèque, apparte^ nant à la Société, où les Compagnons pourront

Easser leurs instants de loisir, et puiser de nom-* reuses connaissances qu'ils se communique^ ront les uns les autres.

L'homme du peuple, cela se voit encore quelquefois, boit, s'enivre, s'abrutit et perd les in-stants les plus précieux. Il est encore livré à un mol dont les riches étaient jadis atteints. Oui, les riches se grisaient, sans en excepter même les rois; mais l'éducation les a guéris de ce maMà; ils ont remplacé ce plaisir de la brute par des plaisirs plus réels et mieux sentis; Nou» ne prétendons paè courir après des plaisirs trop' coûteux, il en est à notre portée. Le change^ntent qni s'est fait en* un sens chez les riches f"^ fera* aussi cfaec le peuple ; il remplacera %

plaisirs par d'autres plaisirs. Au reste, on s^aperçoit chaque jour de la décroissance de i*i* vrognerie.

L homme ignorant voit tout a?ec îndiflRèrence; Tennui le suit presque toujours et partout, il ^ui faut des distractions toutes matérielles et bruyantes.

L'homme vraiment instruit voit tout ayec intérêt; tout rattache, tout lui parle un langage qu'il comprend : les cieux, la terre et les eaux; les travaux des hommes^ et ceux de la nature; la construction symétrique de l'architecte, le marbre animé du statuaire, la toile tI vante du peintre, les sons harmonieux du musicien, les chants sublimes du poète; une machine, un tissu, un ruisseau, un arbre, un oiseau, un caillou, une plante, une insecte, un brin d'herbe : tout lui parle un langage mystérieux, tout lui sourit, le captive et le charme.

Celui Qui sait lire dans un livre trouve souvent de douces émotions et des transports d'enthousiasme ; celui qui n'y sa i t pas lire, c'est autre chose. 11 n'y voit que du blanc et du noir, et rejette bien vite ce grimoire auquel il ne com-

{^rend rien. Cela m'amène à conclure que 'homme instruit voit mille choses dans la nature que l'homme ignorant ne peut point voir. Croyez-moi, mes amis, unissons- nous, instruisons-nous: un voile épais couvre nos yeux, il tombera; et puis, dans le monde, rien ne pourra nous être étranger : tout parlera à notre intelligence, à notre âme, à notre cœur, et nous sentirons par tous les sens.

La collection des livres dont je vous ai parlé "oûtera pas très-cher, trois ou quatre cents

fraDCS peut-être. Dans une seule bataille, dans un seul procès, vous avez souvent dépensé davantage. Ce sera bien beau, quand vous aurez réuni dans une seule et grande salle une école, un musée, une bibliothèque: tes fils des entrepreneurs, ceux des simples artisans et des paysans, viendront en fouie chez vous; tous voudront s'instruire et puiser, à la source de vos connaissances, la moralité^ le savoir et le bonheur.

Je recommande la sobriété; mais vous àeyez cependant vous réunir quelquefois et partager la joie commune du banquet. 11 faut des distractions , il faut des plaisirs de différents genres; il faut cultiver et soigner son esprit, sans pour cela délaisser le corps et le faire souffrir.

Compagnons du Tour de France, travailleurs laborieux , gravez dans votre cœur des paroles sorties du cœur de Pun de vos frères. Uunion que je demande, puissiez- vous la réaliser! elle

vie d'un" grand peuple. Unissez- vous, personne ne peut calculer toute la portée du bien que vous

{murrez vous faire, et ce bien s'étendra sur 'humanité.

Page 1