‹ Le livre du petit citoyenChapitre 40 sur 77 · LA CHANSON DE ROLAND · texte numérisé non relu

LA CHANSON DE ROLAND

L^cmi)ercur Charlemagne était resté sept ans en

Kspagne. Il avait conquis tout le pays sauf la

ville de Saragosse, située sur une montagne. Le

2oroî Marsile, qui servait Mahomet, régnait dans

cette ville.

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Marsîle tient conseil et demande à ces seigneurs de le sauver de la mort et du déshonneur. Blancandrin, un chevalier très sage, dit au roi :

— Envoyez un messager à Charles pour Tassurer s de vos fidèles services. Donnez-lui des ours, des lions et des chiens; envoyez-lui de Tor et de Targent. Il est temps qu'il retourne en France, à Aix-la-Chapelle. Promettez-lui d'aller le voir à la fête de saint Michel pour devenir son homme lice. 10 Donnez-lui des otages.

Le conseil de Marsile est terminé. Dix messagers partent pour aller au camp de Charlemagne. Ils portent des branches d'oliviers dans leurs mains en signe de soumission et de paix. 15

L'empereur Charles reçoit les messagers de Marsile et écoute leurs propositions, mais il ne répond pas. Le lendemain Charles tient conseil. Le comte Roland, neveu de Charlemagne, ne croit pas aux promesses de Marsile et dit : 20

— Vous avez conquis Valterne et Tudèle et Séville. Sire, continuez la guerre; menez votre armée devant Saragosse.

Mais Ganelon et les autres Français lui disent d'accepter les propositions de Marsile. Alors 25 Charlemagne choisit Ganelon pour porter son

•j IV'iils Contes de France

iix <.,t-\ ut oi \hir>ilc. Ganelon est un traître.

". • iiitiv M-« \ voiiiu* Roland. Il dit à Marsile:

' iM»\v i l Kini>crt'ur beaucoup d'argent

v^i 'i.i:;i-^, 01 v^'hurlcmagne retournera en

• . .X, :i aix^Nvui vlcrriOrc lui son arrière-garde

N . . ".nu 'vnuiiul cl sou compagnon 01i\ier.

\ . . . ' .;i.vti ' \in icrv-garde et vous tuerez

'iM'^i Vloï-N Charles ne vous fera

. ..w\h\ retourne au camp de

.«. 'OU vlu traître, Charlemagne '< -..i iv'. >4.>ii ami le noble et i '. -vUL.c iviirs et une arrière- • '\- Kansitis dans les défilés

•,;.s:'îo o»i France.

. . -o "muic montagne. Là '. vs.- " ^c^ eu isrand nombre.

v' v .; vi i 's \' ' ;.:: 'v^v'^ A tr.ihis, dit-îl. Amî .• K.'! r^'. .v'iîN- ,\- \v»xv vVî et l\irmée de Charles

TivM^ u>ix OîÎNivM viv'tî^vuvio à Roland de sonner

vU* ^\*t» v\^« Mai-* Rv^'uiuvl reiuso; il veut se battre

<l\e\ ^»^ lH*tmo ejw Puraiulal. comme un très

f\ uoMo \ a^Ml 1 a ÏMiaillc coiunionco. Los Français

^v| Ws Si\rr.\siuN êxiiaiiccul do beaux coups. Que

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de lances rompues ! Que de drapeaux en lambeaux ! Que de bons Français et de païens périssent !

Quand le comte Roland voit la grande perte des Français, il dit à Olivier :

— Maintenant, je sonnerai du cor et Charles s l'entendra et reviendra.

Mais Olivier répond :

— Quand je vous ai dit de sonner du cor, vous avez refusé. Si vous Taviez fait, nous aurions gagné cette bataille et le roi Marsile aurait été 10 pris ou tué.

Tout de même, Roland met le cor à sa bouche et sonne de toute sa force. Les montagnes sont hautes et le son résonne. On entend Técho à trente lieues. Charlemagne et tous ses compa-is gnons l'entendent. L'Empereur dit :

— Nos gens ont bataille !

Le comte Ganelon lui répond :

— Il n'y a pas de bataille, sire. Qui oserait attaquer Roland ? 20

De nouveau le comte Roland, déjà sérieusement blessé, sonne de son cor. Le sang jaillit de sa bouche. Cependant le son du cor porte très loin. Charles l'entend et dit :

— J'entends le cor de Roland ; il ne sonnerait 25 pas s'il n'y avait pas de bataille.

Le traître Ganelon répond:

io6 Petits Contes de France

— Roland s'amuse avec ses pairs. Il chasse.

Pourquoi s'arrêter? La France est encore loin devant nous.

Encore une fois Roland avec douleur sonne du 5 cor; ses tempes sont rompues. Charles et les Français Tentendent. Le duc Naimes dit :

— C'est Roland qui est en détresse. Il y a bataille. Prenez vos armes, donnez votre cri de guerre et secourez votre noble maison.

lo Alors Charlemagne comprend que Ganelon est un traître. Ganelon est enchaîné et plus tard il meurt d'un atroce supplice. Les Français s'arment et partent pour secourir Roland, le brave capitaine qui se bat avec les Sarrasins d'Espagne.

15 Les montagnes sont hautes, les vallées profondes, les fleuves rapides. Charlemagne et les barons chevauchent avec fureur. Mais il est trop- tard.

Le brave Roland voit mourir tous ses compagnons autour de lui. Il voit qu'Olivier est blessé 20 mortellement.

— Cher compagnon, dit le comte, jamais on ne verra d'homme de votre valeur. Hélas ! Douce France, tu vas donc perdre aujourd'hui de bons serviteurs.

Olivier meurt et Roland reste seul sur le champ 25 de bataille. En ce moment les Sarrasins entendent les claires trompettes de France et ils com-

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prennent que Charles revient avec sa grande armée. Les païens fuient. Maintenant Roland sent approcher la mort. Son cor dans une main et Durandal, son épée, dans Tautre, il tombe sur

sTherbe verte et s'évanouit. Un Sarrasin alors saisit Roland et s'écrie :

— Le neveu de Charlemagne est vaincu ! J'emporterai cette épée en Arabie !

Comme il tire Tépée, Roland ouvre les yeux

loet d'un coup de son cor, il brise la tête du païen. Roland veut détruire son épée avant de mourir ; avec douleur et colère il frappe dix coups, vingt coups ; l'acier grince sans se rompre ni s'ébrécher. Et le comfe dit :

15 — O ma bonne Durandal! Comme tu es belle et blanche! Nous allons nous séparer! Combien de batailles j'ai gagnées avec toi! Combien de pays immenses j'ai conquis !

La mort s'approche. Il se couche sous un pin,

20 face contre terre sur l'herbe verte; il met sous lui son épée et son cor, et tourne sa tête vers l'Espagne, parce qu'il veut que Charlemagne et tous ses compagnons disent qu'il est mort en conquérant. Il demande pardon à Dieu de tous

25 ses péchés. Et les anges du ciel descendent et emportent l'âme du comte Roland au Paradis.

Quand l'Empereur arrive dans les défilés de

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Roncevaiix, Roland est mort. Charles poursuit les Sarrasins. Le roi Marsile est tué et les païens sont vaincus.

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