‹ Le livre du sceptreChapitre 12 sur 64 · VU · texte numérisé non relu

VU

La religion peut élever beaucoup d'instinctifs jusqu'à F animisme.

L 'éducation peut élever quelques animiques jusqu'à V intellectualité .

Il ny a pas d'autre race que le génie, ni d'autre noblesse que /' étude, ni d'autre vertu que la charité.

Le groupement d'objets identiques ne change pas V essence de ces objets.

La société, ce groupement d'humains, obéit aux mêmes lois que V homme.

Il y a donc dans toute société, comme dans chaque individu :

Un organisme, un animisme, une intellectualité : c'est-à-dire des Vaysias, des Kchatriyas et des Brahmanes.

L harmonie d'un tout résulte de la subordination des parties entre elles.

Or, légalité se définit, l'insubordination des citoyens

entre eux.

Le nom social de l'harmonie est hiérarchie, c' est-à-dire classement des hommes, suivant, non leur naissance ou leur fortune, mais leurs facultés et leurs œuvres.

Les besoins vitaux sont les premiers droits ; le respect de l'ordre, le premier devoir.

L' élévation morale de VEtat a les mêmes sources que celle de l'individu.

V homme du Sceptre doit forcer le peuple au Bien : qui est la condition du bonheur.

L'homme général est médiocre, ni ferme en sa vertu, ni endurci en ses vices : il veut plus de garantie pour ses biens que pour sa personne.

L homme a plus d'envie contre le prochain que d'avidité pour aucun objet: la loi le force un instant, mais les mœurs seules le mènent toujours.

XVÏII

Quel est le droit de V homme ? son bien.

Quel est le devoir de l'Etat ? le bien de l'homme. Le peut-il tirer de soi-même ? Non, puisque l'amour est la première nécessité de son évolution et le commencement de la sensibilité.

Le bien physique est de croire et de florir. Le bien animique ne peut différer.

L'état social est pour l'homme l'état de croissance et de floraison.

L'homme paraît libre de ses mouvements ? Non pas, les lois statiques dominent cette liberté.

Il n'est donc pas libre de ses sentiments, que dominent d'autres lois.

Comment l'homme augmente-t-il sa liberté ? Par la connaissance des lois qui le dominent. La société seule les lui enseignera : le civilisé est donc plus libre que le sauvage.

XXÏI

77 n'y a pas de vie sans phénomène ; ni de phénomènes sans lois ; ni de lois sans législateur ; ni de législateur sans supériorité sur les lègifèrès ; ni supériorité sans antècèdence; ni antècedence sans différence; ni différence sans causalité; ni causalité sans causateur; ni causateur sans mystère ; et le mystère s"* appelle Dieu.

Le décadent cherche son spiritualisme dans V anormal et V exceptionnalité ; au contraire les premiers hommes V ont trouvé dans la périodicité, et V identité phénoménales.

La prière a devancé la religion et Va fondée : ce fut d'abord un élan de gratitude ou de détresse ; et comme l'effet fut instantané dans l'âme rassérénée, la religion fut crée par le seul instinct du dynamisme animique.

La morale doit toujours prendre, et garder les formes de la rèligion; et la science celles de la philosophie.

XXV i

Tyrannie, oligarchie et démagogie sont les formes de Végoisme d'un seul : ou des riches ; ou des 'pauvres.

V homme du Sceptre doit satisfaire aux besoins des pauvres et à la vanité des riches.

Il doit rendre les honneurs assez onéreux pour tirer , du riche, la vie du pauvre. #

L Etat doit préférer V idéal de Justice même à V intérêt apparent de tous; car en suivant la justice, on rencontre toujours le vrai succès.

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