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CHAPITRE II

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înents les plus circonstanciés sur le contenu de TouvragCjlenom et la demeure de l'imprimeur et du libraire. Souvent ces titres sont ornés d''encadrements mobiles, imprimés en gothique, et quelquefois* en deux couleurs, ce qui nécessitait deux tirages, un pour Tencre rouge, un pour Tencre noire. Le plus ordinairement la marque du marchand ou de réditeur apparaît, et elle est presque toujours une œuvre charmante.

Ces signatures françaises sont toutes plus ou moins traitées en blasons, c'està-dire que les initiales occupent un écusson, soutenu par des supports héraldiques taillés avec un soin extrême. La première avait été celle de Fust et de Schoiffher à Mayence, admirable de simplicité et de grâce. En France, ce seing commercial a pris la tournure des délicates illustralions de Simon Vostre et de Vérard; la gravure en est soignée et finement dessinée ; mais la mode n'est point trop encore des armes parlantes, ainsi que nous aurons occasion de le voir au xvi° siècle. On a trouvé ci-de-

Fig- 3 5' — Marque typograpliique de l'imprimeur éditeur Thielman Kerver.

vant la marque de Timprimeur Pigouchet; celle de Thielman Kerver est conçue suivant les mêmes principes de goût et d'art. L'enseigne de sa maison étant une licorne, Kerver a mis comme support à son chiffre deux licornes affrontées.

Tout se rencontre dans ces signatures; des aphorismes philosophiques, des remarques satiriques, des merveilles de poésie. Certain libraire fait sa cour à la puissante Université, qui départ aux pauvres gens la gloire et la richesse, en achetant beaucoup de livres. André Bocard a gravé sur sa marque cette flatterie en bordure :

Honneur au roy et à la court, ■• Salut à l'Université

Dont nostre bien procède et sourt.

Dieu gart de Paris la cité!

Les Allemands ont introduit dans les leurs quelques réclames orgueilleuses. Arnold Ther Hoernen, dont nou? avons parlé déjà, et qui imprima en 1477 le Theutonista à Cologne, se vante d'avoir tout corrigé de ses propres mains. Jean Treschel, établi à Lyon en 1495, se proclame hautement Allemand, parce que les Allemands étaient les inventeurs d'un art que lui-même possède à un degré éminent; il se pique d'être ce que nous pourrions appeler un fort en typographie ; vfrum hujiis a7~tis solertissimimi, écrit-il sans fausse modestie. Parfois, dans la signature de ses livres, il tente du vers latin, du petit vers saphique d'Horace à la tournure si enjouée, pour nous dire que son œuvre fut parfaite en l'an 1494.

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