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CHAPITRE III. tij

son officine, d'autres dessinateurs lui prêtaient leur concours. On en trouve des preuves dans la Bible imprimée par lui en 1 5 19 en petit in-8°.

Le plus méritant des artistes de cette époque à Venise, c'est Jean Andréa, dit Zoan Andréa, qui donne les vir;'iettes du L. Flori Epitovie in T. Livi Hist. lib. et L. Aretinus de Primo Bello Piinico. Venise, Melchior Sessa et Pierre de Ravenne, i520, in-folio. Zoan Andréa s'appelait de son vrai nom Vavassori, et Giiadagnino, c'est-à-dire gagne-petit, par sobriquet. En i5i6, il avait copié les planches de VApocalrpse de Durer pour celle d'Alexandre Paganini de Venise.

Un des ouvrages vénitiens à signaler au commencement du xvi" siècle est le Trionfo di Fortuna de Sigismond Fanti de Ferrare, imprimé par Agostino da Portcse en 1627.

Venise était la patrie du Titien, et à l'époque qui nous occupe, le grand artiste était dans toute sa gloire. En i5i8, deux frères, Nicolas et Dominique dal Gesù, publièrent une traduction de la célèbre Légende dorée de Jacques de Voragine, dont le succès fut énorme en France ; les planches que les éditeurs joignirent à leur ouvrage étaient visiblement inspirées par l'école du maître vénitien. Malheureusement les graveurs n'avaient pas toujours été à la hauteur des dessins.

En résumé, la ville de Venise était, au commencement du xvi" siècle, une des plus fécondes en libraires et en artistes de talent. Depuis les premiers établissements des Allemands, la typographie avait successivement rencontré à Venise Nicolas Jenson, le Français créateur des lettres romaines; Erhard Ratdolt,

qui commença les illustrations; Aide Manuce, savant à la fois et praticien , dont les progrès en imprimerie mirent cet art au meilleur rang parmi les découvertes humaines; elle y trouvait même des graveurs et des dessinateurs remarquables, entre autres Zoan Andréa et Luc-Antoine Junte, sans parler des maîtres anonymes de rÉcole de Titien. La part de Venise était donc grande dans ce mouvement, mais elle s'explique par la richesse de ses habitants, Pétendue de son commerce et le génie de quelques-uns des siens.

De Venise si nous remontons au nord, c'est, à Milan, rÉcole de Léonard de Vinci qui semble s'imposer au Livre. Par ordre de dates, nous citerons le Mystère de la Véronique chez Gotardo Pontici, petit in-4'', i5i8, avec figures dans la manière de Luini, et le Vitnive en italien par Cesariano. On a même, sur l'assurance de l'auteur, attribué à Léonard de Vinci la gravure en bois d'un livre de frà Luca Pacioli, intitulé De Divina Proportione ; mais M. H. Delaborde, en dépit de la préface de Pacioli, ne croit pas à la collaboration directe du maître : il est en cela de l'avis de Passavant.

En Allemagne, Nuremberg continue, avec Albert Durer et les artistes de son école, à fournir des illustrations aux livres du commencement du siècle. Le maître réimprime les précieuses estampes de la Vie de la Vierge en i5ii et celles de V Apocalypse, etc. Mais après lui l'art commence déjà à décliner; cent ans plus tard, il ne restera rien de ce qui fit l'honneur et la gloire des Allemands à l'origine.

Parmi les publications les plus intéressantes de Nuremberg, nous citerons un poème chevaleresque de Mel-

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