CHAPITRE IV
trique oculaire du P. Chérubin, gravé par Edelinck, et mille divers travaux de peu d^agrément.
Fig. 70. — Figurine de Sébastien Leclerc pour le pamphlet de Richesource.
Tout différent était François Chauveau, qui, sans avoir les délicatesses de Sébastien Leclerc, ni son art de Tarrangement, traita au moins avec grâce les figurines et les illustrations. Certes, il y a une distance énorme de
jço LE LIVRE.
ces gravures en creux, correctes et banales^ aux délicieux bois du temps de Geoffroy Tory, par exemple. Mais vaille que vaille, elles se comportent assez bien et même chez Molière ne font point si piteuse figure. Associé à plusieurs des travaux de Leclerc, Chauveau, bien que son aîné, lui dut souvent d'être moins lourd, en ce que Leclerc corrigea en les gravant plusieurs de ses compositions. Il en fut ainsi pour Molière , et surtout pour Racine dans la planche des Plaideurs, où Chauveau se révèle un précurseur du ^vm" siècle ; le malheur fut qu'il ne suivit point toujours cette voie. Successivement et avec des chances diverses, il illustra ^/ar/c, Andromaqiie , les Métamorphoses d'Ovide par Benserade, avec Leclerc; la Pucelle de Chapelain, les Tragédies de Racine, ou Le Brun ne dédaigna point de mettre la main.
En résumé, le trait d'union, qui devait relier le commencement du XVII* siècle à celui du xviii" dans le développement de Tillustralion, avait été Sébastien Leclerc. Il avait connu les artistes de la première période; il allait, à sa mort, voir apparaître l'un des précurseurs des vignettistes du siècle suivant, Claude Gill,o\. Grâce à lui, les titres surchargés, les en-téte maladroits s'étaient peu à peu transformés. Dans les finesses et les ténuités de son dessin, on perçoit très bien ce qui sera la note dominante du xvni^ siècle, la coquetterie, et l'on devine Choffard. Il fut le seul, à bien peu de chose près, qui ne tomba point dans les exagérations des graveurs d'alors ; il les côtoya sans en être autrement touché, et tout en gardant précieusement sa personnalité bien accentuée. Par les formes exiguës, les élancements, Le-