‹ Le livreChapitre 1 sur 15 · Le livre · texte numérisé non relu

Le livre

Je ne crois pas qu'il ij ail an monde une position jittis i/i'jir: d'intérêt nUr d'un uiitlheurvu.r i-rrivain, attentif à son a:.tic.rc et mutent d'écrire à son bel ai se, qui, lotit d'un coup, au liant de quatre nu cinq ans . se remettant à l'ouvraqe , est arrêté par un remords : Halle là', en voilà assez; vous avez dépassé le nombre de vus paye». Le livre, est fini. |)ïés oui assez fiu.

Or, voilà, mon jeune disciple és choses de bibliographie, l'accident qui m arrive aujourd'hui même. A mon réveil , ce matin, je m'aperçois , en effet, que si je m'arrête à temps, mon œuvre est achevée. Hélas! j'avais encore tant de choses à dire! Hélas! voici tant d'écrivains suppliciés dont je n'ai pas dit te supplice, et tant de noms oubliés, si je m'arrête à cette home fatale, avant que leur tour arrive d'apparaître un instant à la douée lumière

Ainsi, quand je pensais vous faire un certain plaisir à vous dédier rc (/rus tome eu l'honneur île noire innocente passion, il advient que c'est vous qui m'offrez l'occasion de dire aux premières payes les choses que j'avais destinées à finir dignement in nisle entreprise

que j'avais rêvée.

Alors, voyant ma lâche inachevée, et re pénible et charmant travail seiiildulde à ces ruines toutes neuves dont Virgile 11 parlé, j'ai pense que peut-être , à la fa-

quclque peu sur mes pas, justement dans les premières payes, ii l'endroit même oii la dedieaee. il p pu rail , amicale Un peu plus que complaisante , et digne enfin de celui gui l'a faite cl de celui qui l'accepte. On ne saura jamais le zèle et l'ardeur dun yalant homme épris d'un juste: iinwur p/mr les lirres qu'il u composés. Son premier soin est île chercher un digue tthri mi.r en fants de son génie. Il y avait en l'an de grâce 1572 un savant maître appelé le Père. Kicaise, de. l'ordre des Frères-Mineurs. Il avait écrit de très-beaux commentaires en marge de \'{)i\^~éc et de l'Iliade. // avait e.rplhjiié l 'iryile. et Lucrèce : De la nature! en rcyrcltaut de se voir confiner dans les étroites limites de. sonécole. Mais ipioil c'était le plaisir du bon l'ère de copier ces beaux ouvrages de su plus hellc main et d'en faire hommage a ses disciples émcrr.cillés de. celte Dédicace

paternelle. Ah! grande bonté du Père Xicaisc! On n'a Jamais vu .ton pareil.

En revanche, il ij aurait de bien teintes histoires à ranmtef au chapitre \lv<\\e:.\cc. / il de. ces nilpurh-nes ,le flatterie., Heari Dupiiis, arait dédie sua llisloi'iu barbaries au prince d'Oranae // remplira stmdaiu

Noyon, monseigneur ajouta Je sa »

scripluris pcrilissimo... \' oublions pas

herbe en ce noircrt de honaiip-s p<-rnntne!h:i.. . . il s'est donne, des éloges /-lus dignes il un capitun de tliéiilre gue d'un honnête homme >> , disait Balzac. Les maladroits ' En toutes choses , et même en dédicace , U est écrit : Loquiminî nobis placpnlial

J'avais réuni dans mon livre, éternellement incomplet, k mon île certains auteurs, qui, j'aille d'un Mécène à leur gré, offraient leurs modestes, compositions : au Dieu tout -puissant , à la sainte Trinité, ii l'Eglise notre mère, eu tout simplement à leur cilère pairie. Apollon, les Grâces et les Muses étaient eéserres pour les poèmes et les dédicaces en latin.

Tout au rebours, plus d'un théologien, cherchant une nourcllc Occasion de eomplèler les injures qu'il avait dites à ses adversaires, dédiaient à leur antagoniste leur propre ouvrage, avec des violences dont ils espéraient un effet d'autant plu.-: ijeuml , qu'elles étaient inattendues.

J'aurais eu regret de perdre la janieuse dédicace de la Géo<jrapiiie sacrée u à trois grands princes, seuls héréditaires du ciel et de la terre, savoir : Jésustiheist, Frédéric Auguste , prince électoral de Sa.ce, et Maurice Guillaume, prince héréditaire de. Saxe.-7.eilz'. Le. dédicatcur n'a pas manqué de donner éi chacun de ses protecteurs iei-lins et lit-haut les titrrs gui leur revenaient. Voici ceux île Xolre-Seigneur : Général

couronné dos armées célestes , roi de Sion élu, chef augusie cl perpétuel de l'Église chrétienne, souverain ponlife cl archevêque des âmes, électeur de la vérité, archiduc de gloire, doc du vie, prince do paix, chevalier des porlca de l'enfer, Iriomphalour de la mori, monarque héréditaire des nations, seigneur de justice, conseiller du souverain conseil du Père céleste; sans compter trois grands etc., etc., etc. »

Vu mitre {un Allemand, c'est vrai) écrivit avant de mourir son oraison funèbre. Il ne mourut pas, et ce bruit dhrmirs s'en fut en risible fumée. Il n'est pas mort, cet oiseau bleu couleur du temps, gui chantait si bien au sortir de la vo/iercà l'saphon : Psaphon est un grand dieul Mi-/i; r j;i; WJ-pai. Si la fièvre avait des pensions à donner, un poète écrirait de belles Louanges à la fin de la fièvre.. . Un de ceux-là u dédié son livre à maître Guillaume le bourreau. Et mille autres accidents oubliés dans mon chapitre des dédicaces... et des chapeaux.

Tous les hommes sont ingénieux siliil qu'il s'agit de leur gloire. « Ils grimpent sur le haut des montagnes, ils sr bâtissent des temples avec celte dédicace : Aux esprits suhlimcsl Ziegler, dans son Commentai™ de la girerre el de la paix de Grolius, imagina d'écrire en marge une suite de petites note» venimeuses. — Ma foi, disait Grolius, le commentateur ne serait pas Ja-

chè si je lui ripostais tic la lielle sorte, mais le bon sens ne veut point que je me commclte avec une pareille espèce. — Dans la l'harsalc, au moment où Lu-

rain , ina/lieuceu.c et yrititil parle émisé pur Xc'ron, prédit à son livre une juste immortalité , il se place, à la façon d'Horace, un beau milieu tics étoiles :

Tant que cet univers retourne dam le rien , Nos neveux areroilront et ion num cl le mien; Et fan ne verra point sous une loi fatale.

Ou périr tes for/ails, ou mourir la l'iinrsnle.

.J l'exemple de Scaliger, relevant comme il convient la vanité du poêle latin, le bon Ménage ; Au /ail, disait-il , n'avans-naiis pas eu \l. Ilnldws écrire au/ronlon de son livre : « L'astronomie doit son accroissement o Copernic, la physique à Galilco (iol/lei, la iitnlfriii!: a liuillaiane. i/orrr; mois II: ronnnissooec île Ut pidiùtjne n'est pus plus ttririniuc que mon lirre De cive. -

Un attire orgueilleux (et celui-là n'a pas eu d'imitateurs, même parmi les rois, qrands amateurs de cuntalcs\ a Inissè cinq! mille éeits , dont le recenu Jçrail servir a récompenser , tous 1rs ans, une eulc écrite a sa houinije. Il s'appelait [vous voyez que je suis Ion pour lui) Jean Wower. Il /nul vraiment pour qu'il soit si peu connu que ses pensions n'aient pas clé exactement

payées. Un nuire, dans son ëpitre dédicatoire à la

reine Anne [la reine lie t'Homme qui ril), <i Vraiment, dit-il. Madame, j'ose affirmer iei que le livre que je présente à Foire Majesté ne sera pas un des moindres ornements île son siècle. » Vit savant nommé Jean l'onlanus ruina sa famille et lai-mémr it s élever un

Ici gU Jolkn Pontaa, De sa glaire très-content ; Tous lis vrais savants l'aimèrent, Les gini dt bien l'estimèrent, Les plus grands mis l'honorèrent.

Balzac, le premier Balzac, racontait fort gaiement i/a'il avait vu dans la bibliothèque de Plwtius les oeuvres complètes d'un certain Grec , jaloux d'Hérodote, dont les neuf livres portent chacun le nom d'une Muse. Ce pauvre homme avait composé neuf épltres, sous le patronage des filles de Minerve, et trois discours en l'honneur des trois Grâces. - Eh, disait-il, quand tous les deux seraient de papier, tous les arbres de la terre autant de plumes, et la mer entière de l'encre, tout cela ensemble ne suffirait pas pour faire le dénombrement de mef teueres et vertus. "

Un certain Jacques Claveri allait toujours dans la rueavec ses poches pleines de gâteaux e! de chansons.

Puis, à chaque enfant qu'il rencontrait ; C/ianle ma chanson, tu auras des gâteaux. Quoi d'étonnant? A'ous savons plus d'un ijrand compositeur de nos jours qui eut donné bien de l'argent pour que l'orgue de Barbarie ail eu le lion goût de chanter ses romances trop négligées.

Plus naif, et célèbre à meilleur marché, le bon Colb'trt l.niisait ii su troisième, et dernière épouse et serrante le souci de publier sa propre Élégie, écrite en si beaux vers que peu de. gens soupçonnèrent quelle était de Collclet laimeme. Il se. doutait, le pauvre hère, qu'il serait enterré par e/iorilé. Collclet inventeur dru bouts riniés. L'abbé Colin inventeur de Fénigme. Ah! si Molière l'avait su !

Autre histoire de la vanité des savants , pour la consolation de nous autres qui savons si peu de choses! MM. Gtiubnin, Sournoise et Maussac se rencontrant un jour à la Bibliothèque royale, le premier dit aux deux autres : u Je pense que nous pourrions bien lous [rois tenir lesle à tous les seavanls de l'Europe. » .1 quoi M. tir Siitiuuiisi' rrptiiidit : i. Joignez ;i Imil ee qu'il y :t île sravanls au momie et vous el M. de Maus- .w , ji; utu s lie ei lirai lesle à moi seul. »

A la louange de Casauban, un vaniteux dupremier ordre :

0, rfùnif-on. h tjrimd mèritr'.

A lui seul il en vaut trois :

Dniti:M Ci, Ci:

Tout à la jea.

François de la Croix-du-Maine écrivait au roi Henri III, dont il élail le bibliothécaire : « Mu bibliothèque se voit aujourd'hui à la lêle de huit cents volumes que je suis par eattr... v Nuit cents volumes, la belle affaire/ à l'heure qu'il est on ne compte pas moins de vingt millions de volumes, l'ornement et l'embarras de {Europe moderne, à savoir six millions trente-trois volumes pour la France seulement! La Croix-du-Maine, Richard de Bunj, Gabriel Xaudé, Corneille Beuijhcn l'auteur des IncutiiiEiula typographie, Muratori de la Bibliothèque dmhraishnne et M. Brunei lui-même, seraient de bien petits savants en présence de ces six millions trente-trois volumes qui peut-être ont doublé depuis dix ans.

Cest pourquoi nous ferons bien, les uns et tes autres, de nous tenir aux deux livres, tonales in vico Jacobi, à l'enseigne du Soleil d'or : Sol aurcus offert 1 Les livres de Mkhallet; les œuvres des Barbin et des Etienne, et mieux encore la librairie, si longtemps suspecte, du courageux Louis Savreux , l'héroïque éditeur de Messieurs de Port-Royal. Voilà des maîtres que vous honorez et qui tiennent une. si grande place dans ce célèbre htitcl de lu me Lnjjille. plein de chej*d'ecuvre, que le baron James de Rothschild, voire

illustre grand-père , avait élevé à la fortune, à I honneur de sa maison.

Chapelain, dans sa dédicace au roi de ta Puccllc d'Orléans, s'attira cette réponse de Ménage :

Iai voilà donc enfin, la Puccllc attendue, Mail ti vieille déjà qu'elle en est viorfondue.

On fit aussi, au même sujet, un beau parallèle entre Homère et Chapelain.

Cette passion rongeante de la eèUbrilé inspirait à Gabriel Scioppius ce fameux livre intitulé le Cliieii grammatical, où il déchirait à belles dents les plus grands hommes de son siècle : Scatiger, Lipse, de Thou, Poitevin, Fossius, Strada, sans oublier Homère, Virgile et Tilc-Live, Il disait que Phèdre le fabuliste était un Tliracc, et Ciecron un Visiyolh. // est vrai gue Patémon le grammairien appelait Néron un cochon. Telles étaient les aménités littéraires : enragé, fou, beie féroce, monstre, impie et calomniateur. Ces clioses-uï se disaient tous les

jours, sans oublier de plus grosses injures : « Je m'étonne ip/e. mus ne me rep>whicz qu'un s<ut]pcl. puisque

je reçus encore tant de coups de pied, tant de ronps de hiiton et même de coups de. piigtmrd. Que n'accouriezvous à mon secours, généreux l'allaj vous auriez pu du moins, en qualité de IViifur, hiver et étaneber les

plaies que j'ai reçues. ■> Ainsi les soufflets et le laiton étaient de la partie aussi bien que les dédicaces (argiimenluin liacnlinuni). Doue il m- fini! jias trop en vouloir à Molière d'avoir mis sur un théâtre impitoijalde ces deux malheureux Trissotin et Vadius. Cicéron [J'aimerais mieux écrire comme Cicéron que iPétre souverain pontife de Home, écrivait le cardinal Bembo à Lucrèce Borqia, sa maîtresse) avait surnommé amblwlcs certains ijladiatcurs qui combattaient les yeux bandés , et qui tenaient auberge de leurs sciences. // s'en moque agréablement avec son ami Trcbatius. Ces es/iècrs daceugles se disputaient pour savoir [c'est Balzac qui le dit) si le /jirn.r Knée était parti du pied gauche ou du pied droit pour se rendre en Italie, et combien Ulysse avait de rameurs? A quelle main Diomède avait blessé la courageuse Vénus? Ajoutez à toutes ces

I hoche cl la

craixe philosophiques, avec l'air extravagant commentateurs. Vn de ceux-là (ceci soit dit louange) ayant hérité d'unpelit domaine, «m changea par-devant notaire contre un manu, Tite-Live. Telle, au treizième siècle, la comtess jou, pour un recueil d'homélies, offrait deu brebis, trois muids de froment, de. seigle et it et deux cents peaux de martre! Elle fut oui

tente, ce jour-là, de son marché que. vous-même en rus commencements le. jour ail mus fut loljin/é le Vollaire d'Armand Berlin. Que vus étiez loin ee/ienilant des trois cents tomes relies eu maroquin rerl par Kecllwr. Monument insensé. 1 dans lequel de Saint- Mairds avait entassé douze mille cinq cent seize illustrations.

Ces fanatiques de leur renommée ont composé et dédié à de grands princes, voire à d'aimables princesses, le Trnilé de la quatrième partie du néant, /'Histoire de ce qui est au-dessous de rien, et /'Horoscope de JrMi^-Clirisl. Les sut/es les amiparaient à des pies,

ï.aqucteuTi curoufo, et grandi jascurs comme dits.

Parmi ces faiseurs de dédicaces, les uns dédiaient le même discours n deux protecteurs différents; les antres, si leur livre avait trois tomes, à chaque tome ils choisissaient une dope. Il me semble que c'est cous qui possédez ces cinq tomes du théâtre de Hardy, auquel cm ajoute ordinairement : les Amours de Tliéagène el Chariclée, qui forment un sixième volume. Cet exemplaire appartenait au marquis de Mon/fort de Liancourt, auquel le cinquième volume est dédié.

• très-bien dteril par II. Gtuttm Mwrotit.

Le tome quatrième est déclic à Monsieur le Prince, et le premier à madame de Montbazon.

On écrivain inconnu aujourd'hui , le sieur de Rangguze , publia en 1640 une série de lettres panégyriques adressées aux princes et prélats de l'Eglise, et prit soin d'imprimer son livre sans en paginer les feuillets. A chacun des illustres personnages dont il célébrait les louanges, Rangouzc envoya «n exemplaire en tête duquel était placé l'éloge du donataire , de sorte que tous ceux qui reçurent le livre purent croire qu'il leur était dédié.

Le bon la Fontaine en ses dédicaces qui faisaient autant d'immortels de sa compagnie {on n'accusera pas celui-là d'être un flatteur ou un mendiant) a dédié la première édition originale de ses Contes et Nouvelles à madame la duchesse de Bottillon. C'est dans ce livre introuvable que s'étaient glissés deiiï vers obscènes, qui forcèrent le libraire à brûler cette édition tout entière! Une autre édition de lfiîl , expurgée des deux vers, fut dédiée au duc de Guise dans une êpitre de dix pages. Le recueil de Poésies- divers es fut présenté au prince de Conli; l'édition originale des Fables appartenait de droit à M. le Dauphin, digne protecteur du généreux poète, à qui Louis XI ï n'a jamais pardonné sa fidélité au malheureux Fouquet.

Ce beau livre [il me semble que vous le possède:), à

suit frontispice, représentai! le L<ui[> fi l'Agneau, moult- ila portrait tir ht Foutuinr : — c Miiii.^îui/r. dînait lr Dauphin, rotin tirez bien le drait tic nu- tire eus armes au-dessous de votre portrait. «

Ecoulez Voltaire; il avait le grand art. du bien dire et dé faire accepter toutes choses : * Monseigneur, disait-il à l'électeur pulutin, en lui dédiant son llisluiii: iiimiTsclle , le slyie des dédicaces , les vertus du protecteur et lu mauvais livre du proli'^,' onl souvent ennuyé le public. Ou ne fera point ee reproche aiu: Èjiilres dé.dicatoires que M. d'A/embert a mises en tète de «es différents ouvrages, l-'lalleuses suas adulation et fii-rcs sans orgueil, elles honorent également celui ijui rend f/iownta'/e et celui qui le reçoit, *

Croyez-moi, mon cher confrère, soutins indulgents à ces amttiireu.r de la glaire, pour peu qu'ils se soient montres dignes du juste olgel de leur umltitian. * Ami [c'est une lettre de Cicèrnn à un historien . son contemporain , dont les tirées se sont perdus-, fous êtes arrive, je pense , à l'époque où nous cirons. \'e sotjez donc pus étonné si je rous prie et cous supplie instamment dt: pousser même au delà tir I ' inrraisenthlahle le. lu'eu que vous direz de moi Oubliez en ma faveur les lois de {histoire; accordez à notre amitié un peu plus </ue la vérité... « La lettre est cimentante et tout à

fait iliijne du correspondant iFAtticus. .Mars Cicéron a beau faire, heureusement pour lui, l'histoire a sii/iialr toutes ses nti/li'jcuces , rumine la critique a

fait pour ( Iliade d'Homère. Xous admirons aujourd'hui, disons mieux, nous répétons de prétendus lions mots, quolibets, àneries, qui composent le fond de nos vaudevilles et de nos féeries. Eh bien! nos plus habiles joueurs de lions mots n'ont rien traîn é de mieux que, ces ipiictcs (le Ciceron : Verres i-<:m;ltal

Siciliam...

H n'ai pas facile d'écrire Contre celui qui peut proscrire.

Saint Augustin lui-même écrirait en se joutait .-"Non [icrilus, sed perïluriis.

Voilà donc et que j'tiruis à dire ii propos de cet art difficile : une dédicace honorable. A peine aije le temps d'indiquer qui: j'io-eimeiil j'oublie i l je néijUqi . ./'lirais . pour fii>iplr!i:r ce travail sniisjin . tous les matériaux d'une histoire amoureuse de Théodore de Bcze, un enfant de lu Bourgogne, un Bminjiihpion salé, et, ce qui est pire, un theuhujieii du premier ordre. Avant d'être un des grands soutiens de ta religion réformée, il avait été l'un des bénéficier! les plus opulents de la communion romaine, et tout de suite il renonçait à cette j'urtuiir , en /'/muni ne de la propre saur de l'éce'i/ue de Grenoble, .hnonrfu.c .

poète et bel esprit, que de mat ifs pour être appelé nu profane, un impie, un débauché! Il se vit me'nte forcé de répondre éi set insulteiirs, et plus il répondait , plus le Père Maimhniinj redoublait d'insultes et -rappelait 1rs amoureuses é/éijics que Ir biin 'l'héodare adressait, à vingt ans, à Candida sa maîtresse ; u Adieu, CanJida! t.'audidu/a). * On croirait entendre, un écho tic Tibulle. Eh bien, vous n'aurez pas les amours de Théodore de Bcze , il est reste sur les hauteurs.

J'avais réuni, en l'honneur tics gens tic, notre profession, les matériaux pour une vie d'Anastase le bibliothécaire et de Guillaume le bibliothécaire Un

plus heureux l'écrira, peut-être , un peu plus tard. J'avais trouvé i/u'une reine <le Sicile, chejfc île sim Eglise , a possédé le titre île boalissimo cl saiiclis.slin» padre. I.a reine tic Sicile attendra notre bon plaisir. Que (le perles irréparables! quelle ruine! Kl snitgcr que personne, pas même vous, mon jeune docteur, à qui je dédie un pareil livre, ne dira .- C'est dommage !

C'était ma fête aussi de publier, en faveur des libraires dont les jeunes clercs retenaient h s livres sans les payer, le texte exact de l'excommunication pour ileltes aux imprimeurs de Paris. Certes, M. Ambroise Didol et notre ami Pion se seraient hiités de la repro-

•luire. Nous avions fait aussi un travail qui vous semblait d'une très-grande utilité, en ces temps ridicule* où nous voisins le* vieilles hures arheirr, dites-moi pourquoi Juin:/ dis livres sjdrmlidrs , sans les payer; c'était le catalogue exact de la bibliothèque d'une certaine Mncettr . roniji/aix/uitr un.r ni foula sans souri, rl j'nrilrmenl mais eussions démontré que lu bibliothèque de Afavcttc possédait dans son eapl tanin mu tel volume que vous /mqrrirz un poids de l'or :

Dans «ne bailt à pari des livra ramassés Estaient tonfuseiutut l'un sur Vautre entasses : L'histoire des mrtvl de saint français de l'ante F joignait te dix-neuf des Ammiis de Gaule; Un livre d'oraison pour le soir et matin Avril choisi sa place avecque l'Arelin ; Le trhle du Ilandel et le second rf'Aslrie

Ias Ilturrt r/c V.otton, les Villages amants,

Iji Guide du ]io/u:ur< ,','.■( Amnuri de Xervezt ,

La Canonisation de ta mere Ttrext.

La bonne histoire! I.ii jour que M. Duvcrtjicr de Hauramie, abbé de Saint-Cijran [il signait en latin Pet rus Aurelius), au sortir du donjon de Vincenncs,

se faisait prendre la mesure d'un habit dont il avait grand besoin, il s'aperçut 'pie ce misérable artisan avait découpé ses bandes sacriléijes dans les œuvres du Saint Augustin en grand papier, que le cardinal de Ilichtlii ii nrait fuit saisir dans la prison de son inflexible ennemi. On ferait avec cela wu- page heureuse, en citant la louange de Sixte de Sienne, ipiiikii il Unie ara- tant d'ardriir ce Père de l'Eglise, <ih insi;;iiis inj'i'iiii |iiM'sl.inli;iii). Arétin , lui aussi, aurait eu sa place en cette histoire [du livre, et sa mort sans le poignard rat causait- tans 1rs mis qui

avaient page si s éloges Arétin est allé rcjvhalrr

au néant Erançois Baron! C'était justice. Il y avait une ordonnance du roi Louis XIV dont voici les conclusions .- « Défense de rien écrire sur la religion sons peine de uort. Car tel est noire bon plaisir. »

iVotis avions aussi la mort d'un certain commentateur, .butins, tres-aimé de la duchesse de l'alrntinais, la malheureuse épouse de César itorgia , le meilleur ami de Machiavel. Ce fameux César, voisin de l'ogre du Petit- Pourri, raijime il était enanijé de Iraurrr t.aijoars n: vaaairiilal-air .Innius sur sou passage, le fit tout bêtement i-m/ioisunncr. A'ous avions reconnu que ce pauvre Innius méritait tnieu.r que cela... llutantcn emporte le vent.

An seul nom du curé de Loudun, brûlé vif pour

quelques galanteries assez

innocentes, soudain la

pitié s'éveille, cl le moins

curieux veut savoir qui

donc a raison de la victimt

i ou du bourreau? Cela

dépend des juges, nous dir

mus semble pat m gran.

i criminaliste .- . Qu'on

donne le choix des juges t

: un accusateur, il fera

brûler par des juge» niolim

molinùtet. » - Quel bea,

i temps pour pendre et

rouer vif quelque hérétique m Laubardemont au premier ,

• place de Grève! s'écriait ayon du soleil.

Gilles Ménage en parle hiei

i à son aise, et nous préfé-

raus l'indignation de ce bravi

■ hiiiiniii: appelé M. Bagie,

un des pères dr lu liberté du penser : <t Le curé de.

Loudun, nous dit-il, est sinon

victime. Il fut condamne cl

bridé vif par la déposi-

lion d'.htrtrut, d'Iùtsas, dr Ci'lsus. d' dams, de Cednn

et d'Asnwdée, et de plusieurs

aulrcs, c'est-à-dire sur la

déposition des religieuses qui

ne disaient possédées par

ces démons. ■

X'ous possédons aussi, et n

ous voulions le mettre en

œuvre : .ii quoi bon?), le catalogue admirable des livres imprimés par Henri Ihtienne; avec un peu de bonheur, un sage critique eût tiré le /dus utile enseignement de cette histoire des auteurs grecs et latins, éclairée par la sage adoption d'un éditeur digne de

les comprendre cl de les mettre "il jour : Indc\ libronini ijiii « olliriunt-jusilciii llriiriri Sleplinni Icims prodicniiit. S. I., excudebal Heuricus Stcphanus, 1560, in-8.

Dam les Unes /miles nous /irons oublié ce charmaiit livre, intitulé Cyiiibaliiin muntli, le ipiulrièiiu: livre de Pantagruel' et la Bible en anglais , par la ra/slm toute simple qu'ils n'ont le papier en Angleterre lel qu'à Taris. Ce bel article, était siijné Atliilli; ilu Harliiy, le iican/rrrc de M. de Thtin. ions trouverez dans son catalogue m-8* les trois Bibles de 1511, Paris, Lyon, Rouen. Je vous souhaite an moins celle de Paris.

En passant dans les choses frivoles, nous avions noté, pour en rire avec vous, la fameuse comparaison du chevalier de Miré avec. Brantôme, l'historien des /'■mines i/iituntes, et nous en tirions relie conséquence que les critiipies d'unlcefnis n'étaient guéri: iiunns plais/ruts ijiie ffir (,' ' lUiji-ned liui. Certes, lions u'arious pus oublié ee nu des h< au.r esprits , Hulule , qui tint si longtemps l'Europe attentive à ses moindres isconrs. Entre Voiture et Balzac, la belle lutte! a Ah! disait Balzac, si l'on savait quelle tâche ; eeeuiter tout le mande et répondre à chacun, sans rien

' M. Cliirlci Deunue.

perdre de sa réputation! <■ // possédait, comme on sait, va petit bois s où il n'entre du jour qu'autant qu'il en faut pour n'être pus nuit. * Il écrivait 11 un grand minisire : u Monseigneur, les actions de votre vie sont telles, que nous ni ons peine à les croire après les avoir vues. * Adieu tlonc à Voilure, à Balzac!... Pour ma part, j'admire ingénument la recrute, et belle dédicace de notre ami Pierre Dese/iamps, offrant sou livre à la ville de Mayence, sa pairie, et la notre à nous tous, les fils reconnaissants de Gutenberg '.

A l'heure oii nous sommes, ruminent ne pas parler fin concile et des conciles? C'est l'Iiisloicf universelle . et déjà le monde, entier fait silence. Un virant docteur appelait les rouelles les labyrinthes lit: l'E;;]isi;

romaine Il me faudrait au moins soixante pages

rien que pour le concile de Trente, et je n'ai pas même à parler d'Héloise et du Paraclet!

Dans l'exemplaire de l'histoire de ce concile imprimée à Lyon eu 1572 il apparaît que le nombre des écéqites italiens t'emportait sur tons les mitres évèques de la chrétienté. Il 1/ avait en effet cent quatrevingt-sept prélats d'Italie, riivjt-si.r français, deux iillmuiiids. vingt et un espagnols, trois portugais, sir grecs, deux polonais, deux hongrois, un anglais,

> Supplément au Manuel du libraire et de l'amateur di lient : Ali majorcm yluri^in irti< |:..;,r?.|>h:.' Iiiiii.lllinie dedicat.

trois irlandais, deux flamands, un de Croatie, un de Moravie et trois d'Eselavonie.

Homère! « J'aurais mieu.r aime, disait Alexandre, être le Thersite d'Homère que l'Achille de son voisin. * Socrate à Platon : « Jeune homme, il faut apprendre à lire dans Homère. On ne peut Être savant mus le lire, et le lire sans l'aimer. C'est un océan de bons conseils, de raison, de prudence et de

« Quant à moi, disait le maréchal de Grammont, je m'en tiens pour toute lecture aux tragédies de M. Corneille, et je voudrais les retrouver sur la table de tous les rois. » Calvin à lui seul était toute une histoire. Il vint au monde a l'instant même où Louis XII, appelé le Père du peuple, fit battre une monnaie en France, qui est encore gardée dans les cabinets des curieux, sur laquelle sont ces mots : Perdam Bubylonis nomen. Les faiseurs d'anagrammes ont trouve dans le nom de Calvin cette aimable définition : Calens vino , aut Venere.

Un des prédécesseurs de Voltaire, avec Bayle, Erasme, ami des rois, ennemi des moines, était entouré, en Angleterre, d'une très-haute estime. Elisabeth, par un r'dit sirjui: de sa main, commanda que dans tous les temples il ;/ aurait un pupitre avec tes Paraphrases d'Erasme, qu'on placerait dans un lieu

commode, dont loul le monde pût s'approcher pour les lire en attendant le service public.

Par quel mirarle furent retrouvés les ouvrages d'An'stote, au fond d'une, cave, oit les racheta , pour très-peu de chose, le bibliophile Apellieon? l'n outre ami îles livres, qui s'inquiétait peu île le.i payer. Syt/ii. surnommé l'heureux , parce qu'il épurqnn lu ville il' llliéitrs, s'empara île lu bildiulhè/pie. du bonhomme Apellieon, et la porta dans flome en grand triomphe. — Aristoie est mort ayant celle prière à la lèvre : 0 cause des couses, ayez pitié de moi ! Un elirétiru n'eût pus mieii.v dit. Que de disputes mil, liées à propos d'Arhtote! Que/le dispute entre ce charmant Abf.ilard et saint Bernard le Terrible! .1 0 persécuteur de la foi eiitbidiipie , ennemi de la croij-, serpeiil em-hè dons la eiiverne'. « Ou écoute en frémissant toutes ces violences prononcées par ces hommes implacables, une ardente, piété i/ui se servait également de l'injure, de la foudre et des bûchers.

Mais surtout ce que je regrette, en ces angoisses dont vous êtes le confide.nl naturel, c'est le récit des injustices et des cruautés subies il y a des siècles, supportées hier encore, par les écrivains de profession. C'était tout à fait dans le sujet de mon livre; et maintenant quand je me rois acculé à lu porte des prisons, sur les confins du bûcher, il me semble que je commets

une injustice. On cherchera, mais en vain, dan» ce niarli/riduqe , un rlmpitre intitulé In Haslille. On doue, me dira-t-on, avez-sou» placé /es tortures du petit Chàtelet cl du grand Chùtclct? Pus plus tard qu'hier, l'un de nos Meilleurs et plus terribles esprits, M. louis llluieh , soutenu pur sou ilii/i/e mni Ta.e'tlr Ih lard , mats riieoinuit le supidi' e iioroi/uh/e d'un libraire étranger, M. Palm de Nuremberg.

C'est peul-étre encore plus triste que (histoire de Marin, dénoncé par son propre fils; plus triste aussi que l'histoire du Tj^re, une satire! On voulait endormir le llaliilri}. satirique fut pendu. Le même jour, on pendit le libraire, on fouetta sa femme ,

an la marqua de deux fleur» de. lys Huit jours

après, le dur de (luise et son frère, un cardinal! furent assassinés par le roi! Huit jours après, mourait la reine mère, ta veille îles Pois, dans lu uni! même où son propre cousin, I.orenzino, poignardait Laurent de Mèdieis. Ce Tygrc est rare; M. Brunei possédait l'unique exemplaire échappé à la nuit des temps.

Pésiijilims-iwus ! A iw nereu.e reteoiieeroiit peut-être , en eiie rehaut quelque titrt de rente égaré, ees note» recueillies avee plus de zèle que de jugement '.

Enfin, dans ce moment rapide oii toutes les fautes

lia livre apparaissent au.r i/en.r de l'écrivain , d'autant plus cruel/ex qu'il n'est plus temps île 1rs corriger, voici le troisième et dernier point de ma dédicace, aussi triste que 1rs deu.r premiers. De tous les livres difficiles à Juin, il est emirrmi qu'un livre de hihliogvapliic est . plus que fous les autres, rempli de péril-: de toutes sortes. Chaque partie du discours appartient à quelque savant qui n'a jamais appris que erla, lisant prn, mais lisant eu conscience (intillum non miilla); si bien qu'à chaque instant, à chaque paye, à tout propos, vous rencontres m censeur nouveau, frais émoulu, qui nuis démuutvc,, inévitoidenn ni, qu'ici même, à cette place, à tel nom propre, irrévocablement, vous vous êtes trompé. Les plus grands esprits du monde ont rencontre cet obstacle imprévu. Tacite et Quintilien se disputent encore aujourd'hui le fameux livre des Causes tîc la corriiplioii de l'éloquence romaine. Un grammairien nommé Fulyenee Placide attribue à Tacite un traité des Contes plaisants, et pli'il auj dieu.r que ce. plaisant traitr jni ilr Tacite, d'abord parce que la chose eût fait grund plaisir a M. Ménage et à M. Bigot son ami , et parce qu'ensuite nous aurions !u liiri! volontiers ces contes salés d'un homme qui ne riait guère, nous souvenant au besoin de cette parole de Montaigne : Il n'y a pas île mois inJécenls.

Que d'erreurs oui été relevées et signalées dans les traités dlsaac C.asaubon. de Richard Mnntaigu, de Melchior Coldast, de llarnnins et de tant d'autres!.... J'en savais beaucoup ,jc les ni oubliées. En vain on me donnerait , pour le relire d'un bout à l'autre, le grand Morve île cnnsoliifioii, imprimé chez Antoine I êrard en l iSi. Je garderais le Bocce , et resterais inconsolable. Oui da , se maintenir dans la peine est si grande o-.urrc . aussitôt qu'il faut renoncer à son entreprise. Apre» tant de siècles, les savants n'ont point pardonne ou hrarc .lingot . dans su l ie de Prb.pidas. d'avoir pris un ruisseau /mur un pnnl.

Ce même évêque d'}'prcs, Jannénius, un grand siiiii-pe/ugien . agoni lu doux je ne suis que! livre nue visite de saint l'aul au grand prêtre de Jérusalem ; - Oit doue avez-vous vu, monsieur, s'écria le rude théologien, que les Juifs, depuis le retour de la captivité, aient eu des tableaux dans leurs maisons? » C'était vrai, niais je ne crois guère que cette juste ohserriition de Janscnius plaise bemaviip a certains Israélites, grands amateurs de licites choses. Même, à ce propos, je puis vous raconter le dévouement d'une intelligente dame, entourée à bon droit de louanges et de respects. Elle avait l'honneur d'être aimée de notre adorable et sainte Heine . honneur des couronnes. Son digne mari, l'un des meilleurs et desplusliabihs esprits

de ce temps-ci {il est mort dans la semaine îles grondes funérailles, son cercueil allant île pair avec ceux de Kossiniet de Berrger), possédait , au plus bel endroit de sa maison... de son musée, un c/ief-d'œiwre de M. Ingres; le grand peintre avait reproduit sur cette tniii: admirab/i nue btipicrbe. tète, ou sourire charmant. Plus d'une fois le maître était venu pour saluer le portrait et le modèle. Il ij eut dans l'intervalle une rcratittinn turbulente , (i la dainr , an:.' ir eare bon sens qui ne l'a jamais .■juillet: , rem-tn/a «m /unirait chez!,- i/raud peintre. // sera inieii.r. disait-elle, dans votre atelier Ouvert à tous les vents i/nc dans noire citadelle ttoniesti,/nc. Userait déchiré riiez nous, ranime ont été déchirés les tableau* de Xctiil/t/ et de Sm csncs. Un If respectera vitt z M. Ingres, et vous nous le ren-

Sur ce chapitre îles erreurs, il faut bien que je me r csit/iie . et c'est tant pis pour moi J , dons on mcoiicnl d'imprudence, rl ,V eoUtousiot aie , j 'ai choisi an sujet impossible à mon esprit frirnle et prîmesaulier. Ce livre est trop jeune, ou trop viea.e de cent uns. i-n jour d'été. Ménage et l'abbé d'Anbignae [le feuilletoniste de ces temps reculés) se rencontrant au jardin du Luxembourg, la conversation tomba sur le théâtre des anciens, u Quel malheur, disait Ménat/c . que. Tércnec ait écrit avec si peu de respect pour les règles d'.lrïs-

tille su comédie de l'EIi'pjTt*. — Oui du, reprit l'uhbé d ' Aubiqiinc , l'Hiityre est justement lu plus régu/ii-rc el lu plus eiéqiiulc des cu/njiosttoins de Térence. » El le rnitii ijui tourne le dm ù Ménage. Au bout de huit jours, celui-ci s'itiinl mis à f unterc : * Ami , dit-il , pardminet-nioi d'avoir mal pur lé de l'Hréj-ru, Je voulais pnr/er de l'Ileaiiloiitiiiiormiirnos. — Que dilcscous? répliqua d'Aubignac. Mais t'ilciiuloatinioramenos est In plus paejhiie des comédies de. Térenee. »

Alors, les voilà qui se brouillent pour tout de lion :

Juetuiiis. brochures, jiréfuecs. injures, discours, publies elle- lu reure de Jeun ('.amusât eu KiiO, Ménage était iani pitié, d'Anliignac sans merci, et voilà pendant six mois ta cille diciséc entre dut.c comédies de Terenee dont peu de gens parmi les plus habiles savaient <i peine le premier mot. C'était léi le lion temps! Pour tin rien, ce* mêmes curieux qui ue s'étaient ijuère inquiétés du mutent de mariage entre le roi Louis X/l' et cette admirable madame de Maintenait, se seraient mis en quête du p'irtu de mariage entre Junoit et Jupiter.

Ce qui me rassure un peu (triste espoir!), c'est l'indifférence de mes contemporains pour ees questions si longtemps brûlantes, et dont chacun se moque aujourifhui. ténus chercherions en coin, hormis les anciens, une consolation dans les philologues de l'heure pré-

senti: liions à Michel, sire de Montaigne. Le grand art de Montaigne eut de consoler les faiseurs de livres dédaignes.

ail faut trier, dit-il, de toute une nation, une douzaine d hommes, pour juger d'un arpent de terre ; et kjiiijrment de nm inrlinutious et de. nos actions . lit phis dijjirîle matière et la plan importante qui soit, nous le remettons à la cuir de. la commune et de !a lourde, mère d'ignorance, d'injustice el d'inconstance I... Est-ce raison défaire descendre la rie d'un sage du jugement des fols? Quiconque vise à leur

mj forme n U prime. Xul art, nulle souplesse 'd'esprit

clcsioyi: cl si drsn'îjlé : en cette rmtfusian rruleuse de bruits, de rapports et opinions vulgaires qui nous pou/sent, il ne se peu/1 establir aucune route qui vaille.... » Va autre et charmant consolateur, c'est Voltaire. Le malin même, le bourreau urnit brûlé un pird du i/iuitd r'-eulirr l'I li.iiuiir uux <|ij;iniii!<' éfiis. Voltaire écrirait à son ami le marquis dr l'.idei-ilh: . » Je me console en songeant que les Parisiens aiment les livres brûlés, et que l'odeur de roussi ne leur déplaît pas. *

,1 quoi donc nous srrviruirnt nos Unes, s'ils ne servaient il nous consoler/ Laissons le inlgaire à ses

fêles, à sa musique, à ses épouvantes de chaque jour et restons fidèles à ees belles rlioses antiques. .Vous les aimons pour leur antiquité même el pour fa rouille éloquente qui les pare. Aussi les amateurs de médailles (iji/iellmt lu P.ilinc, la Flour Ae l'airain, et s'ils rencontrent tut ignorant qui les veuille rajeunir, ils s'en moquent, comme on se moquerait d'un si/lcaiii i/ui pour li' conserver dipeaii/lerait le client de son ceorce. Au demeurant, laissons-les rire, nous avons de notre eilté les esprits les plus rares et les plus charmants. Nous savons leur nom; nous connaissons leur histoire. On nous demanderait le destin des ascendants du fumeur bibliophile John, troisième duc de Ilii.rburijltc , umts irions les rechercher parmi les héros de ïÊeosse. Il ne. s'est pas contenir île sa royale iiriijine . il est ilei-enii le héros dis bibliophiles. Il avait le libraire Nteon pour son lieutenant yèiieral, et voici l'un de ses ordres du jour :

a Levons-mais demain de haine heure. : la veille de. Beed finira à deux heures. J'ai vu les Shiihespeaie,

» Debout, Macduff!

- Et damné suit qui cri/m le premier ; • Arrête, c'est aise:! .

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