CHAPITRE V
atelier, trouva une paire de lunettes laissées ainsi que par mégarde sur une feuille imprimée. Gomme sa vue s’affaiblissait, il mit les lunettes et regarda. C’était un éloge hyperbolique que le directeur Bertier avait fait composer, toujours comme par hasard, en l’honneur du roi. Louis XV, ayant lu le dithyrambe, remit les lunettes en place et dit tranquillement : « Elles sont trop fortes, elles grossissent trop les objets ! »
Qui pourrait croire qu’à la fin du siècle de Voltaire et de Rousseau, il se fût trouvé un praticien jaloux de ramener l’art typographique à son berceau et de faire à nouveau des xylographes sous le nom d’impressions polytypes? Cet original s’est rencontré pourtant : c’était un Allemand. Il obtint en 1785 un arrêt du Conseil pour l’établissement de ses presses, mais le même Conseil les supprima le ier novembre 1787. Son procédé était de substituer aux caractères mobiles une planche de lettres fixes et probablement gravées.
Il y avait au xvme siècle un établissement pour chacun des corps constitués; le roi, la reine, les princes avaient aussi le leur. La loterie royale occupait une imprimerie spéciale.
Les jeunes aveugles travaillaient sous la direction de M. Clousier, praticien du roi. Louis XVI avait autorisé le célèbre Haüy, leur maître, à les laisser imprimer, et en 1786 ils avaient composé un essai sur l’éducation des aveugles. Pierre-François Didot était en 1785 typographe en titre de Monsieur, depuis Louis XVIII, et il publia les Aventures de Télémaque en deux tomes in-40 dans cette officine spéciale.